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 Come Back [pv Envahisseuses]

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HyukJae Won
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MessageSujet: Come Back [pv Envahisseuses]    Dim 22 Fév - 11:55


" HyukJae Won "

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EunHyuk Won
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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Sam 7 Mar - 18:36

"Your heart overlooked me ~  "
“Hyukjae ~ Eunhyuk & Donghae ~ ”



Perdu. Sans lui, je suis tout simplement perdu. J’ai pensé survivre sans lui. J’ai pensé survivre auprès de Hyukjae. J’ai naïvement pensé que ce ne serait rien, que tout irait pour le mieux. J’ai pensé que ça lui passerait vite et qu’on rentrerait les retrouver. Mais même après trois mois, il persistait à refuser de rentrer. Même si ses doutes envers Leeteuk se réduisaient désormais au néant, il avait peur de les revoir, de les retrouver, je le sentais. Et je ne voulais pas insister de peur de l’inquiéter encore plus. Le temps fera ce qu’il pourra pour lui même si je persiste à croire que se blottir dans les bras de Leeteuk le sortirait du passé autant que serrer Donghae dans les miens m’aiderait à retrouver celui qu’il a fait de moi. Je me suis perdu, ou plutôt je me suis retrouvé dans mon passé, plongé dans la douleur. Une souffrance dont notre départ est la cause. Une lente régression sur laquelle je pensais innocemment avoir le dessus mais qui m’a peu à peu consumée comme le sang a brulé les restes de mes sourires.
~
Comme souvent ces derniers temps, pour ne pas dire chaque nuit, le sommeil me quitta rapidement et un coup d’œil suffit pour que je constate que Hyukjae ne dormait déjà plus. Je me levai, comme chaque matin quand l’aube pointe depuis trois mois, et partis sans un bruit, en le rassurant simplement d’un regard et d’un faux sourire qui ne dupait personne si ce n’est les apparences. Il savait ce que je faisais mais ni lui ni moi n’avions la force de faire reculer mon retour en arrière. A chaque fois que le sang recouvrait mes lames, je cherchais une raison et j’en avais toujours une. Toujours jusqu’à aujourd’hui.
 
J’étais simplement sorti dans le but d’acheter de quoi manger pour Hyukjae, Ethan et moi mais ça ne s’était pas passé comme prévu. En sortant de la boutique, j’avais un semblant de sourire aux lèvres mais je ne perdais rien de ce qui m’entourait. Rien des regards et de haine et de ceux plus rares, de compassion. Ces rares personnes qui, d’un regard, savaient comment me montrer que quoi qu’il arrive, un jour viendra où tout ira mieux. Ces personnes bien trop peu nombreuses qui arrivent à voir mes larmes derrière mon sourire et mon amour derrière mon cœur brisé. Un amour qui est tout entier pour lui. Lui qui est loin. Lui que j’ai du laissé. Lui que je n’oublierai jamais. Mais ces personnes trop rares n’ont pas su attiré mon esprit suffisamment longtemps pour que je ne remarque pas cet enfant qui pleurait. Depuis mon entrée à l’internat, j’avais progressivement appris à ne plus être indifférent voire réjoui à la vue de la souffrance des autres mais aujourd’hui, j’avais de quoi regretter mes états d’âme.
 
Alors que je m’approchais de lui dans le but de le réconforter du mieux que ma nature abrupte pouvait le faire, il changea ses larmes en un sourire comme je transformais mon sourire en larmes dès que je le pouvais sans risquer de blesser quelqu’un. Mais son sourire n’était pas heureux. Il n’était pas joyeux, pas enfantin. C’était celui que je portais sur mes lèvres quand je prenais la vie. C’était celui qui j’avais quand je montrais au monde à quel point il devait me craindre. C’était un sourire vicieux, empli de haine, qui ne correspondait pas au visage qui l’affichait. Je me revoyais dans le portrait de ce gamin et j’étais prêt à dégainer mes deux lames, attachées à ma ceinture dans leur allure normale depuis que nous étions partis quand deux autres adolescents se sont précipités derrière moi pour tenter de me voler le sac de nourriture fraichement acheté. J’aurais pu leur laisser et partir en racheter en m’excusant auprès d’Ethan pour les dépenses supplémentaires mais je ne le voulais pas. Ces enfants me rappelaient trop à un passé que je voulais quitter. Il fallait qu’ils me laissent en paix et pour cela, il fallait qu’ils partent loin. Dans un endroit où je ne pourrais être qu’à mon dernier souffle.
 
J’ai calmement sorti mes deux sabres après avoir posé le sac à terre et ils reculèrent, n’ayant probablement pas prévu que je sois armé et encore moins que j’apparaisse comme quelqu’un  de déterminé à leur passer l’envie de recommencer. Mais le problème, c’est que mes gestes n’obéissaient déjà plus à ma conscience. J’aurais pu juste les dissuader de recommencer en les blessant et c’est ce que j’ai commencé par faire. Mais leurs cris ont percé jusqu’à mon passé et je n’ai pas réussi à m’arrêter. Mes mains ont agi sans consulter ma conscience et je les ai traversé de part en part, un à un, sans réussir à laisser un souffle de vie à un seul d’entre eux. J’ai vu leur sang couler et j’ai souri. Mais même ce sourire, je n’ai pas pu le contenir. En rendant leur dernier souffle, pour dissimuler les corps, je les ai posément transformés en petites pierre, un gravier parmi les autres, ignorant leurs regards suppliants d’enfants sans défense. J’ai ramassé le sac et je suis lentement retourné vers la maison de l’oncle à Donghae, plus rongé par la douleur d’être entouré de sa présence que par ce que je venais de faire. Je venais de faire une chute libre vers mon avenir passé. Et j’avais peur que l’atterrissage soit bien moins terrible qu’il le devrait…
 
En poussant la porte, je vis un mot d’Ethan qui disait qu’il était sorti et qu’il ne rentrerait qu’en début d’après-midi et qu’il ne mangerait par conséquent pas avec nous. Cela n’arrive pas souvent mais par conséquent je devrais m’atteler à faire la cuisine et ce n’est vraiment pas aussi facile de cuire une viande que de tuer des gens, vous pouvez me croire. Néanmoins, il n’était pas très tard et je préférais aller voir comment se sentait Hyukjae avant de m’attaquer aux steaks frites que je venais d’acheter.
 
Ouvrant doucement la porte, je le prévins de mon arrivée, pour qu’il ne prenne pas peur, vu l’angoisse que la présence d’Ethan lui causait, je doutais qu’il apprécie d’être pris par « surprise », même par moi.
 
- Hyukjae c'est moi. Je suis rentré.
 
Je déposai sur le petit bureau de l’entrée mes deux sabres impeccables et ma veste sur le dossier de la chaise avant de l’appeler de nouveau puisqu’il ne m’avait anormalement pas répondu. D’habitude, il guettait et attendait mon retour avec impatience, n’aimant pas vraiment rester seul mais là, rien. Juste le silence. Un silence de mort.
 
- Hyukjae?
 
En temps normal, il venait tout de suite à ma rencontre pour savoir où j’étais et si je n’ai pas fait de… bêtise mais là, il n’avait rien dit et je ne l’avais même pas entendu ne serait-ce que bouger.
 
- Je suis là…
 
Sa voix semblait éteinte et elle ne m’aida pas le moins du monde à être rassuré. Mais au moins, il était encore vivant. Piètre réconfort quand on sait que rien ni personne n’entre dans cette chambre. Il ne pourrait pas mourir. Jamais. Mais pourtant, chaque fois que je partais, j’avais peur qu’il ne soit plus là mon retour. Et comme d’habitude, c’était pour rien que je m’inquiétais. Ou pas. Cette fois, il avait vraiment l’air mal et en m’asseyant face à lui sur son lit, son regard ne me semblait pas être tranquille, comme si quelque chose le mettait mal à l’aise.
 
- Hyukie ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
 
Je pris sa main pour tenter de le rassurer par ma présence et sa façon de la serrer immédiatement me fit comprendre qu’il y avait vraiment quelque chose qui n’allait pas. Mais quoi ? Rester enfermé ici ne lui permettait pas de vivre d’énorme tracas, si ce n’est d’être tétanisé chaque fois qu’il doit aller dans le salon ou dans une autre pièce de l’appartement que nous partagions avec l’oncle de mon fantôme.
 
- Je me suis encore servi de... de mon don...
 
Depuis qu’il avait découvert qu’il pouvait se mettre à la place des gens pour voir et entendre ce qu’ils voyaient et entendaient, il s’entrainait régulièrement sur moi, découvrant peu à peu où notre fuite m’avait mené et j’avais la désagréable impression qu’il se sentait fautif de tout et que c’était pour ça qu’il n’osait rien dire… Mais tout de suite, j’avais peur qu’il m’ait vu avec les trois adolescents… Je devais lui expliquer avant même qu’il ne pose la question. Je ne voulais surtout pas le décevoir…
 
- Je... Je suis désolé Hyukie... je voulais pas mais... J'ai pas eu le choix... Je te promets que je ne voulais pas...
- Qu'est-ce que tu as fait ?
 
Qu’est-ce que… Mais alors… Ce n’est pas moi qu’il a vu ? Je me suis donc trahi tout seul. En voulant me défendre face à son jugement, je m’étais moi-même mis en procès. Mais le point essentiel était que je ne savais pas qui il avait vu. Où était-il allé pour être perturbé à ce point ? Quel esprit avait-il sondé pour que cela le blesse ?
 
- Attends... Tu as vu qui ?
- Pas toi, mais qu'est-ce que tu as fait ?

 
Au fond, il me semblait normal qu’il cherche à savoir, même si je me doutais qu’il savait déjà. Cependant, comme chaque jour, il voulait savoir si j’avais une raison ou si j’avais franchi le cap de la justice à la cruauté gratuite et j’avais bien peur d’avoir mis un premier pied de l’autre côté. Si j’en avais conscience, ce n’était peut-être pas perdu mais à moins de sortir sans mes sabres ou de ne pas sortir du tout, l’automatisme sadique qui m’avait empêché d’arrêter ma main tout à l’heure resterait plus fort. Quand je tuais, j’étais toujours heureux et souriant et sur le coup, je ne comprenais pas pourquoi j’essayais sans cesse de me réfréner alors que cela me procurait un plaisir immense. Et puis, une minute passait et je regardais ce que je venais de faire et c’est l’image de Donghae utilisant son don pour m’empêcher d’ôter une vie qui me revenait et je comprenais ce qui faisait que j’aimais aussi épargner les personnes qui croisaient mon chemin. J’aimais voir la crainte et la haine dans leurs regards mais l’amour et la compassion sont deux choses bien plus faciles à porter bien que plus rare. Chaque fois, j’avais essayé de retenir mon bras, mais chaque fois il s’était abattu et c’était toujours quand il était trop tard que je réfléchissais. C’était toujours après que les remords venaient. Je ne connaissais pas le regret, seulement le remord.
 
Je me devais de lui expliquer sans l’inquiéter sur les raisons exactes qui m’ont poussé au pire tout simplement parce qu’en plus de ne rien pouvoir y faire, il risquait de s’en vouloir. C’est lui que j’ai suivi et lui seul… C’était sa faute si j’avais perdu Donghae mais bien sur, même si la souffrance était immense, je ne pouvais me résoudre à lui en vouloir ou le tenir responsable de quoi que je fasse. Lui expliquer simplement en lui montrant à quel point je m’en veux.
 
- J'ai vu un gosse dans une ruelle... il pleurait et j'ai... j'ai voulu savoir ce qui n'allait pas... et il s'est mis à rire... et deux adolescents me sont tombés dessus pour prendre ce que j'étais allé nous acheter... et je les... ai... fin tu vois... J'ai simplement récupéré le sac et je suis parti. Je voulais pas je te jure que je voulais pas. C'était pas une mauvaise intention... Je... Je... Je n'avais pas le choix.
 
Non, je ne voulais pas. Mais je n’avais rien pu faire pour les laisser. J’aurais voulu leur crier de partir, que je ne répondais plus de mes propres actes, consumés par la douleur. J’aurais voulu me détourner pour fuir leurs regards mais ils m’avaient rappelé tant de choses que je n’avais pas su arrêter ma cruauté. Par acquis de conscience, je m’en voulais, mais pour la première fois, je n’avais pas eu le moindre remord. Et pourtant, ils ne méritaient pas forcément de quitter ce monde. Ils n’avaient fait de mal à personne, ils avaient juste envie de manger. Peut-être qu’ils étaient pauvres et qu’ils vivaient dans la rue mais je n’avais vu que mon reflet dans leur attitude et j’avais même pensé les libérer d’un poids, comme si mon acte était un acte de bienveillance. Mais, quelques minutes plus tard maintenant, je sais qu’il n’en est rien. J’ai tué pour tuer. C’était plus que de la self défense… Je ne saurais dire si je suis perdu mais je suppose que me poser la question montre que non, pas totalement. Seulement, combien de temps faudra-t-il pour que le sang reprenne possession de ma raison ?
 
- T'es revenu, c'est tout ce qui compte.
- Mais je...

 
Il avait interrompu mes premières pensées et je venais de les interrompre à mon tour, ne comprenant pas pourquoi cela le laissait indifférent. Il aurait du me hurler dessus en me traitant de tous les noms. J’ai tué des enfants. Des enfants sans défense. Aussi impertinents, impolis, irrespectueux et délinquants puissent-ils être, il n’aurait pas du l’accepter comme une réalité. Il devait avoir vu quelque chose de terrible pour qu’il en vienne à ignorer mon geste.
 
- Hyukie, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qui est-ce que tu as vu ?
 
Il hésita, je le voyais bien, mais je ne comprenais pas pourquoi. Où avait-il pu aller pour que cela le mette dans cet état ? Qui avait-il pu voir qui le blesse à ce point ? Qu’avait-il dit ou fait qui puisse perturber Hyukjae ainsi ? Il en avait vécu des drames, passé des épreuves, il me semblait que plus rien ne pouvait le détruire, lui qui n’était déjà plus que l’ombre de lui-même. Il releva malgré tout les yeux pour me répondre, mais j’aurais préféré qu’il en soit autrement et qu’il finisse finalement par m’engueuler :
 
 - Je suis allé à l'internat.
 
L’internat. Donghae. Siwon. Leeteuk. Luhan. Chen. YeSung. J’ai pensé tuer Donghae en premier. Et puis, il a été le seul à vouloir m’approcher, le seul à ne pas avoir peur de ma froideur. Il a été celui qui m’a rendu mon sourire, celui qui m’a fait me haïr et pleurer aussi, celui qui m’a changé. Il est celui pour lequel je suis devenu meilleur et c’est son absence qui me détruit. Il a été celui que j’ai blessé à plusieurs reprises sans jamais y trouver la moindre satisfaction. Il est mon oxygène. Il est mon air. Il est mon monde. Il est ma vie. Il est mon passé. Son image est mon présent. Son souvenir est mon avenir. Mes pensées étaient toutes tournées vers eux, vers lui, mais la souffrance était trop forte. J’ai préféré m’en éloigner pour me concentrer sur ce que cela impliquait que Hyukjae y soit allé.
 
Dès qu’il avait découvert son pouvoir, en voulant à tout prix savoir où j’étais quand je sortais, nous avions convenu qu’il ne devrait pas s’en servir pour voir ceux que nous avions du laisser. Il savait que cela nous ferait souffrir tous les deux et vu son regard triste, je ne pouvais que supposer que ça avait été le cas et que je ne resterais pas ignorant de cette nouvelle tristesse bien longtemps… Au fond, c’était peut-être mieux qu’il m’ait « désobéi », ça aura évité qu’il voie ce que j’ai fait. Il fallait néanmoins que je le reprenne pour essayer de le dissuader en douceur de recommencer.
 
- Mais... Je croyais que tu étais d'accord quand on a décidé que tu ne devais pas y aller. Ça ne sert à rien de te faire souffrir inutilement.
- Ecoute-moi, tu verras que j'ai eu raison.
 
Si c’est me dire quelque chose que je sais déjà, par exemple que Donghae pleure et que mon départ le fait souffrir, je ne dirai pas qu’il a eu raison puisque je ressens la même chose que lui et que je n’ai pas besoin de savoir comment il va pour me sentir mal, et si c’est quelque chose que je ne sais pas ou ne soupçonne pas, je ne vois pas l’intérêt de me rajouter une couche alors peu importe la raison et les choses qu’il a pu apprendre, je ne pense pas qu’il ait eu raison d’aller à l’internat.
 
- Qu’est-ce que…
 
Je m’apprêtais à l’arrêter, pour qu’il n’en dise pas plus. Après tout, je ne voulais rien savoir de ce qui concernait l’internat. Plus maintenant. Pas alors que j’étais parti et qu’au bout de trois mois, mes espoirs d’y retourner s’étaient amenuisés voire même éteints. Mais au fond de moi, je voulais savoir. Je voulais savoir ce qui l’avait perturbé, ce qui l’avait blessé. Et puis, s’il avait vu Donghae… Je pourrais avoir de ses nouvelles par la même occasion. J’obtempérais mais dès qu’il commença à parler, mon regard devint sombre.
 
- Je voulais voir Leeteuk et…
 
Il fit une pause, réagissant sûrement à un regard plus dur que je l’aurais voulu mais peu importe, il n’aurait pas du.
 
- Me regarde pas comme ça, tu sais ce qu'il représente pour moi, je voulais juste savoir s'il s'en remettait et... pour le voir, c'est l'esprit de Donghae que j'ai emprunté...
 
Je sais que c’est puéril et stupide de réagir ainsi mais à peine son nom fut-il prononcé que je me surpris à sourire, les yeux pétillants et humides des larmes qui venaient chaque fois que je pensais à lui. J’avais tellement de questions qui restaient en suspens à chaque seconde et je ne me privais pas de les lui poser, espérant qu’il en aurait les réponses.
 
- Comment il va ? Est-ce qu'il pense à moi ? Est-ce qu'il a réussi à passer à autre chose ? Dis-moi qu'il ne pleure pas, s'il te plait.
 
Son regard restait obscur et fermé à ma « joie » retrouvée rien qu’à l’évocation de son image et il ne fit qu’augmenter mes craintes et mes doutes par une simple phrase.
 
- Ecoute-moi Eunhyuk et tu auras tes réponses. 
- Mais je...

 
Je savais pertinemment que s’il n’avait pas déjà cédé à ma pression c’est qu’il avait quelque chose de bien plus important à dire alors je soupirai en rendant les armes.
 
- Vas-y...
 
Maintenant que j’avais abandonné, je le surprenais à hésiter. Est-ce qu’il voulait que je perde patience ? Ou que je souffre ? Bien sur que non mais je ne comprenais pas vraiment son comportement mais ne m’en préoccupai pas plus préférant avant me concentrer sur son récit uniquement.
 
- J'ai d'abord vu un de ses rêves et quand il s'est réveillé, il était dans les bras de Leeteuk...
 
Il me regarda alors, comme s’il venait de m’annoncer leur mort à tous les deux. Mais au lieu de ça, il m’assurait que Donghae arrivait à trouver du réconfort et ce que j’avais craint était qu’il ne puisse pas sécher ses larmes auprès de quelqu’un. Que ce soit Leeteuk permettait à tous les deux de comprendre l’autre puisqu’ils étaient dans la même situation. Alors oui, c’était bien qu’ils se réconfortent. Je ne voyais pas en quoi c’était un problème. Hyukjae a même vu un rêve de Donghae, ce qui veut bien dire ce que ça veut dire : Donghae arrive à dormir. C’est déjà plus que ce que j’aurais espéré, plus que ce à quoi j’arrivais. Et si c’était grâce à Leeteuk, tant mieux. Je pouffais de rire puis serrais la main de mon frère pour essayer de le rassurer, lui qui avait tant de doutes infondés depuis son enlèvement de l’internat…
 
- C'est normal, ils doivent se réconforter mutuellement...
- Eunhyuk c'est pas tout... 

 
Voulait-il m’annoncer que Donghae avait refusé de m’oublier malgré le fait que je lui aie demandé de le faire ? Si c’était ça, il n’y avait rien à craindre, je n’avais moi-même pas réussi à ne serait-ce qu’atténuer son image alors oublier… Néanmoins, je feignais l’étonnement pour le pousser à continuer son récit.
 
- Dans ce rêve, après t'avoir rattrapé le jour de notre départ, quand tu lui as dit au revoir, il... il t'a remplacé par Siwon pendant qu'il t'embrassait... et après il a reculé jusqu'à ce que Leeteuk le prenne dans ses bras. Enfin... c'est à peu près ça, je ne me souviens pas de tout, c'était confus... 
 
Un rêve ? C’est un simple rêve qui a mis tant de doutes dans son esprit déjà trop retourné ? Il fallait vraiment que je réussisse à l’empêcher d’aller à l’internat, sauf physiquement le jour où il le voudrait réellement. Et puis, je ne pouvais pas en vouloir à Donghae de chercher à calmer ses larmes et sa douleur dans les bras de Leeteuk alors que moi, c’était le sang qui m’apaisait. Comment aurais-je pu, de toute façon, en vouloir à un ange ? Je tentai de rassurer Hyukjae mais il y avait autre chose et je m’interrompis aussitôt ma phrase commencée pour l’interroger.
 
- Hyukjae ? Il y a encore autre chose ?
- J'y suis retourné un peu après et cette fois, c'est à la place de Yesung que je me suis retrouvé... J'ai pu voir Donghae et Leeteuk enlacés dans mon lit avant qu'il ne sorte...
 
Qu’il soit jaloux, ça lui fera peut-être prendre conscience de l’amour qu’il porte à Leeteuk et du degré auquel il a besoin de lui. Pour ma part, je n’ai aucun doute sur les intentions de l’un comme de l’autre. Hyukjae pouvait envier la place de Donghae, lui qui dormait dans « son » lit, mais il ne pouvait en aucun avoir plus de doute sur leur amour à chacun pour nous. Je ne le comprenais plus. Depuis ce jour, il n’était plus le même. Il doutait de tout, sa confiance était un vague souvenir, presqu’effacé. Il n’était plus lui-même. Doutant de Leeteuk, il avait voulu partir et ce n’est que plus tard qu’il m’avait expliqué les réelles raisons qui avaient fait que nous avions quitté l’internat. S’il n’avait pas été mon frère, j’aurais pu lui en vouloir des jours entiers de m’avoir forcé à laissé Donghae pour des soupçons déraisonnés mais je n’avais pas réussi à m’y résoudre. J’aimais trop Hyukjae pour lui en vouloir et je ne pouvais pas me permettre de lui laisser entrevoir la possibilité que je ne serais plus là pour lui à cause de ce que j’avais du faire pour lui. Je ne regrettais pas d’être parti. Mon plus grand regret était uniquement le manque de confiance qu’il avait eu pour moi en me cachant cette triste et folle vérité. Et encore aujourd’hui, alors qu’il me confiait de nouveaux doutes, j’essayai de le rassurer dans le but unique qu’il aille mieux et qu’un jour, nous les retrouvions tous.
 
- Je te dis que ce n'est rien...
- Arrête de me couper !

 
Le ton qu’il avait employé était totalement inhabituel et je ne savais pas vraiment comme je devais l’interpréter. Si c’était une façon pour lui de me prouver que non, ce n’était pas rien ou s’il perdait juste l’espoir. Il avait beaucoup trop changé, j’avais peur que ce soit terriblement irrémédiable.
 
- Euh... Je... Désolé... Je t'écoute...
- Il est allé dans la chambre d'à côté où il a surpris un couple qui...
 
Il marqua une pause, certainement gêné de devoir me dire explicitement ce qu’avait ce couple mais dans son regard, j’avais compris que ce n’était pas totalement pur et innocent.
 
- ... semblait le connaître mais que je n'ai jamais vu et il cherchait Siwon, qui n'était pas là. Il l'a attendu et quand Siwon est arrivé il semblait surpris et heureux de le voir, comme s'il ne l'avait pas regardé depuis des années. Mais au lieu de l'embrasser comme il le faisait toujours, Yesung s'est mis à lui hurler dessus en parlant de ce qu'il a fait... avec Donghae. Je... je n'ai pas mis longtemps à tout lier... Eunhyuk... Donghae n'a pas fait que t'oublier et passer à autre chose... Il a... il a l'air d'être... en couple, avec Leeteuk... mais pendant la période où il a été seul, il... il semblerait que ce soit Siwon qui l'ait... réconforté.
 
Il avait tort. Il avait tort. Il avait tort. Il. Avait. Tort. Je ne pouvais pas le croire. Il ne pouvait pas savoir. Ce n’était pas possible. Je ne pouvais pas le croire. Hyukjae n’avait que des doutes, j’en suis sûr et pourtant, il n’avait pas hésité à m’en parler. J’allais finir par croire que son but était de me blesser au point que je ne veuille pas rentrer pour que j’arrête de l’aider à aller mieux et que j’arrête de lui demander quand est-ce qu’il pensait rentrer. Mais je ne voulais ni croire qu’il me blessait égoïstement ni croire que Donghae m’avait oublié. Rien de tout cela n’était possible. J’avais les poings serrés et les joues dévastées par les larmes. Je crois bien qu’en trois mois, c’était la première fois qu’il me voyait pleurer. Je m’étais toujours arrangé pour qu’il n’ait pas à supporter ma douleur en plus de la sienne mais cette fois, c’en était trop. Il s’en prenait à celui que j’aimais le plus au monde, d’un amour totalement différent que celui que je portais à Hyukjae mais pas moins fort. Il s’en prenait à Donghae. C’en était trop. Beaucoup trop. Je sentais la rage me mordre. Je sentais le sang battre à mes tempes. Je sentais la mort m’appeler. Elle voulait à nouveau que je la serve et je ne voulais pas la décevoir. Il fallait que je sorte. Que j’aille loin. Trouver une proie. Je suis un prédateur. Je dois suivre mon instinct ou je ne répondrai bientôt plus de mes actes.
 
- Eunhyuk, je... je suis désolé... C'est ce que j'ai vu... et entendu... Je ne veux pas que tu souffres pour quelqu'un qui ne t'aime pas comme tu l'aimes mais je n'ai aucune certitude, il y a encore de l'espoir. Si tu lui fais confiance...
 
C’est bien ce que je pensais. Il voulait me faire du mal pour que je renonce à Donghae et à l’internat. Il me voulait à ses côtés sans l’interférence d’un souvenir heureux qui aurait pu m’éloigner de sa douleur. Il voulait que je souffre comme lui pour avoir l’impression que je le comprenais. Et c’était réussi. J’étais blessé. Mais je ne ressentais pas la même douleur que lui. Je n’en avais pas moins envie de rentrer. J’avais peut-être même un peu plus envie de partir à chaque seconde qui passait. Je ne voulais qu’un peu plus le voir aller mieux mais pas pour son bonheur à lui mais pour le mien. A partir de maintenant, j’étais égoïste comme il avait pu l’être quand il m’avait blessé par intérêt.
 
- Il m'aime. Je le sais.
 
Je fixai mon regard au plus profond du sien dans le but de lui montrer que j’étais déterminé à ne pas le laisser me faire douter sans raison valable. Il m’avait blessé délibérément mais je ne lui ferai pas le plaisir de le voir. S’il avait pu voir mes larmes, il verrait le sang qu’elles ont engendré. Je devais à tout prix sortir si je ne voulais pas tuer Ethan, Hyukjae et saccager l’appartement. Je sortis sans me retourner, terminant simplement la conversation sur ce qui me semblait évident.
 
- Non. Non, ce n'est pas possible. Ce. N'est. Pas. Possible !
 
~
 
J’errais dans les rues de la ville depuis plusieurs minutes quand mes pas me menèrent à un parc où j’avais aimé me promener les premiers jours, pour tenter d’oublier, en vain. Il était presque désert, ce qui était rare pour ce que j’en avais vu mais une couverture posée sur l’herbe attira mon attention. Ou plutôt, le couple qui profitait du soleil et du silence attira mon attention. Ils semblaient heureux. Bien trop heureux. Trop heureux pour que je puisse en profiter aussi. Tout leur bonheur leur était réservé, il était exclusif et moi j’étais exclu. Ils n’avaient pas le droit de me montrer à quel point ce que j’avais perdu était précieux. Pas le droit de me montrer que Donghae était tout ce qui constituait mon bonheur. Pas le droit de me montrer que j’étais mort parce qu’il n’était plus là. Ils n’avaient pas le droit.
 
Sans attendre, je me suis rapproché d’eux. Il donnait une tomate cerise à la jeune femme qui riait face à lui. Ils étaient si adorables, si mignons, si heureux. Ils ne pouvaient pas. La mort m’avait appelée et je répondais désormais à son appel. Ils me regardèrent tous les deux alors que je dégainais mes deux sabres, qui reflétaient chacun leurs visages apeurés. Vivre. J’avais l’impression de vivre de nouveau. Leurs regards pleins d’horreur. Pleins de haine aussi. Leurs regards qui se disaient que j’étais prêt à les tuer parce que j’étais un animalik et non parce que j’étais Eunhyuk. Leurs regards amoureux qui se cherchaient mais qui me fixaient malgré tout, trop paniqués pour se laisser aller à leur bonheur. Comme tout à l’heure, j’aurais pu les laisser en vie. J’avais déjà ruiné cet instant de bonheur mais ce n’était pas assez. Ma main voulut laisser tomber la lame à terre mais s’ils s’en sortaient, rien ne les empêcherait de s’enlacer, remerciant je ne sais qui ou quoi de les avoir épargnés et ils n’en seraient que plus heureux. Ma main, mes mains ne devaient pas faiblir. Leur dernier instant de bonheur serait de se dire qu’ils avaient pu honorer la promesse qu’ils avaient probablement du se faire : celle de s’aimer toujours. Je leur offrais la possibilité de ne pas se mentir. Je leur permettais de vivre et de mourir ensemble. Je suis presque trop gentil, non ?
 
Sans un regard de plus pour leurs yeux pathétiques, amoureux et suppliants, j’attrapai sans douceur les cheveux de la jeune femme, qui pleurait toutes les larmes de son corps et la relevai vers moi, pour qu’elle soit face à son fiancé lorsque son dernier souffle s’envolerait. Oubliant mes habitudes pour me laisser aller à de nouvelles expériences de mort, je la transperçai du dos vers le ventre, ignorant ou plutôt me délectant de son cri rauque qu’elle ne parvenait même pas à hurler, le souffle coupé. Cette façon d’ôter la vie était intéressante d’un aspect discrétion. Je profitai d’un râle grisant sans ameuter l’entourage.
 
Son amant n’était pas resté immobile lorsque je la lui avais arraché et ce pour mon plus grand plaisir. Il s’était précipité sur ma main pour que je lâche ses cheveux mais il était déjà trop tard. Elle expirait presque dans ses bras. J’hésitai presqu’à lui laisser la vie pour le laisser avec ces souvenirs et ces images, qui lui rappelleraient à chaque instant que le bonheur n’existe qu’à un moment donné et qu’il est souvent bien trop court pour avoir été vécu mais il en décida autrement. Sans réfléchir, il s’empala sur ma lame, que je n’avais pas encore retirée du corps sans vie et, dans un souffle, il lui fit une demande en mariage à laquelle elle ne pourrait jamais répondre. Sa main sans vie retomba sur le côté, laissant tomber une petite boîte.
 
Ma lame quitta leurs corps unis dans la mort et je fus pris de regrets. Pas le regret de les avoir privés de la vie, loin de moi cette idée minable. Non, je regrettais qu’il ait pu mourir comme il l’avait souhaité. J’aurais voulu lui faire revivre le moment de la mort de sa presque fiancée encore une ou deux fois avant de l’arracher à ce monde dans un murmure suppliciant. Je mis la femme face contre terre et son amant à quelques mètres, qui regardait dans sa direction. Ils se seront fait attaqués par un malade mental diront les journaux. Mais je ne suis pas malade, je suis ainsi. Ce n’est pas passager, on ne peut pas me soigner, je resterai le fléau de ce monde jusqu’à mon dernier souffle. Le sang avait tâché mon tee-shirt mais j’en avais d’autres. Rien ne pouvait entamer ma joie d’avoir vécu. Même pour un instant.
 
Ramassant la boîte, je découvris avec pitié qu’elle contenait une bague. Ainsi, ce pique-nique aurait du être pour lui l’occasion de concrétiser leur bonheur. Décidément, j’avais bien fait de les tuer ensemble. Comme ça, ils n’avaient pas eu à se promettre de rester ensemble pour le meilleur et pour le pire alors qu’il serait parti à la moindre escarmouche. C’est pathétique les couples qui pensent que leur amour peut résister à n’importe quoi. Les kilomètres ont pu assassiner l’amour de Donghae pour moi alors pourquoi le leur aurait-il résisté au temps ? Et même s’il m’aimait toujours, ce qui était le cas, j’en suis sur… je ne le reverrais peut-être jamais alors comment dire que notre amour résiste si jamais il n’existe ?
 
~
 
Sur le chemin vers l’appartement d’Ethan, je n’ai pensé qu’à lui. Qu’à Donghae. Il n’aurait pas apprécié ce que je venais de faire. Il ne m’aurait pas laissé faire. Mais il n’était pas là. Il n’avait pas retenu mon bras cruel, mon âme destructrice et mon esprit perdu. Il ne m’avait pas embrassé pour me rappeler qu’avec lui, j’étais capable de tout et surtout de ne rien faire. Il n’avait pas pu me protéger face à moi-même. Et s’il n’avait pas été là, c’est parce que j’étais parti. Et si j’étais parti, c’était parce que Hyukjae l’avait voulu. Et si j’étais sorti empli de haine et de douleur après avoir parlé avec mon frère, c’était parce qu’il avait délibérément voulu me séparer de Donghae moralement en plus de l’avoir fait physiquement. Etait-il possible qu’il soit jaloux à ce point pour ne pas supporter ne serait-ce que l’idée que je pense à lui et qu’il veuille à tout prix m’en éloigner ? Cette bague que je tenais dans ma main était la dernière chose qu’il me restait de cet incident mis à part le sang mais je ne voulais pas m’encombrer de cette niaiserie. Je la jetai avec sa boîte au fond d’un caniveau, songeant que le sang de mes victimes la souillerait peut-être à un moment ou à un autre quand leur sang imbiberait la terre. Quelle ironie !
 
En entrant dans la chambre, j’ignorai les premières questions de ce frère que je ne voulais plus écouter. Il m’avait dit tellement d’idioties, tellement de choses improbables et même impossibles, il m’avait tant fait souffrir. Comment aurais-je pu oublier qu’il avait réussi un instant à me faire douter de Donghae ? Comment aurais-je pu oublier que si j’avais eu ce semblant de doute, c’était parce qu’il m’en avait éloigné ? Non, décidément, il avait voulu fuir et quand je lui avais dit qu’il en souffrirait, je m’étais terriblement trompé. C’était moi qui en souffrais le plus. Lui, qu’il soit ici ou ailleurs, qu’est-ce que ça changeait ? Il avait peur de tout et de tout le monde… peu importe qui, peu importe quand, peu importe où… Ethan avait gagné sa confiance au prix d’incroyables efforts et de nombreuses semaines acharnées à le servir et à s’occuper de lui comme un père l’aurait fait pour qu’au final, il daigne lui adresser un regard et un mot de temps à autre. Mais en posant sa main sur mon épaule, il me fit aussi comprendre à quel point j’avais besoin de lui qui avait plus que tout besoin de moi. Je n’arrivais pas à lui en vouloir et en même je ne pouvais pas faire comme s’il n’y était pour rien. Je préférais jouer la carte de l’indifférence, c’est encore celle qui m’allait le mieux au milieu de tous les masques.
 
- Eunhyuk ?
- Mmh ?

 
Je le regardai difficilement, les yeux plongés au mieux dans le vague, comme si rien n’avait d’importance, comme si je n’étais pas vraiment là.
 
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
 
En quoi ça pouvait bien l’intéresser ? S’il n’avait pas voulu que je me perde, il ne m’aurait pas demandé de partir. Il ne m’aurait pas demandé d’abandonner celui qui me guidait. Sans guide, on se perd. C’est une évidence. Et quand on emprunte le mauvais chemin, à moins d’avoir une raison de retourner sur la bonne voie, on n’en sort pas. Tout simplement parce qu’il est plus facile d’accès, qu’il est plus beau, plus attrayant, même si au final, il n’y a que l’obscurité derrière les fleurs odorantes. Si j’avais su voir le chemin hideux, celui au bout duquel on trouve le bonheur, aujourd’hui j’en avais perdu la trace et à force d’errer entre l’un et l’autre, j’avais finalement retrouvé l’odeur des roses fidèles au sang. Il n’avait pas à savoir que je les avais retrouvés sinon il chercherait à m’en éloigner de nouveau et c’était trop dur de vivre sans.
 
- Rien.
- Hyung... Qu'est-ce que tu as fais ?
- Rien je te dis. C'était rien.

- Eunhyuk je sais que tu me mens. Qu'est-ce que tu as fais ?
 
Si seulement il pouvait arrêter de me répéter cette même question avant que je ne m’énerve. Je risquais de lui dire ce que je ne voulais pas lui dire. Je risquais de le blesser plus que je ne le voudrais. Evidemment puisque je n’avais aucune envie de le blesser. Il voulait néanmoins des réponses, c’était compréhensible, j’allais lui en donner. Mais pas celles qu’il attendait et pas celles que je voulais. Je voulais lui dire que je n’avais rien fait, que c’était lui qui avait fait que j’étais redevenu ainsi mais je ne le pouvais pas. Même si je souffrais de ses choix, je devais les accepter et ce parce qu’il en a toujours été ainsi. Il a voulu aller à l’internat, je l’ai suivi. J’ai été heureux grâce à lui et je suis plus malheureux que jamais à cause de lui mais au moins je sais ce que ça fait d’être heureux… Un bien pour un mal plus grand. Ce n’est pas le proverbe classique mais c’est celui qui sied à la situation. Je me devais de lui dire la vérité même si elle était difficile à attendre. Et je devais lui dire le plus sérieusement du monde pour qu’il comprenne à quel point ça ne m’avait rien fait, si ce n’est m’apaiser.
 
- A ton avis ? D'où peut provenir le sang alors que je ne suis pas blessé ? Tu as besoin de détails ou tu te contenteras d'imaginer ?
 
C’était bien plus ironique et agressif que je l’aurais voulu mais il ne sembla pas relever. Cela ne contribuait qu’un peu plus à lui montrer que je n’étais plus le même à présent. Je vais lui expliquer pourquoi malgré tout, puisque je pense que ce n’est pas mon mode opératoire dont il veut entendre parler.
 
 - C'était un pique-nique tout ce qu'il y a de plus heureux, le genre de déjeuner que j'aurais voulu vivre avec lui. Ils étaient heureux. Ils avaient pas le droit. Tu comprends ? Non, tu ne peux pas comprendre... Ils n'avaient pas le droit de faire étalage de leur bonheur devant moi. Cet homme qui donnait la becquée à sa belle, et elle qui gloussait à n'en plus finir. Son rire emplissait l'air de bonheur mais j'en étais exclu. Ils n'avaient pas le droit. Pas le droit.
 
J’avais le droit au bonheur tout comme eux. J’avais le droit d’être heureux comme ils avaient pu l’être. J’avais le droit de vouloir mourir avec Donghae comme je leur avais permis de mourir ensemble. J’avais le droit de vouloir vivre ma vie avec celui que j’aime. J’avais le droit de vouloir participer à leur bonheur. J’avais le droit de sortir des Enfers dans lesquels mon enfance m’a plongée. Mais eux ne l’avaient pas voulu. Alors je les avais tués. Tout simplement. Ils n’étaient pas généreux. Ils étaient égoïstes de leur bonheur, n’ont pas voulu m’en offrir ne serait-ce qu’une miette. Alors je les ai envoyés sous terre, rejoindre ceux qui, comme eux, sont égoïstes.
 
- Tu les as tués parce qu'ils étaient heureux ?
- Oui. 

 
Je marquai une courte pause, profondément étonné que ce soit cela qui le surprenne. Il résumait à merveille la situation mais je ne comprenais pas d’où venait cet air circonspect sur son visage inquiet.
 
- C'est ce qui te dérange le plus ? J'ai fait bien pire, bien plus terrible. Des enfants, des bébés, des vieillards qui voyaient à peine. Ce n'est pas ce couple qui changera la donne. Je suis un pourri jusqu'aux os et ça ne changera pas. Ça ne changera jamais.
 
Après tout, pourquoi cacher la vérité quand elle est si simple à exposer ? Si j’avais pu changer, je l’aurais su. Si j’avais pu changer, perdre Donghae ne m’aurait pas ramené des années en arrière. Non, je ne peux pas changer. C’est le père de Siwon qui avait eu raison en disant qu’on ne pouvait pas domestiquer une bête née pour tuer. J’avais démenti mais finalement, celui que j’avais eu comme mentor et que j’avais tué malgré l’amour et la tendresse qu’il m’avait porté, celui que j’avais aimé pendant de longues années, celui qui m’a construit autant qu’il m’a détruit est celui qui me comprend le plus, celui qui a toujours su qui j’étais derrière les masques et derrière les apparences. J’avais beau lui dire que j’avais changé, il savait que ce n’était pas le cas. Il avait lu en moi malgré les années qui m’avaient séparée de lui. Je n’aurais pas du le tuer alors qu’il m’avait tout donné. Je n’aurais pas du lui ôter la vie. C’est la première vie que je regrette d’avoir prise. La première qui n’était finalement pas bonne à prendre. J’aurais pu retourner près de lui et le convaincre de ne pas nous faire de mal. Lui promettre que je redeviendrais celui que j’avais toujours été en ne demandant que la liberté de Hyukjae en contre partie. Je suis sur qu’il aurait accepté. J’aurais pu vivre dans un appartement avec Hyukjae et sortir la nuit pour accomplir ce pour quoi il avait besoin de moi. Nous aurions pu vivre ainsi. Nous aurions surement été heureux. Il m’aurait manqué Donghae mais j’aurais eu l’amour d’un père de cœur. Et au lieu de ça, je l’ai tué… Je n’aurais pas du.
 
Mais mon frère ne semblait pas avoir le même avis que moi là-dessus et m’avait répondu, en prenant ma main dans la sienne :
 
- Arrête, tu sais comme moi que c'est possible. Pense à tous tes efforts, tes progrès, à toutes les fois où tu as retenu ton bras. Ne les gâche pas en replongeant là-dedans. Dans le sang et les larmes.
- Je ne replonge pas Hyukie... j'arrête de m'imaginer pouvoir changer.

 
Pour replonger, il aurait fallu que je m’en sorte une première fois, or ça n’avait jamais été le cas. Jamais. Il s’accrochait à une personne que je n’avais jamais été. Il avait pensé avoir un jour un frère humain, digne des frères nobles et aimants qui sauvaient ceux de leur sang grâce aux mots et aux regards intimidants mais j’avais toujours été ce double, cette ombre de mort qui planait sur chacun de ceux qui croisait son chemin, n’espérant qu’une chose : qu’ils s’en prennent à lui pour les tuer. Je n’ai pas toujours attendu une raison pour tuer mais dès que je le pouvais, j’en inventais une. Je n’ai jamais été un bon petit garçon, qui va en cours pour rendre fier ses parents ou qui aime se promener dans les champs à la recherche d’une petite fille dont tomber amoureux. Je suis une brute et la seule douceur que j’ai eue dans ma vie a été Donghae. La seule fierté que j’ai eue était de faire le récit de mes meurtres aux jeunes recrues de mon père, un père que j’ai tué.
 
- Tu as changé Eunhyuk. Tu es redevenu toi-même grâce aux soins et aux attentions de ceux qui t'aiment alors pourquoi ? Pourquoi abandonnerais-tu maintenant ?
 
Parce que pour lui, j’ai tué mon père. Parce que pour lui, j’ai abandonné ma douceur. Parce que pour lui, j’ai fait des milliards de choses que je ne serais capable de refaire qu’en retrouvant mon ancien moi.

- Parce que celui qui m'a le plus fait changé, celui qui m'a rendu meilleur, qui m'a un jour fait sourire, parce que celui-là même est loin. Parce que je suis parti et que je ne le reverrai probablement plus jamais. Alors, j'essaie de noyer son image et les souvenirs dans le sang qui coulent des corps sans vie. Tu ne peux pas imaginer à quel point je me sens libérer d'un poids. Etre bon et gentil. Regarder la vie couler, tout cela est épuisant et pesant. Alors que prendre une vie, plonger les yeux dans un regard suppliant et les voir agoniser, c'est... grisant. Je me sens vivant quand la mort m'entoure. Je me sentais vivant quand il était là mais maintenant je dois retrouver le moyen de survivre. Je vivrai pour toi parce que je tiens trop à toi pour me laisser mourir mais pour te protéger, je ne dois jamais me ramollir, je dois retrouver ma force d'avant.

 
Pour lui, encore, je vais tout abandonner, tout détruire de ce que j’ai pu penser être, et je vais redevenir la cruauté à l’état brut, le meurtrier qu’il a toujours fallu que je sois pour le protéger. Et même s’il pensait que je pouvais le protéger en frappant nos adversaires avec des mots ou des sourires narquois qui leur montreraient dans quel bonheur nous vivions. Non, je préférais qu’ils ne fassent tout simplement pas partie de ce monde.
 
- Non ! Tu n'as pas besoin de faire comme avant ! Ici, je suis en sécurité et tu le sais ! Ce passé on l'a quitté quand tu as assassiné le père de Siwon !
 
Ici, il est en sécurité autant qu’à l’internat. Je suis persuadé qu’il pourrait rentrer mais voilà, il ne veut pas. Et le père de Siwon fait peut-être partie de mon passé mais je regrette de l’avoir tué et les regrets ne s’estompent jamais. Les souvenirs de ceux que l’on regrette non plus. Jamais je n’oublierai qu’il m’a emmené dans des endroits fabuleux où je devenais un enfant avec son père. Je n’oublierai jamais qu’il m’a fait découvrir une passion que je ne peux pas renier pour le sang qui me faisait devenir un tueur qui faisait la fierté de son père. Je n’oublierai jamais que je lui ai sauvé la vie une fois et qu’il a aussi sauvé la mienne la première fois où j’ai failli échouer à ma tâche, en acceptant d’effacer les énormes dettes que mon assassin potentiel avait contractées. Je ne pourrais jamais oublier que j’ai tué celui qui a changé ma vie. Bien sur, il m’a blessé, menti et trahi. Bien sur, il a fait de mon propre frère un objet pour ses clients et amis. Bien sur, il a voulu m’insulter pour déchainer la colère qui m’a poussé à le tuer. Mais est-ce que tout ça efface quatre années de bonheur ? Si je l’ai détesté au début, j’ai fini par m’y attacher, je le voyais comme l’homme que je rêvais d’être. Je n’ai pu le détester à nouveau que lorsque j’ai appris pour Hyukjae mais je n’ai jamais cessé de me demander si ce qu’il m’avait dit le jour où j’avais décidé de partir était vrai. Après avoir fait un massacre, le plus beau de ma jeunesse, dans sa demeure, il m’avait dit qu’il n’avait pas décidé de ce sort pour mon frère, qu’il n’était pas responsable de son rôle, qu’il n’avait jamais voulu ça parce que son amour pour moi, son fils, n’avait pas d’égal sur terre. Il m’avait dit qu’il m’avait caché la vérité pour que je ne sois pas blessé par la réalité, pour que je n’aille pas au suicide en voulant le libérer. Et, même si je n’avais pas pu le croire, je lui avais laissé la vie sauve, plongé dans le doute. Doute qui s’était envolé en voyant Hyukjae mais qui était réapparu en voyant son regard quand j’avais finalement commis le pire. Parricide. Il n’y avait pas d’autre mot. Il n’avait pas mon sang mais il était mon père malgré tout. Jamais, jamais je n’oublierais.
 
- Ce passé c'est mon présent, et aussi mon avenir ! Quoi que tu puisses en penser sans lui je n'ai plus que ça !
 
Sans eux, je n’ai plus que ça. Pour rendre hommage à la mémoire de celui qui m’a tout appris et pour oublier celui que j’ai du quitter. Uniquement pour eux, je devais continuer de tuer. Et pour protéger Hyukjae quoi qu’il arrive.
 
- Il va venir. 
- De qui ?
- Donghae. Il va venir.

 
Il venait de me prendre au dépourvu. De changer de sujet brutalement, comme s’il savait que du côté de mon futur, il n’y avait plus rien à faire. Enfin, il se résignait à accepter l’évidence. Cette même évidence qu’il a acceptée trop tard quand je lui ai dit que Leeteuk lui manquerait. Et voilà où nous en sommes. Blessés et désespérés tous les deux. Sauf que je ne savais pas comment réagir face à ces mots. Est-ce qu’il venait vraiment ? Est-ce qu’il cherchait uniquement à me faire entrevoir l’espoir d’un futur inexistant pour me blesser de nouveau ? Je ne savais plus quoi penser mais j’étais plein d’espoir.
 
- Pas pour te voir Eunhyuk...
- Pourquoi ?

 
Ce fut le seul mot que je pus articuler tant je ne voulais pas croire qu’il ne voulait pas me voir, moi. Il savait pourtant que je ferais tout pour être à nouveau avec lui, pour l’avoir dans mes bras. Il vient forcément pour moi.
 
- Il veut s'éloigner un peu et revoir son oncle, ici, à Los Angeles. 
- Mais... Mais... On est là... On est dans la maison de son oncle !

 
Qu’est-ce que je disais ?! Il vient pour moi. Je savais qu’il ne m’abandonnerait pas. S’il vient particulièrement ici, c’est pour moi. Pourquoi voudrait-il s’éloigner de ceux qui sont sa plus grande chance d’oublier, de sécher ses larmes et de passer à autre chose ? J’aurais pu tuer Hyukjae sur place pour plusieurs raisons. M’avoir fait attendre au lieu de me le dire tout de suite. M’avoir fait partager ses doutes. Et d’autres encore. Mais il venait de me rendre ce que j’avais perdu : une raison de respirer. Le protéger en est une sur le long terme. Organiser ma prochaine rencontre avec Donghae une immédiate. Mes prochains battements de cœur ne seront pas pour moi, pas pour que je vive, ils seront pour lui. Et lui seul. Je me relevai d’un bond, sans réfléchir à ce que je pouvais réellement faire, exprimant tout l’espoir et toute la joie retrouvée qui m’abritait, quand il me ramena brutalement à la réalité. Sa réalité. Une réalité faussée par son esprit blessé.
 
- Eunhyuk...
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu vois tu t'es inquiété pour rien, il revient me voir...
- Eunhyuk ! Ecoute-moi bon sang !

 
Jamais il n’avait haussé le ton contre moi, encore moins quand il savait que je pouvais en perdre le sourire. Et pourtant, il l’avait fait. Et s’il l’avait fait, c’était surement parce qu’il avait une bonne raison d’agir ainsi. Une raison que je ne voulais probablement pas entendre.
 
- Il y a qu'il ne sait pas qu'on est là, donc il ne vient pas pour nous, pas pour toi et... Leeteuk lui a dit qu'il l'aimait, alors qu'il était sur le départ. 
- Leeteuk nous aime tous, ça devait être affectif. 

 
Ce n’était qu’une explication parmi toutes celles que j’aurais pu lui offrir. C’était celle qui me permettait de mettre fin à ses doutes insensés sur l’amour que lui portait Leeteuk. Qu’il en doute était une chose, que je l’accepte et le laisse me frapper avec ses soupçons en était une autre.  
 
- Je suis sûr qu'il ne m'a pas oublié. Et il sait que nous sommes là, mais il fait comme si parce qu'il espère me faire une surprise, mais je lui ferai moi ! Il faut parler à Ethan. Je suis sûr qu'il m'aidera. Donghae va probablement l'appeler pour le prévenir. Je serai là, je m'arrangerai pour que Donghae aille chez lui et je me débrouillerai pour y être quand il arrivera. Et on sera à nouveau ensemble. Je savais qu'il ne m'abandonnerait pas.
 
Il me retint par le bras quand je voulus partir en essayant de me convaincre de renoncer, probablement.
 
- Eunhyuk...
- Arrête. Rien n'entamera ma détermination, je vais aller voir Ethan de ce pas pour lui dire.

 
Je préférai l’arrêter avant qu’il ne me fasse dire ce que je ne voulais pas lui faire entendre. Quand il baissa les yeux, j’en profitai pour m’éloigner mais il fit monter en moi une colère étrange parce que non voulue en me rattrapant une nouvelle fois. J’haussais le ton, malgré tout peu fier d’être énervé contre mon propre frère.
 
- Quoi encore ?!
- Tu es couvert de sang... Fait quelque chose avant d'aller le voir.
 
En baissant les yeux, je remarquai que je ne m’étais pas changé et que le sang, en plus d’avoir tâché mes vêtements, avait imbibé les draps sur mon lit. J’étais bon pour une lessive… Mais avant, une douche et le repas, pour pouvoir parler à Ethan une fois qu’il serait rentré.
 
~
 
A peine eut-il passé la porte que je me précipitai à sa rencontre. Les quelques politesses que je connaissais en anglais étaient maigres et je regrettais à présent de ne pas avoir plus écouté pendant les cours de l’internat mais bon… Il parlait couramment coréen alors, tout irait bien pour que je me fasse comprendre mais si Donghae appelait… Bref.
 
- Eunhyuk ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu m’as l’air bienheureux, c’est pas ordinaire. Que me vaut l’honneur de ce sourire ?
- Je… J’ai une grande nouvelle… ou pas… Enfin elle est grande pour moi ! Donghae a dit qu’il allait venir ! Hyukjae l’a vu ! Il risque d’appeler et de vouloir te voir tout de suite mais il faut que tu m’aides ! S’il te plaît ! S’il te plaît ! S’il te plaît ! S’il te plaît !
 
Bon d’accord, je l’ai légèrement agressé mais comment dire ? Il y a certaines choses dans la vie qui ne peuvent pas attendre. Et mon Donghae ne peut pas attendre. Qui ferait attendre un ange ? Qui ferait attendre le bonheur ? Qui lui fermerait sa porte sous prétexte que ce n’est pas tout à fait le bon moment ? Bah pas moi. Le fait est que, malgré ma joie, il ne semblait pas comprendre ce que je voulais lui dire.
 
- Est-ce que tu peux recommencer ? Mais doucement…
- Hyukjae l’a vu à l’internat et il a dit qu’il venait pour te voir et prendre un peu de recul et moi, je veux en profiter pour le revoir parce qu’il me manque beaucoup trop pour que je le laisse si proche de moi sans le voir. Allez s’il te plait… Si tu peux juste le convaincre de venir te voir dans quelques jours et pas pile ce soir en arrivant, ce serait génialissimement super !
 
Mais à chaque mot, il semblait perdre un peu plus de consistance, comme s’il ne comprenait réellement pas une syllabe de ce que je pouvais dire.
 
- Il arrive ce soir ? Sur un coup de tête ? Sans m’avoir téléphoné ?
- Oui mais ça ne devrait pas tar…
 
Je ne pus finir ma phrase, interrompu par le téléphone qui se mettait à sonner dans la poche d’Ethan, qui n’avait même pas pu faire plus de trois pas dans l’appartement depuis qu’il était rentré… Je lui demandai discrètement de le mettre sur haut-parleur pour que je l’entende et le suppliai du regard de m’aider et de me faire – encore – une faveur.
 
- Allô ?
- Oui, Ethan, c’est Donghae…
 
J’avais l’impression de tomber dans un puits sans fond… Je devais être en train de fondre devant le combiné qui me délivrait les plus belles sonorités que je n’avais jamais attendues. C’était sa voix. Il était à l’autre bout du fil. Mais elle était triste et éteinte. J’avais tellement peur pour lui, je m’étais tellement inquiété que de l’entendre ne me fit que souffrir un peu plus tout en m’impatientant quant à la suite pour savoir si Ethan allait, oui ou non, m’aider.
 
- Hae, ça va ? Ça fait un moment que tu ne m’avais pas appelé.
- A vrai dire… C’est pas vraiment ça… Je reviens à la maison mais je voudrais te voir avant. J’arrive ce soir… Je suis conscient que je te préviens au dernier moment mais tu crois que je pourrais passer ce soir ?
- Je…
 
C’est pas vraiment ça ? Pourquoi venait-il ? Ce que Hyukjae m’avait dit ne me sortait pas de la tête même si je ne voulais pas y croire et je ne voulais vraiment pas me laisser consumer par des soupçons infondés mais sa voix me semblait trop étrange pour être vraiment triste. Elle était plus… blasée… Seulement, entendre sa voix eut sur moi un effet désastreux. Les larmes se déversaient sur mes joues sans que je puisse faire quoi que ce soit pour les empêcher et mon regard humide devait probablement être chargé d’un espoir fou et improbable au milieu de tout le désespoir. Un désespoir qu’Ethan vit autant que ma joie de l’entendre.
 
-… Je… ne suis pas à la maison ce soir. Je rentre dans la nuit, est-ce que tu peux passer demain ?
- Mon avions arrive tard, je peux peut-être passer malgré tout ?
- Je… je suis désolé mais je ne peux vraiment pas t’accueillir ce soir…
- Je… J’ai besoin de te voir Ethan…
-…
- Mais après tout… j’aurais du te prévenir avant… je passerai demain alors… puisque tu ne veux pas… A demain.
 
Ethan s’apprêtait sûrement à rétorquer que ce n’était pas qu’il ne voulait pas mais qu’il ne « pouvait » pas quand Donghae raccrocha sans plus de cérémonie. Je n’avais pas tout compris mais j’en avais entendu assez pour savoir qu’Ethan avait du résister pour ne pas céder aux désirs de Donghae. Il avait du résister pour m’aider. Et je ne pourrais probablement jamais l’en remercier assez.
 
- J’espère que tu sais ce que tu fais Eunhyuk, il est la personne qui compte le plus à mes yeux depuis la mort de mon frère, je ne supporte de l’entendre aussi triste.
- Je ne te décevrai pas, merci. Merci beaucoup de m’avoir aidé.
- Y a pas de quoi…
 
 
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EunHyuk Won
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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Sam 7 Mar - 18:38
Désolée pour le Double-Post mais mon rp était trop long...



"Your heart overlooked me ~  "
“Hyukjae ~ Eunhyuk & Donghae ~ ”



~
 
Après avoir convaincu Ethan de m’emmener lui-même chez Donghae, n’étant pas très à l’aise avec les transports en commun et l’anglais, il me prêta un jeu de clé pour que je puisse entrer et s’en alla, me laissant devant une maison, une villa, magnifique dans laquelle je n’osais pas pénétrer de peur de violer un lieu sacré. La clé tourna dans la serrure et je baissai doucement la poignée, comme si j’allais rencontrer des merveilles insoupçonnées dans cette maison que j’avais rêvée de nombreuses fois sans jamais réussir à la rendre aussi belle qu’elle l’était réellement. Je n’avais pas non plus imaginé que j’y entre dans une telle situation. Rien n’était tel que j’avais pu le penser.
 
Il était partout. Dans chaque meuble, j’arrivais à le voir, à l’imaginer sirotant un jus de fruit sur le canapé en regardant la télévision, à le voir en train de faire la cuisine sur son immense plan de travail, en train de nourrir les poissons de son incroyable aquarium. Partout au rez-de-chaussée il était là. Et je me doutais bien que l’étage devait en être de même. Une pièce en particulier. A peine arrivé, je me mettais déjà en quête de son ancienne chambre, une fois mon sac de courses déposé dans la cuisine, magnifique cela dit en passant.
 
Il y avait en fait deux étages mais dès la première porte, je sus que je n’irais pas voir ce qui se cachait derrière les autres. Son odeur était partout. Je me jetai sur le lit pour m’imprégner de son odeur, de celle qui restait encore sur la couette et sur les draps, de celle de son oreiller et même de celle du petit Némo en peluche qui était dans le coin. Il y avait même une peluche singe comme si c’était le destin qu’on finisse ensemble. Je serrai toutes ces choses insignifiantes mais qui représentaient bien trop et me remis inconsciemment à pleurer. J’étais entouré par sa présence mais il n’était pas là. Je restai ainsi plusieurs minutes, peut-être même une heure, pleurant et inspirant, avant de réussir à me calmer et à me relever pour explorer un peu plus en détail sa chambre, une chambre simple et épurée. En ouvrant son armoire, je fus assailli par son odeur qui n’était que plus forte due à l’enfermement de ses vêtements dont les senteurs n’avaient pas pu s’échapper et je remarquai ensuite un carton au pied du dressing.
 
Je savais que je ne devais pas l’ouvrir, que je n’avais pas vraiment le droit puisque je n’avais rien à faire ici mais je ne résistai pas. Et si je découvrais une photo de cette petite amie dont il m’a rapidement parlé une fois, alors qu’il rêvait, mais qu’il n’a jamais voulu évoquer depuis, se justifiant par quelques regards implorants de douleur ? Je n’avais jamais voulu insister, voyant qu’il n’était pas à l’aise mais là, je pouvais peut-être apprendre ce que je ne savais pas encore. Les premières photos étaient douloureuses à regarder. Elles le montraient, lui, avec YeSung, main dans la main en train de se promener, sur la plage en train de rire, des selfies pris plus ou moins de manière prévues. Il y en avait des dizaines qui me faisaient mal. Ils semblaient si proches sur ces photos que je me demandais si je n’avais pas eu tort de les séparer… Bien sûr, maintenant, YeSung sort avec Siwon et ils ont l’air heureux mais, je ne sais pas… Si je ne les avais pas contraints à rompre, peut-être n’en auraient-ils jamais eu l’idée ni l’envie…
 
Je continuais de faire défiler les photos, décidant de refouler mes pensées moroses pour laisser place à celles qui accompagnaient les clichés suivants. Plus j’avançais, plus je me rendais compte que son visage rajeunissait, jusqu’à le voir au bras d’une fille. Surement celle qui l’avait quitté. Une folle en somme. Ils ne semblaient pourtant pas faire des photos de couple mais plutôt celles que l’on peut faire avec son ou sa meilleure amie. Malgré un premier échec en passant de l’amitié à l’amour, il avait essayé de nouveau avec YeSung et cela s’était aussi soldé par un échec, dont j’étais cette fois le seul et unique fautif. Ne me laissant pas submerger par les sensations désagréables de culpabilité qui commençaient à poindre, je jetai un œil aux photos suivantes, souriant en découvrant qu’il continuait de rajeunir jusqu’à être un tout petit bout de chou absolument a-do-ra-ble.
 
Le temps passa en un instant, sans que je m’en rende compte, si bien que ce ne fut que quand je vis le soleil décliner au balcon de sa chambre, alors qu’il plongeait dans la mer, que je réagis qu’il fallait que je me mette à lui préparer la soirée dont je rêvais depuis plus de trois mois. Je n’avais pas pris de quoi m’habiller pour l’occasion ou je ne sais trop quoi mais j’avais au moins prévu de quoi lui faire un repas tout romantique avec bougies et compagnie en mode cucul la praline à choper des caries. Bol de ramens et chandelles, c’est compatible ? Au pire, on va dire que oui et puis c’est tout. L’eau commençait à bouillir et j’allais y mettre les nouilles quand mon cœur fit un sursaut. Des clés tintèrent en tombant sur le sol et je me sentais comme paralysé.
 
Ce n’était pas possible qu’il soit déjà là, rien n’était prêt. D’après l’heure affichée au mur, il devait me rester encore une demi-heure avant qu’il ne rentre. Peut-être que ce n’était pas lui ? Mais qui s’arrêterait et ferait tomber ses clés, pile juste derrière moi si ce n’est mon ange à moi ? Lentement, assez pour que mon cœur ne lâche pas d’un coup, je me retournai vers lui et nous sommes restés ainsi un moment, à nous regarder sans rien faire, sans rien dire. Et puis, j’ai fait un premier pas, toujours doucement, sans un bruit de peur qu’il ne s’envole comme un rêve à la moindre perturbation de l’air. Un deuxième pas. Un troisième. A présent, je savais qu’il ne s’échapperait pas. Il était vraiment là. J’accélérai légèrement mais sans me brusquer alors que lui n’avait pas bougé. Les mots de Hyukjae étaient déjà bien loin dans mon esprit.
 
En arrivant près de lui, je passai mes bras autour de lui pour le serrer plus tendrement que je ne l’avais jamais fait et une larme s’échappa d’un de mes yeux. Une larme qui n’en entraîna aucune autre. J’avais trop pleuré ces derniers temps pour qu’elles comprennent que la joie était une plus belle raison encore que la tristesse pour qu’elles me brûlent les joues. Il était resté passif, le regard dans le vide pendant ces quelques minutes mais je le sentis inspirer profondément quand je le serrai dans mes bras avant qu’il ne finisse par m’enlacer à son tour. Je ne saurais pas dire combien de temps nous sommes restés ainsi mais je ne voulais plus le lâcher, je ne voulais rien dire, rien faire. J’étais bien comme j’étais et c’était trois mois de souffrance qui venait de voler en éclat par ce simple contact. Je me redressais pourtant pour embrasser tendrement son front avant de me reculer légèrement pour le regarder. Il me semblait ailleurs, comme s’il n’était pas agréablement surpris de me voir, comme s’il ne le voulait pas. Je rejetai néanmoins ces pensées toxiques pour lui prendre doucement la main avant de le conduire au canapé sur lequel nous nous assîmes tour à tour, moi le premier pour pouvoir le prendre dans mes bras de nouveau alors qu’il soupirait. Un soupire que je prenais pour un soulagement, du bien-être.
 
Il ne disait rien. Il ne bougeait pas. Je voulais l’embrasser, le serrer plus fort mais son manque de réaction et d’émotion me poussait à croire qu’il n’était pas bien et que je n’en étais pas la seule raison. Il me semblait même qu’il était mal à l’aise entre mes bras, avec moi.
 
- Donghae ?
 
Aucune réponse. Pas un mouvement allant dans le sens de la considération. Je n’étais même pas là. Son regard était vide et ses mains dans les miennes me semblaient plus froides que d’ordinaire. Tout son être me semblait plus froid, distant, que d’habitude.
 
- Hae ? Ça va ?
 
Cette fois, je secouai un peu ses mains prises dans les miennes pour le faire réagir, ce qu’il fit, non sans me surprendre par la même occasion.
 
- Hein ? Ah… Euh… Oui, oui… Et toi ?
 
J’ignorai sa question, jugeant que son état ne permettait pas que l’on change de sujet. Je le relevai pour qu’il me fasse face et plongeai mon regard dans le sien, toujours aussi brisé et sans émotion aucune si ce n’est de la gêne.
 
- Donghae… Qu’est-ce qu’il y a ? T’as pas l’air content de me voir…
- Euh… Si si… Je m’y attendais pas… C’est tout. C’est… tout…
 
Ses mots se voulaient probablement rassurants mais sa voix, ses yeux et ses doigts, qu’ils torturaient sans cesse, échappant à mon emprise, disaient le contraire de ce qu’il désirait sûrement me faire comprendre. Et je ne me sentais en aucun cas prêt à abandonner tout de suite ma quête de réponses. Je m’attendais à une effusion de bonheur, aux embrassades répétées et pleines d’émotions mais à la place il a été complètement absent, me laissant dans une espèce de frustration innommable mais pourtant, tout ce que je cherchais, ce n’était pas cette douceur qu’il ne m’avait pas donnée mais plutôt les raisons pour lesquelles il ne l’avait pas fait. Parce qu’il devait bien en avoir non ?
 
- Ça fait 14 semaines que l’on ne s’est pas vu mais ça n’empêche pas que j’arrive à voir quand tu ne vas pas bien. Et je peux t’assurer que tu n’as pas l’air en forme. Qu’est-ce qu’il y a ?
- Rien. Rien. Ça va. Je suis un peu perdu. C’est tout…
 
Répéter toujours la même chose. Il sait pourtant qu’il n’arrive pas à mentir ou à dissimuler alors pourquoi est-ce qu’il essaye de me cacher ce qui le contrarie aujourd’hui ? Ce ne pouvait pas être si grave… Il pouvait bien m’en parler. Je pouvais tout entendre, surtout après des mois à attendre de le revoir. Tout. Absolument tout.
 
- Hae, tu n’as jamais su mentir, encore moins à moi… Qu’est-ce qu’il y a ?
- Je… Je ne veux pas en parler… pas maintenant… S’il te plait…
 
Il y a donc bien quelque chose. Mais pourquoi ne veut-il pas m’en parler ? Qu’est-ce que cela pouvait bien être pour qu’il soit si mal ?
 
- Donghae… Parle-moi… Tu sais que je peux tout entendre, non ?
- Non… Pas ça… C’est trop dur… Je veux pas en parler maintenant…
 
Il se rapprocha de moi pour se blottir tout contre moi et je crus déceler des ses yeux des larmes qui n’attendaient que mon ignorance pour pouvoir couler. Mon pouce les cueillit une à une jusqu’à ce qu’il se calme et je pris une de ses mains dans la mienne avant de passer l’autre dans ses cheveux. Il profita d’en faire de même pour changer de sujet.
 
- Ça te va bien comme couleur… Ça change…
- Donghae… Ne change pas de sujet… Qu’est-ce qu’il s’est passé en trois mois ?
- Je… Je veux pas… Hyuk… Me force pas…
- Donghae, bon sang, explique-moi !
 
J’avais haussé le ton mais je n’aurais pas du. La seule conséquence que cela eut fut de le faire pleurer. Je regrettais déjà de m’être emporté et j’essayai de le serrer plus fort contre moi mais il s’écarta malgré tout alors que je tentais de le garder et de le rapprocher toujours plus. Mais il ne voulait pas. Vraiment pas.
 
- Je…Je vais t’expliquer…
- N… Non… Si tu veux pas… Je suis désolé… Je n’aurais pas du m’emporter… Ne gâchons pas ce moment… Oublie ce que j’ai dit… On en parlera demain ou même dans une autre vie si tu en as envie…
 
Il baissa la tête et en me regardant de nouveau, il soupira puis finit par entamer son récit, un récit que je ne le laissai pas terminer.
 
- Je… C’est… Il… Je… Siwon…
 
Mais un instant, tout fut rompu dans mon esprit. Il m’a repoussé d’abord puis a voulu me cacher des choses ensuite et pour finir, il veut me parler de Siwon ? Tout ce que m’avait dit Hyukjae me revint soudainement en mémoire mais je ne voulais pas y croire. Je ne voulais pas croire qu’il m’avait abandonné. Je me levai brusquement, lui intimant de la main de ne rien ajouter de plus, il n’avait pas besoin de se donner cette peine. Ce ne serait que plus dur de l’entendre de sa propre bouche, avec sa propre voix.
 
- Eunhyuk…
- Alors c’était vrai ? Tout ce que j’ai pu refouler et refuser était vrai…
- De… de quoi tu parles ?
 
Il s’apprêtait à me le dire et voilà que parce que je sais, il se met à vouloir nier. Ou alors c’est parce qu’il ne soupçonne pas que je puisse savoir. Je serrai les poings devant son déni, ne cherchant pas à contenir ma colère, sachant comment cela finissait si je la maîtrisais…
 
- Te fous pas de moi ! Tu voies très bien de quoi je veux parler ! Pourquoi tu ne me l’as pas dit tout de suite ?! Je n’aurais même pas cherché à comprendre ! Je n’aurais même pas cherché à te voir !
- Mais… je… de quoi ? Eunhyuk, je…
- Arrête ! Hyukjae t’a vu avec Leeteuk ! Et il a tout compris pour Siwon ! Tu t’es tapé les deux pendant que j’étais pas là, c’est bien ça hein ! Et maintenant que t’es là, t’es mal à l’aise et tu sais pas quoi dire ! Parce que tu sais que cette fois, tu ne pourras pas me mentir comme avant ! Tes "je t’aime" et tes "ne pars pas", c’était n’importe quoi ! Dès que tu as trouvé les bras de Siwon, tu m’as vite oublié ! Pourquoi ?! Pourquoi tu m’as fait ça ?!
 
Il se remit à pleurer mais je ne comprenais pas pourquoi il ne voulait pas accepter la réalité en face. Je savais tout, tout ce qu’il avait voulu me cacher, tous les mensonges qu’il avait prononcés étaient maintenant dévoilés. Jamais, plus jamais je ne pourrais les regarder en face. Hyukjae était celui qui avait raison et moi, je les avais tous défendus. J’en avais même voulu à mon frère. J’en étais venu à me dire que ses quatre ans d’enfermement n’étaient rien comparés au reste. J’ai été cruel avec lui alors qu’il a encore été là pour moi. Quand tout le monde m’aurait caché, m’avait caché la vérité, lui m’avait tout dit au risque de me blesser. Comment avais-je pu être aussi stupide que ça ?! Comment avais-je pu croire à ses mensonges pendant tout ce temps alors que j’avais sa tromperie sous les yeux ?! Peut-être qu’il n’avait même pas attendu que je parte pour tous se les faire ?!
 
- Eunhyuk… Je ne sais pas comment tu as su tout ça mais…
 
Si j’ai « su », cela veut dire que c’est vrai ! Pourquoi me l’avoue-t-il ainsi ? Veut-il juste que je me suicide aussitôt qu’il soit parti ? Est-ce qu’il ne cherche donc qu’à me blesser !?
 
-… je voulais rien de tout cela. J'étais vraiment pas bien et... j'ai pas eu la force de lui résister...
 
 
 
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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Lun 6 Avr - 14:08


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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Lun 6 Avr - 14:11


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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Lun 6 Avr - 14:15


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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Lun 1 Juin - 22:25

"Pardonne-moi ~"
“DongHae & EunHyuk”



- De lui résister ?! T'es en train de me faire croire que tu ne voulais pas mais que comme par magie, il s'est retrouvé à coucher avec toi et que toi, pauvre chéri, tu n'as pas réussi à lui dire non ?! Tu oses vraiment penser que je vais te croire ! Après tous les mensonges ! Après ce que tu m'as fait !


Je ne comprends pas comment j'ai pu croire à ce que nous, je vivais. Comment ai-je bien pu penser que je pouvais être heureux, qu'il pouvait me rendre heureux ? J'aurais du me douter que ce n'était qu'une illusion, un mensonge dans une vie de souffrance, un bonheur hypocrite qui me ferait souffrir bien plus que toutes les tortures par la suite. J'ai été le dernier des idiots en demandant à Ethan de nous accueillir. J'ai été le dernier des idiots quand j'ai accepté d'aller dans ce foutu internat. J'ai été le dernier des idiots quand j'ai tué ce père que je n'ai jamais eu. J'ai été le dernier des idiots en l'embrassant ce soir-là. Si je ne l'avais pas fait, je ne serais pas anéanti par ce qu'il a fait et lui serait toujours avec Yesung. Au fond, je n'ai pas fait que mon malheur mais celui de tous ceux qui m'ont entouré pendant presqu'un an et je me le reprends en pleine figure. Je l'ai mérité. Je n'aurais pas du défier le destin que j'ai voulu renié toutes ces années. Il m'a fait croire que je pouvais lui échapper et puis il a semé Donghae sur ma route. Il l'a fait m'aimer faussement et puis il m'a enlevé mon frère pour que nous partions et que je comprenne le vrai sens de ce que voulait dire "destin". Jamais je n'échapperais à cette vie de merde et Donghae n'a fait que me le rappeler. Et Destin, pour que je ne mette pas un terme à cette blague de mauvais goût qu'est ma vie, m'a donné un jumeau. Un jumeau que je chéris plus que moi-même et dont l'existence m'empêche de céder à la plus belle des solutions radicales. Je ne pourrais jamais l'abandonner et abandonner mes deux sabres dans la seule chair que je rêve de transpercer : la mienne.


- Mais... Hyuk... Je...


De quel droit osait-il encore me donner un surnom ? Et me regarder comme s'il était innocent ? Ah ça pour sur qu'il était innocent ! Il n'avait demandé à personne d'avoir sa tête et son caractère ! L'adorable Hae, l'ange Hae ! L'espèce d'ordure oui ! Il n'avait pas, plus le droit de m'appeler ainsi. Il avait perdu ce droit en même temps qu'il m'avait trahi, en même temps qu'il m'avait menti, il l'avait perdu avec ma confiance...


- Ne m'appelle pas comme ça ! Plus jamais ! Je ne t'en donne plus aucun droit ! Seul les gens en qui j'ai confiance le peuvent ! Les autres, au mieux je les ignore ! Au pire...


Je venais de le menacer de mort... Celui qui représente tout pour moi. Je venais de lui dire qu'au mieux, il n'entendrait plus jamais parler de moi mais qu'au pire... je pourrais me résoudre à le tuer... Qui pourrait croire une absurdité pareille ? J'espère que lui ne le peut pas. Je serais bien incapable de lui faire quoi que ce soit et même le haïr, je ne suis pas sûr d'en être capable. Juste lui en vouloir me semble déjà un supplice. Lui gueuler dessus comme je le fais n'est que le résultat d'une pensée immédiate et d'une douleur grandissante mais il doit bien se douter que je ne le pense pas, que je n'ai pas de recul pour reconsidérer et relativiser les choses. J'espère qu'il en a conscience. Même si cela ne me pardonne en rien, j'espère que ça l'aidera...


- Arrête ! Je t'en prie... arrête...


Il aurait mieux fait de ne rien dire. Il aurait mieux fait de ne pas venir. Il aurait mieux de ne jamais me rencontrer. Pourquoi, quand je commence à entrouvrir les yeux, il faut qu'il mette un pied dans le plat ? Me dire de me taire alors que je n'ai envie que d'une chose, parler, hurler, encore et encore, à quel point je le déteste pour peut-être finir par m'en convaincre. S'il veut que je me taise, c'est qu'il sait que la vérité est dure à entendre, c'est qu'il n'a pas conscience qu'il ne doit pas prendre en compte mes paroles de désespoir, c'est qu'il sait que ce que je dis devrait être vrai, même si je ne veux pas le croire... Alors, cela veut dire qu'il faut que je finisse par y croire aussi, n'est-ce pas ? Alors pourquoi ?


- Pourquoi ?! Pourquoi j'arrêterais ?! Tu te rends compte de ce que tu as fais ?! Non, bien sur que non ! Sinon tu ne serais pas là à faire ta victime alors que j'ai attendu de te retrouver pendant des mois ! Tu ne m'aurais pas laissé t'enlacer sachant que je souffrirais ensuite ! Tout ce que tu veux, c'est me blesser ou quoi ?! J'ai sombré dans un passé que je croyais éteint par désespoir en croyant t'avoir perdu mais si j'avais su je n'aurais pas pris la peine de pleurer pour toi ! Si j'avais su que tu ne tenais pas à moi comme je tenais à toi, je n'aurais pas cherché à te retrouver dans chaque corps en me disant que tu ne m'aurais pas laissé faire ! Je ne serais pas venu ce soir ! Je n'aurais pas été chez ton oncle il y a trois mois ! J'aurais mis fin à cette putain de merde qu'on appelle la vie plutôt que d'avoir à te regarder en face ! Pourquoi j'arrêterais de te faire souffrir alors que c'est ce que tu mérites ?!
- Tu crois vraiment que j'ai pu faire tout ce que tu me reproches ?


Non. Bien sur que non, je ne le crois pas. Mais à présent, j'hésite entre j'en suis sur et je suis sur que non. Mon esprit balance entre deux extrêmes et je n'arrive pas à choisir lequel est celui à choisir. La seule chose qui pourrait m'aider serait qu'il me parle mais je comprendrais tout aussi bien qu'il m'envoie bruler en Enfer après ce que je venais de lui dire. Pourquoi fallait-il que mes mots dépassent toujours ma pensée ? Pourquoi fallait-il que je naisse sans douceur ? Sans tendresse ? Avais-je ne serait-ce que de l'amour à lui offrir ? Il était trop tard pour m'interroger de la sorte, il fallait qu'il me donne d'autres réponses. Une autre réponse.


- Et pourquoi pas ?!
- Parce qu'après que tu sois parti, je n'ai eu de cesse de penser à toi, à tout ce que nous n'avons pas pu faire ensemble, à tout ce que je n'ai pas eu le temps de te dire, à tout ce que nous n'avons pas vécu et tout ce que nous avons vécu. Parce que pendant que tu étais loin et que tu me manquais, je pleurais chaque seconde pendant que Leeteuk essayait tant bien que mal de me réconforter. Parce que pendant que Siwon me violait, je n'arrivais pas à arrêter de penser à toi et à toi seul. Parce que je n'ai fait que t'aimer pendant des mois et parce que ces deux dernières semaines, je n'ai fait que culpabiliser en me disant que je t'avais trahi, toi qui étais loin.


Il aurait pu tout simplement me dire que, par désespoir, il avait merdé et couché avec eux. Mais non ! Non, il fallait qu'il invente toute une histoire complètement farfelue pour me faire croire qu'il était la victime et non le coupable. Je lui aurais pardonné chacun de ses mots, chacun de ses gestes, chacune de ses erreurs s'ils les avaient admises mais comment pouvais-je pardonner à un menteur ? Pourquoi me mentait-il ? Il m'a toujours dit qu'il ne savait pas mentir mais c'était pour mieux me démontrer le contraire par derrière. S'il m'avait dit qu'il mentait comme un roi, je n'aurais pas cru ses je t'aime hypocrites et ses baisers d'amour illusoire. S'il m'avait dit qu'il était le maître de la dissimulation, je n'aurais pas eu la moindre chance de le croire aujourd'hui et, même en sachant qu'il "ne sait pas" mentir, je n'arrive pas à le croire. Je sais qu'il ne dit pas la vérité. Parce que si ça l'était, il ne me dirait pas. Il ne me l'avouerait pas ainsi. Alors pourquoi voulait-il persister dans un déni qui me faisait souffrir ?


- Arrête avec tes belles phrases ! Te fous pas de moi ! Pourquoi il aurait fait ça ?! Nan, tu m'as menti, tu m'as trahi. Tu as détruit ce que je pensais avoir construit mais après tout, peut-être que pour toi j'étais qu'un coup parmi tant d'autres !
- Pourquoi il aurait fait ça ? Je... C'est...
- Tu vois ! Tu ne trouves aucune excuse ! Il ne peut pas avoir fait une chose pareille !


Je n'ai jamais porté Siwon dans mon cœur mais s'il y a quelque chose que j'ai appris de lui, c'est qu'il ne fait jamais les choses dans le but de blesser quelqu'un. Et maintenant qu'il a Yesung, je le voyais encore moins forcer quelqu'un. Tout ce qu'il a fait, ça a été de briser des cœurs en miettes sans jamais rien avoir fait miroité à ses "victimes". Pourquoi ferait-il du mal à Donghae ? Il ne pouvait pas l'avoir fait décemment alors que Donghae a toujours été là pour lui, comme pour nous tous d'ailleurs, et que Yesung ne lui pardonnerait probablement jamais. Non, la seule vérité, c'est que Donghae a toujours été là pour les autres, toujours là et toujours un peu plus près à chaque instant. Il joue les innocents pour mieux révéler sa nature quand vient le moment pour lui de se jeter sur sa proie. Ça se trouve, il a même manipulé Siwon et Leeteuk pour arriver à ses fins. Il a peut-être été jusqu'à utiliser son don pour les inciter à lui obéir.


- A quoi ça servirait de te le dire... De toute façon, tu ne me crois pas... tu ne me crois plus... alors pourquoi te blesser un peu plus ?...


Mais quel imbécile ! Est-ce qu'il se croit à ce point puissant ? Est-ce qu'il pense qu'il peut encore blesser un corps, un cœur, une âme en miettes ? Je ne suis plus que souffrance depuis qu'il a confirmé mes craintes. Je ne suis plus qu'un camé en manque de sang pour se calmer, pour retrouver un semblant de vie. J'ai besoin de sortir, de hurler, d'arracher la vie de ceux qui la vivent heureux, de ces égoïstes qui ne comprennent pas la souffrance des autres. Plus que tout j'ai besoin qu'il s'éloigne de moi pour que je ne finisse pas par le blesser.


- Pourquoi ça me blesserait plus de savoir pourquoi tu as voulu te le taper ? Tu m'as déjà réduit en miettes !
- Eunhyuk... Ecoute-moi...
- Et pourquoi ça ?


Son ton venait de changer radicalement, comme s'il se sentait enfin prêt à tout avouer mais c'était trop tard, je ne voulais plus rien entendre. Plus rien qui vienne de lui. Je ne veux entendre que les cris de mes victimes, mes lames s'enfonçant au plus profond de leur chair sous les yeux contrits de leurs proches impuissants. L'impuissance que je crée sur mon passage est la plus belle des mélodies qu'elle se montre par un silence désespéré ou par un cri de rage ultime avant qu'ils ne se jettent sur moi pour mourir à leur tour. Mais lui, je ne veux plus l'entendre. Je m'apprêtai à partir, à tourner les talons et à ne jamais plus le revoir, plus jamais revenir. A vivre sans lui. Pour toujours et à jamais. Mais lui n'était pas décidé à accepter que je parte puisqu'il m'interrompit par une autre de ses belles phrases que je ne croyais plus mais que je ne pouvais m'empêcher d'écouter...


- Tu... tu es plus concerné que ce que tu crois. S'il a fait ça c'était pour t'atteindre, toi... mais je suis ravi de voir qu'il a échoué...
- Et tu crois que me dire que tu m'as trompé ça ne me blesse pas peut-être ?


Dire tout haut ce que je redoutais tout bas n'eut pas l'effet voulu. J'aurais voulu lui cracher encore des dizaines d'horreurs à la figure pour finir par me persuader que je le détestais mais au lieu de ça, les larmes se mirent à couler d'elles-mêmes sur mes joues. Je n'avais plus de haine, plus de colère, plus d'agressivité dans le cœur, sous réserve que j'en ai déjà eu à son égard, j'étais juste désespéré. Anéanti. Je n'avais plus aucune envie de me battre. Plus envie de chercher. S'il confirmait ce que je redoutais, je n'aurais plus qu'à... retourner à ma vie d'avant lui. Plus qu'à recommencer à prendre soin de Hyukjae, en me jetant corps et âme dans sa protection jusqu'à ce que je ne sois plus définissable que par une chose : ma capacité à tuer pour lui, à souffrir pour lui, à me détruire pour lui, sans jamais m'autoriser à mourir pour lui.


- Moins que de savoir pourquoi il m'a fait ça...
- Mais pourquoi il l'aurait fait bon sang ! Explique-moi !...


J'avais repris un ton agressif sans le vouloir mais je ne savais plus ni qui je devais croire ni comment je devais agir à son égard. Je n'étais plus qu'une loque, incapable de penser, incapable du moindre mouvement, capable seulement d'immobilité tant que je ne saurais pas.


- S'il te plait...


J'avais essayé d'ajouter cela avec un ton que je voulais normal mais qui ressemblait plus à une plainte suppliante qu'à une simple formule de politesse...


- Est-ce que tu... tu sais qui était celui que... que tu as tué, il y a trois mois ?


Evidemment que je le sais. J'ai attendu quatre longues années dans une quasi obscurité, jouant dans l'ombre, attendant presque que ce salaud me retrouve alors oui, je sais qui j'ai tué ce soir-là mais je ne comprenais pas vraiment le lien que cela avait avec son probable viol.


- Je... son... son père...


Prenant conscience du lien qui les unissait avant que je ne le rompe, je me pris à repenser à ce qu'il m'avait dit avant que je ne lui ôte la vie : Mais je peux te promettre que tu ne seras pas heureux si je meurs maintenant et ici. En effet, en partant, j'ai perdu mon bonheur parce que j'ai perdu Donghae. Tu verras quelles conséquences cela aura sur ta salope et peut-être même que quand elle en aura fini avec toi, mes hommes pourront se la taper jusqu’à ce qu’elle en puisse plus. Il me semble que personne n'a fait de mal à Donghae si ce n'est Siwon mais n'aurait-ce pas été mieux pour lui que ce soit quelqu'un qu'il ne connaissait pas et qu'il n'aurait jamais revu plutôt que lui ? Et même que tu pourrais la regarder hurler le nom de mon fils : … Si je ne l'avais pas tué, ça ne serait peut-être jamais passé ? Si j'avais au moins attendu, j'aurais su et j'aurais pu m'expliquer avec Siwon directement au lieu que Donghae subisse sa vengeance. Parce que c'est forcément comme ça que ça s'appelle. Si ça se trouve, s'il avait pu, il s'en serait pris directement à Hyukjae... Peut-être même qu'il a aidé son père à tout mettre en place. D'autres paroles prononcées ce soir-là me revinrent en tête : les miennes. S’il le faut, il te rejoindra dans la tombe ! Aucun doute que je n'hésiterai pas à y envoyer Siwon. Peu importe ce qu'il a pu représenter aux yeux de tous, il rejoindrait son ordure de géniteur dans les entrailles de la Terre. Je pris soudain conscience de ce que le mot vengeance signifiait.


- mais... ce... c'était une... vengeance ?


J'espérais sincèrement qu'il me dise que non, qu'il m'avait bel et bien trompé mais qu'il s'en voulait. Qu'il voulait qu'on reprenne là où on s'était arrêté et que notre seul problème avait été d'être loin. Qu'en étant loin, nous avions tous les deux étaient anéantis. Que ça l'avait fait tombé dans les bras d'un autre puis culpabilisé tandis que je prenais des vies. Qu'il voulait juste qu'on passe à autre chose. Mais non. Il hocha la tête en guise de réponse et tous mes espoirs fous furent réduits à néant. Il ne me regardait pas et je me demandais pour ma part comment il était possible que je le regarde après ce que je lui avais fait et ce qu'il avait du subir à cause de moi. Parce que oui, si Siwon l'a touché, s'il lui a fait du mal, c'est à cause de moi, de ce que j'ai fait.


- Je...


Mais je ne pouvais trouver aucun mot, aucune phrase qui puisse exprimer ce que je ressentais en ce moment même. Et quand il releva furtivement son regard vers le mien, je ne pus rester une seconde de plus là, à le regarder. Je fis une chose que je n'avais jamais pensé à faire, que je n'avais voulu envisagé parce que je m'en croyais incapable, parce que je me croyais fort, indestructible, résistant à toutes les épreuves : je me suis enfui. Je ne pouvais plus soutenir son regard, je ne voulais plus voir son visage dévasté par les larmes et ses joues brulées par ma faute. Je ne pouvais plus rester dans la même pièce que lui parce que je le méritais pas, je ne le méritais plus, sous réserve que je l'ai déjà mérité un jour... Je n'avais jamais fui parce que je n'avais jamais regretté, je n'avais jamais eu peur, je n'avais jamais cru pouvoir être vulnérable. Mais là, à cet instant précis, j'avais peur de ce que je ressentais, peur de le perdre, peur de me perdre si j'en venais à voir Siwon, peur de bien trop de choses. Et je regrettais mes mots et mes gestes. J'étais fragile et faible. J'avais été anéanti par moi-même. Je n'avais que ce que je méritais, et Donghae n'en faisait malheureusement pas partie.
Je ne trouvai aucun réconfort, même une fois replié sur moi-même sur le sol de sa cuisine justement parce qu'il s'agissait de sa cuisine et que je savais qu'il ne me laisserait pas. Il devrait m'en vouloir de ne pas l'avoir cru, d'être la raison de sa douleur, de lui avoir hurlé dessus et pourtant, je savais qu'il ne me laisserait pas alors que j'étais perdu et profondément coupable. Je finis par ressentir sa présence à côté mais, pour la première fois, elle me troublait plus qu'elle ne me réconfortait. J'avais toujours été bien avec lui mais en cet instant, il me gênait. Je me gênais. 


- Eunhyuk... Je...


Il n'ajouta rien, simplement parce qu'il n'y avait rien à ajouter. Mes larmes se mirent à couler d'elles-mêmes. Je ne voulais pas pleurer, ça ne servait à rien. Mais je ne parvenais pas à réprimer mes sanglots, je n'arrivais pas à me calmer, je n'arrivais pas à me pardonner et je n'arrivais pas à comprendre comment lui réussissait à rester près de moi après ce que je venais de faire, de dire... Je sentais son souffle toujours plus proche et ce que je redoutais arriva. Il déposa doucement sa main sur mon épaule puis dans mon dos mais ce seul contact, infime et doux, était déjà trop. Je me sentis raidir mais je fis comme si rien ne se passait, tentant de calmer ma respiration pour pouvoir détendre des muscles tendus à se déchirer.


Plusieurs minutes, me semblant une éternité chacune, passèrent sans que je ne dise un mot et sans qu'il n'en prononce non plus. Le seul son qui résonnait dans tout mon être comme dans toute la pièce était celui de mes sanglots que je ne réussissais pas à faire disparaître et celui de ma culpabilité à travers eux. La tête profondément ancrée entre mes genoux, je me résolus à lui parler, bien que ce soir probablement la chose la plus dure que j'ai eu à faire, après le quitter, il y a de cela trois mois...


- Donghae... Je... Je suis désolé... Je ne savais pas... Je n'aurais pas du... m'énerver... et te dire ça... Je... Je ne sais pas ce qui m'a pris... Je... J'ai tout gaché... Je suis désolé... Je... J'espère... que tu pourras me... pardonner... un jour...


Il ne le devait pas. Il ne le pouvait pas. Personne ne pourrait me pardonner ce que je venais de faire et ce qu'il avait du subir par ma faute. Je ne le pourrais pas alors comment lui le pourrait ? Je perdis le contact de son bras autour de moi et soudain, je pris peur. Il me lâchait parce qu'il prenait conscience que jamais il ne pourrait me pardonner ou pour me laisser seul avec mes pensées ? Aucune des deux solutions ne me plaisait et aucune des deux n'était la bonne.


- Un regard me suffira...


Mais je ne parvenais pas à bouger un muscle. J'étais comme paralysé, je n'arrivais pas à réaliser ce qu'il venait de dire. Ou peut-être que je l'avais bel et bien réalisé et que c'était pour ça que je ne pouvais plus me mouvoir d'un millimètre.


- Regarde-moi Eunhyuk... s'il te plait.


Eunhyuk... Je n'en avais pas l'habitude, pour lui, j'étais Hyuk ou beaucoup d'autres surnoms mais je n'étais que rarement Eunhyuk et c'était une fois de plus ma faute s'il en venait à changer cela. Jamais plus ce ne serait comme avant. Jamais plus je ne le regarderais comme avant. Jamais plus il ne me verra comme avant. Jamais plus je ne pourrais le toucher sans penser aux mains qui l'ont touché par ma faute. Jamais plus. Mais je ne pouvais plus lui refuser quoi que ce soit, pas après tout ce qu'il venait de se passer. Pas après mes mots pleins de haine. Quoiqu'il me demande, je me devais d'accepter. En rien, cela ne me pardonnerait mais je pourrais peut-être ainsi penser avoir réussi à ne plus m'en vouloir... Ou pas... Je relevai difficilement la tête pour plonger mon regard plein de larmes dans le sien. Je frémis en sentant sa main contre ma joue, essuyant mes quelques larmes avant qu'il ne la glisse doucement dans mon cou tout en me disant :


- Voilà... Tout est oublié maintenant. D'accord ?
- Je... non...


Rien ne serait jamais oublié. Parce que ce ne sont pas des choses qui peuvent ou doivent s'oublier. Parce que moi je n'oublierai jamais ce que je lui ai fais plus ou moins indirectement. Parce que tant que moi, je m'en veux, je ne pourrai plus jamais faire comme si de rien n'était. Parce que tant que je ne me serai pas mis face à Siwon, rien ne pourrait être oublié. J'ai dit que je ne pouvais pas me permettre de lui refuser quoi que ce soit mais je pouvais encore moins me permettre de lui mentir et lui dire que tout était oublié serait lui mentir.


- Et pourquoi pas ?
- Tout ce que je t'ai dit... Je suis désolé... Si j'avais su...


Si j'avais su, qu'est-ce que j'aurais bien pu faire ? Rien. Je n'aurais pas pu me téléporter jusqu'à lui pour empêcher Siwon d'agir. Je n'aurais pas pu retenir mes larmes, ni mes mots. Je ne l'aurais certes pas blessé de la même façon mais il aurait quand même souffert... Je ne savais pas comment finir ma phrase et heureusement, il ne me le demanda pas, passant sa main dans mes cheveux.


- Tu ne pouvais pas savoir. Point final. On parlera de ça demain ou dans une autre vie comme tu l'as proposé... tu veux bien ?


Je finis par laisser mes yeux divaguer loin de son regard, regrettant déjà une réponse que je n'avais même pas encore formulée...


- Tout ce que tu veux...


Rien, rien ne m'aiderait à me sentir moins coupable mais lui refuser une seule chose ne ferait que me rendre plus coupable encore alors je ne pouvais pas lui refuser ne serait-ce qu'un instant de repousser cette... discussion si c'était ce dont il avait besoin. Quand il prit mon menton dans une main pour le relever vers lui, plus aucun frisson ne m'envahissait. Malgré ma conscience qui me criait de me sentir coupable, sa simple présence parvenait à rassurer un esprit détruit et je pus plonger mon regard dans le sien sans crainte. Sans larme.


- Est-ce que tu m'aimes ?


Je... Evidemment... Il était normal qu'il en doute après tout ce que je lui avais dit mais pourquoi me le demander ? Il le savait pourtant. Il devait bien se douter que rien ni personne au monde n'avait plus de valeur que lui à mes yeux. Que rien ni personne ne pouvait le remplacer. Que tout le sang du monde ne m'aiderait pas à l'oublier. Que rien ne me ferait changer de sentiments pour lui. Si je l'aime ? Bien sur. S'il le sait ? Tout autant.


- Plus que tout au monde. Plus que tout ce qui peut avoir une quelconque valeur dans ce bas monde. Et à jamais.


Et pour la première fois depuis qu'il était rentré, je le vis sourir. Un vrai sourire, sincère et adorable qui m'était destiné rien qu'à moi. Passant sa main sur ma joue, je ne pus ressentir que de la joie. Oui, vraiment, j'étais heureux de le retrouver pour de bon alors que j'avais eu la stupidité de lui hurler dessus au lieu de l'embrasser, de l'enlacer et de lui dire à quel point je l'aime.


- Alors ce que je veux, c'est que tu ne penses qu'à ce sentiment, et que tu arrêtes de pleurer pour ce qui ne peut pas être changé de toute façons.
- Je... D'accord...


Je ne sais pas si m'entendre hésiter était vraiment ce qu'il voulait à la base mais le fait est que j'avais fini par céder parce que pour lui, j'étais prêt à tout et penser à l'amour que je lui porte est bien loin d'être tout. Je pourrais faire tellement, tellement plus que je ne le fais. Il m'attira contre lui et je ne pourrais jamais exprimer à quel point cette étreinte avait la saveur du bonheur. Sa main était doucement glissée dans mes cheveux tandis qu'il me conservait contre lui et que je blottissais mon visage dans son cou, respirant de nouveau son odeur. Je l'enserrais avec le plus de tendresse, sans aucune force mais cela ressemblait presqu'à une étreinte dans laquelle chacun de nous était prisonnier de l'autre. Une prison si fragile que la peur de perdre l'autre était perceptible dans le silence de notre bonheur. J'étais terriblement bien entre ses bras, contre lui, serré et j'aurais voulu y rester éternellement mais j'avais besoin de lui dire. Je lui avais souvent dit mais là, plus que jamais, je voulais qu'il l'entende et le sache.


- Je t'aime Hae...


J'avais pensé trop longtemps que je ne lui redirais jamais et ces trois mots me firent l'effet d'un choc électrique en plein cœur. Je revivais parce qu'il était là et je pris conscience que si j'avais cru que répandre le sang compenserai son absence, je m'étais lourdement trompé parce que lui seul peut combler ce qu'il représente : tout. Je me sentais vivant avec lui, plus que n'importe quand. En trois mois, je n'avais pas répondu à un seul appel, à un seul message et j'avais naïvement espéré que mon silence l'éloignerait. Au contraire, il nous a fait souffrir un peu plus et je n'ai pas pu lui dire que je l'aimais pendant des mois. Je n'ai pas non plus pu le réconforter quand le... drame est arrivé mais ça, je me dois pour lui de ne pas y penser parce qu'il ne le veut pas. Nous dirons donc que lui dire que je l'aime m'a manqué autant que sa présence, ses bras...


- Et moi encore plus... Hyuk.


... et ces mots, ce Hyuk qu'il était le seul à savoir dire avec autant d'amour et de tendresse. Le bonheur était complet parce qu'il pouvait presqu'y avoir un air de... normalité dans l'air, comme si tout était habituel. L'enlacer, lui dire que je l'aime et lui sourire. Voilà ce qu'il se passait chaque jour et ce qu'il se passera à nouveau dès que nous serons ensemble. Parce que pour ce soir au moins, il n'y a que nous et l'amour que l'on se porte. Ni haine, ni colère, ni chagrin. Juste de la tendresse et de la douceur, de la délicatesse et du bonheur. Lui sourire. Je ne l'avais pas fait depuis qu'il était entré. Ou presque pas.


Me détachant doucement de lui, j'affichai un grand sourire, n'arrivant plus à contenir toute la joie, tout le bonheur qui m'envahissait ; j'étais heureux. Pour la première fois depuis des mois, je parvenais à être vraiment heureux. Pas heureux parce que celui devant moi venait de mourir dans une lente agonie ou parce qu'il avait vainement essayé de sauver un de ses proches ou de s'ne prendre à moi avant d'expirer à son tour, non, heureux parce que Donghae était là. Et c'était largement suffisant pour faire de moi une personne heureuse. La plus heureuse du monde même.


Le silence s'installa doucement mais il n'avait rien d'un silence amer qui laisse présager des mots que tout le monde regretterait, non, il était léger, juste agréable, pas comme ces silences où l'on se demande ce que l'on fait ici et que l'on ressasse des pensées noires en se demandant où l'on pourrait être pour être mieux. Non, parce que justement, ici, j'étais là où je devais être, là où j'étais le mieux. Avec lui. Il fallait néanmoins que je trouve quelque chose à dire, à faire, pour avoir une soirée, une nuit "normale".


- Euh... Tu... Tu veux...manger ?


Bien sûr, j'aurais pu trouver mille autres choses à lui dire, ce n'était pas ça qui manquait mais lors d'une soirée habituelle, vu l'heure qu'il était, nous aurions déjà mangé depuis un moment. Et si, comme moi, il ne mangeait presque rien depuis peut-être plusieurs jours, ou en tout cas pas grand-chose à chaque fois, il devait bien avoir faim, non ? Je pris assez rapidement appui sur mes mains pour me remettre debout avant de lui en tendre pour qu'il en fasse de même mais une fois debout l'un face à l'autre, je ne voulus plus le lâcher. Je voulais juste le regarder. Et lui me répondre puisque je ne lui avais pas laissé le temps de le faire.

- J'ai pas mangé depuis plus de 15 heures alors tu parles si je veux manger.


J'avais toujours sa main dans la mienne et, en la serrant toujours un peu plus, je regardai l'eau bouillante avant de lui demander :


- Je... Des spaghettis, ça te va ?
- C'est toi qui les fais ?


Je mets des spaghettis dans de l'eau et je verse un bol de sauce toute prête mais oui, c'est plus ou moins moi. En tout cas, ce sera le repas le plus compliqué que j'ai du faire depuis un moment. Fier de moi, je secouai littéralement la tête de haut en bas, un sourire probablement niais et crétin sur le visage.


- Alors ça sera parfait.


Mon sourire nigaud s'étira un peu plus et le sien était purement et simplement magnifique. Comment était-il possible que je l'aime plus à chaque instant ? L'amour est une science peu expliquée et je n'ai aucune justification d'une telle relation entre nous mais ce que je sais, c'est que c'est fort, éternel et pur. Je ne le suis pas, il ne l'est pas forcément mais ensemble, c'est seulement de la douceur et de la pureté à l'état brut. Mais, pour le moment, il ne fallait pas que je l'aime un peu plus mais que je lui fasse les meilleures spaghettis à la sauce toute prête de sa vie. Je lâchai donc sa main pour sortir tout ce dont j'avais besoin.


Tout était là, je n'avais heureusement rien oublié en venant. Maintenant, il fallait que je me souvienne de ce que Hyukjae faisait les rares fois où il en avait la force. En premier, il mettait les pâtes dans l'eau mais je ne me souviens plus à quel moment il mettait le sel... Ou peut-être qu'il n'en mettait pas du tout ? Dans le doute, autant m'abstenir et s'il faut, on en rajoutera, hein... Bref. Je voulus mettre les spaghettis dans l'eau, comme il était normal de le faire, mais je fus interrompu un bref moment par Donghae qui était venu m'enlacer se calant doucement dans mon dos, la tête sur mon épaule. J'étais vraiment aux anges, pas uniquement parce qu'il était un ange, mais parce qu'il faisait de tout ce qui m'entourait quelque chose d'angélique, et je ne me cachais pas de le lui faire savoir en un soupir et un délicat baiser sur sa temps. Mais il était temps de plonger ce paquet dans l'eau bouillante qui n'attendait plus que les pâtes.


Il est simplement resté ainsi le temps que je doive passer à l'étape suivante et heureusement qu'il m'avait embrassé dans le cou avant de s'écarter pour que je puisse bouger parce que sinon, j'aurais probablement laissé trop longtemps les pâtes dans l'eau, bien trop absorbé par la sensation de cette étreinte qui m'avait terriblement manquée. Il s'était assis sur le plan de travail, à côté de moi, mais maintenant le vrai débat commençait. Où était cette passoire ? Je regardai un peu partout autour de moi ne sachant pas où chercher quand je vis qu'il m'en indiquait gentiment un alors que je lui jettai un petit coup d'œil en coin, histoire de voir s'il ne commençait pas à s'impatienter mais non, au lieu de ça, il m'aide. C'est vraiment une perle.


Passoire en main, je pris le soin de la poser dans l'évier avant d'attraper une fourchette pour goûter une des pâtes. Après avoir doucement soufflé dessus, je la tendis à Donghae, parce que c'était plus mignon que la goûter moi. Heureusement, il m'a affirmé ou plutôt montré que c'était bien, après m'avoir souri bien entendu.
Venait maintenant le temps de rajouter la sauce déjà prête à ce que je venais de préparer. Mais quand je voulus l'attraper, d'un côté puis de l'autre, il se pencha pour m'en empêcher. Je savais qu'à ce moment-là je faisais une grave erreur en affichant un air boudeur qu'il devait probablement apprécié mais tant pis, ce qui est fait est fait.


- Hae !


J'aurais voulu paraître plus... mature, déterminé en râlant mais au lieu de ça, on aurait dit un gamin à qui l'on venait de voler un jouet. Je pensais qu'il allait juste me sourire et me tendre la sauce toujours en souriant mais il baissa au contraire la tête, comme s'il était gêné avant de relever les yeux vers moi pour me dire quelque chose que je rêvais d'entendre mais que je ne m'attendais vraiment pas à entendre maintenant je dois dire.


- Serre-moi dans tes bras.
- Je... Euh... Si tu veux...


Je ne savais pas vraiment pourquoi il me le demandait à ce moment-là précisément mais je m'en fichais. Complètement perdu, je l'étais mais ça ne m'a pas empêché de m'approcher doucement de lui pour l'attirer tout contre moi et le serrer dans mes bras tandis que lui se blottissait contre moi. Il referma finalement ses jambes autour de mes hanches, comme pour me garder indéfiniment. Mais il avait voulu jouer. Et il savait que jouer avec moi pouvait parfois apporter une adorable défaite. Je frôlais délicatement sa joue avec une main, le regard plongé dans le sien, avant d'approcher, hésitant presque timide, mes lèvres des siennes. Timide, oui, c'était bien le mot mais il fut vite remplacé par la douceur, la tendresse, l'amour et même la passion après qu'il m'eut enserré et qu'il entrouvre doucement les lèvres. Chaque baiser en amenait un autre mais il avait voulu jouer. Et j'allais jouer avec lui, jouer comme un enfant, comme un amant transi d'amour pour lui, mais jouer. Il ferma les yeux et ce fut sa seule "erreur". Il venait de perdre. Je me penchai doucement en avant, suffisamment discrètement pour qu'il ne le remarque pas ou peu et j'attrapai la sauce qui était toujours derrière lui.


M'écartant de lui doucement, je le vis rouvrir les yeux et constater avec... désespoir que je venais bel et bien de lui jouer un tour. Je voulus m'éloigner de lui mais il me rattrapa par le col de ma chemise tout en gardant serrées ses jambes autour de moi.


- Attends... tu fais pas ce que je crois que tu fais, là ?


Je plongeai avec le plus de sérieux possible mon regard dans le sien, et je me crus fondre en un instant mais je conservais du mieux que je le pouvais un air... taquin sur le visage.


- Je sais pas... Qu'est ce que tu crois que je fais ?
- Que tu me fais passer après la tomate...
- Non, pas du tout...


Je me sentais comme un enfant qui s'amuse avec sa mère à nier ce qui est pourtant évident. Et le sourire que j'affichais devait probablement rester dans cet esprit. Je l'embrassais furtivement, seul moyen de savoir qu'il n'était pas un frère ou une quelconque personne de ma famille (de sang), avant qu'il ne relance une conversation dénuée d'intérêt, si ce n'est qu'elle nous permettait d'être nous deux, juste nous deux, pendant quelques temps.


- Et pourquoi tu m'as lâché alors ?
- Comme ça. Pourquoi je te tiendrais ?


Cela ressemblait de plus en plus à un dialogue de sourds, ou de gamins légèrement crétins, mais je m'en fichais royalement. Tout ce que je voulais, c'était être prêt de lui, avec lui et là pour lui. Mais aïeuh ! Il avait quand même osé me faire une espèce de pichenette sur le front, symbole de son... mécontentement, j'espérais que ce n'était pas de la jalousie parce que je tenais le pot et pas lui parce que sinon, ce serait vraiment bizarre... Il affichait un air adorable, à croquer, et boudeur, ce qui le rendait encore plus mignon, les bras croisés et les lèvres légèrement retroussées. Je l'embrassai doucement et rapidement sur la joue avant de retourner à ma cuisine, "enfin" libéré de la pression de ses jambes.


La fin de la "préparation" se passa comme pour le début. Il m'enlaçait tendrement tandis que je m'attelais à me rappeler de ce que j'avais vu faire Hyukjae des dizaines de fois. Assis à table comme tous les couples normaux, je pris la liberté de rapprocher sa chaise de la mienne jusqu'à ce qu'elles soient collées avant de l'entourer d'un bras. Il avait posé sa tête contre moi et je regrettais presque qu'il ait à se relever pour prendre la bouchée que je lui donnais, préférant largement le savoir contre moi.


- Alors ?


C'était peut-être idiot mais malgré le fait que je n'ai pas fait grand-chose, j'avais peur que ça ne lui plaise pas, que ce soit trop ou pas assez cuit, trop ou pas assez chaud, salé et tout un tas de choses dont je ne me préoccupais jamais d'ordinaire.


- Une tuerie. C'est la première fois que t'en fais ?
- Moui... Mais j'ai pas fait grand-chose...
- C'est quand même bon. Sincèrement, faut que tu cuisines plus souvent...


Pour lui, ce serait quand il veut. Même à deux heures du matin, je pourrais lui préparer quelque chose. Sans savoir faire de nombreux repas, je saurais toujours trouver si c'est rien que pour lui. Ce fut mon tour de goûter à la mixture et après en avoir savouré une bouchée, je ne pus que constater à quel point c'était banal bien que plutôt bon.


- Nan mais c'est pas exceptionnel non plus.
- Si... Parce que c'est de toi, rien que pour moi.


Il mit tant de douceur quand il déposa ses lèvres contre les miennes que je me sentis fondre d'amour pour lui.


- Je recommence quand tu veux.
- T'es un amour... Heureusement que je t'ai...


Recommencer, oui, mais quoi. Cuisiner ou l'embrasser ? Peut-être les deux en fait. Tout, je pourrais tout refaire pour lui. Naître à nouveau, vivre à nouveau, tuer à nouveau, pleurer à nouveau, rire à nouveau, détester à nouveau, me venger à nouveau, et aussi cuisiner à nouveau et l'embrasser à nouveau. Tout. Le regard plongé dans le sien, le serrant toujours plus contre moi, je lui soufflai, presque comme un secret :


- Et moi donc... T'imagines même pas à quel point j'ai besoin de toi.
- Aussi bizarre que cela puisse te paraître, si, j'imagine.


J'esquissai un sourire avant de déposer légèrement mes lèvres sur les siennes, dans un baiser débordant d'amour et de tendresse, mes yeux se fermant d'eux-mêmes pendant l'instant qu'il dura. Mais quand je voulus m'écarter de lui, en ouvrant les yeux, il se rapprocha de moi et colla ses lèvres aux miennes dans un baiser plus passionné qu'auparavant. J'entrouvris les lèvres en un instant et sa langue vint rejoindre la mienne dans une danse qu'elles étaient les seules à connaître, sensuelle et douce, enflammée et harmonieuse. A court d'oxygène, je gardai néanmoins mon visage si proche du sien que je pus lui murmurer dans un soupir mon plus grand et mon plus précieux secret, celui qui n'en était un pour personne mais qui représentait tout ce que je pouvais espérer un jour :


- Je t'aime.


M'embrassant furtivement, il afficha un sourire magnifique, adorable et envoutant avant de me répondre :


- Moi aussi.


Nous mangions maintenant tranquillement côte-à-côte, dans un silence tout ce qu'il y a de plus agréable, depuis environ deux minutes, quand il s'est soudainement remis à parler.


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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Lun 1 Juin - 22:26

"Pardonne-moi ~"
“DongHae & EunHyuk”



- Tu sais quoi ?
Non, je ne sais pas mais je ne vais surement pas tarder à savoir. Il avait l'air d'avoir eu une révélation en mangeant, comme si il allait m'annoncer la nouvelle du siècle.
- Je veux un chat et un chien.
Euh... Pourquoi ? Et puis, après le chat et le chien, qu'est-ce qu'il pourrait bien venir ? Le mariage, les enfants, les prises de tête et le divorce ? Non, non, il ne fallait pas non plus qu'on se pousse nous-mêmes dans le précipice. Bon d'accord, j'exagère peut-être un peu mais il faut admettre que ça fait peur tous ces couples qui sont les plus heureux du monde et qui, du jour au lendemain, se retrouvent séparés parce qu'ils ont deux enfants à charge et qu'ils arrivent pas à s'en sortir alors non, pas de chien ni de chat. En plus, on a déjà Luhan.
- Pour qu'il te grignote ? Luhan te suffit pas ?
- C'est pas pareil... Lui c'est pas un vrai chat.
Et bah ? Je ne vois pas ce que ça pose comme problème. Au moins, il ne devrait pas essayer de se faire de mon chéri un casse-croûte, il ne marquera normalement pas son territoire et ne griffera ni ne mordra tout ce qui l'entoure. En théorie.
- Justement, y a les avantages, sans les inconvénients.
- Sauf qu'il se mettra jamais dans sa forme animale.
Peut-être mais moi, je ne veux pas qu'on risque de divorcer... Et puis, si il lui demande, je suis sur que Luhan sera d'accord. Sauf qu'il a pas intérêt à lui faire un câlin ou des caresses parce que sinon, ça va pas le faire. Non, je ne suis pas jaloux. Un peu possessif mais c'est tout.
- Bah... Y a bien un jour où il le fera et ce jour-là je protègerai mon poisson contre le vilain chat.
Je l'embrassai délicatement sur la tempe heureux de voir son sourire amusé.
- Sauf que je ne serai peut-être pas en poisson ce jour-là... Par contre, toi...
- Aucune chance.
- De quoi ?
A la rigueur, je pouvais être en singe, même si je détestais ça et que je ne m'étais transformé qu'une ou deux fois depuis que je connaissais et maitrisais ma métamorphose, mais en aucun dans la peau d'un poisson.
- Que je sois un poisson.
J'aimais tellement l'embêter, ça m'avait tellement manqué de pouvoir le taquiner gentiment, de pouvoir le voir sourire en douce parce qu'il voudrait me faire croire que ce n'était pas drôle, qu'il me tape doucement sur l'épaule pour me montrer à quel point il me trouve stupide alors qu'il m'aime quand même. J'espère.
- Couillon.
C'était purement affectif et cela eut pour effet de me faire rire doucement, un rire qui en disait long sur ma satisfaction quant au fait que j'ai réussi à l'embêter comme je le voulais. Je m'approchai de lui jusqu'à sentir son souffle avant de plonger mon regard dans le sien pour lui dire ce qui était déjà une évidence :
- Moi aussi je t'aime.
Je l'embrassais de nouveau et comme toujours, quand il voulut appuyer ce baiser, j'entrouvris les lèvres pour que ma langue retrouve la sienne dans leur valse endiablée. A bout de souffle, nous avons gardé nos deux fronts collés alors qu'il me disait, en chuchotant presque :
- Je sais...
~
Le serrer dans mes bras, passant une main dans ses cheveux, juste tous les deux assis sur un canapé. Je n'ai jamais eu l'audace de rêver quelque chose d'aussi merveilleux. Pour beaucoup, cela pourrait paraître n'être rien, juste une scène banale dans une vie banale de couple banal mais pour moi, pour nous peut-être, il s'agissait de quelque chose d'exceptionnel que nous ne pourrions pas vivre indéfiniment. Je le savais, j'en avais conscience et c'est bien pour ça que je prenais autant de plaisir, que j'étais si heureux là, dans le silence, avec lui, goutant simplement à la douceur d'un instant partagé à deux.
- Tu veux sortir ?
Sa question me prit légèrement au dépourvu mais au final, c'était une bonne idée. Lorsqu'il se redressa doucement, j'ai pu plonger mon regard dans le sien et une fois encore, alors que je croyais que je finirais par m'y habituer, je me sentis littéralement fondre d'amour pour lui.
- Si tu veux... Où tu veux aller ?
- Suis-moi tu verras...
Je ne pouvais rien lui refuser, ni vu le ton qu'il avait employé, ni au vu de mon envie de le suivre, peu importe où il m'emmènerait, tant que j'étais avec lui, l'endroit serait digne du paradis. Passant par la grande baie vitrée qui menait à ce qu'il me semblait être le jardin, je ne pus m'empêcher de frissonner lorsque nous sommes passés à côté de la grande étendue d'eau que constituait sa piscine. Non, je ne savais pas nager, je n'ai jamais eu l'occasion d'apprendre, ça ne servait pas à grand-chose en Corée, les raids maritimes étant réservés aux incompétents. J'espérais qu'il m'en éloignerait assez mais au lieu de ça, il lâcha ma main et ce que je redoutais le plus arriva. Il me propulsa dans l'eau et, dans un réflexe de survie, je lui attrapai le bras, espérant que cela suffirait à me retenir mais au contraire, cela nous fit tomber tous les deux dans l'eau. Instinctivement, j'avais pris une posture presque simiesque pour m'accrocher à lui, les bras et les jambes l'entourant fermement pour être sûr de ne pas pouvoir être détaché de la seule personne qui pouvait me sauver de la noyade.
- Eh !
- S'il te plait, me lâche pas ! Je t'en supplie ! Me lâche pas !
Je me sentais vraiment mal, j'avais l'impression que des étoiles dansaient devant mes yeux mais j'essayais de ne pas tourner de l'œil. De toute façon, j'avais bien trop peur pour me risquer à fermer ne serait-ce qu'un œil, une seconde. S'il me lâche, je coule. La seule et unique fois où j'ai été dans le jacuzzi de la villa, j'ai failli me noyer et je ne serais pas là si l'une des compagnes du père de Siwon, prise d'un élan de gentillesse et de générosité ne m'avait pas aidé à sortir, avant d'être lourdement punie pour avoir quitté son poste. Je l'avais remercié pendant des jours chaque fois que je passais devant elle mais elle n'a plus jamais dit un mot. Elle ne pouvait plus. Et aujourd'hui, je ne savais toujours pas nager, j'avais des images traumatisantes en tête et je me demande même si elles n'ont pas fini par me donner complètement peur de l'eau, ou du moins d'être dans l'eau.
- Je peux pas vraiment, vu que je ne te tiens pas. 
- Te fous pas de moi, c'est pas drôle !
Il devait forcément avoir peur de quelque chose et comprendre mon angoisse, non ? A moins que je sois le seul à cumuler différentes tares ou phobies… Je préférais ne pas y penser pour me concentrer toujours plus sur ma survie.
- Ben...
Il me semble que je ne l'ai jamais regardé avec autant d'agressivité et de haine qu'à ce moment-là, en ne comptant que l'agressivité et la haine liées à l'amour et à la tendresse, celle qui dissimule ces sentiments et pas d'autres encore plus noirs comme j'ai pu en ressentir plus tôt…
- Pour un amoureux des poissons, avoir peur de l'eau...
- J'ai pas peur de l'eau, on m'a jamais appris à nager !

J'étais quelque chose comme offusqué qu'il puisse penser que moi, j'avais peur mais en même temps je n'étais pas tout à fait sûr qu'il ait tort… Mais autant le contredire, j'aurais l'air moins froussard.
- Je peux t'apprendre si tu veux.
Me… M'apprendre ? A nager ?
- C'est vrai ? Tu ferais ça ?
- Dis pas ça comme si c'était exceptionnel, c'est pas grand-chose. 
Pas grand-chose ? Il n'a pas l'air de savoir ce que ça fait de ne pas pouvoir regarder l'océan en face ou même une piscine sans se dire "pourvu que je ne m'y retrouve pas, pourvu que je n'y mette pas un pied, pourvu que je ne me noie pas". Il ne doit pas savoir ce que je suis en train de ressentir en ce moment même, à m'agripper à lui comme un koala sans parvenir à ne desserrer ne serait-ce qu'un doigt d'une main. Il ne doit probablement pas savoir que c'est particulièrement handicapant de ne pas savoir nager, lui qui en a le don inné.
 - Quand t'as 18 ans et que tu coules comme une pierre alors que tu te plais à hurler au monde entier que t'es un sanguinaire cruel, ça craint, donc tu sauves mon honneur... après avoir sauvé ma vie.
Je ne savais même pas comment j'avais fait pour lui faire une déclaration d'amour avec l'angoisse et la peur que je ressentais… Il déposa tendrement ses lèvres sur les miennes et cela eut pour effet de me vider littéralement de toutes mes angoisses. Sa simple présence me réconfortait, ce simple baiser me rassurait et en entremêlant nos deux langues dans leur danse effrénée, toute la peur que j'éprouvais fut reléguer au second plan, présente mais bien moins importante que nous deux ensemble. Mais il décida que nous ne pouvions pas rester éternellement liés ainsi et il me regarda tendrement avant d'essayer de me faire lâcher prise.
- Au pire, tu peux me lâcher, t'as pieds normalement.
- Non, je vais couler !
Je secouai énergiquement la tête, je ne tenais vraiment pas à mourir noyé après tout ce dont j'aurais pu mourir, avec bien plus d'honneur que celui de ne jamais avoir appris à nager. Tout ce que je sais, c'est que certaines personnes ont plus de souffle que d'autres parce qu'en les… interrogeant, ils résistaient plus ou moins au plongeon tête la première dans l'évier mais mon expérience avec l'eau s'arrête là et ça n'a jamais été moi dans la flotte…
- Mais non... Allez, fais-moi un peu confiance.
 - Veux pas.
J'avais beau avoir des souvenirs cruels et sadiques de l'eau, je ne pouvais m'empêcher de redevenir un enfant dès qu'il s'agissait de me retrouver dans l'eau, livré à moi-même… ou presque.
- Comment ça tu veux pas me faire confiance ?
- Pas te faire confiance, te lâcher banane...
Je savais bien qu'il essayait de plaisanter, de me rassurer, de me détendre pour que je puisse prendre le courage de nager mais c'était plus fort que moi, je ne parvenais pas à me sortir de la tête que je risquais de me noyer si je le lâchais.
- Et bah lâche-moi, tu me montreras que tu me fais confiance mon coeur...
- Nan, je ne veux pas... S'il te plait, serre-moi dans tes bras, je ne veux pas me noyer...
- Tu ne te noieras pas... sauf si tu ne sais plus tenir debout.
Il souriait. J'ai beau adorer son sourire, je ne supporte plus qu'il se moque de ce dont je souffre. Parce que oui, c'est comme d'être malade pour moi.
- Tu te fous encore de moi là ?
- Non pas du tout...
- S'il te plait arrête... 

Je sentis qu'il desserrait son étreinte et quand il retira un de ses bras de mon dos, je me suis raidi parce que j'avais de plus en plus peur. Peur qu'il me lâche, qu'il me laisse, que je coule. Mais je n'avais pas peur qu'il me laisse couler ou qu'il me laisse me noyer. Pourtant, j'avais peur. Terriblement peur. Et sa caresse réconfortante ne pouvait rien y changer.
- T'en fais pas... Le temps qu'on rentre et tu seras comme un poisson dans l'eau.
Rentrer ? Je… Je ne rentrerai pas, je le sais. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallu qu'il évoque ce moment que je ne vivrai jamais ? Je m'écartai de lui rapidement, le regard baissé vers le sol, en proie à une peine bien plus grande que tout ce que j'ai pu ressentir jusqu'à aujourd'hui. Une peine que je sais réelle et justifiée, une peine que je sais inconsolable parce que je sais que s'il repart, je ne le reverrai plus avant un moment bien trop long.
- Eunhyuk ? Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il y a ?
J'étais tenté de tout lui dire maintenant, de lui déballer toutes mes craintes et tous mes doutes sur le champ mais je savais qu'il n'avait posé cette question que par politesse. Je savais qu'il ne voulait pas que je le blesse dès ce soir. Je savais que pour le moment, nous n'avions le droit qu'à une chose : être heureux ensemble pour le moment qu'il nous reste. Je savais aussi que je l'aimais plus que tout et que sans lui, je ne serais rien alors je n'avais pas le droit de répondre à sa question. Je savais que j'allais lui mentir et il le savait aussi mais nous savions tous les deux pourquoi et c'était tout ce qui comptait. Que l'on sache.
- Je... Euh... Nan... Rien... Rien...
- Tu vois que tu ne coules pas...
- Que je...

Je n'avais pas pris conscience que je l'avais totalement lâché. J'étais à présent seul debout, au milieu de l'eau. Et je n'avais rien ni personne pour me tenir hors de l'eau. Comment se faisait-il que je ne sois pas encore mort ? Je ne sais pas. Mais je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Et le hurlement que je poussai en le réalisant le fit rire comme pas permit.
 - Rigole pas, c'est vraiment chiant...
- Je m'en doute... Je suis désolé... Mais c'est... plus fort que moi... 
D'un côté, je le comprenais mais de l'autre, j'arrivais presqu'à lui en vouloir. J'étais de nouveau fermement cramponné contre lui et après lui avoir assené un léger coup sur l'épaule, je me serrai un peu plus contre lui.
- Désolé... Allez viens... Ou plutôt accroche-toi, je t'amène un peu plus près du bord.
- D'accord mais tu me lâches pas.
- Mais non... 

Il déposa délicatement ses lèvres sur ma joue avant de faire un premier pas, non sans me déclencher une poussée d'adrénaline, causée par la peur de tomber ou qu'il glisse. Plusieurs fois, il a essayé de me faire lâcher prise et chaque fois, j'ai refusé. Refusé et encore refusé. Mais chaque fois, je me sentais un peu plus ridicule, un peu plus bon à rien, un peu moins digne de lui. Tant et si bien que j'ai fini par me résoudre.
En posant un premier pied par terre, j'ai cru que j'allais mourir mais je n'avais de l'eau que jusqu'à la taille. Mais c'était suffisant pour que je n'ose ni ouvrir les yeux, ni lâcher ses mains. Il vint m'embrasser tendrement mais je ne parvenais pas à détacher mon esprit de l'eau qui m'entourait. Elle m'oppressait et je me sentais happé par des courants inexistants. Quand il s'écarta de moi, j'ouvris les yeux mais je ne pouvais voir que le fond de la piscine, je ne pouvais voir que ce sol qui aurait voulu m'attirer à lui pour que je me noie. Je ne parvenais pas à voir autre chose que cette abysse.
- Eh... Eh. Regarde-moi...
J'ai difficilement relevé mon regard vers le sien et je me suis remis à paniquer lorsqu'il a voulu que je le lâche, chose que je n'ai pas faite mais que lui a faite. Il la glissa dans mon cou et je penchai légèrement la tête pour appuyer la sensation de sa peau contre la mienne.
- Voilà... Là... 
Il m'embrassa doucement et je le serrai contre moi jusqu'à ce que nous nous séparions, à court d'oxygène.
- T'en fais pas, ça va aller... Il ne va rien t'arriver, surtout pas si je suis là, d'accord ? 
Admirant son sourire qui répondait au mien, il m'embrassa de nouveau avant de me serrer contre lui, ignorant le temps qui défilait autour de nous, ignorant le monde qui tournait sans nous et les vies qui s'étiraient loin de nous. Il n'y avait plus que lui et moi dans un monde vidé de tout et de tous. Le temps s'égrainait toujours et Donghae s'écarta doucement de moi pour m'embrasser tendrement avant d'entourer mon cou de ses bras et d'entrouvrir les lèvres pour inviter ma langue à retrouver la sienne dans une danse effrénée. Après un autre baiser sensuel et passionné, il descendit sa main jusque sur mon cœur avant de défaire chacun des boutons de ma chemise, jusqu'au dernier. M'arrachant un frisson, il fit glisser le vêtement le long de mes bras pour le déposer sur le rebord de la piscine. Je n'avais plus peur, juste envie de le serrer dans mes bras et je n'attendis pas plus pour le serrer contre moi avant d'embrasser doucement son front.
- Je t'aime.
Je l'embrassai de nouveau en le serrant toujours un peu plus fort et en souriant comme chaque fois qu'il me répondait. Ses bras entourèrent mon cou et en un instant, je me sentis à ma place : en train de le serrer dans mes bras, dans une étreinte presque protectrice. Le protéger. Voilà ce à quoi je voudrais passer ma vie et lorsqu'il avait eu besoin de moi, je n'avais pas été là. Un seul jour. Il aurait fallu que je sois là un seul jour en trois mois et je n'avais pas été là. Etre proche de lui était aussi agréable que douloureux. Agréable parce que je ne suis jamais aussi heureux que lorsque je suis dans ses bras mais douloureux parce que je ne peux m'empêcher de penser à ce que je lui ai fait enduré. Il me serra un peu plus contre lui, comme s'il entendait mes pensées les plus noires et il finit par déposer son gilet sur le bord de la piscine alors que je posais mes mains sur ses hanches, n'osant pas aller plus loin. J'essayais de le mettre en confiance, un comble, avec un regard que je voulais le plus tendre possible et je vis dans le sien que quoi que je fasse, il ne m'en empêcherait pas. Jusqu'à quand, jusqu'à où, je ne sais pas mais en cet instant précis, je ne voulais plus me poser la question. Je glissais délicatement mes mains sous son tee-shirt et je le sentis frissonner lorsque ma peau entra en contact avec la sienne. Remontant doucement mes mains sur sa peau, je finis par passer son tee-shirt au-dessus de sa tête pour le déposer avec son gilet sur le bord de la piscine. Je le plaquai contre le rebord de la piscine tandis que mes lèvres en faisant de même sur les siennes, en le serrant toujours plus fort, avec toujours plus d'amour, de tendresse et de passion. Que serais-je sans lui ? Bonne question. Je préfère ne pas avoir la réponse.
~
- Hyuk... Je...
Je l'avais pressenti en descendant timidement mes mains sur ses hanches. Je m'étais douté qu'il ne voudrait, ou ne pourrait, pas aller plus loin pour le moment mais le voir avec moi était tout ce dont j'avais besoin. Je pouvais l'aimer de bien des façons et lui aussi, nous avions pas besoin d'aller plus loin si ce n'était pas ce qu'il voulait. Le tout était qu'il devait profiter de ces quelques jours avec moi du mieux qu'il le pouvait. Je ne voulais pas qu'il en dise plus, il ne devait pas avoir à s'excuser. Je déposais doucement un doigt sur ses lèvres et, caressant sa joue d'un revers de la main, je mis fin à ses mots.
- T'en fais pas, ça va aller...
Je déposai tendrement mes lèvres contre les siennes avant de sentir sa langue se glisser entre nos lèvres, quémandant un baiser plus passionné et j'entrouvris les lèvres sans hésiter pour que ma langue retrouve sa jumelle dans une danse sensuelle et douce. Quelques instants passèrent, dans un silence amoureux, avant qu'il ne fasse la chose la plus stupide en ce moment : s'excuser.
- Je suis désolé... Mais...
- Eh, c'est pas grave Hae, tout va bien. 

Il vint lentement se blottir entre mes bras et je retrouvai avec plaisir la douceur d'une étreinte. L'eau qui coulait et l'atmosphère qui nous entourait me faisait me sentir comme un cocon. Un cocon d'amour. Notre cocon rien qu'à nous.
~
L'eau glissait doucement sur ma peau et ce fut Donghae qui me sortit de mes pensées, enveloppé dans un peignoir blanc. Je ne l'avais même pas vu quitter la douche, perdu dans mes souvenirs avec lui.
- Eunhyuk ? Tu viens ? 
- J'arrive. 

Il quitta la pièce et je coupai l'eau pour mettre un pied sur le carrelage froid. Après m'être brièvement séché, j'enroulai une serviette bleue autour de ma taille avant de le rejoindre dans la chambre où il m'attendait, assis contre la tête de lit.
Presqu'immédiatement, il se mit à cheval sur moi alors que j'affichais un grand sourire des plus heureux. L'entourant de mes bras, je relevai la tête pour pouvoir l'embrasser tendrement, baiser qu'il prolongea de quelques instants en enserrant ma nuque avant que l'on ne se sépare pour que je le serre un peu plus contre moi.
- Qu'est-ce que tu aimes chez moi ?
Je ne savais pas vraiment pourquoi je lui posais la question et encore moins pourquoi je le faisais maintenant mais c'est vrai que plusieurs fois, je m'étais demandé ce qu'il pouvait bien trouver à l'assassin que j'étais et suis toujours plus ou moins.
- Je t'aime.
Il marqua une pause le temps de m'embrasser furtivement avant de reprendre.
- J'aime ta peau, j'aime tes yeux, j'aime tes lèvres, tes bras. Je t'aime tout entier.
Sa main suivait chacune de ses paroles. Il venait effleurer la peau de mon torse pour ensuite retracer le contour de mes yeux et de mes lèvres avant que sa main ne caresse doucement mon bras.
- Toi, ton sourire, ton rire, tes grimaces d'enfant, tes erreurs d'adulte. J'aime tes larmes parce que je peux les sécher. Je t'aime. Tout simplement.
Il revint m'embrasser mais ce fut de nouveau rapide et tendre. Je n'arrivais plus vraiment à aligner deux pensées concrètes ensemble. Il était si parfait que je n'en trouvais plus les mots, si parfait que je ne me sentais même plus digne de son amour. C'était tellement stupide de penser cela après la plus belle de toutes les déclarations mais en même temps, c'était tellement vrai. Il était gentil et conciliant quand j'étais cruel et rancunier. Il était confiant et faisait confiance quand j'étais certes confiant mais que je prenais n'importe qui pour un traître au moindre soupçon. Il était doux et tendre quand je pouvais être agressif et violent. Il était si parfait alors que j'étais si imparfait. Il est la lumière et moi l'obscurité. Il est le bien, j'incarne le mal. Il est l'exemple à suivre et moi la personne à éviter. Il est la vie, je représente la mort. Il est toute ma vie et je ne pourrais jamais, jamais l'en remercier assez. Même en lui donnant tout ce qu'il avait déjà.
- Alors je te donne tout. Je te donne mes larmes, mes erreurs, mes grimaces, mon rire, mon sourire, moi, mes bras, mes yeux, mes lèvres, ma peau, tout. Je suis tout à toi. 
- Et je serai toujours à toi.
Nos lèvres se lièrent de nouveau dans un baiser passionné qui ne prit fin que lorsque nous fûmes à court d'oxygène. Il se redressa, mes mains sur ses hanches, et il suivit doucement les courbes que son doigt traçait sur ma peau. Il savait, il savait pertinemment que j'étais fichtrement sensible et il prenait un malin plaisir à n'appuyer sous aucun prétexte son doigt sur moi mais à le faire frôler ma peau. Je sentais mon sourire s'agrandir d'instant en instant mais je tentais tant bien que mal de me contenir pour ne pas lui faire le plaisir de lui accorder une victoire de plus mais je me sentais faiblir et céder lentement sous ses caresses. Ma peau frémissait, frissonnait de plus en plus et j'arrivais presque jusqu'à la chair de poule.
- Mais arrêteuh…
 Echec. Il le sait maintenant. A chaque fois que j'essaye de le faire arrêter, il sait que c'est que je ne suis pas loin de la défaite… Et en effet, il ne me fallut pas plus de deux secondes pour exploser de rire en me tortillant dans tous les sens dans le but d'inverser nos positions.
J'étais à présent sur lui et je ne pouvais m'empêcher de songer à ce que je serais s'il n'était pas là. Un assassin, un simple meurtrier qui prendrait plaisir à tuer. Sans lui, je serais probablement en ce moment-même en train de venger Hyukjae pour quelque chose qu'on ne lui aurait probablement pas fait mais qui m'aurait permis de calmer mes pulsions. Puis je serais rentré pour vérifier qu'il allait bien, le forcer à manger un morceau et dormir avant d'être réveillé par un de ses cauchemars.
En reprenant conscience de ce qui m'entourait à la place de tout ce glauque, je ne pus m'empêcher de sourire avant de reprendre une moue boudeuse, même si je n'avais pas entendu le début de sa phrase. Malgré mes pensées des plus glauques, son regard tendre me réconfortait et, dans un même élan, nous sommes repartis à rire de bon cœur. Mais je ne pouvais pas oublier que grâce à lui j'étais quelqu'un d'autre. Quelqu'un de meilleur. Quelqu'un. Tout simplement.
- Merci. De m'avoir fait devenir quelqu'un alors que je n'étais personne.
 - Tu... Tu n'as jamais été personne.
Il avait beau me le dire, je ne pouvais le croire. Et j'en avais les preuves. Les seules fois où je me sentais quelqu'un, c'était en prenant la vie et pour ceux qui le vivait, je n'étais personne. Je n'ai jamais été quelqu'un. Il fallait qu'il le comprenne.




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EunHyuk Won
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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Lun 1 Juin - 22:27

"Pardonne-moi ~"
“DongHae & EunHyuk”



- Avant je n'étais rien. Je n'ai pas de souvenirs de ma petite enfance et tout le monde a été indifférent à ma souffrance et à celle de Hyukjae. Avant toi, personne ne m'a aidé. Je n'étais personne, personne dont il fallait s'intéresser. Juste une espèce de gamin inutile à l'allure dangereuse...
Je glissais doucement ma main dans ses cheveux encore légèrement humides puis sur sa joue. Il l'embrassa tendrement puis la serra dans la sienne avant de me répondre.
- Peu importe ce qu'ils ont pensé. Tu peux n'être personne pour le monde entier mais être le monde entier pour une seule personne. Tu as été le monde entier de Hyukjae jusqu'à ce qu'il puisse l'ouvrir à Leeteuk et maintenant tu es mon monde. Un monde que je ne veux pas que tu quittes. Tu es le Dieu qui a créé ce monde, qui y a apporté la part d'ombre et surtout de lumière dont il avait besoin, qui le fait vivre et le seul qui pourrait un jour l'anéantir.
Je baissai la tête, ne pouvant croire que tout cet amour m'était destiné à moi et rien qu'à moi. Je ne pouvais croire que j'avais été le créateur d'un être aussi parfait que lui, moi qui n'était qu'un corps fait d'imperfections, de défauts et de tares plus terribles les unes que les autres. Je ne pouvais pas croire qu'il ne vivait que grâce à moi. Il avait Yesung, Leeteuk et Ethan au moins, qui veillaient sur lui. Moi, je n'avais que moi pour compter sur moi et pour protéger Hyukjae. Je ne pouvais rien me permettre. Aucun écart, aucun sentiment. J'étais un monstre et je le suis probablement encore aujourd'hui. Mes mots dépassèrent ma pensée.
- J'en mérite pas tant…
Il releva mon visage et mon regard accrocha le sien, toujours empli d'amour et de tendresse.
- Bien sûr que si, et bien plus encore...
Il passa sa main dans mes cheveux, comme si cette simple phrase pouvait tout effacer de mes doutes.
- Et toi alors ? Qu'est-ce que tu mérites ? Qu'est-ce que je t'ai donné ?
- Tout, parce que toi. Tu m'as donné ton amour, ta tendresse, tes colères , tout. Tu m'a donné quelque chose que personne n'aurait pu me donner : toi. 
Moi. C'était la chose la plus mignonne que l'on ait du me dire depuis que ma mémoire se le rappelait mais, rien à faire, je ne m'en sentais pas digne. Malgré ses caresses douces et ses baisers tendres et furtifs, je n'arrivais pas à m'en sentir digne.
- C'est faux. Tu t'es donné, toi, ton temps, tout, alors que je n'ai fait que prendre sans donner en retour. 
- Arrête de penser à ça, je ne demande rien d'autre que le fait que tu m'aimes et ça tu me le donnes déjà bien assez.
En effet, si c'était la seule chose que je pouvais lui donner, l'aimer, je le faisais autant que je le pouvais mais je pouvais lui donner plus. Je me serrai contre lui, ses mains liées dans mon dos. Je pouvais lui donner plus qu'écouter son cœur battre contre ma joue. Je voulais lui donner plus. Je voulais qu'il ait plus.
- Et si je voulais que tu aies plus ? 
Il glissa sa main dans mon cou, je savais déjà ce qu'il allait me répondre mais je ne voulais pas l'entendre. Je voulais qu'il comprenne que je n'avais pas tout fait pour lui, que je ne lui avais pas donné tout ce qu'il m'avait donné.
- Tu m'a déjà tout donné. 
Je souriais, heureux de me rendre compte que je l'aimais tant et si bien que je savais à l'avance ce qu'il allait dire et penser. J'aurais pu m'arrêter là mais je voulais pouvoir lui donner plus que je l'avais fait jusqu'à présent.
- Non. Il y a quelque chose que je ne t'ai pas donné. 
Il s'était donné à moi. Jusqu'à son corps et son âme. Je lui ai donné mon âme, mon cœur et tout ce que je suis. Mais jamais mon corps. Et aujourd'hui, je voulais rattraper cette erreur. Je voulais qu'il ait enfin tout de moi. Tout.
- Arrête... Tu ne me dois rien, ne te sens pas obligé... 
- Je ne me sens pas obligé... J'en ai envie parce que... je t'aime.
Je ne voulais que lui. Lui est rien d'autre. Qu'il m'aime mais qu'il m'aime tout entier. Moi et mon corps. Dans les sentiments et physiquement. Je voulais qu'il m'aime tout simplement.
Son sourire m'avait manqué. Cruellement manqué. Et je le revoyais maintenant, plus rien n'entachait son sourire si parfait. Juste de l'amour et de la tendresse. Rien que de l'amour et de la tendresse. Il déposa ses lèvres contre les miennes alors que je resserrais mes bras autour de lui.

HaeHyuk♥:
 

Je fermai les yeux et l'attirai contre moi, sentant sa tête reposer sur mon cœur qui ne battait que pour lui et lui murmurai une fois de plus que je l'aimais. Il n'en attendit pas plus pour venir embrasser doucement mes lèvres, illuminant mon visage d'un sourire des plus enfantins.
- Tu prends trop de place mon amour...
Je n'avais pas pu m'empêcher de briser le silence aussi doux soit-il pour lui faire ce "reproche". Il me regardait avec un air circonspect, cherchant surement pour quelle raison obscure et farfelue je lui avais dit une chose pareille. Mais rien de ce qu'il pouvait imaginer ne serait plus éloignée de ma réalité que ce que j'avais imaginé. Je pointai le doigt au niveau de mon cœur en ajoutant :
- Regarde… Y a plus la moindre place.
Il afficha un sourire tendre mais dans lequel je décelais malgré tout une once de sarcasme. Il regarda ailleurs, réprimant surement un rire moqueur puis embrassa légèrement mes lèvres. Un instant seulement mais un instant que je savourais un peu plus à chaque fois qu'il se répétait.
- T'es le plus con des couillons… mais…
Il déposa de nouveau ses lèvres contre les miennes et je devinais ce qu'il allait dire pour terminer sa phrase.
- Je t'aime quand même…
- Moi aussi, Hae, moi aussi…
Je caressais ses cheveux depuis à peine quelques minutes quand je pris conscience que sa respiration avait ralentie et était beaucoup plus paisible et sereine. Il devait s'être endormi et j'étais heureux de savoir qu'il n'était pas victime de cauchemars comme avait pu l'être Hyukjae dans la même situation.
~
En ouvrant les yeux, je tendis le bras vers Donghae mais au lieu d'entourer son corps de mon bras, je posai ma main sur le matelas, froid et vide. Je me redressai d'un coup pour regarder tout autour de moi mais il n'était pas dans la pièce. J'enfilai les premiers vêtements qui me tombaient sous la main, à savoir un débardeur blanc et un jean avant de me rendre sur le balcon pour voir s'il y était mais non. Pas de trace de lui.
En me penchant au-dessus de la rambarde, je le vis enfin. Il était simplement assis sur les marches de la terrasse, le regard perdu dans les vagues. Il ne faisait pas particulièrement froid mais la brise qui soufflait me laisser deviner qu'il ne devait pas avoir particulièrement chaud non plus.
Je pris alors la couverture du lit et l'entourai autour de mes épaules avant de descendre doucement les escaliers pour ne pas le gêner dans sa contemplation. Ouvrant le plus silencieusement la baie vitrée, je restai quelques minutes dans l'encadrement pour le regarder. Il avait l'air paisible, je n'osais pas le déranger. Il semblait heureux, tout simplement et je n'osais pas interrompre ce moment de quiétude. Un courant d'air sur mon visage me fit frissonner et je me décidai à sortir pour pouvoir le couvrir.
Je m'assis à sa gauche avant de passer la couverture autour de lui, laissant mon bras enserrer ses épaules pour l'attirer vers moi. Il reposa sa tête sur mon épaule et poussa un léger soupir. J'étais au Paradis. Il ne pouvait y avoir de meilleur endroit sur Terre que celui-ci, où je partageais un moment de simplicité et de tendresse avec celui que j'aimais.
- Ça va ?
Est-ce qu'il était vraiment judicieux de lui poser cette question alors que je savais pertinemment que non, ça ne pouvait pas aller, peu importe que je sois là ?
- Oui… Non. ajouta-t-il après un court instant.
Je m'en doutais. Comment aurait-il pu en être autrement après tout ce qui venait de se passer ? D'abord, il avait subi injustement la colère incompréhensible de Siwon et ensuite, je lui avais hurlé dessus comme je l'aurais fait sur un chien (et encore). Dire que je ne m'en voulais plus serait me mentir. Jamais, jamais, je ne me pardonnerais de l'avoir fait souffrir plus qu'il ne l'avait déjà trop fait.
- Ecoute… Je… Je suis désolé… pour hier… et pour le… reste…
Il ne voudrait pas que je m'en veuille, je le sais bien mais c'était plus fort que moi. A chaque instant, quand je le regardais, vidé de toute joie, je ne pouvais m'empêcher de me dire que c'était à cause de moi qu'elle l'avait quittée. A cause de moi et de moi seul…
- Je t'ai dit que c'était rien… N'y pense plus…
Rien ? Comment pouvait-il croire que ce n'était rien ? Que ça ne me faisait rien ? Que je pourrais arrêter d'y penser ? Je préférais me disputer encore des heures avec lui comme je l'avais fait hier soir plutôt que d'avoir à porter un instant de plus le fardeau de sa douleur à lui, d'en être le responsable.
- Je ne parle pas de ce que j'ai dit mais de ce que tu as du subir à cause de moi…
Je n'arrivais même pas à dire clairement ce qu'il s'était passé. Peut-être qu'en taisant les horreurs, elles disparaissent plus vite ?
- Ah… Ça…
Le silence s'installa un instant et je serrai un peu plus fort sa main dans la mienne. C'était bien peu de choses à côté de ce que j'aurais voulu faire mais j'étais incapable d'en faire plus, impuissant face à ses souvenirs. Je ne pouvais ni les effacer, ni les rendre moins forts. Je ne pouvais même pas les remplacer complètement. Nos moments de tendresse s'effaceraient de sa mémoire, le temps jouant, mais les pires souvenirs, les pires moments sont ceux qui restent gravés éternellement. Celui-ci en fera toujours partie. La mémoire est cruelle ; elle ne se souvient que de ce qui fait mal avant de se souvenir de ce qui rend heureux. Il reprit, brisant le silence et mes pensées plus sombres instant après instant :
- T'y es pour rien au fond… c'est pas toi qui…
Je me refusais à lui laisser dire des mots qu'il ne devait pas avoir à prononcer maintenant et je regrettais de lui en avoir parlé, d'avoir troublé sa quiétude que je savais pertinemment être fragile.
-… qui lui ai donné une raison pour te faire du mal… si… et ça, je ne pourrai jamais l'accepter…
Il releva la tête, laissant le froid s'emparer de mon épaule après avoir pris possession de toute mon âme avant de venir m'embrasser doucement, déposant délicatement ses lèvres contre les miennes. Je fermai les yeux, appréciant le contact tendre entre nous quand il se sépara de moi, déposant de nouveau sa tête sur mon épaule qui retrouvait avec joie la chaleur perdue. Il tendit la main, faisant dévier un pollen qui était venu troubler l'air autour de nous avant de dire, un air résolu dans al voix :
- C'est fait maintenant… On ne peut plus revenir en arrière…
Ce ton… On aurait dit qu'il avait totalement accepté la situation, qu'elle était maintenant normale, définitive et quelque part, je trouvais à ses mots un connotation blasée comme si ça ne lui faisait plus rien. Et je ne pouvais accepter qu'il accepte.
- Pourquoi ? Pourquoi tu fais comme si c'était pas grave ?
- Je ne veux pas que tu t'accables ou que tu sois détruit par la colère ou de la culpabilité mal-placée.
- Mais c'est ma faute Hae !
Je m'étais emporté sans le vouloir, lâchant brutalement sa main en l'écartant de moi pour qu'il me regarde droit dans les yeux. Ceux-ci s'emplirent d'une émotion que je ne parvenais pas à définir, située quelque part entre le désespoir, la haine et la douleur.
- Non, s'il m'a violé dans le hall d'entrée de l'internat, ce n'est pas ta faute mais uniquement celle de Siwon. Pas la tienne !
Ses yeux furent inondés par les larmes et bientôt ses joues en furent submergées. J'étais tétanisé, paralysé par ses révélations. Bien sur que j'avais compris ce qu'il s'était passé mais je n'aurais pour rien au monde voulu imaginer comment cela s'était passé. Je ne voulais rien savoir de plus que le fait que je devais haïr Siwon et moi-même plus que n'importe qui sur cette Terre.
Reprenant peu à peu mes esprits, je l'attirai doucement contre moi, essuyant une à une ses larmes tout en le berçant doucement pour qu'il se calme sans laisser le silence s'installer.
- Hae… Je suis désolé… Je n'aurais pas du t'en parler… C'était stupide…
- Non, tu as le droit de savoir mais tu dois me promettre de ne pas te mettre en colère et de ne pas t'en vouloir…
- Je ne peux te promettre l'impossible mais je pourrai essayer au moins…
- Hyuuuk… S'il te plait…
Je hochai la tête pour promettre tout en me jurant à moi-même de ne jamais trouver le repos tant que je ne l'aurais pas vengé, ne serait-ce qu'un peu. Car j'étais conscient que jamais je ne pourrais racheter la douleur qu'il avait endurée même en tuant le monde entier. Même en torturant le monde entier. Il commença à me raconter ce qu'il avait subi et comment et tout au long de son discours, je ne pus m'empêcher, bien que j'ai promis, de réaliser que j'étais une fois de plus le responsable.
- Je… J'étais sorti pour prendre l'air et je suis allé au bar parce que tu me manquais trop…
Il m'embrassa amoureusement mais cela ne suffit pas à me faire oublier que j'étais la cause de sa sortie et donc la cause de tout ce qui en a découlé…
-… sauf qu'en rentrant, il était tard et en passant la porte… je n'ai pas compris tout de suite mais c'était Siwon… et il m'a… il m'a…
Je le pris dans mes bras pour l'interrompre. Il n'était pas obligé de le redire. J'avais compris. Il en avait parlé. Il m'en avait parlé. C'était le plus important. Les mots, les phrases, cela importait peu.
- Chut… T'as pas besoin de le dire…
- Merci… de toujours être là…
- Toujours sauf quand tu en as eu besoin…
Il releva la tête vers moi, caressant avec tendresses ma joue alors que je reprenais sa main gauche dans la mienne, savourant l'instant. Savourant le moment. Savourant le temps qui s'arrête pour nous laisser une pause.
- Eunhyuk…
- Désolé… mais je n'arrive pas à me dire que j'y suis pour rien…
Je savais que je ne le devais pas parce qu'il me l'avait demandé mais je ne pouvais pas m'en empêcher. C'était plus fort que moi, indépendant de ma volonté. Je ne pouvais rien faire contre ce sentiment de culpabilité.
- Pourtant, il va falloir parce que je ne vais pas vivre avec ça toute ma vie et tu ne le dois pas non plus.
- Laisse-moi un peu de temps pour me pardonner, d'accord ?
- D'accord…
Toute une vie ne me semblait pas suffire mais il le fallait parce que c'est ce qu'il voulait. Que je surmonte ça. Que je passe outre. Que je pardonne. Ce que je n'avais jamais fait auparavant. Pardonner. Est-ce que j'y arriverai ? Je n'en sais rien mais je devais essayer.
Je le serrai plus fort contre moi, embrassant doucement sa tempe. Nous sommes restés un moment comme ça, l'un dans les bras de l'autre, sans rien dire, quand un détail me traversa l'esprit. Il aurait pu, il aurait du l'arrêter. Il en était capable grâce à son don… Pourquoi ne l'avait-il pas fait ?
- Je… Est-ce que je peux te poser une question ?
- Bien sur, qu'est-ce qu'il y a ?
Je passai ma main libre sur sa joue, plongeant mon regard tendre dans le sien qui l'était tout autant et finis par lui dire, prenant mon courage à deux mains :
- Pourquoi est-ce que tu n'as pas utilisé ton don pour l'arrêter ?
Il baissa les yeux et je regrettai aussitôt de lui avoir demandé. Il y avait surement pensé après coup et lui montrer que même moi j'y avais pensé ne devait pas l'aider à surmonter ça.
- Je… J'y ai pas pensé…
Il avait lâché ma main et s'était mis à se tordre les doigts les uns avec les autres, signe qu'il ne me disait pas tout, à supposer qu'il m'en dise ne serait-ce qu'un peu. Il ne savait pas mentir, c'était la première chose que j'avais apprise sur lui (à quelques qualités près) et aujourd'hui, je le découvrais pleinement.
- Et la vraie raison, c'est quoi ?
Je m'assis sur ses genoux, enroulant mes jambes autour de sa taille et il nicha presqu'immédiatement sa tête contre mon torse. Je ne tardai pourtant pas à relever son menton pour plonger mon regard dans le sien. Il était gêné, empli de douleur et de quelque chose qui ressemblait à de l'inquiétude :
- On était tous protégés par le don de Yesung… contre les substances toxiques mais surtout contre les autres… donc contre moi…
Chacun de mes muscles se tendirent et une vague de colère m'envahit contre lui, contre Siwon et contre moi. Pour le coup, je n'étais responsable de rien mais si j'avais été là… tout aurait été différent. Absolument tout. Je n'arrivais pas à dire un seul mot de plus. Pas un mot, pas une phrase. Et ce fut lui qui en trouva pour combler mon angoisse.
- Calme-toi… Il ne pensait pas à mal, il ne voulait que mieux nous protéger après ce qu'il s'est passé, il voulait…
Je ne pouvais pas en entendre plus. Je ne voulais pas en entendre plus. Je l'interrompis et lui répondit, avec un peu plus d'agressivité que je ne l'aurais voulu :
- Il pensait, il voulait… c'est bien beau tout ça mais tu as vu où ça a mené. Est-ce qu'il t'a demandé ton avis et le leur avant ? Est-ce que vous étiez au courant ? Est-ce qu'il t'a parlé après ?
- On était au courant oui, et non, on n'a pas parlé… Il se sent probablement coupable en plus d'avoir été trahi…
- J'en ai rien à foutre de ça moi ! Moi, ce que je sais c'est que tu n'as fait que subir mes conneries par la faute de Siwon et de Yesung. Il peut être anéanti par ce que Siwon "lui" a fait, je m'en contrefous, ce qui m'importe c'est toi. Toi et toi seul. Tu es la seule victime. Et je suis l'un des coupables que tu le veuilles ou non…
- Eunhyuk… S'il te plait… Arrête…
Une larme s'échappa de son œil droit, bientôt suivies par un flot intarissable de ses semblables, et mon cœur se serra de savoir que j'étais la cause de celui-là et probablement des précédents. Je voulais rester déterminé à lui faire comprendre mais, de le voir ainsi abattu, je compris moi qu'il était nécessaire que j'arrive à passer à autre chose, à le voir lui plutôt que mes erreurs et mes fautes.
- Je suis désolé… Mais je n'arrive pas à comprendre comment… comment tu fais pour rester calme face à… ça, pour rester fort… et pourquoi il l'a fait…
- C'était une… vengeance et m'énerver ne servirait à rien. Par contre, je suis loin d'être fort, bien loin mais je refuse que tu t'en veuilles. J'ai besoin que tu me soutiennes, que tu sois juste présent, pas que tu me prennes en pitié ou que tu sois gêné et encore moins que tu réfléchisses à une quelconque vengeance à ton tour….
Le soutenir, ne pas me venger, je pouvais le faire. Etre présent, je le serai jusqu'à ce qu'il rentre. Mais après, nous serions séparés par des milliers de kilomètres… pour un moment… indéterminé.
- Je serai toujours là pour te soutenir… au moins dans ton cœur…
- Hyuk ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
C'était le moment que j'avais redouté pendant toute la journée hier. Ce moment où j'allais devoir lui annoncer que ce n'était pas parce qu'on s'était retrouvé aujourd'hui qu'on allait pouvoir rester ensemble le reste du temps. Je repris maladroitement la parole :
- Je… Je voulais t'en parler hier mais… je n'ai pas réussi…
- Explique-moi, tu me fais peur…
Est-ce qu'il avait de quoi s'inquiéter ? J'en saie trop rien, ce n'était pas dramatique mais ça allait nous faire souffrir à nouveau. Et je ne supporterais pas longtemps son absence et encore moins de savoir qu'il était presque seul avec Siwon là-bas. Bien sur qu'il y avait Leeteuk mais est-ce qu'il tenait la route alors qu'il devait souffrir de l'absence de Hyukjae autant que lui souffrait de celle de Leeteuk ? Je préférai lui dire simplement que nous n'allions pas vivre ensemble avant longtemps plutôt que de lui faire croire qu'il y avait des possibilités…
- Je ne suis pas sûr de rester avec toi…
- Pourquoi ? Comment ça ? Tu as rencontré quelqu'un ?
- Non !
J'avais haussé le ton, presqu'en hurlant, et qu'il le pense me faisait rire autant que cela me faisait mal. Il ne pouvait pas décemment penser que j'étais "passé à autre chose" quand on était arrivé là avec mon frère. Je ne pourrais jamais l'oublier et il le savait. Il devait avoir peur, je ne voyais pas d'autre solution. Je repris, une fois calmé et rassuré par son regard légèrement paniqué mais tendre.
- Non… Bien sur que non… Tu es mon seul et unique amour… mais c'est… Hyukjae… je ne pense pas qu'on rentre…
- Et bah, je n'ai qu'à rester.
Bien sur, cette solution était celle que je voudrais adopter mais je ne pouvais pas penser qu'à moi. Lui regretterait d'être resté et Leeteuk (et surement les autres) lui manquerait et il leur manquerait. Je n'avais pas le choix et je me devais de renoncer à cette possibilité.
- Tu ne peux pas…
Ou plutôt tu ne le dois pas…
- Et pourquoi pas ? Ici, c'est chez moi, je pourrais très bien revenir habiter ici définitivement.
- Tu dis ça mais tu n'y as pas réfléchi…
Ou plutôt, je ne veux pas y réfléchir et risquer de craquer…
- J'ai pas besoin de réfléchir des années pour savoir que je ne veux plus jamais que l'on soit séparé.
- Ce ne sera pas définitif et puis… et puis, tu ne peux pas abandonner les autres… En plus, même si tu restes, je devrais retourner seul auprès de Hyukjae…
Ou plutôt, Hyukjae ne voudra pas que je reste avec toi…
- J'irai le voir ; peut-être qu'il acceptera de venir vivre ici.
- Je te rappelle qu'il pense que tu m'as trompé avec Leeteuk… Il ne voudra pas te voir.
Ou plutôt, j'ai peur qu'il accepte et qu'il arrive à te convaincre de rester aux dépends des autres…
- Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il pense ça ? Il sait que Leeteuk ne lui ferait pas de mal et que je ne t'en ferais pas non plus…
Nous y voilà. J'avais essayé de trouver les mots pour lui expliquer mais à aucun moment, les bons ne me semblaient être apparus dans mon esprit.
Je l'écartai doucement de moi avant de prendre sa main droite dans ma main gauche pour l'inviter à en faire de même. J'enlevai la couverture de ses épaules pour la poser sur la table derrière lui avant de faire un premier pas sur la plage. J'entrelaçai mes doigts aux siens et il reposa sa tête sur mon épaule un instant avant qu'on aille plus avant dans le sable. Je pris une inspiration et voilà que je faisais ce que je redoutais depuis un moment : expliquer. Je n'avais jamais su faire et ce n'était probablement pas aujourd'hui que j'allais y arriver…
- A cause de son enlèvement… Il m'a expliqué que ses ravisseurs ont parlé de Leeteuk pile au moment où il est entré dans la pièce et sur le coup il a paniqué et il lui a fallu presqu'un mois pour réaliser qu'il n'y était pour rien et que Leeteuk avait juste voulu l'aider. Mais c'était trop fragile et quand ils vous a vu… Ça l'a complètement fait sombrer…
- Il nous a vu ? Il n'a jamais été là, comment est-ce qu'il a pu nous voir ? Et qu'est-ce qu'il a bien pu voir pour tirer de telles conclusions ?
Je ne savais même pas par où commencer parce que je ne savais où ça avait vraiment commencé, ni comment… Si, c'est son don. Son don a tout changé dans sa façon de penser. Au lieu de s'inquiéter pour moi, il a tout vécu. Au lieu de se poser des questions sur l'extérieur, il a cherché les réponses. Oui, ça l'a probablement fait avancé plus que s'il ne l'avait pas découvert mais ça l'avait surtout blessé sans raison parce qu'il ne m'avait pas écouté.
Nous marchions, les yeux parfois dans les vagues, parfois les siens dans les miens et parfois tout autour de nous, le vent fouettant mon visage et je poussai un long soupir avant de reprendre :
- Il a découvert son don ; il peut entrer dans les esprits… La première fois ça lui a fait bizarre d'être à ma place, de tout ressentir comme je le faisais mais dès que je l'ai appris, je lui ai dit et fait promettre même, de ne pas essayer de vous voir mais Leeteuk lui manquait trop et après s'être entrainé sur moi quand je…
Je m'interrompis un instant, ne sachant quoi dire sur la nature de mes absences auprès de mon frère, cherchant à tout prix à lui épargner ce que j'avais fait ces derniers temps, et je repris après une courte pause :
-… sortais, il est allé le voir mais c'est ton esprit qu'il a visité parce que ça lui a permis de voir Leeteuk, qui te serrait dans ses bras et puis Yesung a engueulé Siwon en disant qu'il n'avait pas à faire "ça" avec son meilleur ami et puis il a entendu Leeteuk te dire qu'il t'aimait et je sais pas c'est lui qui a vu mais il semblait tellement perdu que malgré moi, j'y ai cru même si je ne le voulais et…
Il posa un doigt sur mes lèvres, me stoppant net. J'avais parlé de plus en plus vite à mesure que j'avançais dans mon récit et je ne savais plus bien ni d'où je venais ni où je voulais aller mais il avait surement compris l'essentiel et il se mit face à moi et entrelaça les doigts de sa main libre avec les miens. Il embrassa chacune de mes mains, l'une après l'autre et déposa un tendre baiser sur mes lèvres et j'inclinai la tête pour quémander quelque chose de plus intime. Il entrouvrit les lèvres et ma langue retrouva la sienne, avec toute la douceur et toute la sensualité dont elle était capable.
Je lâchai ses mains, les passant dans son dos pour le serrer contre moi et il entoura mon cou de ses bras l'instant d'après. Je fermai les yeux pour mieux apprécier ce moment de pur bonheur et ne les ouvrai qu'une fois à court de souffle, plongeant directement mon regard dans ses deux prunelles d'un bleu aussi profond que celui du ciel et de l'océan derrière nous.
Je collai mon front au sien, admirant son sourire heureux, avant qu'il n'efface l'espace qui nous séparait pour se serrer tout contre moi dans une étreinte presqu'enfantine. Ma main caressa délicatement ses cheveux et j'embrassai son front quand il s'écarta de moi pour reprendre ma main, retournant en direction de la maison. Un silence léger s'installa et ce fut lui le premier à le rompre pour me dire :
- Il faut que j'aille voir mon oncle, j'en profiterai pour essayer de lui parler et on verra bien… Si je n'essaye pas, c'est sûr qu'il ne voudra pas… Mais si j'essaye…
Je hochai simplement la tête, lâchant sa main en arrivant à la maison mais quand il commença à s'éloigner, je rattrapai son bras pour l'arrêter et je lui faire faire volte-face pour me retrouver face à lui. Il fallait que je lui avoue que j'étais redevenu celui d'avant. Que j'étais retourné dans mon passé. Que j'étais à nouveau celui qu'il s'était toujours employé à faire reculer.
- Il… Il faut que je t'avoue quelque chose… J'ai… replongé… Je suis désolé…
Je devais surement l'avoir déçu. Mais il fallait que je lui dise la vérité, je ne pouvais pas lui cacher que j'étais toujours le même monstre…
Il vint doucement embrasser mes lèvres et je baissai ensuite la tête avant qu'il ne glisse sa main sur ma joue avant de relever mon menton baissé vers lui, un sourire adorable sur le visage.
- Je sais, ne t'en fais plus, je suis là maintenant…
- J'ai essayé de retenir mes sabres à chaque fois, mais à chaque fois j'ai cédé… J'ai cédé parfois parce qu'ils le méritaient mais j'ai aussi cédé parce qu'ils étaient heureux, qu'ils riaient alors que je ne le pouvais pas… Je suis désolé…
Il me regarda avec un air désolé et tendre plaqué sur le visage. Mais ce n'était pas à lui d'être désolé. Je n'aurais pas du tuer tout ces gens qui ne m'avaient rien fait. C'était à moi d'être désolé. Je ne lui avais jamais promis de ne plus tuer mais je me l'étais juré parce que je savais qu'il le voulait. Et j'ai échoué.
Le sourire qui éclaira son portrait l'instant d'après coupa court toutes mes pensées et me plongea dans un univers de douceur, où aucun regret n'avait leur place. Celui où nous n'étions que tous les deux et où bien sur, il ne pouvait y avoir aucun regret.
- C'est derrière toi maintenant. A partir d'aujourd'hui, tu dois vivre heureux, heureux avec moi, lavé de tous tes fardeaux. Aujourd'hui, il faut que tu tournes la page de ton passé sans en garder un seul caractère. Aujourd'hui, tu deviens Eunhyuk Won, l'amour de ma vie, le frère de Hyukjae, un étudiant et un animalik tout ce qu'il y a de plus normal, d'accord ?
- Je…
Rien que le fait d'être un animalik faisait de moi un être qui n'appartenait pas à la normale mais ça, c'était quelque chose que je ne pourrais jamais changer alors autant faire avec. 
Il me regarda avec insistance comme si je n'avais le droit qu'à une seule réponse peu importe ce qui pouvait me traverser l'esprit en ce moment-même. Et au fond, je connaissais et j'acceptais cette réponse. La seule possible. La seule qui me permettait d'avoir un avenir sans être détruit par mon passé en essayant de le faire toujours plus beau.
-… Oui. A partir de maintenant, je ne pense ni au passé ni au futur qui sont trop loin, je ne pense qu'à mon présent, et mon présent, c'est toi.
Je n'avais pas forcément l'habitude des grandes phrases poétiques mais pour une fois, elle ne sonnait pas à mes oreilles comme un concentré de maladresses mais comme un vrai objectif. Une phrase qui allait rythmer ma vie le plus possible. Profiter de l'instant présent uniquement. Je n'avais jamais su le faire. Saurais-je le faire pour lui ? Je n'en savais rien mais je me devais d'essayer. Il interrompit le fil de mes pensées en m'embrassant furtivement avant de me dire :
- Je vais aller chez mon oncle et voir ton frère et on se retrouve après, d'accord ?
Je hochais la tête, le regardant s'éloigner d'un pas décidé avant de le voir revenir promptement jusqu'à moi pour déposer un baiser rapide sur mes lèvres alors que je ne comprenais pas vraiment ce qui justifiait un tel "retournement" jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche :
- Je sais que tu n'aimes pas ça mais… Joyeux anniversaire mon amour.
- Hae…
Il savait pertinemment que je n'aimais pas que l'on me rappelle ce jour où bien trop de choses s'étaient passées. Il le savait mais il me le souhaitait quand même, pourquoi ? Il devait bien avoir une idée derrière la tête… Il déposa de nouveau ses lèvres contre les miennes, dans un baiser aussi éphémère que le précédent avant de s'éloigner, me disant avant de fermer la porte derrière lui :
 - Je sais, mais au présent, plus rien n'entache ce jour.
Et la porte se ferma sur son sourire, me laissant dans la perplexité la plus complète. Je l'aimais. J'en étais sûr. Il m'aimait. J'en étais sûr aussi. Et j'allais le lui montrer…




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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Dim 7 Juin - 10:04


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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Ven 3 Juil - 21:55

"Pour toujours et à jamais ~"
“Eunhyuk & Donghae”



- Je sais, mais au présent, plus rien n'entache ce jour.
Je ne sais pas vraiment combien de temps j'étais resté devant la porte sans vraiment comprendre. J'étais résolu à lui montrer à quel point je l'aimais mais je ne savais pas encore bien comment…
J'ai fait deux ou trois fois les cent pas dans le salon, m'arrêtant parfois pour regarder la mer et les vagues qui s'échouaient sur la plage avant de monter à l'étage, pensant à la base m'installer sur le balcon mais en mettant un pied dans la pièce, je pris conscience qu'elle était complètement blanche. Sa chambre était celle d'un adolescent et pourtant, j'aurais pu m'y croire comme dans un hôpital.
En aucun cas, je ne me sentais l'âme d'un décorateur d'intérieur mais qu'est-ce qui m'empêchait d'essayer ? Il ne m'en voudrait pas… Je pense. Il y avait un seul problème : quelle couleur j'étais censé choisir pour lui ? Pas quelque chose de flashy, c'était sûr, mais quoi alors ? Une couleur pâle, garder le blanc mais faire autre chose… Oui. Peindre la chambre serait bien trop long mais je pouvais toujours la décorer avec ce que je trouverais.
Je pris un des crayons rangés dans son bureau pour dessiner un énorme cœur sur le mur au-dessus de son lit. Miraculeusement, il était plutôt proportionné et avait une bonne forme. J'attrapai mon téléphone et sortis de la maison en prenant soin de fermer derrière moi et de lui laisser un mot au cas où il rentrerait avant moi, même si cela m'étonnerait beaucoup.
Je pris le bus, je n'avais pas vraiment d'autre choix pour aller en ville, et demandai à un passant, dans un anglais très approximatif, où se trouvait le bureau pour développer des photos le plus proche. J'ai du lui faire peur parce qu'il est parti en courant et je me suis retrouvé à errer dans les rues de Los Angeles, sans chemin mais avec un but, chose que je n'avais pas eu depuis bien longtemps.
Après deux bonnes heures à chercher en vain, c'est un petit garçon qui m'a attrapé la main pour m'inviter à le suivre et je ne me suis même pas méfié. J'aurais pu tomber dans un piège mais à ce moment très précis, je n'avais pas voulu penser à ce qu'il pouvait arriver de pire, juste au meilleur, juste à Donghae. Et je n'aurais eu aucune raison de penser le contraire puisque je me retrouvai assez rapidement devant une petite échoppe où un homme me proposa de développer mes photos sur le meilleur papier (enfin c'est ce que j'ai cru comprendre).
Une demi-heure après avoir disparu dans l'arrière de sa boutique, il reparut avec mes photos et quand je voulus sortir de quoi le payer, il referma mes doigts sur ma monnaie en me faisant un signe de la tête et en m'invitant à profiter de son cadeau pour nous. Je le remerciai à plusieurs reprises avant de ressortir, non sans lui jeter un dernier regard empli de gratitude.
Parti autour de neuf heures du matin, il était maintenant 12h30 et mon estomac commençait à s'en rendre compte. Je m'arrêtai dans le premier fastfood devant lequel je passai et pris de quoi me caler en attendant le soir. Je tendis un billet à la caissière qui encaissa avant de me rendre la monnaie que je rangeai dans ma poche tout en quittant le bâtiment avec mon sac à la main.
Avant de reprendre le bus, je m'arrêtai chez un fleuriste pour acheter des pétales de roses. Je ne savais pas si j'allais en avoir l'utilité mais sait-on jamais… Sur le trajet du retour, je ne fis qu'une bouchée du hamburger et des frites que j'avais prises et je jetai le sac en papier dans la poubelle de l'arrêt où le bus me laissa.
Après avoir marché un petit moment pour rejoindre la maison, je montai les escaliers, armé d'une trentaine de photos et, prenant la colle forte dans son bureau, je m'attelai à encoller chaque coin et recoin de nos souvenirs pour qu'ils tiennent au mur le plus longtemps possibles. Il me fallut environ une heure avant de réussir à être content de ce que j'avais fait, ce qui était en soi déjà un miracle, puis j'entrepris de ranger sa chambre déjà quasiment impeccable. Je changeai les draps puis balayai son balcon. En regardant sa chambre qui débordait d'amour et son balcon qui était parfaitement romantique au naturel, je ne pus m'empêcher de rajouter quelques pétales de fleurs par-ci par-là, espérant que le vent ne les ferait pas tous voler avant qu'il rentre.
M'occupant l'esprit comme je le pouvais, j'attendis que les minutes et les heures passent. Cependant, autour de 18 heures, j'avais complètement exploré la maison du sol au plafond et ce, dans toutes les pièces, et je ne savais plus bien quoi faire quand je reçus son sms "Je pars de chez mon oncle, je serai là dans une vingtaine minutes. Bisous ~ "
Je lui répondis un petit "Ok. A tout de suite." et partis à toute vitesse dans la chambre pour prendre une douche rapide. En sortant de ce havre d'eau chaude, j'entendis sa voix qui m'appelait :
- Eunhyuk ? T'es là ?
Je secouai un peu plus la serviette autour de mes cheveux avant de m'entourer les hanches d'une seconde pour sortir la tête de la salle de bain le temps d'attraper un de ses costumes, en espérant pouvoir le mettre sans le déformer ou quelque chose du genre. Je n'étais pas vraiment un expert en vêtements "classes".
- Je suis en haut, j'arrive.
J'avais volontairement pris le ton de quelqu'un qui n'a pas envie de descendre parce qu'il est occupé et la réponse qu'il m'offrit fut celle escomptée.
- Non, non, bouge pas, je monte.
J'enfilai rapidement un boxer puis la chemise blanche, faisant les boutons en priant pour ne pas me décaler et ainsi ne pas avoir l'air stupide, puis passai la veste noire par-dessus avant de mettre le pantalon qui était avec le costume. Je fis mon nœud de cravate, heureux de voir que j'y arrivais toujours même après plusieurs années sans en avoir eue l'occasion.
En sortant de la salle de bain, j'installai quelques bougies trouvées dans la cuisine et les allumai en entendant ses pas dans l'escalier. Je me mis juste à côté de la porte et vis la poignée s'abaisser tout en retenant mon souffle, souhaitant de toutes mes forces que ce que j'avais réalisé allait lui plaire.
Quand la porte fut suffisamment ouverte pour qu'il entre, je vis qu'il avait la tête baissée et j'étais content qu'il n'ait pas noté la lumière qui devait probablement filtrer sous la porte. Je posai une main sur ses yeux, dévoilant qu'il y avait une surprise mais rien de plus.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Attends, tu vas voir.
Je me mis derrière lui, l'enlaçant tout en gardant ses yeux cachés sous ma paume et je nous fis avancer d'un pas avant de fermer la porte derrière nous. Pourquoi le faire alors que nous n'étions que tous les deux ? Je n'en sais rien mais je trouvais que cela donnait un côté encore plus cocon à la chambre. J'inspirai un grand coup puis enlevai ma main de ses yeux en disant :
- Surprise !
Il porta une main à ses lèvres avant de se tourner vers moi, les larmes aux yeux. Il regarda de nouveau vers le lit que surplombait un grand cœur de photographies. Quand il posa de nouveau son regard sur moi, les larmes déversaient ses joues alors qu'il bégayait de manière adorable. Je ne le laissai pas plus longtemps dans cette détresse et pris sa main pour l'emmener s'asseoir sur le lit, le prenant immédiatement dans mes bras.
- Viens là…
Je le serrais toujours plus fort contre moi, attendant que ses larmes cessent d'elles-mêmes. Je passai doucement ma main dans ses cheveux et embrassai sa tempe, patientant simplement. Je ne pensais pas lui faire aussi plaisir ou le mettre dans cet état et je m'en voulais autant que j'étais heureux.
Ses larmes mirent une ou deux minutes avant de se calmer et une fois que ce fut fait, il releva son regard encore humide vers moi et me dit, accompagnant ses mots d'un sourire discret :
- Merci… Je ne sais pas quoi te dire…
- Elle te plaît ?
- Cette chambre n'aura jamais été aussi belle…
J'étais à la fois rassuré et à la fois gêné parce que j'avais quand même pris la liberté de transformer sa chambre d'enfant en une chambre qui faisait très "chambre de couple" voire même de jeunes mariés…
- Ça ne te gêne pas que j'ai fait ça ?
Il plongea son regard océan dans le mien et caressa doucement ma joue :
- Eunhyuk… Je n'aurais jamais pu rêver mieux pour cette pièce alors merci. Juste merci. Mais aujourd'hui, c'est ton jour, ton anniver…
Je n'aimais pas ce jour. Je n'aimais pas le fêter. Je n'aimais pas m'en rappeler. Je n'aimais tout simplement pas le quatre avril. A dix ans, j'ai été arraché à mon frère. A quatorze ans, je l'ai retrouvé en lambeaux. A dix-huit, Hyukjae s'est fait agressé. Et aujourd'hui, d'accord, je suis avec l'amour de ma vie mais je ne l'ai pas vu depuis trois mois parce que nous avons du fuir devant les problèmes de Hyukjae. Donc non, il ne s'est jamais rien passé de positif à notre anniversaire et ce n'était pas aujourd'hui que j'allais commencer à le fêter.
- Hae… S'il te plait…
J'avais murmuré ces mots, comme un secret, comme s'ils m'arrachaient le cœur et déchiraient ma chair mais lui les ignora pour continuer sur une même lancée :
- …saire. Et je tiens à ce qu'on le fête tous les deux. Alors tiens, ce n'est pas grand-chose mais j'espère qu'elle te plaira…
Il me tendit alors une chaine en argent absolument magnifique. Le pendentif rappelait les colliers militaires et celui-ci était gravé d'un "e" en lettre capitale. Etait-ce pour cela qu'il avait mis si longtemps à rentrer ? Pour faire graver cette chaine ?
J'eus les larmes aux yeux. Pour la première fois en dix-neuf ans, je recevais un véritable cadeau pour mon anniversaire. Même le père de Siwon, aussi paternel et attentif à moi qu'il ait pu l'être, ne m'avait jamais rien offert.
Les mots restaient bloqués dans ma gorge et je ne pus, en dépit de tout, qu'articuler une phrase maladroite.
- Elle… elle est magnifique…
Il glissa la chaîne sur ma main ouverte et commença à m'expliquer d'où elle venait, tout en se serrant contre moi.
- Elle… était à mon père ; il me l'a donnée avant de… partir…
Son père, Ewan, c'était donc pour cela qu'elle était déjà gravée… Je savais tout ce que son père représentait pour lui et je savais que même s'il était parfois dur d'avoir un père, c'était toujours mieux que de ne pas le connaître, j'en étais persuadé. Ne l'ayant moi-même jamais connu, je ne pouvais accepter qu'il se sépare de se souvenir pour moi.
Je pris sa main, l'ouvrant paume vers le ciel, et y déposai de nouveau la chaîne.
- Je ne peux pas accepter…
- Bien sur que si. Un cadeau ne se refuse et je tiens à ce que tu me gardes avec toi pour toujours.
- Hae…
Je m'apprêtais à protester de nouveau mais il ne me laissa pas le temps de donner libre court à mes pensées et m'interrompis en déposant un baiser rapide et doux sur mes lèvres.
- Hyuk, je veux que tu aies cette chaîne. Mon père y tenait beaucoup et m'a presque fait promettre de la donner à la personne avec qui je voudrais finir ma vie. Et cette personne, c'est toi, je n'ai aucun doute là-dessus. Alors, je veux que tu gardes cette chaine parce que tu es la personne la plus importante à mes yeux et je sais qu'en te la confiant, je ne la perdrai pas parce que je n'accepterai jamais de te perdre toi.
Les larmes dévalèrent sur mes joues sans que je puisse ou veuille les retenir. Plusieurs fois, j'avais eu l'impression que nous vivions quelque chose d'unique et d'anormal comparé à nos âges mais aujourd'hui, j'en étais certain. Jamais personne n'a pu vivre pareil moment aussi jeune. A dix-neuf ans, mon avenir me semblait déjà tracé et cet avenir, c'était lui. C'était Donghae.
Pourtant, je savais que dans quelques jours, nous allions être de nouveau séparés et je ne parvenais pas à comprendre pourquoi il s'obstinait à croire que mon frère nous permettrait de rester ensemble. En trois mois, rien, quasiment aucune amélioration et j'avais peu d'espoir que cela change d'ici peu. Le temps que l'on revienne et j'espérais croire qu'il aurait refait sa vie mais non, lui voulait s'évertuer à m'attendre. Pour mon plus grand bonheur. Nous serions un jour réunis. Peu importe quand. Un jour viendra où je le serrerai dans mes bras, en lui promettant de ne plus jamais le laisser.
- Tu as vu Hyukjae, tu lui as parlé… Tu sais ce qu'il va se passer alors pourquoi tu me la donnes maintenant ?
Si je gardais cette chaine, nous serions liés jusqu'à ce que l'on se retrouve et je ne voulais le faire souffrir d'une attente bien trop longue… Je ne voulais pas qu'il ait à m'attendre, je ne voulais pas qu'il ait à se souvenir… Si seulement j'arrivais à le convaincre d'utiliser son don sur lui pour qu'il m'oublie… J'en mourrais mais lui pourrait recommencer comme avant, sans avoir à souffrir. Il avait déjà largement suffisamment souffert à cause de moi…
- Parce que quand je serai loin, je veux que tu me gardes dans ton cœur, et sur ton cœur.
Il accrocha la chaine autour de mon cou sans que j'émette la moindre objection. Je savais que ça ne servirait à rien… Je me contentai d'embrasser le sommet de son crâne en le serrant encore plus fort contre moi en le remerciant. Merci. Un mot si faible de sens, si faible pour exprimer toute ma gratitude…
- Merci… Je ne la quitterai jamais.
- Merci à toi pour la chambre, je l'adore.
Il vint tout doucement embrasser mes lèvres et passa sa langue sur celles-ci que j'entrouvris immédiatement, fermant les yeux, tentant d'oublier tout le reste, alors que nos deux jumelles se retrouvaient dans leur ballet de grâce et de sensualité.
CITRON ♥:
 

J'embrassai tendrement sa tempe. Mon ange gardien. Rien ni personne n'arriverait à le détruire, quoi qu'il arrive. Quoiqu'il se passe. Rien ne le changerait.
- Je vais prendre l'air deux minutes… Je reviens…
Je hochai la tête, le regardant se lever puis s'habiller avant d'ouvrir la baie vitrée, rafraichissant la chambre d'une brise faisant naître avec plus de force encore le parfum de rose de la chambre. Il s'accouda à la rambarde du balcon, les pieds croisés, le regard droit vers l'horizon. Le soleil qui commençait à se coucher éclairait la plage d'une lueur orangée absolument magnifique et elle soulignait aussi le côté mélancolique de la scène.
Je ne résistai pas plus longtemps et je me revêtis à mon tour pour le rejoindre, entourant sa taille de mes bras, en l'embrassant dans le cou. J'y nichai ma tête, le serrant plus fort en le secouant tendrement de droite à gauche, lui arrachant un sourire auquel je répondis, bienheureux. Il tourna son visage vers moi, plongeant son regard dans le mien et m'embrassant tendrement avant de regarder de nouveau dans les vagues, au loin.
- On est comme Jack et Rose…
- Comme qui ?
Je ne connaissais personne qui possédait ce nom-là, enfin, je ne crois pas. Après, ce sont peut-être d'anciens amis à lui mais il ne m'en avait jamais parlé…
- Jack et Rose dans le Titanic…
- C'est pas un bateau qui a coulé ça ?
- Tu connais pas le film ?
Je devais bien avouer que je n'avais pas eu l'occasion de voir beaucoup de films dans mon enfance et encore moins dans ma vie d'avant. Donc, à part le fait que le bateau avait coulé… Je ne savais rien de plus de ce Titanic…
- Non…
- Alors, viens, il faut rattraper ça tout de suite.
En tout cas, il semblait très important que j'en sache plus à ses yeux. Il prit ma main dans la sienne et m'entraina à travers la chambre pour que l'on rejoigne le salon.

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Donghae Lawn
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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Mer 15 Juil - 20:31


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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Mer 15 Juil - 20:34


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MessageSujet: Re: Come Back [pv Envahisseuses]    Ven 21 Aoû - 23:14

"On se reverra ~"
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Allongé sur le côté, je me sentais émerger de mon sommeil doucement, et, tendant le bras pour chercher son corps, je ne trouvai qu'un lit vide de sa présence. Vide de tout. Je me redressai brusquement, inquiet qu'il soit déjà parti. Son avion ne décollait pourtant qu'à onze heures et il ne serait jamais parti sans me dire au revoir. Mon regard chercha aussitôt une feuille qui aurait pu m'annoncer son départ mais il n'y avait rien. Je soupirai, rassuré.
Je m'habillai simplement, ne voulant pas penser au fait que j'allais devoir sortir par la suite, puis descendis les escaliers pour le chercher. Il n'était pas là mais la musique qui s'échappait de la salle de danse me laissait croire, ou plutôt m'assurait, de le trouver là-bas.

Je le regardai danser pour la première fois, pendant quelques minutes, avant de me diriger doucement vers lui, essayant de le déranger le moins possible et posai mes mains sur ses hanches avant de les faire glisser le long de ses côtes pour croiser mes doigts sur son ventre, calant ma tête sur son épaule. En relevant la tête, il vint embrasser doucement mes lèvres tandis que je resserrais mes bras autour de lui. Il m'avait manqué. C'était stupide, on ne s'était quitté que depuis quelques minutes, entre mon réveil et maintenant, mais rien que ça, et il m'avait manqué. Et il devait partir… Je ne voulais pas y penser mais chaque chose me rappelait que c'était bientôt l'heure des au revoir pour nous…

Son regard qui se noyait dans le mien et le mien qui plongeait sans hésitation dans le sien, c'était tout ce dont j'avais besoin pour rester dans l'instant présent et entendre sa voix tendre me portait loin de tout ce qui se trouvait à plus de deux mètres de nous.
- Ça va ? Bien dormi ?
Oui ? Non ? Je ne savais pas vraiment quoi lui répondre alors je me contentai d'embrasser sa joue avant de lui dire, sur un ton faussement déçu :
- Oui, mais tu n'étais pas là quand je me suis réveillé.


Il regarda le sol, comme s'il se sentait coupable, et je m'en voulais de lui avoir fait croire que j'étais vraiment déçu… Il prit mes mains dans les siennes en me disant, un air contrit sur le visage.
- Désolé j'avais... j'avais besoin de danser.
Néanmoins, s'il avait ressenti le besoin, le vrai besoin, de danser, c'est que ça n'allait pas et je ne pouvais pas me permettre de faire comme si ce n'était rien ou comme si je ne le savais pas.
- Ça ne va pas ?
- Si mais… Tout à l'heure… je…


Je le mis face à moi et dans son silence, j'entendais tous les mots de douleur que je pensais. Il n'avait pas besoin de le dire, nous le savions tous les deux. Il ferma les yeux, surement pour ne pas se laisser submerger et j'essayai de le rassurer par une voix douce et dépourvue de chagrin, bien qu'il soit là.
- Je sais Hae… Je sais…
Il se serra rapidement contre moi et je sentis ses larmes couler dans mon cou, où il avait niché sa tête, dans un cocon on ne peut plus protecteur et rassurant. Je n'aimais pas le voir pleurer. J'avais horreur de ça, je le trouvais si frêle, si vulnérable et je me sentais si impuissant quand il pleurait. Je détestais ça. 

- Ne pleure pas, il faut qu'on profite de cette journée, pas qu'on pleure... s'il te plaît...
Je savais bien que ce que je lui demandais n'était pas forcément évident mais je ne voulais pas le voir pleurer. Je ne voulais pas qu'il pense à cette journée comme la dernière avant un long moment, je voulais qu'il y pense comme une journée de plus à passer ensemble.
Je l'éloignais doucement de moi pour pouvoir le regarder et chacune de ses larmes furent effacées par mon pouce qui caressait sa joue.

- Je ne veux pas partir… Je ne veux pas te laisser…
Je le savais. Le contraire m'aurait détruit, anéanti et plongé dans une déprime sans nom. Je savais ce qu'il ressentait parce que moi non plus, je ne voulais pas qu'il parte et me laisse. Affichant malgré tout un sourire, le moins triste possible, je lui répondis, pour le rassurer et essayer de changer de sujet :
- Moi non plus, mais je ne veux surtout pas y penser pour le moment. La seule pensée qui doit occuper mon esprit, c'est toi. C'est le fait que je t'aime et rien de plus.


J'embrassai doucement sa tempe en savourant ces quelques mots qui me manquaient à chaque instant et que nous n'avions cessé de répéter au cours de la semaine :
- Moi aussi je t'aime. Plus que tout.
A présent qu'il ne pleurait plus, je glissai une main contre sa nuque pour l'attirer contre moi et déposai un baiser amoureux sur ses lèvres mi-closes, laissant ma langue retrouvant la sienne avec douceur et passion, dans un échange tendre mais en proie à une tristesse malgré tout présente.

Aujourd'hui, chaque geste, chaque regard, chaque sourire serait marqué par ce désespoir de savoir que bientôt il n'y aurait plus ni geste, ni regard, ni sourire. Nous le savions tous les deux et notre amour habituel allait pour les prochaines heures devenir un amour décuplé – tant est que ce soit possible – et désespéré.
- Tu veux danser ?
Perdu dans mes pensées, sa question me surprit au plus haut point. Jusqu'à aujourd'hui, je ne l'avais jamais vu danser alors j'aurais pu me dire que nos niveaux ne devaient pas être trop différents mais aujourd'hui, je savais que je n'y connaissais rien en danse alors que lui avait ça dans la peau.
- Je ne suis pas sûr de savoir faire…

En fait, la bonne phrase serait "je suis sûr de ne pas savoir faire" mais on n'était pas à une négation près, le sens était le même. Enfin presque.
- Suis-moi juste, suis le rythme et les pas et tout ira pour le mieux. Mais s'il te plaît, danse avec moi... Juste une fois...
Pourquoi avec lui est-ce que je me sentais comme un enfant que l'on doit guider alors que j'ai tout ce qu'il y a de plus mauvais et mature en moi ? Pourquoi fallait-il que chacun de ses mots me fassent fondre comme neige au soleil ? Pourquoi est-ce que je n'arrivais jamais à lui refuser quoi que ce soit ? Parce que je l'aimais ? Non. Parce qu'il était lui. Parce qu'il était tout ce que j'avais toujours rêvé d'avoir. Parce qu'il était tout. Quitte à avoir l'air ridicule, je ne pouvais pas lui refuser une danse.

- Avec plaisir mon cœur.
Et puis, s'il me voyait ridicule, ce n'était pas grave parce que c'était lui. Il m'avait déjà vu paniqué dans la piscine alors… ce qui, grâce à lui encore une fois, ne se reproduirait pas. Normalement.

Pendant un moment, je ne fis que suivre les mouvements qu'il faisait, me laissant guider par sa seule présence contre moi. Mais, quand la musique ralentit pour devenir plus sensuelle, je me décidai à mener la danse, dans le sens propre du terme. Il ne résista pas, ne se retourna pas et me laissa tout simplement le mener là où je voulais tandis que je me surprenais un peu plus à chaque instant, ne sachant pas vraiment comment je faisais pour y arriver sans qu'il me guide.
Il glissa sa main dans ma nuque alors que nous continuions de bouger dans la pièce, plus lentement et plus sensuellement à chaque instant. Quand il vint embrasser mes lèvres, c'était à la fois doux et brulant de désir, tendre et passionné, comme nous.
- Tu vois que tu sais faire...
- C'est... instinctif...


Je n'avais même pas cherché à le contredire en lui disant que, non, je ne savais pas ; j'avais été honnête. Je ne savais pas si c'était parce que j'avais besoin d'être complètement ouvert à lui maintenant que ce moment se rapprochait ou si j'étais tout simplement soumis à son emprise dans l'incapacité de réfléchir mais je ne voulais juste pas que ça s'arrête. J'étais bien là. Vraiment bien. A ma place. Tout simplement.

- La danse, c'est purement physique... Bouge comme tu le ressens et tu ne peux pas te tromper.
Je connaissais autre chose qui était purement physique et pour laquelle on ne pouvait pas se tromper… et cette musique s'y prêtait à merveille. Tout s'y prêtait à merveille. Un sourire que j'espérais pas trop pervers se dessina sur mon visage et j'embrassai doucement ses lèvres, mêlant nos deux langues à la passion et à la tendresse de notre harmonie.

Sensual Dance:
 

~
La descente aux Enfers. Un pied dans l'aéroport, j'avais déjà envie de partir en courant et d'emmener Donghae loin d'ici, loin de tout. Je n'ai même pas revu Hyukjae depuis qu'il est arrivé et le peu de coups de fil que je lui avais passé m'avait parfaitement fait comprendre que je ne prendrais pas cet avion avec lui.
- Je… je vais devoir y aller…

J'entrelaçai mes doigts aux siens, espérant que ce contact me donnerait un peu plus de force, mais il n'en fut rien. Je n'avais que plus envie de m'enfuir avec lui. J'essayai néanmoins de garder contenance pour que le départ ne soit pas plus difficile qu'il allait déjà l'être mais je n'avais de toute mon existence jamais rien vécu d'aussi dur. Enfin si, mais ce n'était pas pareil. Là, c'était moi qui souffrais directement. Et lui. Et j'avais une sainte horreur de ça.
- Tu… Tu m'appelles quand tu…

Je n'arrivais même pas à finir ma phrase tant le prononcer rendrait la chose plus réelle. Encore une fois, je fis de mon mieux pour rester calme.
- … quand tu es rentré…
C'était en venant ici qu'il était rentré mais je devais garder ces pensées pour moi pour ne pas le tenter de rester ici. Il ne devait pas.
Deux sourires hypocrites et un signe de tête. Si c'était ça l'amour, le vrai, j'aurais peut-être préféré, pour lui comme pour moi, ne jamais le connaître… J'avais l'impression que tout allait au ralenti pour nous mais qu'autour de nous, tout passait en accéléré. Il s'éloignait terriblement doucement, perdant peu à peu le contact entre nos doigts, alors qu'autour tout allait affreusement vite. On appelait les passagers, les gens couraient. Certains avaient même l'audace de se retrouver alors que nous nous séparions. La vie avait vraiment une dent contre moi. Je détestais les adieux. Une fois je pars, la fois suivante, c'est lui. Et la prochaine fois, qu'est-ce que ce serait ? Je ne voulais pas de ça pour nous deux. Je voulais nous deux justement, pas lui là-bas et moi ici.

Ma main retomba lourdement contre ma cuisse et ce fut ce choc, trop doux mais trop fort, qui me fit réaliser qu'il était en train de m'échapper complètement. Je me mis à courir vers lui, en l'appelant, et il se retourna automatiquement, comme si c'était la seule chose qu'il attendait. J'avais voulu rester fort pour qu'il parte facilement et j'avais presque réussi mais je ne pouvais pas le laisser s'envoler comme ça. Je ne pouvais pas.

Je l'enlaçai avec plus de force et de tendresse que jamais auparavant, comme si ma vie en dépendait et j'avais bien peur que quelque part, ce soit le cas. Nos lèvres se retrouvaient sans relâche avec douceur et les larmes coulaient, cruelles, sur nos joues.
- Hyuk… Je veux pas partir…
Alors reste. Voilà ce que mon cœur voulait lui crier mais ma raison avait encore quelques droits sur moi, bien que je ne sache pas pour combien de temps elle résisterait à mon amour.
- Je ne veux pas que tu t'en ailles…

L'équation était simple. Il ne veut pas partir, il n'a qu'à rester. Je ne veux pas qu'il parte, il n'a qu'à rester. Mais rien n'est simple quand nous ne sommes pas seuls au monde. Ma raison perdait déjà du terrain mais je ne devais pas le laisser rester. D'autres tenaient à lui, là-bas. Ils avaient aussi besoin de lui. Mais moi alors ? N'avais-je pas besoin de lui aussi ? Bien sur que si. Et rien ni personne ne pouvait le remplacer. Je l'avais cruellement constaté pendant ces derniers mois passés sans lui.

- Alors... Pourquoi je dois monter dans cet avion ?
Et voilà la question à laquelle mon cœur et ma raison n'ont pas trouvé de réponse qui leur convienne à tous les deux. Mon visage s'assombrit d'un sourire triste et j'étouffai à peine mon sanglot avant de lui répondre ce que je me devais de lui répondre, essuyant ses larmes intarissables :
- Pour les autres…
Et pour toi aussi peut-être… Tu devais l'affronter pour avancer non ? Je n'en savais rien, je n'en avais jamais parlé avec Hyukjae et si je lui en parlais, je n'étais pas sur qu'il me réponde qu'il voulait voir tous ceux qui l'avaient blessé… Mais lui, il le fallait parce que, quelque part, Siwon n'allait pas quitter sa vie avant un moment.

- Mais je m'en fiche des autres… C'est toi que je veux…
Et je le voulais tout autant mais je ne pouvais pas. Ma raison reculait face à mon cœur et je savais qu'il fallait qu'il parte avant que je ne cède. Je l'attirai dans mes bras et embrassai doucement sa tempe puis inspirai du mieux que je pouvais avant de lui dire avec la voix la plus calme et sereine que je puisse adopter, c'est-à-dire pas vraiment ni calme ni sereine :
- Donghae... Il... Il faut... Il faut que tu y ailles... avant que ton avion ne parte.

Je fis tout mon possible pour rester droit dos à lui pendant qu'il s'éloignait vers la porte d'embarquement. J'avais encore sur les lèvres le gout amer de ces derniers baisers échangés dans la plus grande détresse avant qu'il se détourne et son dernier regard n'était que douleur et amour. Il me souffla un dernier baiser et s'en alla, à reculons, jusqu'à ce que nos deux regards pleins de larmes soient forcés de se détacher l'un de l'autre.

C'est ce moment-là que mon cœur choisit pour surpasser la raison et j'implosai, littéralement, m'écroulant sur le sol, en larmes, incapable de quoi que ce soit. J'étais assis à même le sol au milieu d'un aéroport et à ce moment-là je n'avais aucune idée de ce que me réservait l'avenir. J'hésitai encore entre attendre et en finir le plus vite possible quand une main tremblante se posa sur mon épaule. Je pensais qu'il s'agissait d'une âme charitable qui voulait m'aider mais la voix terrifiée qui suivit me fit oublier toute ma douleur pendant un instant. Il était là.
- Nhyukie…

Je me relevai d'un coup, prenant soudainement conscience de ce qu'il se passait autour de moi, et j'emmenai Hyukjae vers un banc pour l'y installer tout en essayant de le rassurer :
- Hyukjae ? Qu'est-ce que tu fais là ?
J'avisai alors la présence d'Ethan et les larmes revinrent me hanter doucement, cruelles.
- Donghae… vient de partir… Hyukie… Viens, viens t'asseoir… Là… Calme-toi… C'est bien… Voilà…


Je marquai une pause pour lui laisser le temps de respirer avant de leur poser, à lui ou à Ethan peu m'importait, la seule question qui m'intéressait :
- Qu'est-ce que vous faites là ?
- Je vais pas y arriver…
Ce n'était pas une réponse à ma question mais une prière pour Ethan, pour qu'il le ramène probablement.
- Bien sur que si, tu es déjà arrivé jusqu'ici alors que tu n'y croyais pas. Tu n'as plus qu'à lui donner… un simple geste Hyukjae, un simple geste. Respire et regarde-le. Regarde-le et donne-lui.


Je détournai les yeux d'Ethan pour les poser sur mon frère, attendant patiemment qu'il en fasse de même. Même si je crevais d'envie de savoir ce qu'il pouvait avoir à me donner de si important, je savais que je ne devais pas le brusquer.

Quand il sortit deux billets d'avion de sa poche, je crus que je m'étais évanoui au milieu de l'aéroport et que j'étais maintenant en plein rêve.
- Je… Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Va retrouver Donghae, vous rentrez tous les trois.
- Je…

A vrai dire, je ne savais absolument pas quoi dire. Un sourire radieux illumina mon visage encore humide de larmes. Un simple bout de papier avait tout changé. Un regard à Hyukjae qui, malgré sa panique affichait un timide sourire, et je sus que même s'il ne serait pas bien pendant des jours peut-être des semaines ou même plus, je sus qu'il allait le surmonter. Je sus qu'il allait redevenir lui-même et qu'il allait même avancer. Je savais qu'il allait y arriver.

Une voix enregistrée, sans sentiment, nous informa que c'était le dernier moment pour embarquer et je pris doucement la main de Hyukjae avant de m'élancer vers le portique en remerciant Ethan qui me regardait avec un signe de la main, souriant. Cet homme est mon sauveur. Il nous a accueillis et c'était probablement le seul à pouvoir accompagner Hyukjae, si ce n'est moi, bien que je me doutasse que Donghae n'était pas étranger à sa décision.

En montant dans l'avion, je tenais toujours la main de Hyukjae pour le mener jusqu'à sa place. Une fois qu'il fut assis, je regardai dans l'avion et mon regard accrocha la place de Donghae, regardant par le hublot. La place à côté de lui était encore vide tout comme celle à côté de nous. J'espérais que Hyukjae allait comprendre que je veuille le laisser un moment pour aller le voir…
- Je… Je reviens vite… Tu veux bien ?
- Ok mais… dépêche-toi… vraiment…
- Promis.



Donghae pleurait à chaudes larmes sur son siège et les miennes ne mirent pas longtemps à se montrer tant sa douleur me faisait mal aussi. Je m'assis à côté et il ne bougea pas, pensant probablement qu'il ne s'agissait que de son voisin.
- J'aime pas te voir pleurer.

A ces mots, il se retourna brusquement vers moi et sans dire un mot de plus, il se pendit à mon cou en m'embrassant, et je m'empressai de refermer mes bras autour de lui. Les larmes que j'avais gardées quelques secondes pour préserver l'effet de surprise se mirent à couler abondamment sur mes joues sans raison apparente autre que la joie.

Il soupira et prit son inspiration pour essayer de me parler calmement sans ameuter tout le monde autour de nous, et me dit, sanglotant malgré tout :
- Je… Qu'est-ce que tu fais là ?
Son visage était resté à quelques millimètres du mien si bien que je pus sans problème déposer un nouveau baiser, plus tendre et moins désespéré, sur ses lèvres.
- Je… Je ne sais pas comment tu as fait… mais… tu l'as fait changer d'avis… il… on… non il… on…
- Respire Hyuk… Qui a changé d'avis ?
- Hyukjae. On rentre. Tous les trois.


De le dire avec des mots me fit prendre conscience que je rentrais avec lui. Les larmes refirent surface, déjà qu'elles n'avaient pas vraiment cessé, et je le pris dans mes bras doucement pour le serrer contre moi mais cette fois, pas comme si ma vie en dépendait mais parce que j'allais pouvoir recommencer autant que je le voulais dans les prochaines années. Enfin, c'est ce que j'espérais.
- Je… Je… Il est où ?
Comme moi, Donghae avait perdu les mots. Il bégayait et faisait de son mieux pour sécher ses larmes que je sentais encore de temps en temps ruisseler dans mon cou.

- Quelques rangs devant. Viens avec nous, il reste de la place… s'il te plait…
Je ne savais pas si "s'il te plait" avec vraiment une raison d'être mais je dois avouer que je ne réussissais plus vraiment à réfléchir, la raison ayant complètement quitté mon corps quand Hyukjae avait sorti les deux billets.
- On y va.


Je me relevai pour me mettre dans l'allée entrainant Donghae à ma suite en le tenant par la main. Les regards des autres passagers étaient parfois chargés de douceur et parfois de haine ou bien de jalousie peut-être mais je m'en fichais complètement du moment que Donghae était avec moi. Je m'installai à côté de Hyukjae, qui serrait fermement un accoudoir en regardant par le hublot, ne voulant certainement pas se risquer à croiser le regard de quelqu'un dans l'avion.
- Merci Hyukie. Vraiment…
- Mmh…


Il n'était pas en mesure de dire quoi que ce soit de plus. Donghae s'assit à son tour et remercia aussi mon frère mais il ne reçut pas plus d'attention que moi. Hyukjae avait peur. Je le comprenais. Moi aussi, quand je me retrouvais dans un avion… Oh merde !

Complètement absorbé par mes retrouvailles avec Donghae, j'en avais oublié une chose essentielle : je suis censé rester dans cet avion jusqu'à ce qu'il se pose et j'en avais une honteuse phobie.
 
Après qu'il m'ait vu ne sachant pas nager, je ne tenais pas à ce qu'il assiste à une nouvelle crise de panique mais il était déjà trop tard. Le choc de la réalité qui me rattrape a été trop violent. Je me suis mis à regarder partout à gauche, à droite et même en haut pour trouver une échappatoire mais rien n'y faisait. La porte s'était fermée et j'étais maintenant coincé dans cette boite de fer.

Je me laissai retomber dans mon siège, perdu. Donghae prit doucement ma main dans la sienne et quand je croisai son regard, je n'y vis aucune intention de se moquer, il était simplement là pour moi. Hyukjae referma timidement ses doigts sur mon autre main tout en gardant ses yeux dans le lointain à travers le hublot. Les deux personnes les plus importantes pour moi étaient dans cet avion avec moi et près de moi pour me soutenir. Tout irait bien.

Je mis quelques temps à me détendre mais une fois le décollage passé, je réussis à calmer mes nerfs et Hyukjae relâcha ma main, serrant de nouveau l'accoudoir.
- Hyukie… Je peux t'aider ?
- Non. Personne ne le peut. 


Je ne pouvais rien faire de plus et j'avais horreur de ça. Donghae dut remarquer mon trouble puisqu'il interrompit le cours de mes pensées en embrassant doucement le plat de ma main avant de se moquer, mais gentiment :
- Tu es donc pleins de surprises mon cœur…


Oui, en fait, il ne se moquait pas vraiment mais je n'aimais pas que l'on soit témoin d'une démonstration de faiblesse encore moins que lui me voit en temps que faible.
- Oui… Mais il y en a beaucoup que je ne voudrais pas que tu voies…
- Tout le monde a ses petites ou ses grandes peurs et elles ne te rendent que plus adorable, ne t'en fais pas. Je t'aimerai plus à chaque seconde, peu importe ce qui se mettra en travers de notre route, notre amour sera toujours plus fort que tout. Je te le promets. 


Une promesse qui me rassurait au plus profond de mon cœur. Quoiqu'il arrive, on serait toujours ensemble. Personne ne nous séparerait. Jamais. Je pesais bien mes mots. Jamais.
- Je t'aime.
- Moi aussi.
 
Hyukjae étouffa un sanglot quand nous avions échangé ces derniers mots et je comprenais sa douleur. Je savais aussi que malgré tout l'amour qu'il portait à Leeteuk et toute la conscience qu'il en avait, il lui faudrait du temps. Beaucoup de temps. Mais toujours moins que si nous étions restés terrés chez Ethan.

L'avion avançait doucement dans le ciel, me rapprochant sans cesse de lui. Lui que je voudrais pouvoir tuer de mes propres mains comme je l'avais dit à son père. J'essayai de ne pas y penser mais c'était dur. Seul le regard de Donghae me permettait de garder contenance en ce moment.

L'avion avançait doucement dans le ciel. Le monde continuait de tourner. Personne ne se souciait de nous, nous qui étions un meurtrier et deux violés… Personne n'avait conscience des drames que nous avions vécus ou que j'avais moi-même fait vivre. Personne n'avait conscience de rien.

L'avion avançait doucement dans le ciel. Une mouche pour l'univers. Un rien au milieu de l'univers.
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Come Back [pv Envahisseuses]

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