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 Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)

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Konrad von Heimlich
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MessageSujet: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Mer 7 Jan - 15:05

It starts with pain,
followed by hate

Ce groupe a eu l'air louche dès le début. Quatre hommes adossés à un mur, dans un quartier peu fréquenté. Aucun Animalik parmi eux, bien évidemment. Ils observaient chaque passant, les couvant de regards trop insistants, comme s'ils cherchaient à déceler le moindre défaut en eux. Ils les analysaient des pieds à la tête, autant les vieillards que les bambins. Je sais lire sur les visages, j'ai l'habitude à présent, et en les observant de loin, j'ai deviné leurs traits anxieux, leurs expressions stressées, leurs regards de mauvaise augure. Tout dans leur apparence signalait un danger. Pourtant ils ne faisaient que suivre les braves citoyens des yeux. Comme s'ils surveillaient. Guettaient, silencieux, une occasion de briller.
Alors qu'ils n'avaient adressé aucun mot à personne, ils m'interpellèrent, moi. Prirent le temps de me regarder de haut en bas. Leurs regards se posèrent sur mes mains, que je n'avais pas pris le temps de ganter. Découvrant les écailles vert anis qui parcouraient mes doigts, ils échangèrent un sourire satisfait. Agirent. Ils avaient fini par trouver ce qu'ils cherchaient depuis un moment : un Animalik à persécuter.
J'avais déjà remarqué, depuis quelques jours, l'apparition de plusieurs groupes d'humains différents des autres, et surtout j'avais entendu parler de ces Animaliks qui avaient essuyé des insultes et des attaques depuis l'apparition de ces éléments perturbateurs. Tout ça m'avait semblé stupide, et j'étais alors persuadé de savoir me défendre. Je me trompais amèrement. Mon pouvoir déjà difficile à maîtriser n'est d'aucune utilité face à quatre individus violents et armés, pas plus que mes tentatives de fuite, ma faible capacité à me battre ou mes simples paroles pour les distraire. Ils ont frappé à coup de poings et de barre de fer, et de pieds une fois que je me sois effondré. Il y avait des témoins, mais aucun n'agit, peut être par peur, très sûrement par dédain. N'aurais-je pas fait de même ? Mon calvaire fut de courte durée – une chance sans laquelle j'y serai passé – et prit fin lorsque mes bourreaux entendirent retentir la sirène d'une patrouille de police. Craignant qu'elle vienne pour eux, ils finirent le boulot à me jetant au travers de la vitrine d'un commerce et prirent la fuite.
Les témoins se dispersèrent. Je restai un moment affalé au sol, cherchant la force de garder les yeux ouverts et de ne pas sombrer.


La porte de mon loft reste entrouverte. J'oublie de la refermer correctement. Mon esprit est tourné vers autre chose. Je titube sur le plancher, au milieu des peintures inachevées, semant derrière moi des gouttelettes de sang qui s'incrustent dans le bois. Mes jambes sont faibles, mon corps tout entier a du mal à supporter mon poids, et le poids de la douleur. Ça fait mal. Tout mon corps me fait mal. Je me demande quand est-ce qu'il commencera à sécréter des endorphines, afin, peut être, de me faire m'évanouir avant de me mettre à hurler. Je pousse la porte de la salle de bain, agrippe au lavabo en me sentant tanguer dangereusement sur le côté.
Le miroir me renvoit une image désolante. Arcade sourcilière ensanglantée, bleu sur la joue... Ça pourrait être pire au niveau du visage. Qu'en est-il du reste ? Je retire mon haut, révélant de larges hématomes, et les marques des coups de barre de fer. Douleur mordante. Gémissement. Je baisse les yeux sur ma main gauche. Comment... comment vais-je soigner ça ? Des bouts de verre sont fichés dans ma peau, après qu'on m'ait balancé à travers une vitre... Incapable de bouger les doigts sans hurler, je réfléchis sur la marche à suivre. Cette blessure est la plus urgente. Je dois retirer le verre, et vite. Aller à l’hôpital n'est plus une option ; il est trop loin de chez moi, je m'effondrerai avant même de sortir de l'immeuble. Tremblant, j'attrape une pince à épiler de ma main indemne. Trois bouts de verre, enfoncés profondément. Je vais chanter.
Je tire sur le premier ; m’interrompt immédiatement pour gémir un chapelet de jurons. La vue troublée par des larmes de douleur – ou peut être par le fait que je faiblis à vue d’œil –, j'ose tout juste regarder la plaie. J'ai désespérément besoin d'aide. Vite. N'importe quoi. N'importe qui.

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Adrian Bovero
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Mer 7 Jan - 18:50
Irrépressible faiblesse.


 
Tout le monde aime l'argent. C'est bien connu, l'« argent fait le bonheur ». Et ceux sur qui cette expression ne marche pas ne pourront sans doute jamais se plaindre que ça les a rendus malheureux. Moi, je fais partie de ces cons qui sourient quand ils ont une liasse de billets entre les mains, là où d'autres seraient heureux d'y voir un bébé, ou la main d'un être aimé. Je n'ai pas besoin d'amour, je n'ai pas besoin d'affection, j'ai juste besoin de sang, d'argent, d'une femme de temps en temps. Et je peux encore me permettre de dire que "besoin" est hyperbolique dans ce contexte. Non, je n'en n'ai pas besoin, mais j'ai du mal à voir ma vie sans ça. C'est pourquoi, quand j'ai été mis au courant de tout ce qui s'était dernièrement passé au sein de cette ville déjà plutôt étrange, j'ai tout de suite souri. Oui, j'ai souri, j'étais heureux, j'étais satisfait, j'allais être payé. Pourquoi ?

Il y a peu, la directrice de l'étrange internat rempli de fous a disparu, on ne sait pas où elle est partie, mais peu importe, elle est partie. Elle est partie. Et dans la logique des événements, un autre directeur est arrivé. Mais il n'a pas apporté que des bonnes choses à l'internat, et maintenant, les humains forment des groupes, ils font des projets, ils complotent, ils ont reçu le signal et le temps est venu pour eux de se révolter contre toutes ces choses affreuses dont les Animaliks sont les auteurs. Et là où certains insulteront et oppresseront seulement, où d'autres menaceront et frapperont, certains agissent et tuent. Mais tuer quelqu'un, si on ne l'a jamais fait, ce n'est pas rien. Votre main tremble, votre cœur veut voir cette vie supprimée, mais votre cerveau semble déconnecté et votre doigt n'arrive pas à appuyer sur la gâchette, ou à enfoncer cette lame dans la peau de votre future victime qui pourtant n'attend que ça, yeux exorbités, comme un lapin effrayée, comme la proie qu'il est, la proie que vous avez fait de lui. Oui, car la peur, bien souvent ça paralyse, ça rend encore plus vulnérable, mais des fois même malgré cette aide considérable on n'arrive pas à agir et à mettre fin à une vie qui a pourtant été bien réelle, qui a eu son importance, comme tout autre, et qui bientôt ne sera rien de plus qu'un souvenir. Un corps, là, par terre, sans vie, sans plus aucune importance aux yeux de personne. Et les gens n'arrivent pas à faire ça. Ils n'arrivent pas à transformer une personne bien vivante, suante de peur et tremblante en cette enveloppe charnelle dénuée de toute trace de vie. Même dans les scénarios où « la guerre fait rage », ou « l'on s'en prend à d'"innocents" civils dans la rue ! », pour certains, même haineux, tuer est chose difficile.

Mais moi je suis là pour ces personnes, je suis celui qui sourit avec menace et qui propose de tuer à la place de l'incapable, parce que pour moi c'est aussi facile que de claquer des doigts, de transformer un humain en cadavre. Un vrai petit tour de magie. Et ce tour de magie, je le réussirai avec la même netteté et la même rapidité lorsque ce sera des Animaliks que je tuerai. Non, je n'ai aucune conscience, je n'ai aucuns scrupules, les Animaliks veulent l'égalité ? Ils l'ont : si pour de l'argent je peux tuer un humain, alors je peux bien tuer un Animalik. C'est juste une paire d'oreilles et une queue en plus. Je m'en fous. La somme gagnée sera la même, au final. Remarque, elle sera plus élevée.

Bonjour, vous en avez marre de tous ces Animaliks ? Vous voulez les tuer ? Donnez-moi un nom, quelques informations, votre argent, et je m'occupe du reste. De toute façon, ces saloperies ont toujours fait tâche dans le décor. Quels chiens !

Tous ces humains, ah, oui, quelle horreur ! Ils nous envahissent. Je suis Animalik également, je me trouve dans la même détresse que vous. Cela dit... j'ai une arme que dont vous ne disposez peut-être pas. Je peux tuer. Je sais tuer. Je tue, c'est l'une des deux choses que je fais le mieux, et si vous voulez, nous pouvons nous allier, en ces temps durs il est important de se soutenir, entre Animaliks ! Je peux éliminer un ou deux de ces humains contre de l'argent. Oh, en période de conflits, qu'importe les billets de banque ? Nous mourrons peut-être tous bientôt, inutile de se soucier de la crise !

Ce type-là ? Il te cause des ennuis ? Il te harcèle ? Boarf, tu sais, en ce moment, une mort de plus ou de moins, on s'en fout. La police contrôle plus rien - elle a jamais rien contrôlé ! Si t'as besoin, je peux arranger ça... j'te promets qu'après il viendra plus t'emmerder. Au fait, ça te dit un verre ?


De n'importe quelle façon, avec n'importe quels mots, n'importe quel regard, peu importe la manière dont je m'y prendrai, si je vais voir les bonnes personnes, je peux gagner de l'argent, chaque personne est un salaire potentiel, il suffit de se tourner vers les bons. Et ces histoires de directeur et de révolte m'arrangent énormément, de part l'ambiance anarchique qu'ils ont créé en ville, la détresse des gens, la haine, surtout, cette belle haine qui donne aux gens l'envie de se débarrasser de leurs ennemis, et qui fera ma richesse à moi. Je finis par croire que ces humains sont très faciles à utiliser pour mon propre bénéfice. Presque trop faciles. Ils ne sont pas un peu bêtes, au fond ?

  ▬ Et puis là, Conrad me répond...

  Konrad. Bon sang, oui, Konrad. Je me redresse vivement sur le tabouret sur lequel j'étais affalé, près de deux types qui discutent, et regarde autour de moi comme si j'avais entendu mon nom être crié quelque part. Comment ai-je pu l'oublier ? Comment ai-je pu me souvenir de quelqu'un que j'ai oublié ? Oh, oublier Konrad n'est pas une mince affaire, quand on l'a vu, on se souvient de lui, et c'est ça que j'apprécie dans sa personne. Quoi qu'il en soit, je l'ai oublié, et je n'aurais pas dû. Dans mon extrême générosité, la dernière fois que j'ai fait affaire avec des humains, leur promettant de revenir les voir régulièrement pour noter de nouvelles victimes et leur régler leur compte, je leur ai fait promettre deux choses. De une, ne pas me tuer, ne pas me dénoncer au gouvernement, sinon je leur infligerai la plus lourde douleur qu'ils aient jamais connue. De deux, laisser tranquille Konrad von Heimlich, un allemand arrogant, malsain et louche qu'on a bien vite envie de gifler. Évidemment, ils ont accepté, sans vraiment comprendre de quoi devait parler cet idiot blanc comme un cul.
Bien sûr, je pourrais le laisser poireauter dans la peur d'être tué comme tous les Animaliks mais, étant d'une humeur particulièrement bonne ces derniers temps, j'ai décidé d'aller le voir pour le prévenir qu'il était en sécurité - enfin, ça c'était avant de l'oublier évidemment. Enfin, protégé du groupe de types avec qui j'ai fait affaires. Je ne peux pas non plus interdire à tout le monde de le toucher.
 Mais je suppose que c'est mon ami, et on fait le minimum pour ses amis non ? Hmpf. Putain d'ami.

♛ ♛ ♛

 Je déteste l'endroit où est situé l'immeuble de Konrad. Les gens qu'on croise dans la rue sont autrement plus bizarres que ceux qu'on peut voir en centre-ville. Remarque, Konrad doit se fondre plus facilement dans la masse, ici.
Mais plus encore, je déteste son immeuble. Et toutes ces marches à monter avant d'arriver chez lui. Mais aujourd'hui, il a apparemment décidé de laisser la porte ouverte. Je sais pas ce qu'il fout, mais en tout cas, la porte est presque toujours fermée. Je vois mal pourquoi il laisserait le froid s'infiltrer chez lui. J'entre donc dans l'appartement, aussi silencieusement et discrètement que d'habitude, attentif à l'environnement, yeux baissés sur le sol, qui me paraît aussi insignifiant que tout autre parquet, jusqu'à ce que mes yeux y décèlent des gouttes d'un écarlate bien trop familier pour que ce soit normal. Mais alors que je me penchais pour vérifier s'il s'agissait bien de ce que je croyais, je suis interrompu par un flot d'insultes qui sonnent bien peu françaises, provenant de la salle de bain. J'aperçois par la porte entrouverte un dos, le dos de Konrad, un dos bien abîmé, couvert de plusieurs bleus. Cette fois, pas de surprise à réprimer. Pas de dégoût ni d'horreur non plus, j'ai déjà vu et fait bien pire, d'autant plus qu'il fallait bien que ça arrive un jour. Je suppose que quand on a ce caractère, on ne passe pas toute une vie sans se faire tabasser une ou deux fois. Or, je sais que je peux m'amuser dans cette situation, avec mon pouvoir : atténuer sa douleur, l'augmenter, la transformer, et dans mon immense gentillesse, je vais certainement faire quelque chose.
Je marche d'un pas lent et silencieux jusqu'à lui, et tends une main vers l'un de ses bleus, que j'effleure sans faire usage de mes capacités cette première fois.

 ▬ Ouh.

Je plisse les lèvres et les yeux dans une expression de compassion et de gêne feinte. J'incline la tête et fais dériver ma main jusqu'à son bras sur lequel je la pose avec une certaine douceur. J'exerce une légère pression sur sa peau pour lui faire comprendre que je veux voir, que je peux l'aider. Bon, après, il peut faire le gamin et me dire de partir en me traitant d'organe de vache comme les allemands savent si bien le faire, mais il peut aussi me montrer l'étendue des dégâts et me laisser abréger sa douleur.

Mon pauvre Konrad. Non, honnêtement, mon pauvre. C'est presque si ça me frustrerait de le voir comme ça. Et malgré moi, je sens une colère enfouie gronder au creux de mes entrailles. Ces humains vont entendre parler de moi.

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Konrad von Heimlich
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Ven 9 Jan - 19:28

This life, is filled with hurt
When happiness doesn't work

Bruits de pas feutrés. Discrets et silencieux. Je ne l'entends jamais arriver ; c'est une des choses amusantes avec Adrian.
Il effleure mon dos du bout des doigts. Dans un moment comme celui-ci, où la terreur et la haine dominent, n'importe quoi nous fait paniquer. Je sursaute, me retourne brusquement. J'ai un mouvement de recul en le voyant ici, le visage calme, alors que je suis dans un état déplorable, à deux doigts de tomber à genoux... et en larmes. Par réflexe, je porte ma main indemne à mes yeux et les essuie du revers de la main. Mon visage ne doit pas être bien glorieux ; taché de sang près d'un sourcil, enflé par les coups, les yeux rougis... J'aurais préféré qu'il ne me voit jamais ainsi.

« Qu'est-ce que tu fous ici ?! »


Je le fixe, le regard angoissé, la peur au ventre. Il tend la main, prend mon bras. J'hésite un instant, et le laisse faire. Je tend ma main tremblante et ensanglantée. La douleur n'est pas ciblée, elle se diffuse dans tout mon bras, mordante et lancinante. Je grince des dents, laisse échapper un gémissement plaintif, ignorant désormais les larmes qui me reviennent. Cela fait des années que je n'ai pas pleuré ; aujourd'hui encore, je me sentirai incapable de sangloter pour des sentiments. Mais personne n'a de réel bouclier contre la douleur, et le mien est particulièrement faible.
Je détourne les yeux des profondes plaies sur mes phalanges, lassé de cette répugnante vision, et reporte mon regard vers l'expression plutôt sereine de Adrian. Il est autrement plus agréable à regarder. Je le laisse juger de mes blessures. C'est moche, n'est-ce pas ? Et tu n'imagines pas à quel point ça fait mal.
En fait, il est agréable de le voir ici, et maintenant. Je ne peux pas nier que j'ai besoin d'aide. Je serai bien incapable de m'en sortir seul. Même la personne la plus solitaire a parfois besoin de soutien. Adrian étant la seule et unique personne que je pourrai éventuellement considérer comme un proche, oui, l'avoir avec moi dans cette épreuve est un soulagement. Il est calme et réfléchi. Les yeux embués, je me focalise sur lui pour oublier le reste. Ses yeux clairs, son grand corps enveloppé dans un manteau noir, le toucher chaud de ses mains sur mon bras.
Ma vision devient floue l'espace d'une seconde. Je cligne des yeux et me reprends. Bien qu'en ayant terriblement envie, ce n'est pas le moment de se perdre dans la contemplation de cet homme ; j'ai tout le loisir de le faire à mes heures perdues, et dans des situations bien plus commodes. Pour l'heure...
Je grince des dents pour faire taire un sanglot, lève des yeux larmoyants vers mon amant – et accessoirement, seul et unique ami.

« Je peux pas les retirer... Ça fait mal...» Je geins, hésite. Me mords la lèvre jusqu'au sang pour ce que je vais dire. « S'il te plaît... »

Quelle affligeante douleur que de prononcer ces mots à son égard. Un homme désespéré peut vraiment être poussé aux extrèmes.
Le verre dans ma peau. Certes de petits fragments, mais déjà bien assez gros. Impossible de seulement les toucher sans me faire hurler. Adrian... lui doit pouvoir faire quelque chose. Son pouvoir est fait pour ça, il peut forcément m'aider.
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Adrian Bovero
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Ven 9 Jan - 21:27
Lost before started.


 

▬ Je peux pas les retirer... Ça fait mal... S'il te plaît...

Mon regard se lève immédiatement vers Konrad, alors qu'il était baissé sûr sa main pour contempler l'horreur de la chose. C'est relativement répugnant. Et ça a l'air douloureux, oh, pauvre de lui. Douloureux, si douloureux, douloureux au point qu'un "s'il te plaît" me soit adressé. Si lui pleure et se désespère, je reste de mon côté parfaitement calme et serein. Il me suffit de demander une seule chose à mon corps - qui, soit dit en passant, est la chose la plus simple du monde, presque plus que bouger un bras, et toute sa douleur disparaît. Elle disparaît presque entièrement, elle s'atténue quelque peu, elle se transforme en plaisir -malsain, n'est-il pas-, elle s'intensifie, je fais ce que je veux des sensations de l'homme en face de moi. Ce pouvoir me procure une espèce de sentiment de supériorité qui, je l'avoue, est tout sauf déplaisant. Sauf que pour l'instant, je ne fais rien. Ce n'est pas parce que j'ai le pouvoir d'abréger ses souffrances que je vais le faire aussi vite que possible. Il est mon ami, mais il reste avant tout un Animalik. Un parmi tant d'autres, il n'est pas moi, et de ce fait, il ne mérite pas autant de considération que moi ; or, il reste Konrad. Un ami. Mais tout le privilège se sent déjà : je reste là, mieux, je m'intéresse à lui, je ne me moque pas, je me tais.

...je finis par penser que mon égoïsme commence à prendre un peu trop d'ampleur.

▬ C'est si gentiment demandé.

Je lève les yeux vers lui, sans relever la tête, ni sourire ni lui adresser le moindre clin d'œil. Je reporte ensuite mon regard sur sa main, et fais descendre la mienne le long de son bras pour atteindre sa cible. Et juste au moment où je sentais que ses souffrances allaient s'intensifier pour le faire crier comme il l'a fait avant, je fais appel à mon pouvoir pour supprimer sa douleur aussi facilement qu'on éteint une lumière en appuyant sur l'interrupteur. Je prends sa main dans la mienne de façon relativement ridicule et la soulève pour examiner ses phalanges, en un bien triste état. Et quand bien même je sais qu'il ne ressent plus rien, j'évite d'être trop brusque, et reste même étonnement doux. "Étonnement". Je le suis toujours, je n'ai rien d'un type qui a des mouvements brusques de gros bourrin.

▬ Inutile que je te mette au courant des événements qui ont eu lieu récemment, j'imagine.

Je soupire. Adrian n'a pas d'amis, Adrian n'a qu'un frère dont il ne se soucie qu'à moitié. Adrian n'a pas de famille, pas de proches, excepté un seul, qui ne sort jamais le nez de sa tanière, qui se contente de peindre des horreurs qui lui sont propres, ainsi que de se complaire dans sa dépravation. Il nous paraît logique que ce soit cette personne-la, seul et unique proche d'Adrian, qui se fasse frapper et planter des morceaux de verre dans le corps, enfin !

Je lève les yeux vers ceux de Konrad pour planter mon regard dans le sien, puisque je ne l'avais pas fait jusque là. Et même si je conserve une expression parfaitement impassible, le voir dans cet état-là me frustre. Non pas parce que "je ne peux rien faire", bien sûr que si, je suis en train de faire quelque chose, et sans doute la chose la plus utile que n'importe qui puisse faire dans cette situation. Le voir comme ça me frustre parce que je n'aurais jamais pensé que je le verrais pleurer un jour. Que ce soit de douleur, de tristesse ou de joie, Konrad ne m'est jamais apparu comme une personne sensible capable de ressentir des émotions - même si on se contente de la douleur pour ce coup.
Je soupire et détourne le regard l'espace d'un instant, avec un petit claquement de langue. C'est gênant. Je tends la main et essuie ses stupides larmes avec un pan de mon manteau en grommelant :

▬ Arrête de chouiner bon sang.

Oh, je suis parfaitement conscient que si je m'occupais de lui sans même savoir si j'aurai à le refaire par la suite, je ne serais pas aussi tranquille. Mais c'est pourtant le cas ; ils sont humains, ils sont des centaines, sûrement quelques milliers dans cette grande ville à vouloir notre mort et je suis un Animalik quasi solitaire, mais avec mon pouvoir, ma forme animale et surtout mes arguments et mes moyens de conviction, je sais que je vais pouvoir assurer une sécurité quasi totale à Konrad. Oh, bien sûr, il faudra qu'il y mette du sien, mais au pire des cas, qu'est-ce qui peut se passer ? Cette situation se reproduit ? Bien, j'irai chez lui régulièrement et il m'appellera s'il va mal, auquel cas j'accourrai comme un imbécile pour prendre soin de lui. Que peut-il arriver d'autre, après ça, hmm ? Qu'il... se fasse tuer ? Oh, oui, ça pourrait arriver. Mais ça je n'y pense pas. Je le regarde à nouveau et lui adresse un sourire en coin, celui que j'ai toujours, en me concentrant sur son visage habituellement détestable mais maintenant amoché et pitoyable, comme pour penser à autre chose. Non, je n'y pense pas. Je préfère ne pas y penser.

Parce que je le vivrais relativement mal.


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Konrad von Heimlich
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Sam 10 Jan - 15:29

And no one even knew
It was really only you

Il effleure mon bras, descend le long de mon poignet. La douleur s'arrête brutalement. Elle se contente de disparaître, dans tout mon corps. Tout le poids de l'appréhension et de la peur se retire de mes épaules. Je soupire longuement, encore tremblant, heureux de pouvoir à nouveau respirer sans que ma poitrine ne me fasse souffrir. Doucement, les yeux clos, je pose le front sur l'épaule de Adrian. Il est si agréable de ne rien ressentir. Je me repose sur lui, respire profondément et calmement, ce qui me semble un cadeau hors de prix.
Je finis par redresser un peu la tête. Il tend la main et essuie une larme sur ma joue. J'ai un mouvement de recul et détourne le visage, gêné, pour frotter mes yeux du revers de la main. J'ai mal, Adrian, je ne suis pas pour autant devenu un bébé.

« Arrête de chouiner bon sang. »

Je renifle, humilié, mais fatigué de régulièrement me disputer avec lui.

« Tu chialerai aussi à ma place... »

Je garde les yeux baissés vers ses grandes mains, sans oser le regarder en face ; pas après m'être montré sous un jour si ridicule.
Maintenant que cette terrible souffrance n'est plus un soucis, je peux éclaircir mes idées. Les dernières quinze minutes ont été un combat pour rester debout, marcher, monter les étages jusque chez moi, ne pas s'effondrer au moindre mouvement... J'étais paniqué, sanglotant, terrifié à l'idée de ce qui pourrait m'arriver si je ne trouvais pas vite un moyen pour m'en sortir. Malgré toutes les fois où j'ai souhaité et rêvé à ma mort, c'est lorsqu'elle se présente que l'on supplie le plus pour s'en sortir. A présent je peux réfléchir.
Ces enfoirés, ils me paieront tout ça. Je trouverai un moyen, mais ils finiront pas regretter ce qu'ils m'ont fait aujourd'hui. Une fois que je serai en état, une fois... que Adrian m'aura un peu réparé. Je n'aime pas le fait de dépendre de lui, encore moins que de fondre en larmes sous ses yeux, mais pour les prochaines heures, je risque de devoir mettre ma vie exclusivement entre ses belles mains.
Je passe la main sur mes joues, en chasse les lamentables larmes qui y restent. Je peux remettre à plus tard la honte et le regret ; bien autre chose importe pour le moment. Je m'oblige à relever le regard et croise celui de Adrian. Si clair face à la noirceur du mien. Un peu comme nos deux cœurs respectifs, aussi fleur bleu et ridicule que cette constatation puisse être. Il m'offre un sourire en coin, de ceux qui le rendent non seulement plus beau, mais aussi attendrissant. Je me sens parfois pitoyable en me comparant à lui, sans vraiment vouloir me l'avouer. Il est plus respectable, plus aimable ; plus important et plus admirable. Je dis ça parce qu'il m'arrive de l'admirer, et parce que ma propre personne me répugne, de temps en temps. Souvent.
Son sourire rassurant et le ciel de ses yeux me déstabilisent. Je me force à ne pas m'en détourner, pour éviter de baisser plus encore dans son estime.

« Je peux pas arranger ça tout seul... Tu m'aides ? Il faudrait... retirer le verre et mettre un bandage. »

Je le fixe intensément. Il est toujours plus beau à regarder que les dégâts sur ma main. Et attendrissant. C'est drôle de penser ça de lui, mais il m'arrive de le remarquer : Adrian n'est pas seulement beau, et impressionnant, et exceptionnel, il peut aussi avoir un côté... touchant, en quelques sortes. Dans toute sa personnalité.
Alors qu'il peut m'arriver de douter de moi-même, d'avoir autant envie de me pendre que de m'aduler, je n'ai jamais d'hésitation concernant Adrian. Il a tout de plus. Il est au dessus du monde, des autres ; il vole au dessus d'eux et leur accorde à peine un regard. Savoir que je suis un de ses privilégiés me fait frémir.
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Adrian Bovero
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Sam 10 Jan - 18:51
If I could just see clearly, into you...


Le fait que nous continuions de nous agacer mutuellement malgré la situation ne me plait pas vraiment. Mais nos deux caractères ne font pas forcément bon ménage, et ça a toujours été comme ça. La possible amitié qui me lie à Konrad n'a jamais ô grand jamais reflété de quelconques clichés de confiance, de promesses solennelles et de conversations banales répétitives mais toujours aussi appréciables. Notre amitié à nous est autrement moins saine et normale. Ce sont des moqueries, de l'alcool, des moqueries et du sexe. Des caprices, des menaces, des insultes, des critiques, de l'alcool et du sexe. C'est... spécial ? Ça me plait, en tout cas.
Mais pas quand ces moqueries sont adressées à l'autre dans une telle situation.

Je me penche un peu vers sa main et attrape la pince à épiler, l'approche de ses phalanges qui n'offrent pas une vue des plus appréciables, prêt à saisir le premier bout de verre pour le retirer de sa peau. Je devrais faire au plus vite et j'en suis bien conscient ; même si il ne ressent pas la douleur, il reste blessé, ses plaies ne sont pas propres et les laisser dans cet état trop longtemps ne lui apportera rien de bon. Dès l'instant ou nos peaux cesseront de se toucher, il sera à nouveau gagné par cette douleur lancinante que je sens bien à travers son regard et sa voix. Heureusement pour moi, je ne suis pas doté de cette empathie qui me rend vulnérable face à sa propre souffrance. Je n'apprécie pas forcément la voir, suis éventuellement soulagé pour lui lorsqu'elle s'arrête, mais la faire perdurer ne me torturerait pas comme cela pourrait le faire à quelqu'un de plus compatissant.

Avec une délicatesse et une précision qui me sont habituelles, j'approche la pince d'un des morceaux de verre et l'emprisonne entre les deux bouts de métal. Je lève un regard un tantinet arrogant vers Konrad, avec un autre sourire, moins moqueur cependant, plus... sympathique.

▬ Je doute que je chouinerais comme ça. De toute façon, je ne bénéficierais pas de la même aide que toi. Estime-toi heureux de m'avoir, Konrad.

Je laisse négligemment retomber le fragment de verre sur le rebord du lavabo, pose une main sur la poitrine de Konrad et le pousse un peu en arrière pour qu'il s'assoie sur le rebord de la petite baignoire qui tient dans la pièce, avec un regard destiné à lui faire comprendre que si mes gestes sont précautionneux, je ne lui laisse pas vraiment le choix quant au reste. Je me place devant lui, un genou au sol, sans me soucier de ses quelconques moqueries, éventuellement par rapport au fait que je suis placé inférieur face à lui, oh, on sait jamais avec Konrad hein.

J'entreprends alors de retirer les deux autres morceaux de verre, en déplaçant parfois ma main sur son bras pour voir ses blessures sous un meilleur angle et éviter un maximum de les aggraver de par mes gestes, chose plus compliquée à faire lorsque le blessé ne pousse aucun gémissement de douleur qui indique où ça fait le plus mal. Mais, disons que la satisfaction et la fierté d'avoir fait disparaître ses maux en moins d'un claquement de doigt compense ce léger inconvénient.
Je lève les yeux vers lui de temps à autre, les soins que je lui administre n'étant pas assez intéressants pour détourner totalement mon attention de lui. L'idée de le laisser s'inquiéter de sa sécurité en sachant qu'elle lui est pourtant assurée est assez amusant, mais il serait sans doute plus rassurant pour lui de savoir qu'il ne risque vraiment rien. Sans oublier que j'ai mes raisons de croire qu'il demeure une infime chance pour que mon annonce le raisonne et le fasse décider de ne pas retourner voir ces humains, parce que si Adrian s'embête à conclure des marchés pour assurer notre protection, ce serait bête de la mettre en péril une nouvelle fois parce qu'on veut avoir notre petite vengeance.
Oh, j'ai peu d'espoir pour qu'il se dise ça. Mais il devait également avoir énormément de doutes par rapport au fait que je le laisse en vie, il y a quelques mois.

▬ J'ai eu quelques conversations avec les humains, je ne sais pas si ils sont de ceux qui t'ont attaqué, mais je pense que non...

Je laisse tomber sur le rebord du lavabo le dernier éclat de verre, y dépose la pince également, et m'interromps dans ma tâche pour m'assoir plus confortablement, le bras reposant sur mon genou levé, en le fixant avec un air hésitant.

▬ C'est sûrement l'un des plus grands groupes de la ville, ils ont accepté de me payer contre quelques assassinats d'Animalik, ils ont une liste noire avec des personnes précises, le reste, c'est plus pour le fait de tuer des Animaliks - je précise que tu n'es pas sur leur liste noire. De toute façon je leur ai fait promettre de ne pas t'attaquer, ou même de te faire de mal par le biais de quelqu'un d'autre. Tu devrais être tranquille.

Avec un haussement d'épaules, je baisse les yeux sur sa main à nouveau, et descends la mienne jusqu'à elle, en tirant quelque peu dessus, puis prends un air plus sévère, à l'instar de l'intonation de ma voix :

▬ Alors fais pas de connerie. J'aurais pu protéger mon frère, un client important qui me rapporte beaucoup, n'importe qui, mais j'ai choisi de faire en sorte qu'on t'épargne toi. C'est pas pour que tu fasses des conneries de ton côté.

J'ai de nouveau le regard fixé sur le sien, l'air impassible, ma main jouant distraitement avec la sienne, sans pour autant qu'il ne ressente la moindre douleur. Juste le contact de ma peau sur la sienne, une légère pression lorsque j'appuie dessus, mais rien qui soit en rapport avec ses blessures actuelles. Je profite d'un petit instant de silence pour baisser les yeux sur son corps, n'ayant vu que son dos, et grimace dès que mon regard rencontre sa poitrine. Il est bien amoché. Il n'a apparemment pas été blessé que par des poings, des armes par destination. C'est vite vu de ramasser un objet métallique qui traînait par là et s'en servir pour frapper quelqu'un. Mais rien que visualiser la scène suffit à faire monter une certaine colère en moi. Avant même d'avoir prévenu qu'il ne risquait rien, voilà qu'il se fait frapper. Et toutes ces histoires viennent à peine de commencer. Ce sera quoi, dans un mois ? Une tentative de meurtre ? Il se fera harceler, menacer, puis on l'assassinera dans une rue ?
À cette pensée, je resserre ma prise sur sa main, et en oublie presque l'application de mon pouvoir. Je réussis heureusement à me rattraper avant qu'il ne sente la douleur revenir dans toute son intensité.
Non, lui ne va pas aller voir ces types pour se venger. Moi, je vais le faire. Je vais aller les voir et leur faire comprendre qui protège qui dans cette foutue ville. Mais pour l'instant je dois me charger de Konrad. Pour l'instant je reste là, accroupi devant lui, le soignant, ma main contre la sienne.

C'est rassurant.

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Konrad von Heimlich
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Sam 10 Jan - 23:02

give me love, give me love

I don't need it, but I'll take what I want

From your heart

and I'll keep it.

« Estime toi heureux de m'avoir, Konrad. »

Oh, oui, mon chou, je suis tout à fait conscient de la chance que j'ai. Je m'en rends compte un peu plus chaque jour, tout comme je réalise au fur et à mesure que je ne profite pas assez des privilèges que tu m'offres. Que tu daignes m'offrir.
Il me fait m'asseoir et s'agenouille, toujours sans lâcher ma main. Je remarque qu'il prend grand soin de faire des gestes calmes et doux ; comme à son habitude en fait, mais cette fois cela semble déplacé. En même temps, c'est la première fois que l'on se retrouve dans une situation où il doit prendre soin de moi comme la personne incapable de se défendre seule que je suis. Dans ce contexte, ses gestes lents et légers sonnent faux. Ce n'est pas ce dont j'ai l'habitude. C'est comme si mon état changeait nos personnalités et nos relations.
Il retire le verre planté dans ma chair. Je grince des dents et détourne le regard. Bien qu'aucune douleur ne me parvienne, c'est une sensation des plus désagréable. Le sang afflue et recommence à couler, alors que le verre l'en empêchait. Répugnant.
Adrian continue de me tenir gentiment la main. Il me raconte ce qu'il a apprit récemment sur les groupes qu'on a tous les deux pu voir en ville, et m'explique que l'un d'eux a accepter de payer ses services de tueur. Je tilte sur cette information et le dévisage alors qu'il parle. Quelle ironie. Il leur a gentiment demandé de m'épargner, malheureusement ils semblent avoir eu le message trop tard. Il est aussi amusant de constater que l'argent qu'il peut gagner l'importe plus que l’éthique, quitte à assassiner froidement des membres de sa propre ''race'', si l'on peut en parler ainsi. J'esquisse un sourire en coin. Cela ne m'étonne pas de lui. Tout ce qu'il fait, il le fait pour lui même, et tuer ne lui a jamais fait peur. Il voit là l'occasion de faire de nouveaux profits, même sur le malheur et la douleur d'innocents. Quel salaud.
Enfin, il précise qu'il a catégoriquement choisi de me mettre en sécurité, moi, et personne d'autre. Je baisse les yeux vers nos mains unies, malgré que la mienne tremble par automatise et soit rouge d'un sang carmin. C'est amusant qu'il choisisse de m'isoler du danger, moi, plutôt que son frère. Sans doute parce que son frère sait se défendre seul, et est en sécurité par ses propres moyens... comparé à moi. Adrian ne sera pas toujours là pour me rattraper, comme il l'est cette fois, et comme il l'a déjà été par le passé. Mais me reposer sur lui est chose agréable. Je peux bien me le permettre encore un peu...
Quand au fait de ne pas faire de conneries de mon côté... nous verrons bien.
Il resserre légèrement sa pression sur ma main. Je n'ose pas faire de même, de peur d'aggraver ma blessure. Je suis resté silencieux un moment, et hésite sur quoi répondre à tout ce qu'il m'a dit. Je baisse le visage, caché par mes cheveux trop longs.

« Je ferai les conneries que je veux faire, comme d'habitude... » Je marmonne. Relève légèrement la tête et désigne du menton le placard sous le lavabo. « Il y a une trousse de secours là dedans. » Retirer le verre était la première étape, reste à nettoyer la plaie et à la bander. Le pouvoir de Adrian n'a sans doute jamais été aussi utile.
Je soupire doucement, me redresse un peu, profite que tout me corps ne me fait pas souffrir le martyr pour faire craquer mon dos sans éprouver de douleur. Finalement, je me décide à lui répondre correctement.

« Je suis flatté du soin que tu prends à me protéger... Pas besoin de te rappeler que c'est la première qu'on s'inquiète un tant soit peu pour moi. » Je lève un sourcil et le couve d'un regard fatigué. « Mais je me demande quand même ce qui t'a poussé à mettre en sécurité le plan cul plutôt que de ton frère. Ou à te faire de l'argent sur la vie d'innocents. Même si ça ne me dérange pas plus que ça... »

Je l'observe calmement, penaud et honteux, les cheveux retombant mollement sur mon visage amoché. Je frissonne, réaction de mon corps à la fatigue, ou simplement parce que je suis à moitié nu et qu'il ne fait jamais très chaud chez moi. En tout cas le contact de la main de Adrian me réchauffe, de même que sa seule présence. Ouais... Plus le temps passe, et plus je me rends compte de l'importance que je place en sa personne.
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Adrian Bovero
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Dim 11 Jan - 17:11
This mean so much more.


Je pousse un soupir presque inaudible. Bien sûr qu'il fera les conneries qu'il veut faire. Comme d'habitude. Sans se soucier de cet idiot de tueur à gages qui s'est laissé aller à la gentillesse en s'assurant qu'il ne coure aucun risque - et en le lui disant, évidemment.

Mon orgueil étant froissé, je ne l'écoute à moitié et le lui montre bien lorsqu'il continue à déblatérer ses conneries. Blabla, flatterie, blabla, étonnement. Pendant ce temps, je sors d'une main tout ce dont j'ai besoin pour le soigner, et j'avoue que c'est un peu au hasard que je choisis le produit désinfectant et tout le reste. Je n'ai pas tendance à soigner les gens d'une autre maladie que celle, mortelle, qu'est la vie.

▬ ...flatté du soin que tu prends à me protéger... Pas besoin de te rappeler que c'est la première fois qu'on s'inquiète un tant soit peu pour moi. Mais je me demande quand même ce qui t'a poussé à mettre en sécurité le plan cul plutôt que de ton frère...

Je m'interromps dans mon geste, et tourne la tête vers lui, l'air incrédule. Est-ce qu'il se pose vraiment la question, où est-ce que c'est assez évident pour qu'il le sache et se contente de faire exprès pour se moquer de moi ? Je suis d'avis que la deuxième option est la plus probable. On ne changera pas Konrad, jamais, personne, c'est impossible, son caractère insupportable est trop ancré en lui pour que n'importe qui ou n'importe quel événement puisse l'en détourner.

Je termine ce que j'étais en train de faire, en l'occurrence sortir de quoi le soigner, et laisse tomber la bande de gaze à côté de lui. Je remonte ma main pour attraper son poignet plus fermement, et le rapproche de moi en lui administrant les soins dont il nécessite, plus maladroitement qu'avant. De toute façon, soins ou pas, tant que je garderai le contact entre nos mains et que je le ferai bénéficier de mon pouvoir, il ne sentira rien. Je pourrais lui arracher ses dix doigts qu'il ne sentirait rien à part peut-être un léger courant d'air. Malgré mes gestes rapides et peu mesurés, je continue de le regarder en coin, et finis par marmonner :

▬ Oh, mais ça c'est parce que je t'aime et que je t'ai toujours aimé, je ferai tout pour toi, tu sais. Je roule des yeux avec un énième soupir. Réfléchis, idiot. Si je t'ai gardé en vie alors que ton frère me demandait le contraire, ce n'est pas pour te laisser crever misérablement quelques mois plus tard. Et sans l'aide que je t'apporte, en cet instant et par rapport à la demande que j'ai faite à ces types, tu serais mort depuis longtemps. Tout comme tu aurais pu mourir si ton frère avait demandé à un autre tueur de mettre fin à tes jours. Tu peux toujours en venir à la conclusion que j'apparais quand tu en as le plus besoin. Et mon frère, lui, sait sans doute se défendre seul.

J'hésite au moment de lui faire le bandage, et lâche son poignet, rompant le contact l'espace d'un instant, puis m'empresse d'appuyer ma jambe contre la sienne, en réitérant mes efforts pour le préserver de la douleur, tandis que je continue ma tâche plutôt agaçante. On dirait une infirmière.

Oh, il n'est pas le seul à ne pas avoir l'habitude qu'on s'inquiète pour lui ; mais moi, c'est plutôt que je n'ai pas l'habitude de m'inquiéter pour quiconque. Mes parents veillent à ma sécurité - qu'ils ne peuvent malgré leurs dires aucunement m'assurer -, ils se soucient de moi - de façon assez oppressante certes, mais ils se soucient de moi. C'est une sorte d'amour mal exprimé.
Mais moi, moi, est-ce que je manifeste régulièrement mon inquiétude à l'idée que mon père tombe souvent et de plus en plus gravement malade, que mon frère aie lui aussi des ennuis avec la justice, que cette imbécile de Vampyr croisée il y a plusieurs mois trébuche le matin dans la rue à cause de ses chaussures à talons dignes de celles d'une coureuse de remparts ? Beaucoup d'interrogations pour une seule réponse : non.

Non, je me fiche du sort de ces gens, celui de mes parents m'importe, c'est certain, mais pas suffisamment pour que j'en perde le sommeil. La vie est faite de pertes et de trouvailles, certains n'acceptent pas ce fait, moi je vis avec parce que je sais bien que je n'ai pas d'autre choix.

Jamais je n'aurais pris la peine de m'occuper de quelqu'un en très mauvais état, ou en tout cas pas dernièrement. C'est une chose rare que je fais là, et elle est encore plus étonnante dans le fait que l'état de ma relation avec Konrad rende ces attentions étranges. Des amis ordinaires peuvent s'entraider et s'occuper l'un de l'autre dans ces situations. Konrad et moi, on ne fait rien de tel en général ; s'occuper de l'autre quand il ne va pas bien, s'assurer qu'il ne risque rien, tout ça, non, ça n'est pas dans nos habitudes.

Mais c'est justement le fait de savoir qu'il y a quelque chose de particulier avec lui que je n'ai pas avec les autres qui me pousse à prendre plus ou moins soin de lui. Non pas que je veuille le "préserver du danger" pour voir l'évolution de ce lien et de l'étendue des choses qu'il pourra me faire faire, j'apprécie suffisamment Konrad pour estimer que le garder en vie est une bonne idée évidemment. Mais il n'y a pas que ça, c'est certain. J'éprouve une certaine fierté à agir de façon aussi responsable : le protéger, l'en informer, le soigner alors qu'il est blessé... Je n'ai jamais voulu prouver une quelconque méchanceté, car j'ai beau être brutal et susceptible, je suis capable d'agir convenablement - contrairement à lui, d'ailleurs.

D'un autre côté, l'évolution de notre façon de nous comporter à l'égard de l'autre m'inquiète quelque peu. Je ne fais pas tout ça par simple fierté et satisfaction de faire quelque chose de bien, non. Ça me fait plaisir. Ça me fait plaisir car jusque là je considère Konrad comme étant mon ami, même en me disant que ça n'ira sûrement jamais plus loin. Or, lorsque je l'ai rencontré et que je le haïssais encore, qu'il n'était qu'une énième personne avec qui je pouvais coucher, je me disais de la même façon "jamais je ne pourrai éprouver de sentiments amicaux à son égard". Il était trop arrogant, trop méprisable, trop malsain. Puis, j'ai appris à apprécier ces côtés de sa personnalité.
Et je sais pertinemment que rien ne me promet que ça n'évoluera pas encore.

Toujours aussi pensivement, je termine son bandage et laisse tomber une main dessus, comme quelqu'un de satisfait dirait "voilà une bonne chose de faite !" Une énième fois, je plonge mon regard dans le sien, en répétant mes précédentes pensées, me cherchant une excuse, imaginant un quelconque moyen de contrer cette opinion que j'ai de lui, de moi, nous deux, de plus tard.

▬ M'occuper de quelqu'un comme ça n'est pas dans mes habitudes. J'esquisse un petit rire, puis m'interromps. La situation ne s'y prête pas vraiment. De toute façon, tu sais bien que je ne te déteste pas autant que je le dis. Pas la peine de jouer les étonnés.

Reste encore la question : aurait-il fait de même dans la situation inverse ? Honnêtement, j'en doute. Mais ça ne me dérange pas vraiment.

À chacun sa façon de montrer son affection, après tout.

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Konrad von Heimlich
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Lun 12 Jan - 17:43

I know that things are broken

And though there's too many words left unsaid

Les yeux baissés, je l'écoute parler, bercé par la mélodie de sa voix grave.
Il justifie l'aide qu'il m'apporte. Tout cela semble plausible. Il en profite pour me rappeler notre mésaventure de la dernière fois, et la haine toute particulière que me voue mon frère cadet. Et comment il a bien faillit réussi à me tuer.
Adrian m'avait sauvé la vie à ce moment là. Je ne m'en étais pas réellement rendu compte, sur le coup. Payé par mon propre frère pour mettre fin à mes jours, il avait hésité et changé d'avis. Si on ne s'était pas connu avant ce moment là, je ne serai plus là aujourd'hui pour sangloter sur son épaule. Il m'aurait abattu sans état d'esprit, comme il l'aurait fait pour n'importe quel autre abruti menacé de mort contre quelques liasses de billets. Le laxisme et la... bonté de Adrian m'auront sauvé la vie. Il daigne m'accorder une seconde chance aujourd'hui.
Je suis des yeux ses mouvements calmes, frémis lorsqu'il cesse de me toucher durant un court instant, brisant le charme qu'opère son pouvoir. Sans gémir, ce que j'ai assez fais pour aujourd'hui. Je tends ma main et le laisse appliquer la gaze sur la plaie, avec les mêmes gestes experts. Et toujours doux, ce qui va bientôt finir par me gêner. Je n'ai pas l'habitude de ça, je ne l'ai jamais eue.
Enfant, j'étais délaissé, et de toute façon je ne cherchais à attirer l'attention de personne. Ni mes parents, ni mes frères aînés, ni personne d’extérieur ne m'a accordé d'affection particulière. Je ne suis pas en train de dire que Adrian le fait ; l'affection et lui, ça fait deux. Encore une chose qu'on a en commun. Mais lui prend le temps de me parler parfois. De discuter gentiment, ce que je ne fais avec personne. Nous nous connaissons depuis plusieurs mois aujourd'hui, et ne nous considérons comme amis que depuis peu de temps, mais je peux affirmer que c'est la plus longue relation que j'ai eu avec quiconque. Toute ma vie, les gens que j'ai rencontré se sont résumés à des ennemis ou à des plans cul. Pas de quoi former une relation à long terme ; aucune amitié, rien. Et voilà que lui débarque. D'abord avec ses remarquables talents d'amant, puis avec le rôle salvateur de celui qui m'a donné une deuxième chance, en me laissant la vie sauve. Puis il a obtenu le titre d'ami, avec qui j'ai eu de bonnes soirées qui ne se sont pas seulement résumées à s'envoyer en l'air. J'ai découvert qu'il pouvait être agréable de simplement discuter avec quelqu'un, apprendre à le connaître, plaisanter ; découvrir qu'il n'est pas qu'une façade.
A présent, il doit me trouver bien silencieux, à marmonner mes pensées dans un coin sombre de mon esprit.

« De toute façon, tu sais bien que je ne te déteste pas autant que je le dis. Pas la peine de jouer les étonnés. »

Il a finit d'appliquer le bandage sur mes phalanges déchiquetées. J'observe son travail, silencieux. Pour une première fois, il se débrouille à merveille. Je note qu'il continue de me tenir la main. Pas seulement de me toucher le bras, comme cela suffirait pour alléger le poids de la douleur. Il me tient la main. Je referme doucement mes doigts sur les siens, distrait.
A ses paroles, je réponds par un sourire en coin, les yeux baissés sur nos mains.

« Mais non. Je sais que tu ne peux pas te passer de moi. Je suis trop addictif, hein ? »

Je passe la main droite sur mon front. Il y a aussi cette plaie à l'arcade sourcilière dont il faudrait s'occuper. Ça doit sûrement faire un mal de chien.

« Nettoie moi juste ça, et ça ira. Le reste... » Sur ma poitrine, mon abdomen et tout mon dos, des bleus, des hématomes virant au violet. Je crois n'avoir rien de bien grave, à part ça. Si j'avais eu une côte cassée, ou quelque chose comme ça, je l'aurai su avant qu'il n'applique son pouvoir. Ce n'est pas une douleur qui s'oublie si facilement. « Je sais pas comment on s'occupe de ça, et de toute façon ça partira tout seul. Je vais pas te retenir ici plus longtemps. » Je relève les yeux vers lui avec un sourire fatigué, mais toujours avec cet éclat taquin dans les yeux. « Tu fais une parfaite infirmière, tu le sais ça ? Tu serais très mignon avec la tenue. »

C'est pratique, un Adrian Bovero. Ça peut faire amant, ami, médecin. Ça tient compagnie et ça réchauffe le cœur. On s'y attache facilement, et ensuite on veut le garder pour nous, que personne d'autre n'ait le droit d'en profiter.
Ou peut être que la fièvre commence juste à me faire délirer.
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Adrian Bovero
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Mar 13 Jan - 18:44
Do I wanna know if this feeling flows both ways ?


J'esquisse un rire, déjà penché sur sa blessure à l'arcade sourcilière, faisant mine d'examiner la plaie salie par le sang du bout des doigts, alors que je pense toujours à autre chose. L'espace d'un instant, je baisse les yeux sur les siens, l'air grave.

▬ Ne crois pas que je vais me passer de toi ces prochains temps.

Je me saisis à nouveau du nécessaire de soins et réitère mes gestes, plus soigneux qu'avant. J'ai fait mine d'ignorer le sien, ses doigts se refermant sur les miens, mais je ne peux dire que ça ne m'a rien fait. Or, ce que je ne peux pas dire, c'est ce que ça m'a fait et inspiré. Plaisir, peur, désagrément ? Sans doute les trois à la fois. Rares sont les moments où nous avons des contacts aussi doux que cela ; et le fait que nous soyons dans un de ces moments me fait étrangement plaisir, ce qui, en soi, est assez effrayant. J'imagine qu'on a tous besoin d'une certaine affection... amicale s'entend.

Je ne m'explique pas de suite, absorbé à la fois par ma tâche, à la fois par mes pensées. Non, je ne me passerai certainement pas de lui, et pour cause : si je sais que cette attaque relève d'un malentendu, ou plutôt de phrases et de menaces que ces humains n'ont pas entendues assez tôt, je préfère rester vigilant, et puisque le métier que j'exerce ne m'oblige pas à me lever chaque matin pour aller travailler jusque très tard le soir, je pourrai me rendre chez lui, ou juste aux alentours de son immeuble, histoire de surveiller les gens qui se baladent dans ces parages, et si ils représentent un potentiel risque pour lui. Oh, je sais qu'il est grand et qu'il peut se débrouiller tout seul, mais... je peux bien faire ça pour lui, non ? Surtout que je n'ai rien d'autre à faire. J'ai dit que j'assurerai sa sécurité ? Eh bien je l'assurerai du début à la fin - de cette triste période, triste pour les autres, mais pas pour moi, puisque riche en missions et en salaires.

Je me détourne de lui le temps d'attraper une boîte de pansements dans le placard, et ce n'est que lorsque je me rapproche à nouveau pour poursuivre ma tâche que je me rends compte de l'exiguïté de la distance qui sépare nos deux visages. Ça paraît stupide à penser, étant donné que nous avons partagé le même lit nombre de fois, que, plus souvent encore, nos visages ont été collés l'un à l'autre pour des baisers aussi intenses que dénués d'amour, mais nous n'avons jamais eu ces ridicules moments de silence où les deux amants se regardent dans le blanc des yeux, échangeant leurs émotions par des regards profonds et significatifs. Et si ce n'est là qu'un rapprochement dû aux soins que je lui administre -à sa demande-, ça reste assez gênant en soi. Cela dit, il y a une chose que je dois reconnaître : de près, même en ayant le visage abimé par les coups de ces humains, il reste très beau. J'ai mon habituel sourire en coin rien qu'à cette pensée.

▬ Quant à toi, tu fais un parfait patient. Abimé, larmoyant, honteux et pitoyable - dans le bon sens du terme, je ne voudrais pas froisser ton orgueil.

Il ne me reste plus qu'à espérer qu'il ne le prenne pas mal. Je lui applique le pansement -très laid- là où il saignait auparavant et où on n'aperçoit maintenant rien de plus qu'une plaie propre, laide mais superficielle, et baisse de nouveau les yeux sur les siens, en appuyant sur pansement pour vérifier qu'il aie été correctement appliqué, puis laisse glisser ma main dans ses cheveux, et jusqu'à sa nuque, ou elle s'arrête. J'en profite pour vérifier qu'il n'a pas de blessures à cet endroit, et me permets donc d'y attarder mes doigts. Mes contacts auparavant doux et prudents sont redevenus ceux, habituels, qu'il connaît, totalement dénués d'hésitation, francs et assurés ; mais toujours aussi agréables pour lui. Je pense le connaître assez bien pour supposer ça.
Dans ce dernier examen de son corps et ses blessures, je baisse un regard frustré sur sa poitrine et tout son abdomen. Voir ces blessures que seul le temps guérit ne me plait guère, mais à ce stade-là, je ne peux plus rien faire. Cette fois-ci, mes mains sont déjà occupées dans la sienne et sur sa nuque pour que je les laisse s'attarder sur sa peau. Et pour ce qui est de l'une de ces deux mains, je commence à m'inquiéter.

Je remonte mes yeux bleus jusqu'à son visage, sans reculer le moins du monde. Je ne souris de nouveau plus, j'ai repris cette expression de celui qui ne comprend pas, empli d'une grande frustration mélangée à une certaine gêne. C'est stupide, je suis dans la situation la plus confortable dans laquelle je puisse me trouver en ce moment : en face de Konrad -torse-nu-, à qui j'ai pu apaiser la douleur et soigner la plupart des blessures, n'ayant maintenant plus rien à faire, et... plus aucune excuse pour rester.

▬ Et je précise, pour pas que tu ne t'affoles : je ne me passerai pas de toi parce que vu l'état dans lequel tu es, il vaut mieux que je vienne de temps en temps pour voir si tu n'as pas fait une hémorragie ou si des types sont venus t'égorger dans ton sommeil.

Pas la peine de rêver. De toute façon, le seul qui puisse l'égorger dans son sommeil, c'est moi, un point c'est tout. Je ne permettrai à personne d'autre de faire ça, sous peine de subir le même sort, avec une gentillesse des plus moindres.

▬ Ne jouons pas à "qui est le plus addictif", une défaite en une journée doit te suffire...

Je m'autorise un nouveau sourire avant de réduire un peu plus la distance qui nous sépare pour que mes lèvres frôlent les siennes, s'y attardant plus qu'à l'accoutumée. Disons qu'après cet épisode, j'ai peur de lui faire mal à chaque fois que je le touche. C'est si fragile, un être humain.
Une énième fois, comme si pendant tout le temps où je l'ai soigné mes yeux ne savaient plus où se poser, comme si mon regard n'était plus sûr de l'endroit où il devait se diriger, attiré par ses yeux mais effrayé par ses blessures, rassuré par le retour de son expression taquine et son habituel sourire, mais effrayé et étonné par sa main dans la mienne, mon attention est attirée par ce que nos mains jointent forment. Ce n'est qu'un simple geste, il a juste été distrait et ses doigts, par réflexe humain peut-être, se sont refermés sur ce qui pesait sur sa main, mais je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces images de couples que j'ai pu voir, ces couples qui se tenaient la main.
Je suis certainement parano, j'en suis conscient. Mais la situation actuelle ne me permet-elle pas de l'être, au vu de son état ? Moi, soignant Konrad, assurant sa sécurité, supprimant sa douleur par simple gentillesse, me jurant mentalement de veiller sur son immeuble et sa propre personne durant les jours à venir, qui nous imagine plus tard, peut-être ennemis, peut-être amis, peut-être... plus. Peut-être simplement séparés, dans le sens ou nous aurons coupé les ponts... ou dans tout autre sens, on ne peut rien prévoir, et je ne veux surtout pas le faire. Il arrivera ce qui arrivera, et après avoir pris une grande inspiration et serré les poings, je suis parfaitement capable de dire que ça ne m'effraie pas de devenir... ça, de le voir devenir ça, de nous voir devenir ça.
Or, cette inspiration, je ne l'ai pas prise, quand à mon poing, il n'est qu'une main détendue qui tient celle de celui dont je m'occupe avec une attention bien trop ambiguë, mais dont je n'ai aucune envie de me séparer sur un "débrouille-toi pour la suite".
Peut-être que c'est simplement Konrad qui m'a fait réaliser que j'étais capable d'être protecteur.
Peut-être.
Peut-être pas.

Je n'ajoute rien, puisque je n'ai rien d'autre à dire et que je devrais déjà être parti. Mais cet intriguant contact me retient, comme si sa main et la mienne avaient été liées par des menottes, les menottes que mon cerveau et mes interrogations ont formées autour de nos poignets. Mon autre main quitte sa nuque, mais mon regard ne se détache pas de nos mains.

▬ K--

Non la ferme, Adrian. Ne dis rien, c'est stupide. Tu vois quelque chose d'un chouia trop ambigu à ton goût, qui t'effraie de par sa tendresse et les sous-entendus qu'elle comporte et tu prends peur, tu ne fais plus rien, paralysé comme une proie acculée ? Le tueur à gages qu'une poignée de main un peu trop prolongée et distraite effraie ? Non non, c'est ridicule.

J'arrache vivement ma main à la sienne comme si j'avais touché du feu, recule quelque peu mon visage et soupire. Je regrette, ou je regrette pas ? Plein de raisons me poussent à ne pas regretter ce revirement.

Une seule chose me pousse à penser le contraire.


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Konrad von Heimlich
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Mer 14 Jan - 13:08

Hello, darkness my old friend

I've come to talk with you again

Je garde la tête baissée alors qu'il s'affaire à arranger mon visage, avec ces mêmes gestes légers et doux.

« Ne crois pas que je vais me passer de toi ces prochains temps. »

Oh, j'espère que non, en effet. Sa compagnie me fait plaisir. Et avec l'état dans lequel je suis, son pouvoir et sa... gentillesse seront le meilleur des remèdes.
Je parle de gentillesse, mais pour l'instant il est plus occupé à se foutre de moi qu'à me réconforter. Tant mieux. Je me sentirai mal si il faisait ça ; me dire des mots adorables pour me remonter le moral, me prendre dans ses bras, tout ça. Ce n'est pas le genre de rapport que nous avons, et ce n'est pas ce que je veux. Je préfère la façon dont il me parle en ce moment : moqueuse et ironique, mais dénuée de véritable méchanceté, en somme la manière dont nous communiquons habituellement.
Il applique un pansement sur mon arcade sourcilière. Voila... je suis à peu près réparé. Le reste a seulement besoin de temps. Quant à mon orgueil, il cicatrisera, comme toujours. Je sens la main de Adrian passer dans mes cheveux désordonnés et se poser sur ma nuque. Je relève les yeux pour le regarder – de près.
Son regard m'intrigue. Il a l'air égaré dans l'incompréhension. Hésitant ? Gêné ?... Je me demande pourquoi. Il a l'air si confus. Ses paroles le sont aussi, en se cherchant une excuse comme il le fait. Je le dévisage, intrigué, cherchant une réponse dans le ciel de ses yeux, tout proches de miens. Il reste immobile. Quoi, cette situation... le dérangerait-elle ? Le fait qu'il s'occupe de moi, ou bien ma main refermée sur la sienne ? Je pencherai plutôt pour la deuxième solution, au vu de ses regards. Chercher à continuer à tenir sa main était un geste impulsif, je n'ai pas vraiment prit le temps de réfléchir à ce qu'il en penserait. J'avais juste... envie de le faire. Ce n'est pas le premier geste bizarre que je fais sans qu'il ne s'y attende, et que ça lui plaise ou pas. Retire cet air idiot et incrédule de ton visage, Adrian, ça ne te va pas. Tu vaux mieux que ces imbécillités, de s'interroger sur la signification de la moindre parole. Tu n'es pas une adolescente qui découvre ses sentiments, les subtilités te passent au dessus de la tête. Arrête aussi de me fixer de cette manière. Ça devient inquiétant, surtout sans savoir à quoi tu penses.
Il se penche vers moi, effleure mes lèvres. Je n'y réagis pas et attends de voir ce qu'il va faire. Rien de bien surprenant, je suppose. Je ferme lentement les yeux, le laissant agir à se guise, sans chercher à l'embrasser alors que m'avancer d'un cheveu suffirait. Je me retiens.
Il ne me donne rien en retour. Il se contente de reculer, lâcher ma nuque, lâcher ma main, brusquement, un chouïa trop brusquement. Juste assez pour me donner le loisir de m'interroger encore. Je rouvre les yeux et les pose sur lui, l'air déçu par son manque de tact, accusateur de la frayeur qu'il a eu. Je réprime un soupir.
En même temps qu'il cesse de me toucher, le répit que m'offrait son pouvoir disparaît. Je sens la douleur constante revenir. Ma main me fait moins souffrir, par miracle ; en revanche, je sens la marque de chaque coup reçu, comme si je les subissais à nouveau. Tout me revient comme une claque alors que je baignais dans le bonheur d'un corps sain et insensible.
Sans me plaindre, je quitte Adrian des yeux et tend la main pour attraper mon haut, que j'avais laissé sur le rebord de l'évier. Je me revêts, avec des gestes lents et calculés pour éviter de me faire gémir. Ma main enroulée dans la gaze m'obéit à peine, engourdie qu'elle est.
Je pose une main sur l'épaule de Adrian et me lève en m'appuyant à lui. Au moins, je tiens debout. Mes doigts se referment sur le cuir de son manteau. J'ai peur de le lâcher, peur de tomber et de lui montrer une énième moi à quel point je suis lamentable et incapable.

« Trouve moi de l'alcool... De l'alcool fort. »

Avec précaution, je cesse de m'appuyer sur lui et fais quelques pas hésitants pour sortir de la salle de bain. Je tangue, le regard voilé par la fièvre. Mon corps a infiniment plus besoin de sommeil et de repos que d'alcool, mais c'est tout ce que mon cerveau réclame pour l'instant. La chaleur et le bonheur ivre qu'offre l'alcool. J'ai soif et j'ai besoin de penser à autre chose.
Appuyé à la chambranle de la porte, j'observe mon appartement plongé dans l'obscurité. C'est plus un loft qu'un appartement, en fait ; une grande pièce, avec seulement la salle de bain à part. Du reste, c'est une grande pièce, éclairée en journée par une baie vitrée qui donne sur la ville. Mon lit est installé dans un coin, mal placé et non parallèle aux murs. Une grande table est placée au centre de la pièce, couverte d'innombrables papiers gribouillés et de carnets de croquis. Autour sont placés plusieurs chevalés, supportant des peintures inachevées, tandis que les autres attendent, rangées aux quatre coins de l'appartement, de trouver un acheteur – ce qui n'est pas chose aisée. Étant au dernier étage de l'immeuble, j'ai accès au toit par une fenêtre placée au plafond. Il doit être dans les alentours de vingt-et-une heure, au vu du ciel d'hiver noir et des lumières de la ville qui déposent dans la pièce une lueur orangée. La cuisine rarement utilisée est au fond, équipée d'un placard remplit de nombreuses bouteilles de divers alcools. Adrian sait où cela se trouve.
Je m'immobilise avant de sortir de la pièce. Sans le regarder, je parle d'une voix fatiguée.

« Hm, merci pour... ce que tu fais. Je te revaudrai ça. »

Ma main gauche et charcutée ramenée contre ma poitrine, plié en deux pour éviter des douleurs musculaires, j'avance jusqu'à mon lit. Je m'y assois avec un long soupir, crispé. J'ai le sentiment de ne pas le remercier assez. Je ne vois pas comment faire plus, mais un simple ''merci'' me semble bien peu.
Je frissonne. Besoin de calme et de repos.
Envie d'alcool. Envie de lui.
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Adrian Bovero
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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Mer 14 Jan - 19:14
× I'm going numb, I've been hijacked ×


Je le laisse s'appuyer à moi, sans faire à nouveau usage de mon pouvoir, reprenant mon expression habituelle. Je préfère tâcher d'oublier les dernières et stupides pensées qui ont défilé dans mon cerveau les cinq minutes précédentes. Elles ne me mèneront à rien, je le sais bien. Je suis ses gestes du regard, attentif, prêt à le rattraper si il tombe.

▬ Trouve moi de l'alcool... De l'alcool fort.

Bizarrement, ça ne m'étonne même pas. J'ai un hochement de tête de façon quasi imperceptible, et le regarde se déplacer, comme si c'était particulièrement intéressant et distrayant. Je veux juste éviter de tourner le dos et de passer à autre chose alors qu'il n'est peut-être même pas en état de marcher.

Lorsque j'estime qu'il se porte assez bien pour se déplacer sans mon aide, je quitte moi aussi la salle de bain pour traverser son appartement en quelques grandes enjambées et rejoindre la cuisine, au fond, en le surveillant toujours du coin de l'œil cependant.

▬ Hm, merci pour... ce que tu fais. Je te revaudrai ça.

Je ricane, sans froideur ni méchanceté particulière, et lève un regard amusé vers lui, tandis qu'il s'assied sur son lit, avec quelques difficultés apparemment. C'est triste de le voir dans cet état, certes. Or, je sais que je ne peux plus rien faire à ce stade, à part le couver d'un regard stupide et amical, atténuer sa douleur de par mon contact, et lui souhaiter un bon rétablissement. Et honnêtement, je doute que ma générosité soit assez grande pour me pousser à faire des efforts supplémentaires pour lui rendre la vie plus facile jusqu'à sa guérison totale. Il est grand, après tout, et dans la vie, parfois on souffre. Je suis assez bien placé pour savoir ça, je suppose, étant tueur à gages -qui reste un métier à risques- qui ne peut même pas bénéficier de son propre pouvoir. Je peux atténuer la souffrance des autres, dont je me fiche totalement, mais la mienne, je dois l'endurer dans toute son ampleur. La vie est juste, oui.

Je penche un peu et ouvre un placard, où je sais que sont rangées de nombreuses bouteilles de différentes sortes d'alcools. Je sais quoi offrir à Konrad pour son anniversaire, en tout cas. Je prends deux bouteilles, choisissant un alcool assez fort pour lui, familier pour moi -il en connaît plus que moi, c'est certain-, et me redresse en claquant la porte du placard à l'aide de mon pied. J'esquisse un regard vers deux verres rangés dans un autre placard. Hm. Je doute qu'ils soient utiles. De toute façon je sais que cette soirée ne se finira pas... comme la dernière, disons. Et après cette après-midi, se rendre ivre est sûrement le seul remède à sa souffrance continuelle, celle, physique, que son corps lui inflige quand je ne suis pas là pour faire barrage et celle, psychologique, qu'est la terrible froissure qu'a subi son orgueil après cette humiliation. Le pauvre, je le plains vraiment.

Et bizarrement, si je me sentais sincère à penser d'autres choses bien plus stupides et moins utiles, je n'éprouve pas de sincère empathie à la pensée que son orgueil aie été froissé après ces sombres événements. Ça arrive, "mon chou", comme tu dis. Je souris plus moqueusement qu'avant -il était temps !- et raille tout en m'approchant de lui :

▬ À vrai dire, je doute honnêtement que tu le fasses. Ton égoïsme t'aura déjà fait oublier ça dans quelques jours, tel que je te connais...

La suite n'est pas dure à imaginer : il va boire, boire et encore boire, s'approchant un peu plus de l'ivresse à chaque gorgée, courant vers cet état derrière lequel il pourra s'abriter, derrière lequel la douleur ne pourra plus le trouver. Lâche, il fuit la douleur, il fuit le fait d'assumer en se saoulant à coup de gorgées d'un alcool qu'il n'a sûrement pas payé cher et qui ne vaut pas mieux qu'une vulgaire bouteille de bière.

Chose que j'approuve parfaitement. Si l'alcool a été inventé, c'est bien pour qu'il nous soit utile. Après quoi, j'imagine qu'il va... s'effondrer, épuisé et ivre, ou alors, me faire un peu de gringue comme il le fait tout le temps dans ces situations... puis s'effondrer, épuisé et ivre. Il n'est de toute façon pas en état de faire quoi que ce soit. L'idée d'avoir un rapport avec lui alors qu'il est encore censé souffrir de ses blessures est une idée qui m'apparaît comme plutôt répugnante.

Je lui tends sa bouteille et m'assois près de lui, en laissant mon épaule effleurer la sienne. Je le regarde, hésitant, mais c'est finalement la pitié qui l'emporte, et je me décide, une fois de plus, à faire usage de mon pouvoir. Cette fois-ci cependant, je ne supprime pas totalement sa douleur, mais me contente de l'atténuer quelque peu. Il va bien falloir qu'il s'habitue à vivre avec pendant les prochains jours, aussi, jouer la carte de la gentillesse extrême en éliminant sa douleur dans sa totalité ne fera que l'intensifier lorsqu'elle regagnera son corps, quand je m'en irai. Ou alors quand je serai trop épuisé pour continuer à l'assister de cette façon. Ça n'a l'air de rien, mais c'est assez agaçant, sinon fatiguant, de garder mon pouvoir activé si longtemps. Oh, avant, dans la salle de bain je m'en fichais, j'ai eu le temps de faire une "pause" et j'étais trop captivé par les soins que j'administrais à Konrad pour me soucier du peu mais bien existant taux d'énergie que l'utilisation de cette capacité me pompait.
Or, si je devais tenir toute la nuit... en fait, j'en serai tout simplement incapable. En m'endormant, mon pouvoir s'endort avec moi. Et l'idée de passer une nuit blanche pour son simple confort a tendance à me déplaire.

▬ Tu préfères que je m'en aille, après ?

On sent une certaine anxiété dans mon ton, mais à vrai dire je ne sais vraiment pas quoi faire. Passer pour quelqu'un de collant et pénible en lui proposant de rester auprès de lui cette nuit pour veiller sur sa petite personne, ou accroître mes inquiétudes à son égard en partant, préservant ma fierté et non ma tranquillité ? Oh, c'est à lui de voir, après tout. Ce sont ses blessures, ses problèmes, son appart, son lit, hein.
L'ombre d'un sourire traverse mon visage lorsque je me dis que si je suis capable de m'occuper convenablement de Konrad dans cette situation, je pourrais sans aucun problème le faire avec un enfant. Or, ce n'est pas, voir pas du tout le bon moment pour penser à ça.

Je me penche très légèrement vers Konrad, jouant distraitement avec ma bouteille, et baisse les yeux sur son goulot.

▬ De rien. Je préfère faire ça que te laisser te démerder tout seul sans savoir si tu vas réussir à gérer.C'est plus rassurant.

Oh et puis, ça se fait, entre amis, hein. Et ce n'est pas comme si je n'aimais pas cette compagnie, cet appartement. Je me sens assez bien, ici, en fait. Très, trop bien.


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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Sam 17 Jan - 15:07

Don't get to close,

It's dark inside...


L'alcool est tout ce dont un homme a besoin.
C'est d'abord un compagnon à toute épreuve. Les amis vont et viennent, ils sont parfois fidèles, parfois superficiels ; la plupart finissent par s'éloigner et ne laisser derrière eux que de vagues souvenirs. L'alcool, lui, ne disparaît jamais. Il en reste toujours un fond dans un coin du placard. Il tient compagnie à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, aussi longtemps qu'on peut rester debout. Dans mon cas, il va surtout m'aider à passer ce mauvais moment. Je ne me fais pas d'illusion, je ne tiendrai pas éveillé très longtemps avec ça. Déjà épuisé et affaibli, mon corps ne supportera pas que j'y additionne une bonne dose d'alcool. Surtout si c'est... du rhum, comme ce que m'apporte Adrian.
Je prends la bouteille qu'il me tend et l'ouvre. En espérant que ça pourra m'aider, en m'endormant par exemple. Au moins la douleur deviendra secondaire et je pourrai espérer dormir en paix. Adrian s'assoit à côté moi, et je distingue qu'il use à nouveau de son pouvoir, moins fortement cette fois. Il est gentil.

« Absolument pas. J'ai dit que je te revaudrai ça, je le ferai le jour où tu en auras besoin. Si un jour tu te retrouves dans une situation comme celle-ci... ce dont je doute... »

Je porte la bouteille à mes lèvres et prend des gorgées trop grandes et trop rapprochées. M’interrompt pour respirer. Ça brûle la gorge, ça pique les yeux, mais ça fait du bien. Il faudra sûrement peu de temps pour que ça fasse vraiment effet, vu mon état d'épuisement actuel.

« Tu préfères que je m'en aille, après ? »

Je garde les yeux baissés sur la boisson dorée, tête basse. Ma main gauche repose sur mon genou, incapable de la moindre force. Non... J'aimerais qu'il reste. Comme déjà dit et répété, sa présence me fait du bien. Plus que je ne l'aurais cru lorsqu'il est arrivé, tout à l'heure, alors que je sanglotais et insultais le monde entier. J'hésitais entre conserver mon amour propre et ma santé, physique et mentale. J'ai vu son regard conciliant, son calme et son assurance réconfortante, et je lui ai fais confiance. J'ai souvent donné ma confiance à Adrian, trop souvent à mon goût. Il y a tant de mauvaises choses qu'il aurait pu me faire, comme toutes les mauvaises choses que j'ai fais à tant d'innocents. Il aurait pu me frapper, m'insulter, me rabaisser plus encore... me tuer. Il n'a rien fait, ou presque. C'est quelqu'un de froid, sans remord, mais il ne fait rien à cette pute qui squatte sa vie comme si elle était chez elle, et la pourrit un peu plus chaque jour. Au contraire, il est là pour la traînée que je suis et va jusqu'à s’occuper de moi alors qu'il pourrait se contenter de tourner les talons. Et sa présence me fait du bien, parce qu'il anime quelque chose en moi que je n'ai jamais connu. Jamais.
Je m'efforce de ne pas répondre avec trop d'entrain, pour ne pas paraître... insistant. Je hausse vaguement les épaules, bois à nouveau dans ma bouteille de rhum. Je bois trop, encore une fois.

« Tu fais comme tu veux. »

Boire. Encore. Boire pour oublier, pour faire cicatriser l'orgueil et apaiser la conscience. Ça a l'air de marcher. Comme je l'avais deviné, mon esprit déjà embrumé par la fatigue ne tient déjà plus très bien le coup, après seulement quelques minutes à se saouler. Je sens mes paupières tomber toutes seules, et ma réflexion avoir de moins en moins de conviction. Je tourne la tête vers Adrian et le dévisage longuement, du regard vague de celui sur qui l'alcool fait trop vite effet. Je prends plaisir à le détailler chaque fois un peu plus, chaque parcelle de son visage frôlant la perfection. Je souris, bêtement, loin d'être sobre. Je porte encore une fois la bouteille à mes lèvres. Il en reste déjà moins de la moitié.

« Eh, Ad... »

Je laisse tomber la tête sur l'épaule de Adrian, les yeux levés vers les siens. Je lui souris naïvement. Naïvement ?... C'est ridicule. Mes sourires à moi sont malsains, désagréables, repoussants. Je n'ai pas la force de faire de même pour celui-ci. Tant pis. Il me trouvera ridicule, ça ne changera pas beaucoup de d'habitude.
Le sommeil me gagne. Je ferme les yeux. Grave erreur. Je me sens tomber en arrière, tous mes muscles détendus, et m'endors avant de toucher le matelas.
Ivre mort en ayant bu la moitié d'une bouteille de rhum.

Résister au charme de Adrian est difficile, voire impossible. Je pense être en train d'échouer. Je baisse ma garde, je le laisse se rapprocher et me montrer ce que je n'aurai jamais voulu voir de lui. Sa gentillesse, son humanité ; tout ce que je n'avais jamais pu explorer chez personne, encore moins chez lui. Il exploite mes faiblesses, profite de mes points faibles. Je pourrais trouver ça fourbe, mais venant de lui, c'est juste... intéressant... attachant. Maintenant je doute de pouvoir le repousser. Moi qui me pensais inatteignable, vierge de toute faiblesse sentimentale, insensible à l'amitié comme à d'autres bonnes choses, je me sens fléchir face à sa délicatesse. Il m'attaque par les sentiments, ces irrépressibles sentiments, irrépressible faiblesse qui me prend à la gorge.


Oh, somewhere deep, inside of these bones
An emptiness began to grow,
There's something out there, far from my home
A longing that I've never known...

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MessageSujet: Re: Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)   Sam 17 Jan - 21:52
I'm losing to you, baby I'm no match.


Je retiens un rire froid. Non, je doute me retrouver dans une situation comme celle-ci, je me défends un peu mieux que toi, Konrad. Mais, oui, il me revaudra ça, d'une façon ou d'une autre, je m'en assurerai. Je ne le lui aurai pas demandé si il n'avait rien dit à ce sujet, j'aurais pu essayer de le faire culpabiliser avec ça par la suite -ce qui n'aurait absolument pas fonctionné j'en suis certain-, mais maintenant qu'il l'a dit et assuré, je ne me gênerai sûrement pas pour lui rappeler de le faire. Tu l'as dit, il va falloir le faire. Mais pour le moment, il n'est pas en état. Il n'est même pas en état de tenir une conversation normalement, puisqu'il est bien trop occupé à boire. Je le regarde, sans toucher à ma propre bouteille de pastis.

▬ Tu fais comme tu veux.

Je roule des yeux. Vu l'état dans lequel il va bientôt se trouver, mieux vaut rester là. Il aura vite fait de s'endormir -à moins qu'il ne vomisse avant, chose que je redoute-, tombé en arrière dans une position sûrement inconfortable, qui n'améliorera pas son confort. Donc, je reste. Splendide. Je hausse les épaules, comme si ça m'était égal, continuant cependant de le regarder se remplir d'alcool. Oui, c'est ça, bois. Bois jusqu'à ce que tu aies atteint l'ivresse, le réconfort après l'effort, noie-toi dans cet bonheur saoul que t'offre une bouteille que tu n'es pas censé boire aussi vite. Konrad a certainement mieux compris que moi comment exploiter l'alcool, et oublier son amour propre pour le faire au mieux, mais honnêtement, je ne veux pas savoir. Même souffrant, même triste, même dépressif, je ne serai jamais désespéré au point de m'oublier dans l'alcool, au risque de me sentir encore plus pathétique. Quand j'étais adolescent, mes parents n'hésitaient jamais à me proposer de goûter du vin lorsqu'ils en buvaient, ou alors de la bière, ou la moindre petite goutte de panaché. Chose que j'ai accepté les premières fois, puis j'ai arrêté, lorsque j'ai compris que l'alcool n'apportait rien de bon, qu'il ne ferait jamais rien d'autre que révéler des parties de ma personnalité que je cherche à cacher, l'alcool ça fait tomber le masque, et ça vous montre sous votre moins bon jour, les cheveux ébouriffés, l'air stupide, la bouche qui déborde de mots vrais et sincères, ça dévoile votre vraie personnalité. Et je déteste ça. Je préfère voir les autres le faire, oui, l'alcool est bien là pour servir à quelque chose, n'est-ce pas ? Et bien il ne servira pas à ça avec moi, c'est certain.

▬ Eh, Ad...

Je détourne le regard, un sourire aux lèvres. Je mets ma main au feu qu'il ne finira jamais cette phrase. Je le laisse poser la tête contre mon épaule, sans le regarder, sans vouloir me confronter à l'expression stupide qu'il doit arborer en ce moment, qui ne servirait qu'à me faire réaliser qu'il est inutile de s'attarder sur le cas d'un type comme ça, un type qui s'abaisse à se saouler pour oublier la souffrance et la honte...
Non, mais, en fait, je crois bien que je m'en fiche. C'est loin d'être la chose la plus honteuse que Konrad aie faite. Mais à l'instant même où j'ai voulu tourner la tête vers lui, j'ai senti sa tête quitter mon épaule, et le bruit sourd du résultat d'une chute contre le matelas. Il a dû fermer les yeux avant d'être immédiatement emporté par le sommeil. Il n'aura pas fallut longtemps, en tout cas. Finalement, ça m'arrange. Je n'aurais pas à échanger de nouveaux regards gênants avec lui. Toute conversation étant terminée, l'éventualité d'un grand silence ensuivi de regards rapprochés aurait été assez probable.

Je baisse la tête vers lui, sourcils froncés, comme mécontent. Tout va pour le mieux, pourtant, je sais que maintenant qu'il est tombé endormi et ne se réveillera que dans une dizaine d'heures, plus rien ne me retient d'aller voir ces types et de leur faire de nouvelles menaces, peut-être des blessures, quoi qu'il en soit, un avertissement un peu plus marquant que le précédent. Rien ne me retient d'aller faire tout ça.
Mon regard se dirige vers le visage endormi et détendu de Konrad. Quoique. Je préfère rester là, histoire d'être sûr qu'il ne se réveillera pas pendant la nuit. Et qu'il sera bien installé.

Finalement, je n'aurais pas touché à ma bouteille de pastis. C'est sans doute mieux comme ça. Je la pose par terre, à côté du lit, puis me redresse avant de me pencher vers Konrad pour le redresser, en tâchant de ne pas le réveiller. L'espace de quelques secondes, je le soulève et le prends dans mes bras, juste le temps de tirer la couette et de l'installer dessous, chassant au passage une mèche de son visage.
Une fois l'avoir installé de façon à ce qu'il dorme confortablement, je me laisse retomber sur le matelas, juste à côté de lui, sa bouteille presque vide en main. Un vague sourire traverse mon visage. Endormi, il a tout de suite l'air moins agaçant, moins arrogant, moins malsain... presque innocent. C'est tellement mignon. Je laisse tomber ma main sur son épaule recouverte par les couvertures, et un soupir s'échappe d'entre mes lèvres.

▬ T'es vraiment le type le plus bizarre que j'ai jamais vu. Ma bouche s'étire pour un dernier sourire, plus gentil et amical que tous les autres, empreint d'une affection quasi certaine. Si plaisant.

Il y a tant de choses que les humains sont incités à apprécier chez les autres. La douceur, la gentillesse, la générosité, la bonne foi, l'honnêteté... C'est cette norme de préférences qui moi me lasse et me détourne de la sociabilité, des gens en général, ils ne me paraissent pas intéressants, tous les mêmes, tous des robots guidés et conditionnés par la société, société dont ils sont eux-mêmes les fondateurs. C'est triste. Mais Konrad, lui, sort de cette norme, et le meilleur, c'est qu'il ne le fait pas avec de grandes exclamations, des discours mégalomanes et une grande revendication, non, lui se contente d'être lui-même, différent à la base, il agit inconsciemment, il agit naturellement, et il agit différemment des autres, il ne me traite pas comme n'importe quelle personne le ferait ; avec respect, avec crainte, avec politesse, avec tout ce qui peut exister. Konrad me traite comme je mérite d'être traité : de façon meilleure que tous les autres, mais comme je suis. Je suis relativement différent, je sors du lot, je tue des gens sans remord, seulement grâce à mon égoïsme et ma façon de penser, et lui aussi, sauf que lui ne fait rien de spécial, il est différent de par sa simple mais complexe personnalité. Il peint, il couche avec qui il peut, mais c'est normal, il fait ces choses tout comme les gens "normaux" font des choses considérées comme "normales", du sport, du basket, n'importe quoi, des activités qu'ils apprécient de par leur banalité et leur capacité à distraire, du shopping, tout ce que je qualifie de "connerie" et de "futilité."

Et Konrad, lui, il boit. Il peint. Il se moque, et il couche. C'est sa façon de vivre, moi je tue, je tue, je tue, je couche, je bois et je tue, du moins avant, maintenant je tue, je tue, je bois et je tue, je couche avec Konrad. Nous ne sommes pas si différents l'un de l'autre, dans notre opposition aux humains normaux.
Et je suis censé laisser ce lien disparaître, comme s'il avait été n'importe quel autre individu totalement vide d'intérêt ? Ignorer tous ces points communs, toutes ces choses qui me font l'apprécier pour je ne sais quelle raison ?

Oh, j'ai l'air bien innocent, là, à moitié allongé à côté de lui, également gagné par la fatigue, semi-inconscient, comme si de rien était, mais c'est dans les moments les plus banals que les choses les plus importantes se produisent.

Et ce dont je suis sûr, c'est pour quelles raisons, plus tard dans notre vie, je pourrais me permettre de faire avancer les choses entre moi et Konrad, si il le veut bien.
Si.



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Irrépréssible faiblesse. [Adrian♛Konrad] (event 1)

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