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 Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]

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YeSung Minh
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MessageSujet: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Mar 9 Sep - 20:22


Quand tout devient plus simple, parfois ça se complique encore plus…



C’était un matin comme tous les autres. A mon réveil, j’étais serré contre Donghae et j’avais refermé les yeux, de peur qu’il s’éloigne en voyant que j’étais réveillé. Et je me rendormais, la tête dans le creux de son cou, respirant son odeur. Alors quand je quittais de nouveau les bras de Morphée, il n’était pas  rare qu’il soit déjà réveillé mais qu’il n’ait pas bougé pour ne pas troubler mon sommeil. J’étais aux petits soins pour lui et il faisait de même avec moi. Pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher de toujours me poser des questions sur nous. Je savais que je n’insisterais pas, pour ne pas le perdre totalement, et je savais qu’un jour il serait prêt mais cela faisait déjà plusieurs mois que j’attendais. Jonghyun et Sungmin s’étaient remis ensemble et Eunhyuk et Hyukjae, les deux frères inséparables, étaient à présent à peu près bien intégré à notre petite famille malgré des relations difficiles pour Eunhyuk. Alors que de notre côté, rien ne changeait. Vraiment rien. Je n’avais perçu aucune progression si ce n’est qu’on en parlait avec moins de gêne qu’au début. Du moins, en parler est un bien grand mot puisque c’était plutôt quand les autres en parlaient qu’on rougissait moins disons…

J’ouvris les yeux en sentant son souffle inonder mon visage. C’était plutôt agréable et je lui souris en plongeant mon regard dans le sien. Comme les quelques fois où ça nous était arrivé, nous détournions le regard presqu’en même temps, pas de gêne, mais peut-être pour résister à la tentation. Je voulais m’en persuader tout du moins. Tout le monde dormait, comme souvent lorsqu’on se levait, même s’il était presque onze heures. Même nos deux nouveaux amis réussissaient à dormir de plus en plus tard. Je m’habillai en premier, bientôt suivi par Donghae, et on sortit de la chambre en silence, tous les deux. J’appréciais toujours autant les moments où nous nous retrouvions seuls mais bien entendu, plus nous étions nombreux, plus ça devenait rare et précieux. Alors cette ballade dans le parc était quelque chose dont je voulais profiter un maximum. Le temps était frais malgré cette fin de matinée et j’aimais quand Donghae ne pensait pas à sa veste et qu’il se retrouvait à me prendre la main et à se caler contre moi pour profiter de ma chaleur. Je le réchauffais toujours comme je le pouvais. Mon côté Dragoon me permettait probablement de ne jamais avoir froid et ainsi je pouvais profiter d’étreintes avec Donghae, qui lui n’avait pas cette qualité de bouillotte. Il en avait bien sur d’autres, des dizaines d’autres mais celle-là c’était la mienne et le fait qu’il ne l’ait pas était en soi une qualité puisqu’elle me permettait de le serrer dans mes bras.

Après m’être assis sur un banc, je l’attirais sur mes genoux pour qu’il reste dans ce cocon de chaleur et je le serrais dans mes bras toujours plus amoureusement, mais tout en gardant une apparence d’étreinte amicale.  Je me calais tout contre lui respirant son odeur et écoutant les battements de son cœur que j’entendais légèrement dans ce silence qui n’avait rien de glacial. Nous avons discuté pendant un bon moment avant qu’il ne se relève et qu’il me prenne la main pour qu’on aille jusqu’à sa voiture. Je me doutais qu’il voulait qu’on aille en ville mais je ne sais si j’en avais vraiment envie pour une fois. Pourtant tous mes doutes s’estompèrent pour s’effacer quand nous sommes entrés dans la salle de musique et que j’ai commencé à jouer au piano.

- T’es motivé maintenant ?

Donghae je t’aime. Tu peux pas savoir à quel point mon dieu c’est trop fort. Tu lis dans ma tête pire que comme dans un livre ouvert. J’avais presque été trainé jusque là, j’avais joué quelques notes timides et maintenant que je me déchainais sur l’instrument, il résumait en une phrase tout ce qu’il y avait dans mon esprit. Comment faisait-il ? Je n’en sais rien. Une chose est sure : je l’aime.

- Faut croire que c’est le pouvoir de cette salle.

- Moi je crois que c’est ton pouvoir à toi.

- De quoi ?

- D’aimer la musique.

Il avait tellement raison. Je n’étais pas toujours enthousiaste à l’idée de jouer mais dès que je m’y mettais, je me sentais vivre. C’est une sensation qu’on ne peut pas imaginer, on ne peut que la vivre et encore même là, on ne ressent pas tous la même chose. C’est unique. C’est magique.

- De même que tu aimes la danse.

- Non. Toi tu ne l’aimes pas tu la vis.

Je ne trouvais rien à redire à cela et je préférais continuer à vivre l’instant avec lui au lieu de sans cesse de penser à plus tard.

         


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Donghae Lawn
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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Mer 10 Sep - 19:57

Quand tout devient Simple
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Cette nuit là j'avais bien dormit. Cela faisait des lustres que ça ne m'était pas arrivé. J'avais vraiment cette impression d'avoir bien dormit, de m'être reposé. Je ne me réveillais pas fatigué. Il était certes tard -probablement car je n'ai pas l'heure- mais d'habitude, j'avais beau me réveiller à cette heure-ci, mon état ne changeait pas vraiment.
Quoiqu'il en soit, je n'ouvrais pas les yeux, pour la simple et bonne raison que je ne voulais pas interrompre cet instant. Je me trouvais allongé tout contre Yesung, plus ou moins dans ses bras, et je n'avais pas envie que cela change. Je m'imprégnais de son odeur, je sombrais dans sa chaleur, se respiration me berçait. Ses battements de cœur me parvenait comme une douce mélodie. J'ouvrais néanmoins les yeux, ancrant mon regard dans le sien avec un sourire. Il me souriait à son tour, mais je détournais rapidement mes yeux des siens, ressentant comme à chaque fois cette gêne étrange. Même après tout ce temps je n'arrivais pas à m'en défaire. 
J'en venais à me demander où nous en étions lui et moi. Je restai la seule et unique barrière à notre relation, mais j'avais l'impression de ne pas posséder les clés pour ouvrir cette grille qui nous empêchait d'être ensemble. J'étais à leur recherche, mais elles restaient introuvables, perdu au fin fond de mon cœur. 
Tout le monde dormait encore dans la chambre, même Eunhyuk et Hyukjae qui, depuis qu'ils étaient arrivés, ne dormaient pas énormément. Pour ne pas les déranger, nous nous sommes levés sans bruit et l'on s'est habillés rapidement avant de sortir. Comme d'habitude, je ne prenais pas ma veste. Mais c'était plus un oubli volontaire qu'involontaire, du moins c'est ce dont je me persuadais vu qu'à chaque fois, j'avais beau y penser, je ne la prenais jamais. Peu importe le temps qu'il faisait dehors. La raison était simple : Yesung.
Nous marchions depuis quelques instants dans le parc et, comme d'habitude, j'avais froid. Comme de coutume, je prenais la main de Yesung dans la mienne et me caler plus ou moins contre lui, profitant de sa chaleur naturelle. C'était probablement son côté animalik que je préférais, le plus utile de mon point de vue. Il me permettait de ne pas avoir froid mais aussi de me retrouver contre lui pour une raison précise. Non pas que sans raison cela me gênait, mais je me sentais coupable de lui "infliger" cela alors qu'il m'attendait depuis déjà plusieurs mois. Alors quand je le pouvais, j'en profitais. C'était égoïste de ma part, mais je savais que ça ne le dérangeait pas. C'est tout ce qui comptais.
Yesung nous avait emmené jusqu'à un banc et s'était assis, sans pour autant lâcher ma main. Je m'apprêtais à m'asseoir à côté de lui mais il m'attira à lui pour m'asseoir sur ses genoux. D'abord surpris, je me laissais entièrement faire. Il passa ses bras autour de moi et me plaqua contre lui, m'enfermant avec lui dans la chaleur de cette étreinte... amoureuse.
Nous avons discuté durant un moment, de tout et de rien. Particulièrement de rien, pour la simple et bonne raison que nous n'avions plus rien à nous dire. Nous nous connaissions trop bien. Je lisais dans son esprit et lui dans le miens. Et je savais qu'il pouvait y lire tout l'amour que j'avais pour lui, mais que j'étais incapable d'exprimer clairement. J'ai finit par me lever, lui reprendre la main et le lever à son tour. J'avais besoin de sortir, de me changer les idées. 
Nous sommes arrivés au centre commercial, que nous avons rapidement traversé pour atteindre notre salle de musique. Personne n'y était jamais venu. Peut être qu'un jour ça se fera, mais pour le moment, cet endroit était à nous. Et rien qu'à nous. Yesung n'avait pas vraiment l'air motivé, comme s'il ne voulait pas être là, mais je savais que ça allait changer lorsqu'il allait commencer à jouer. 

- T’es motivé maintenant ?

A peine s'était-il mit à jouer du piano que je sentais à nouveau cette joie de vivre qui l'envahissait peu à peu. Je souriais en le voyant jouer ainsi.

- Faut croire que c’est le pouvoir de cette salle.

Si seulement tu savais.

- Moi je crois que c’est ton pouvoir à toi.
- De quoi ?
- D’aimer la musique.
- De même que tu aimes la danse.
- Non. Toi tu ne l’aimes pas tu la vis.

Sa passion et la mienne étaient tellement différentes. Lui se sentais vivre à travers ses notes, c'était quelque chose d'inexplicable. Même pour moi qui le connaissait presque mieux que moi-même. Mais la danse, pour moi, c'était totalement différent. C'était plus un loisir qu'une passion réel. Certes j'étais doué. Certes à chaque fois que l'on met de la musique je ne peux pas m'empêcher de danser. Mais pour vivre je n'ai pas besoin d'elle. Je n'ai besoin que d'une chose, et elle est ici-même.
Jusqu'ici appuyé au mur, je me détachais de ce dernier et m'approchais de Yesung. Me mettant derrière lui, j'osais passer mes bras autour de lui, sur ses épaules, tentant de ne pas le gêner dans ses gestes. Je ne l'avais jamais fait jusqu'ici, et c'était probablement la première fois depuis longtemps que je l'enlaçais sans une raison particulière. Mais ça ne semblait pas le déranger, bien au contraire, du moins si je me fiais au fait qu'il a levé les yeux vers moi avec un sourire. Je le lui renvoyais avant qu'il ne rebaisse les yeux et ne cale sa tête sur mon bras droit. Même s'il ne pouvait pas me voir je souriais.
Cela dura un moment avant qu'il ne s'arrête d'un coup. Je me suis écarté de lui et il s'est levé, se dirigeant vers le post de musique. Je me doutais de ce qu'il allait faire. 
Après quelques minutes, la musique démarra. Une musique que je connaissais bien, mais dont j'ignorais totalement la chorégraphie. Il s'agissait de " Fantastic " de Henry. Mais ce n'était pas ça qui allait me bloquer. Yesung s'empara de sa guitare, s'assit sur une chaise et s'accorda à la musique. Je m'imprégnais doucement des notes, fermais les yeux, et commença à bouger en rythme. D'abord doucement, des gestes simples et basiques, puis, petit à petit, j'ai compliqué les choses, jusqu'à les rendre à mon niveau. 
Quand la musique s'est terminée, une autre s'est enchaînée, puis une autre, et ainsi de suite durant un peu moins d'une demi-heure. Après cela, l'on s'est assit sur le canapé, ce même canapé où nous avions échangé ce seul et unique baiser, ce canapé où il m'avait tout avoué. Je me surprenais à perdre mon sourire en repensant à tout cela. C'était il y a longtemps, et aujourd'hui rien n'avait changé. Et c'était ma faute. Je relevais les yeux vers Yesung, qui lui me souriait comme pour me faire comprendre que ce n'était pas grave. Il avait le don de lire ne moi, s'en était presque agaçant. 
Nous avons finit par repartir de la ville pour rentrer à l'internat, mais nous ne sommes pas retournés dans la chambre. Leeteuk aura probablement la plus grande peur de toute sa vie -parce que d'habitude on rentre vite- mais tant pis pour lui. Il pouvait attendre. 
Ne sachant pas vraiment où aller, nous sommes entrés dans les bois, en direction de je ne sais où, en parlant de choses et d'autres. Nous avons rapidement rejoint la rivière et l'avons longé un long moment, jusqu'à arriver à une étendue de verdure qui s'étendait de chaque côté du cours d'eau. Je n'étais jamais venu jusqu'ici. Je me rapprochais un peu plus de Yesung, sans cesser d'avancer, et osais m'emparer de sa main, doucement, toujours aussi brûlante. 
.


©Saphirielle de Tatati


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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Jeu 11 Sep - 21:05


Quand tout devient simple



Mes mains glissaient sur chacune des touches sans même que j’y réfléchisse. Je revivais de chaque note et de sa présence avec  moi. Je le voyais adossé au mur, il souriait et j’aimais le voir étirer ses lèvres en un symbole de joie. Pourquoi bougeait-il ? Je ne pouvais plus le voir. Mes notes restaient automatique mais la musique n’était plus la même. Elle n’était plus en rythme avec les battements de mon cœur qui accéléraient autant qu’ils étaient désordonnés jusqu’à ce que mon métronome régule à nouveau ceux-ci. Je ne le voyais plus, certes, mais je le sentais, serré contre moi, ses bras autour de moi. Jamais il ne m’avait pris comme ça dans ses bras. Parfois, on échangeait une étreinte mais soit il y avait une raison, même si ce n’était qu’une excuse, soit c’était moi qui l’enlaçais. Il franchissait un premier pas vers moi mais je ne prévoyais pas de lui faire ressentir. Un regard et un sourire qu’il me rendit aussitôt et je m’en contentais. Il respirait toujours. Je sentais son souffle. Ça me suffisait amplement. Calé contre lui, jouant du piano, je me sentais invincible. Je nous savais invincibles.

Quand vint la fin du morceau, je me levai un peu précipitamment et, le laissant s’écarter légèrement, je me dirigeai à pas léger vers le poste de musique. Cet instrument si nécessaire dans une vie. Je savais qu’il se doutait de ce que j’allais faire mais je ne voulais en aucun le surprendre. Pour l’instant. Je voulais qu’il improvise totalement, qu’il se livre, qu’il soi lui-même. Une chanson sans chorégraphie imposée. Voilà ce qu’il me fallait, ce qu’il nous fallait. Après quelques minutes, la musique se lança. « Fantastic » de Henry Lau. Une chanson que nous adorions tous les deux, et ce, à juste titre. Prenant en main ma guitare, je commençai à jouer pour me caler sur la musique d’abord doucement puis avec plus de conviction une fois le rythme lancé. Donghae en avait fait de même avec ses pas. D’abord timides, ils étaient devenus des notes naturelles qu’il jouait sans s’en préoccuper. Il était lui-même. Pendant une demi-heure, nous avons joué et dansé sur différentes musiques. Je changeais parfois d’instrument mais la guitare restait celui que je préférais rajouter à de l’électro. Le son des cordes donnait un je ne sais quoi à chaque morceau. Quelque chose de magique. Quand ma play-liste fut écoulée, je me suis assis sur le canapé où Donghae m’a rapidement rejoint. Mais il perdit vite son sourire et je ne pouvais que deviner pourquoi. C’est ici que je l’avais embrassé et c’est aussi ici qu’on s’était tout avoué. Je l’aimais et lui ne le pouvait pas même s’il le voulait. Depuis, quelques mois s’étaient écoulés mais rien n’avait bougé. Je n’aurais même pas songé à lui en vouloir pour cela et le grand sourire que je lui adressais en ce moment là n’en était qu’une preuve parmi tant d’autres. Je l’ai pris doucement dans mes bras. J’étais assis avec la jambe droite repliée sur mon autre jambe, de manière à ce qu’il soit calé dans mes bras, en position presque allongée. On aurait pu continuer à discuter comme ça pendant des heures mais nous voulions tous les deux sortir. C’était évident, ça crevait les yeux que changer d’air allait nous faire du bien. Je lui avais proposé de rentrer presqu’en même temps que lui ne l’avait fait mais une fois dans le parc de l’internat, nous nous étions tous les deux stoppés, comme si c’était trop tôt pour rentrer. A ce moment-là, je ne pouvais m’empêcher de penser que Leeteuk allait se réveiller avec la plus grande peur de sa vie parce que nous ne serions pas là mais ce ne serait pas la première fois. Je me rappelle de la première fois… C’était le jour où j’avais embrassé celui qui comptait le plus pour moi. Donghae.

Je ne savais pas où aller. Lui non plus. Alors ce sont naturellement les bois qui nous ont attiré à eux. En entrant entre leurs bras protecteurs, je me sentais caché du monde, j’avais l’impression d’entrer dans un monde parallèle où personne ne pouvait me juger, le même monde dans lequel me transportait la musique sauf que là, Donghae n’était pas dans mes paroles mais avec moi. Nous avons rapidement rejoint une rivière limpide que nous avons naturellement longé sur quelques mètres, en discutant de choses et d’autres avant d’arriver devant une vaste étendue de verdure qui semblait encadrer le cours d’eau d’une barrière dorée. Je ne me souviens pas être venu aussi loin en dehors de l’internat mais Donghae était avec moi et j’appréciais cette sensation d’inconnu qui m’envahissait. Nous étions seuls face au monde. Même si ce monde n’était pas vraiment le notre, je m’y sentais bien avec lui. Nous continuions d’avancer mais je sentais que Donghae se rapprochait de moi et quand il m’avait pris, presque timidement, la main, j’avais senti un frisson d’excitation parcourir tout mon bras à la recherche de mon cœur. Je fourmillai de bonheur. C’était la deuxième fois aujourd’hui qu’il se montrait si proche de moi. Bien sur, notre proximité n’avait jamais été mise en cause ou secrète mais aujourd’hui c’était presque tendre et non amical. Je n’osais presque plus respirer de peur de lui faire et qu’il ne s’envole, effrayé par un signe de danger, loin de moi. Quand il resserra sa prise sur moi, entrelaçant doucement nos doigts, je ne fourmillai plus, je m’évanouissais, je fondais, je brulais, je ressentais toutes les émotions possibles en simultané. Je me risquais à profiter de ce sentiment de légèreté en prenant sa main avec plus de conviction que précédemment, en glissant mes doigts entre les siens, effleurant chaque parcelle de sa peau. C’était sommaire. C’était sa main. C’était plus que je n’en aurai jamais demandé. Il cala sa tête contre mon épaule et on avança encore sur quelques mètres avant de s’asseoir dans l’herbe, sans avoir échangé un mot depuis qu’il m’avait pris la main. Il la lâcha d’ailleurs pour que je puisse passer mon bras derrière lui afin de le serrer contre moi. Je ne pouvais pas sentir sa chaleur, la mienne surpassant toutes les autres, mais je sentais son souffle et je respirais son odeur comme une drogue qui s’insinuait progressivement dans mes veines. Le bruit de l’eau qui coule. Ses battements de cœur joints aux miens en une harmonie parfaite. Le bruit du vent dans les feuilles. Tous ces sons formaient une douce musique à mon oreille, une musique qui me portait dans un état de transe dans lequel je ne me maitrisais presque plus. Passant de son épaule sur son bras, ma main caressa sa peau fraiche dans l’air printanier, avant de rejoindre sa main sur laquelle je ne m’arrêtai que quelques secondes avant de commencer de lents allers-retours qui me donnait autant de frissons que lui. Une bourrasque de vent couvrit le reste, mon cœur rata un battement et toute la symphonie fut ruinée en un instant, me ramenant ainsi sur la terre ferme. Je n’avais même pas le courage de m’excuser en remettant ma main à la place qu’elle n’aurait jamais du quitter. J’avais presque honte de moi, honte d’avoir changé ma façon d’être alors que je lui avais promis le contraire.

- Non… Yesungee… Tu peux continuer…

Est-ce que la vie pouvait être dure au point qu’elle m’ait infligée ce rêve ? Est-ce qu’il était possible que j’ai offensé je ne sais qui au point qu’il veuille que je souffre à ce point ? Si tel était le cas, autant que je profite de ce qu’il m’offrait avant d’en souffrir. Mais je ne voulais pas que Donghae en souffre lui. Ma souffrance n’était rien, la sienne était tout. Je ne pouvais pas continuer. Il fallait que je sache ce qu’il avait dans la tête. J’avais toujours su lire en lui mais aujourd’hui je voulais l’entendre dire ce que je semblais percevoir.

- Je suis désolé, je n’aurais pas du…

- Je te dis que ce n’est rien, c’est mieux comme ça…

- Comme quoi ?

- Tu m’as attendu trop longtemps, je me suis attendu trop longtemps mais malgré tout, tu es resté le même, tout le temps. Juste parce que je te l’ai demandé.

- N’importe qui en aurait fait de même…

- Non, Cloud, tu es la seule personne que je connaisse à pouvoir endurer les remarques, les moqueries et les sarcasmes sans rien dire, juste parce que tu ne voulais pas que moi j’en souffre.

- C’est pas moi, c’est toi qui m’en a donné la force…

- Je t’aime.

La mort et l’amour n’ont pas beaucoup de choses qui les opposent phonétiquement. En ce moment, son amour débordait et je me sentais mourir de l’avoir entendu dire ces quelques mots. Ils étaient plus forts que n’importe quel discours. J’avais toujours rêvé de les entendre mais aujourd’hui, c’était réel. Ce n’était pas un piège de la vie. Ce n’était pas un rêve, pas une illusion. On ne pouvait créer l’illusion d’un regard empli de tant d’amour. En me disant cela, il s’était légèrement redressé pour me regarder et plongeant mon regard dans le sien, je déposais amoureusement un baiser sur ses lèvres. Il n’y répondit pas immédiatement, je le sentais hésitant. « Je t’aime ». Il me l’a dit et je ne pouvais que vouloir l’aider en ce moment. Passant mes bras autour de lui pour le serrer toujours plus contre moi, je prenais sa main et la déposait près de mon cœur pour qu’il le sente battre. Gardant le contact entre nos deux fronts mais laissant ses lèvres, je lui disais simplement.

- Sens-le. Il ne bat que pour toi.

Et ce fut lui qui m’embrassa. Le gout de ses lèvres m’avait manqué. Je n’avais croqué le fruit défendu qu’une fois mais depuis, ce parfum et ce désir ne m’avaient pas quitté un instant. C’était indéfinissable, indescriptible. C’était peut-être sucré, peut-être salé, peut-être amer ou acide, je n’en savais rien. C’était ses lèvres, c’était tout ce que je savais. Sa main était toujours sur mon cœur et mes bras se trouvaient toujours dans son dos. J’aurais pu rester comme ça des heures, Donghae dans mes bras, alors que nous pouvions être nous-mêmes. Mais il en décida autrement et sa langue passa tendrement sur mes lèvres alors que nous échangions toujours ce deuxième premier baiser, qui resterait pour moi, le premier. Je ne pus m’empêcher d’entrouvrir les lèvres afin de lui laisser le contrôle de ce baiser. Sa langue rencontra la mienne, la frôla d’abord pour l’épouser ensuite. Elles dansèrent ensemble dans une valse endiablée que je ne maitrisais plus. Il avait été si timide vis-à-vis de nous jusqu’à présent que je ne pouvais qu’être surpris par sa façon de contrôler cet échange. Lorsqu’il délaissa mon morceau de chair, il commença à explorer les moindres recoins de cette bouche qui était désormais sienne et une de mes mains se plaqua contre sa nuque tandis que l’autre glissait vers ses reins afin de lier un peu plus cette étreinte dans laquelle je me sentais si bien. Nous n’étions plus dans un monde parallèle. Nous n’étions plus seuls face au monde. Nous étions dans notre monde. Celui qui n’appartenait qu’à nous et que personne ne pourrait rejoindre.

         


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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Ven 12 Sep - 20:53

Quand tout devient Simple
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J'osais resserrer doucement mon emprise sur sa main, rendant ce contact encore plus tendre qu'il ne l'était. Cela paraissait anodin et si simple de se donner la main ainsi, mais pour nous c'était bien plus que ça. Pour moi ça l'était. Timidement, j'entrelaçais nos doigts, quelque chose que Yesung acheva de façon tout aussi douce. 
Mon cœur me criait de me rapprocher de lui, mais je n'osais pas. Et j'en ignorais la raison. Je savais que lui ne ressentirai aucune gêne. Je savais aussi que j'en avais envie. Mais ma conscience me retenait, me rappelant à chaque instant la raison qui faisait que lui et moi n'étions toujours pas ensemble. Mais au diable la raison. Succombant à la tentation, je calais doucement ma tête sur son épaule, non sans le surprendre.
L'on avança sur quelques mètres ainsi, plongé dans un quasi-silence agréable. Aucun de nous deux ne parlait, seul le bruit du la rivière et le vent dans les arbres venait troubler ce repos que nous avions crée. L'on s'assit peu de temps après cela dans l'herbe, l'un contre l'autre, nous offrant une proximité douce et agréable, presque étrangère. Je ne saurais dire le nombre de fois où je me suis assit contre lui, mais aujourd'hui c'était différent. J'avais l'impression que les choses prenaient une toute autre tournure. 
Volontairement, je lâchais sa main pour le laisser passer son bras autour de mes épaules pour me ramener contre lui, me faisant retrouver cette chaleur qu'il émanait sans cesse. Calant un peu mieux ma tête dans le creux de son épaule, je fermais les yeux pour profiter au mieux de l'instant présent. J'entendais son souffle. Je sentais ses battements de cœur. Je n'avais besoin de rien d'autre. 
Sa main, qui jusqu'ici se trouvait sur mon épaule, descendit doucement sur mon bras. Elle s'attarda quelques instants sur ma main avant de commencer des allers et retours, me provoquant des frissons. Mais cette sensation était agréable. J'aurais voulu qu'il continue, peut être même ainsi pendant des heures durant, mais il en décida autrement, stoppant sa main sur mon épaule. Il avait probablement dut réagir au fait qu'il m'avait promis de ne rien changer dans notre relation, du moins pas avant que je ne le veuille. Mais je le voulais depuis déjà tellement longtemps sans le pouvoir. Baissant les yeux, je lui dit doucement :

- Non… Yesungee… Tu peux continuer…

Par cette simple phrase j'avais l'impression se sous-entendre absolument tout ce que j'avais sur le cœur en ce moment même. Mais je n'arrivais pas à l'exprimer clairement. Je le lui avais fais comprendre ce matin dans le parc, puis ensuite dans la salle de musique, et pour finir ici-même. Mais au fond je n'étais pas vraiment sûr de ce que j'essayais de lui dire, du moins de lui faire comprendre. Ce dont j'étais sûr c'était que je devais suivre et écouter mon cœur, et non cette immortel conscience qui me donnait tort.

- Je suis désolé, je n’aurais pas du…
- Je te dis que ce n’est rien, c’est mieux comme ça…
- Comme quoi ?
- Tu m’as attendu trop longtemps, je me suis attendu trop longtemps mais malgré tout, tu es resté le même, tout le temps. Juste parce que je te l’ai demandé. 
- N’importe qui en aurait fait de même…
- Non, Cloud, tu es la seule personne que je connaisse à pouvoir endurer les remarques, les moqueries et les sarcasmes sans rien dire, juste parce que tu ne voulais pas que moi j’en souffre.
- C’est pas moi, c’est toi qui m’en a donné la force…
- Je t’aime.

Les mots étaient sortis tout seul, avec cet accord inconscient et invisible que je leur avait déjà confié il y a longtemps sans jamais le leur dire. Mais aujourd'hui c'était fait. Je savais que Yesung en était déjà probablement conscient, et ce depuis longtemps déjà, mais je voulais qu'il l'entende. Je voulais qu'il le sache. Qu'il en soit certain. Je voulais chasser ces doutes qui devaient le ronger en permanence. Mes paroles sincères et mon regard amoureux ont su le convaincre, et me convaincre également de ses doutes que je portais comme une charge lourde et presque douloureuse. 
Je m'étais redressé pour pouvoir plonger mon regard dans le sien, pour lui montrer à quel point je l'aimais, et à quel point j'étais sincère. Je ne cherchais nullement à jouer avec lui ou à gagner du temps. Je ne faisais que lui dire ce qu'il savait déjà, mais qu'il avait besoin d'entendre. Il plongea son regard dans le mien, avec une expression presque désemparé avant de poser ses lèvres sur les miennes.
D'abord surpris, je ne fis aucun geste. Sur le moment j'ai eu peur qu'il pense que je le rejettais, mais ce ne fut pas le cas. Timidement, j'osais appuyé ce baiser avec autant de douceur et de tendresse que possible avant qu'il ne sépare nos lèvres, laissant nos de front joint. Je rouvrais les yeux, tout en sentant son souffle brûlant sur mon visage. Je le sentis passer ses bras autour de moi, pour me ramener aussi bien sur que contre lui. Nos fronts étaient toujours l'un contre l'autre lorsqu'il prit ma main dans la sienne pour la déposer près de son cœur. J'appuyais ce contact, le sentant battre sous ma main comme si j'en étais le seul et unique maître. J'avais l'impression que si je brisais ce contact, il allait s'arrêter. 

- Sens-le. Il ne bat que pour toi.

Ça je le sais. Depuis longtemps. Mais je ne me lasserai jamais de te l'entendre dire. Je ne me lasserai jamais de le sentir battre sous ma main. 
Répondant simplement, je l'embrassai doucement, caressant tendrement ses lèvres des miennes. Notre premier baiser avait été bien différent de celui-ci, et les conditions étaient tels que je ne me souvenais même pas de l'effet que cela provoquait. Alors aujourd'hui, chaque sensation était nouvelle, un précieux cadeau. Je les mémorisais toutes, comme si j'avais peur de les perdre au fil du temps. Mais je savais que cela n'arriverait pas. 
Je passai mon bras autour de ses épaules, laissant mon autre main sur ce cœur qui était mien, avant d'appuyer ce baiser que nous échangions. Ses mains caressaient doucement mon dos, me provoquant d'agréables frissons. Oubliant toute timidité, j'osais penché légèrement la tête afin de caresser doucement ses lèvres de ma langue, quémandant l'accès pour approfondir cette échange. Peu de temps passa avant qu'il n'entrouvre les lèvres, me laissant le loisir de glisser tendrement ma langue contre la sienne. Je ne fis dans un premier temps que la caresser, avec une tendresse sans pareil, avant de l'enlacer amoureusement. 
Finissant par abandonner son morceau de chair, je découvrais chaque parcelle de sa bouche, sans en délaisser un seul. L'une de ses mains remonta le long de mon dos pour faire s'arrêter sur ma nuque alors que l'autre descendit doucement dans le bas de mon dos, nous rapprochant toujours plus l'un à l'autre. Sa chaleur m'envahissait peu à peu, si bien que je commençais à perdre pied.
Finissant par séparer nos lèvres, nos visages restèrent proches l'un de l'autre. Je n'ouvrais pas les yeux, m'imprégnant de ces sensations nouvelles une à une. L'on resta quelques instants dans cette position avant que je ne sente la main chaude de Yesung passer sous mon tee-shirt, caressant doucement mon dos tout en commençant à relever le vêtement. Il se stoppa, paraissant hésitant, mais je l'incitais à continuer ce qu'il faisait en scellant à nouveau nos lèvres, profitant du fait qu'il ai la bouche entrouverte pour approfondir directement le baiser, que je dominais à nouveau. Sa main remonta doucement le long de ma colonne, redessinant chaque vertèbre une à une. Je séparais nos lèvres afin qu'il m'enlève entièrement mon tee-shirt. La brise contre ma peau nue me fit frissonner, mais Yesung me reprit tout contre lui, me faisait bénéficier de cette flamme qui brûlait sans cesse en lui, un feu qui ne s'éteindrait jamais, animée par cet amour qui brûlait en lui amour.
Sa main descendit le long de mon torse, retraçant chacun de mes muscles avec douceur et tendresse. Profitant de l'instant, j'avais fermé les yeux, avant de l'embrasser amoureusement, laissant sa main descendre toujours plus bas. J'ai à mon tour passer ma main sous son tee-shirt, caressant sa peau brûlante, avant de le lui enlever. Yesung m'embrassa à nouveau, joignant directement nos jumelles. 
J'avais besoin de le sentir contre moi. J'avais besoin de sentir ses mains sur mon corps. J'avais besoin de sentir ses lèvres sur ma peau. J'avais besoin de le sentir en moi. Ce n'était ni une envie ni un caprice, c'était un désir ardent que Yesung animait à lui seul. 
Approfondissant tendrement ce baisser, je le poussais à s'allonger, prenant place au dessus de lui sans séparer nos lèvres alors que ma main descendait le long de son torse.

~

Le silence régnait à nouveau depuis déjà quelques minutes, dans ce monde qui nous appartenait. Yesung était allongé sur le dos et j'étais à moitié sur lui, ma tête reposant sur son torse, plus précisément sur son cœur. Je ne pouvais me laisser de ce bruit, qui sonnait comme une douce mélodie à mes oreilles. J'aurais pu l'écouter pendant des heures durant sans jamais m'en lasser. Yesung avait l'un de ses bras autour de moi, comme pour me garder contre lui, quoiqu'il arrive, et son autre main était enlacée avec la mienne.
Nous nous étions plus ou moins rhabillés, si l'on oubli le tee-shirt. Je lui avais fait comprendre de ne pas le remettre, pour la simple et bonne raison que je ne me lassais pas non plus de ce contact entre sa peau brûlante et la mienne. 
L'instant était parfait. Si je pouvais je resterai ici éternellement, contre lui, dans ses bras, bercer par son cœur et envahit par sa chaleur.
.


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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Dim 14 Sep - 19:46


Tu es ma mélodie, mon harmonie, ma vie



Il est enfin à moi et rien qu’à moi. Je lui appartiens et il m’appartient. De lui et moi, il ne reste plus que nous. J’avais attendu si longtemps que je ne pouvais que plus en apprécier le moment. Donghae était un cadeau dont j’avais peu à peu enlevé l’enrobage, si lentement que le cadeau en lui-même en avait pris une valeur maximale. En cet instant, j’aurais pu lui dire tellement de choses que je préférais laisser le silence les exprimer à ma place pour ne garder que l’essentiel. Le vent dans les feuilles lui soufflait mon amour, les sauterelles recréaient les soubresauts de mon cœur et l’eau qui coule déchainait les mêmes émotions que celles de mon âme. Maintenant, je pourrais tout lui dire. Je n’aurais plus besoin de m’isoler pour dire à voix haute et à un mur ce que je voudrais lui chuchoter.

J’étais allongé dans l’herbe et lui avait posé sa tête au niveau de mon cœur. Je le soutenais d’un bras pour le serrer contre moi en signe d’union indestructible et mon autre main enlaçait la sienne, laçant nos doigts ensemble. Il ne faisait pas froid mais ce n’était pas la raison pour laquelle nous avions gardé un contact direct entre nos deux torses. La seule et unique raison était que je ne voulais pour rien au monde arrêter de le sentir contre moi. Sa peau était la plus douce et la plus agréable des choses qu’il m’était permis de posséder et sa fraicheur contrastait avec ma chaleur, créant une harmonie neutre. Un accord parfait. Lui, moi et l’amour. Trois notes créant l’accord parfait. Le soupçon musical qui rendait un morceau sublime.

- Je t’aime.

Je n’avais pas voulu troubler notre cocon qui se nourrissait de ce silence si apaisant mais s’il y avait bien une chose que toutes les merveilles de la nature n’auraient pas pu lui dire, c’est que je l’aimais. Il ne bougea pas d’un pouce. Je ne lui avais jamais dit comme ça et surtout pas dans de telles circonstances. Mais je ne m’étais pas attendu à sa réponse. « Moi aussi », « je sais », « Et moi encore plus, je m’étais tout imaginé sauf ça…

- Depuis quand ?

Depuis le début. Depuis que j’ai appris à te connaître. Peut-être même avant. Depuis que tu es toute ma vie.

- Depuis que tu es la note qui me manquait pour trouver l’accord parfait.

Il savait ce que ça représentait pour moi de trouver cet accord. J’avais passé tellement de temps à le bassiner à son propos, comme quoi je ne serais jamais assez talentueux pour le trouver et que c’était un accord que seuls quelques uns trouvaient, qu’il était obligé que Hae ait compris tout ce qu’il représentait pour moi, même si j’avais une façon de l’exprimer bien maladroite… Il se redressa et plongea son regard dans le mien, alors que je me sentais fondre d’amour pour lui.

- Tu m’écriras une chanson parfaite alors ?

A partir du moment où il en serait l’inspiration, elle ne pourrait que l’être à mes yeux. Même si personne ne le percevrait. Si je parle de toi. Si je parle de ce que je ressens pour toi. Peu importe du moment que tu es celui qui habite mes notes, mais elle sera parfaite.

- Elle sera parfaite parce qu’on la fera ensemble du début à la fin.

J’avais écrit des dizaines de textes qui parlaient de lui. Directement ou pas. Mais je n’avais jamais réussi à atteindre la perfection. L’harmonie qui me ferait dire que j’avais écrit une nouvelle chanson. Parce qu’il n’était pas là physiquement pour m’aider. C’est ensemble que l’on trouverait la vraie mélodie qui pourrait nous représenter. Alors maintenant que j’ai le droit de l’aimer ouvertement, c’est tous les deux que je voulais que nous écrivions ma prochaine chanson. Maintenant qu’il me donnait le droit de ne plus lui cacher mes sentiments – même si lui comme les autres les connaissait – je voulais qu’on en profite.

- On rentre alors ? Comme ça on rassure Teukie et on y va !?

Je retrouvai mon Donghae. Celui qui s’enthousiasme plus vite que n’importe qui. Je l’aimais. Ah ça oui, je l’aimais plus que tout au monde. Pour rien sur cette Terre,  je ne l’aurais échangé. Il est ce que j’ai de plus précieux, de plus pur. C’est lui qui me fait vivre. Parfois, quand je n’arrive pas à dormir, je m’imagine ce que je pourrais être si on ne s’était pas trouvé… Et en le regardant, je me dis que c’aurait de toute façon était moins parfait que d’être avec lui.

Il avait parlé de Teukie. Je l’avais complètement oublié. Là, dans notre monde, juste tous les deux, j’en avais oublié que nous appartenions à un autre monde, un monde qui ne nous attendait pas pour continuer de tourner.

- Si tu veux mon cœur…

Je n’avais pas pu m’empêcher de lui donner ce surnom, le faisant sourire contre moi. Même les anges auraient pu m’envier en ce moment-même. Avec lui, je me sentais comme dans un éden terrestre, un monde que personne ne pouvait maculer, que rien ne pouvait entacher. Un paradis en magenta et bleu océan. Notre paradis.

         


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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Lun 15 Sep - 21:13
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Quand tout devient simple
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- Je t’aime.

Je n'eus aucune réaction sur le moment. Probablement parce que je le savais depuis longtemps, mais c'était la première fois qu'il me le disait ainsi, clairement. Mais je ne bougeais pas. Je n'osais pas. Au fond je ne voulais pas non plus. J'étais dans un paradis parfait, dans le nôtre, et je n'avais aucune envie de le quitter. Sentir son cœur battre c'était tout ce qui comptait pour moi. Rien d'autres. 

- Depuis quand ?

J'ignorais pourquoi je lui posais cette question. Je n'avais pas besoin de savoir. Peur importe depuis quand, ce qui compte c'est maintenant. Au diable s'il me détestait hier et m'aimait aujourd'hui. Tout ce qu'il faut retenir c'est aujourd'hui, et les jours à venir. 
N'importe qui aurait pu répondre quelque chose de basique, d'attendu, et même d'impossible, comme " Depuis toujours ", ce qui est théoriquement impossible. Mais il me répondit honnêtement.

- Depuis que tu es la note qui me manquait pour trouver l’accord parfait.

Je n'avais pas vraiment réponse à ma question, mais cela me suffisait amplement. Il avait beau s'y être prit de façon maladroite, il ne pouvait pas me répondre quelque chose de plus clair, et de plus parfait. Je ne prenais conscience que maintenant de ce que cette relation représentait pour lui, et me jurais de ne jamais le faire souffrir à cause d'elle. Jamais. 
Je me redressai, prenant appui sur mon avant bras droit pour plonger mon regard dans le siens. J'avais toujours su lui faire comprendre tout ce que je voulais rien que part un regard, mais aujourd'hui, mes yeux n'étaient plus assez fort pour lui faire comprendre à quel point je l'aimais. Je pourrais passer ma vie à le regarder sans qu'il sache ce qu'il représente pour moi.

- Tu m’écriras une chanson parfaite alors ?

De mon index, je dessinais des arabesques sur son torse, lui provoquant quelques frissons. Je crois que jamais je n'arriverais à me lasser de cette chaleur qu'il dégage, s'en est presque apaisant et rassurant. Lui souriant, j'attendis sa réponse, sans un mot. 

- Elle sera parfaite parce qu’on la fera ensemble du début à la fin.

C'est ce que j'espérais. Que quoi que l'on entreprenne lui et moi nous atteindrions la perfection. Mais même si ce n'est pas le cas, du moment qu'il est à mes côtés peu importe. 
Dès qu'il m'avait dit ça mon sourire amoureux s'était transformé en un sourire de gamin à qui on venait d'offrir un jouet. Retrouver le sourire était une des choses que je faisais le mieux, sourire pour un rien également, mais c'était encore plus fort quand c'est lui qui en était la cause. 

- On rentre alors ? Comme ça on rassure Teukie et on y va !?

Non. Je n'avais pas oublié Leeteuk. Il avait beau être parfois très chiant, toujours sur notre dos, c'était notre "maman", notre leader, c'était normal qu'il s'inquiète à longueur de temps pour nous. Je n'osais même pas imaginer dans quel état il était. J'espérais au fond que Sungmin et Jonghyun -non je ne compte pas vraiment sur le EunJae ou sur Siwon pour ça- avaient réussit à le calmer et à l'empêcher d'appeler les flics.

- Si tu veux mon cœur…

Jamais encore il ne m'avait appelé de la sorte. Mais ça ne me dérangeait pas, au contraire. ca ne faisait que prouver qu'il m'appartenait, et que je lui appartenais en retour. Comme deux âmes soeurs. 
Je lui souriais avant de me pencher au dessus de lui pour déposer mes lèvres sur les siennes, en un doux et tendre baiser qui voulait tout dire. Il approfondit ce baiser, éloignant de quelques secondes l'instant où nous devions nous séparer. Je me relevais ensuite, en serrant sa main, le relevant avec moi.
Sur le chemin du retour, un silence étrange planait entre nous. Mais ce n'était pas désagréable. Inutile de venir briser cette bulle qu'était la nôtre et de risquer quelque chose lorsque l'on s'est déjà tout dit.
L'on arriva à l'internat au bout d'une vingtaine de minutes, toujours sans un mot. L'on se dirigea vers notre chambre, traversant le couloir du dortoir masculin avant de s'arrêter devant la bonne porte et d'entrer.
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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Jeu 18 Sep - 21:04


…C’est encore plus compliqué…



Comme d’habitude, nous étions tous assis à table. Mes parents se trouvaient face à moi et, quand nous ne parlions pas, ils se regardaient et se lancer des regards remplis d’amour. Un amour réciproque. Un amour qu’ils partageaient et dont ils m’offraient une partie à chaque instant. J’étais un privilégié, un animalik aimé par ses parents biologiques. Un enfant dont les différences n’effrayaient pas son entourage proche. Je n’avais aucune richesse matérielle mais j’en avais une bien plus importante, j’avais un trésor fabuleux entre mes mains : l’amour. J’avais pu allé à l’école de mon village, dans lequel je ne vivais pas dans l’opulence mais avec un confort largement suffisant pour vivre heureux, et je n’avais jamais eu à subir le jugement des autres, même si parfois, les remarques ou les questions posées frôlaient l’indécence. Les adultes étaient fascinés par mes capacités à tout soigner et me questionnaient souvent sur mon talent. Je les intéressais vraiment, pas comme une bête de foire mais comme une personne unique. Les enfants de mon âge aimaient que je me mêle à eux comme une personne normale. Ils appréciaient aussi ma capacité à les guérir des moindres petits mots, dus à une bagarre ou à un accident de jeu. Je crois bien que je plaisais aussi aux filles, même si elles ne m’ont jamais vraiment intéressé. Je préférais de loin la présence masculine à mes côtés, même si, pendant mes premières années, je ne comprenais pas ce que je ressentais. Ils étaient mes amis et ce, même si j’avais une attitude bien plus familière avec certains d’entre eux qu’avec n’importe quelle fille de ma classe.

C’est en arrivant au collège que j’avais compris. Je suis gay. Je le vivais bien ; ça ne m’avait jamais dérangé pour faire telles ou telles activités et j’aimais les mêmes choses qu’eux. Ma différence n’était visible qu’à l’intérieur de mon cœur lui-même. Même dans mes manières d’être, rien ne se voyait. Je n’étais pour eux qu’un guérisseur, automatiquement proche de tout le monde, qui soignait et aimait réconforter, autant par les mots que par mon don. J’étais lié à chacune des personnes que je croisais parce qu’il me semblait pouvoir les aider, même s’ils n’en avaient pas besoin ou pas conscience. Certains me trouvèrent alors lourd et ennuyant tandis que d’autres m’appréciaient toujours plus pour ma générosité naturelle, malgré mes penchants parfois très curieux. Et puis, il était entré dans ma vie. J’avais tout de suite pris conscience de son existence, il m’attirait plus que les autres. Ce n’était plus aussi spirituel que pour les autres, c’était une attirance presque physique, charnelle. Très vite, nous étions devenus amis, parce qu’il était comme moi. Il adorait rendre service même si à ma différence, il n’avait pas de don mais plutôt un talent tout particulier pour soigner par les mots. Il est rapidement devenu ma drogue, celui sans qui je ne pouvais pas respirer. Son regard me manquait un instant après que je l’ai quitté et sa voix m’évoquait des millions de mots dont je ne me serais jamais lassé.

Quand je lui ai enfin dit qu’il était plus qu’un ami pour moi, il m’avait embrassé. Je n’avais jamais posé mes lèvres sur celles d’un autre, ni même d’une autre, et j’avais crispé chaque muscle de mon corps mais je ne pourrais jamais de me détacher de cette sensation. J’avais son souffle inscrit sur ma peau et ses caresses gravées dans le fond de mon âme. Sauf que tout n’est jamais entièrement rose. Si mes parents s’aimaient et auraient tout fait pour rester ensemble à jamais, ce n’était pas le cas des siens qui se battaient souvent. Dispute qui se terminait usuellement par une femme et un enfant battu.  Jusqu’au jour où elle en a eu marre. C’était la goutte d’eau et sa mère voulait le divorce, avec garde de celui que j’aimais. Elle l’avait obtenu. C’était fantastique. Ça rendait heureux tout le monde sauf le tyran qu’il avait pour père. Il ne pouvait pas supporter de perdre sa « boniche », « sa » maison et son « môme ». Alors, il a accepté le contrat de divorce sans rien dire, sans un mot. Et en rentrant le soir, mon amour et sa mère avaient été suivi par un enragé qui les avait massacré sans scrupules, avant que lui-même ne se tire une balle dans la tête. Je n’avais jamais compris ce geste cruel de la part d’un homme qui paraissait si aimant et ouvert d’esprit quelques semaines auparavant. Il avait pris l’homosexualité de son fils avec joie parce qu’il savait que ça le rendait heureux. Puis il avait changé. En quelques jours, il était devenu un autre. Un monstre. Et si j’avais été là quand le drame s’était produit, j’aurais pu les sauver. Tous les trois. Avant qu’ils ne rejoignent définitivement les étoiles. Je m’en voulais. Je m’en veux et je m’en voudrai toujours. Alors bien sur, chaque fois que mes parents échangeaient ce regard rempli d’amour, je me souvenais. Et j’avais envie de pleurer sans en avoir le courage. Ils n’avaient jamais su pour mon homosexualité et je comptais bien leur dire si un jour, j’aimais à nouveau. Cela me semblait très peu probable mais je l’envisageais malgré tout. Je craignais de ressentir à nouveau cette dépendance, ce manque dès qu’il ne serait pas là, cette sensation étrange que mon monde ne tourne plus que pour lui.

Sauf que cette nuit, c’était différent. Comme toujours, j’étais plus ou moins conscient que je rêvais mais je ne voulais pas me réveiller. J’y revoyais mes parents, à table, mais je n’étais pas seul. Je crois bien que j’ai essayé de parler, de leur expliquer que je ne pouvais rien faire contre ce que je ressentais mais ils n’avaient visiblement pas compris. Leur expression changea. Leur sourire tendre se transforma progressivement en un rictus diabolique et cynique. Pourquoi donc se rapprochaient-ils de moi ? Pourquoi levaient-ils les poings ? Allaient-ils me frapper ? Non. Non. Non. Ce n’est pas possible, ils ne sont pas comme eux. Pourquoi ? Qui leur avais-je présenté ? Pourquoi ? Je voulais hurler mais je ne le pouvais plus. Je n’en étais plus capable. Quand les coups furent sur le point de s’abattre, je fus réveillé dans un sursaut par quelqu’un de la chambre. Par réflexe, je me blottissais dans ses bras avant de remarquer qu’il s’agissait de Hyukjae. Il ne resserra pas ses bras autour de moi. Il semblait perturbé, gêné par ma présence, comme chaque fois. Je m’écartai de lui le plus rapidement possible en essayant de contrôler mes joues qui devaient probablement se teinter de rose avant de lui dire, d’un air le plus désolé possible :

- Excuse-moi… Je t’ai réveillé ?

- Non, j’étais déjà réveillé.

Peut-être avait-il fait un cauchemar ? Tout comme moi. D’habitude, mes parents n’appartenaient qu’aux plus doux des rêves. Pourquoi était-ce devenu une vision d’horreur ? C’était déjà la troisième fois en peu de temps… Malgré sa gêne apparente bien que dissimulée du mieux qu’il le pouvait, il osa continuer :

- Ça va aller ?

Que répondre ? Bien sur que ça irait. Mais ça faisait si longtemps que je n’avais pas vu mes parents que je ne savais plus très bien si je pourrais continuer comme ça.

- A peu près… Mes parents me manquent ces derniers temps…

Peut-on me foudroyer sur place ? Pourquoi lui dire cela ? Personne ne savait que ma famille me manquait parfois. Je m’en voulais presque d’avoir mes parents si proches de moi et en même temps si loin, alors que tous avaient perdu cette chance, parfois sans même l’avoir eue. Et lui alors ? Je ne savais rien de sa famille. Lui dire cela l’affecterait peut-être plus que les autres. Pourquoi le mettre dans la confidence ?

- Euh… tu veux… en… parler ?

Je sentais bien qu’il ne voulait pas en parler. Ça se ressentait aussi bien que sa gêne à mon égard. Et aussi bien que la mienne vis-à-vis de lui. Pourquoi donc ne pouvions-nous pas nous entendre comme avec les autres ? J’avais la réponse ; j’en étais persuadé mais quelque part, je la redoutais. En tout cas, le fait est qu’il ne voulait surement pas en parler.

- Non, ne t’inquiète pas, c’est bon…

- D’accord… Je vais te laisser dormir alors.

Je ne pourrai pas redormir cette nuit mais merci quand même. Tu t’éloignais de mon lit, comme si de rien n’était malgré ce malaise qui régnait entre nous. Pourquoi alors que tu t’en vas vers ton lit, qui est enfaite le mien, je sens les battements de mon cœur qui accélèrent ? Ces mêmes battements que je n’avais pas sentis depuis lui. Pourquoi alors que je vois ton dos j’ai envie de te rattraper et de t’enlacer ?  De cette même étreinte que je n’avais jamais eu depuis lui. Je ne veux pas en parler puisque tu n’y tiens pas mais est-ce que je pourrais me permettre de te demander cette faveur ? Qui ne tente rien n’a rien.

- Hyukjae ?

- Oui ?

- Tu… tu pourrais me rendre un service ?

- Lequel ?

Respire. Ne panique pas. C’est ton ami. Un ami qui ne peut pas te regarder ou te parler sans être gêné. Un ami que tu ne peux pas regarder sans vouloir l’enlacer. Un ami que tu ne peux t’empêcher de vouloir à tes côtés. Mais un ami. Pourquoi mon cœur s’emballe-t-il tout d’un coup ? Je ne peux pas lui demander ça. Il ne me connaît presque pas. Comment oserais-je ? Mais je le dois. J’ai vraiment envie de faire ça avec lui…

- Accompagne-moi chez mes parents. Tout seul, je pourrai pas.

- Euh…

Leeteuk ! Mon dieu comment j’ai pu lui demander ça ? C’est bien normal qu’il ne puisse pas répondre. Ce n’est pas une requête qui se formule. J’aurais du tenir ma langue et me morfondre tout seul. Ou y aller avec quelqu’un d’autre. Mais je ne sais pas pourquoi, il me semblait que c’était vraiment avec lui que je voulais y aller…

- Nan mais laisse tomber… C’est stupide…

         


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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Sam 20 Sep - 17:58

Parfois ça se complique
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Je courais sans savoir où j'allais. Ni même sans savoir pourquoi. Mais tout ce que je savais c'est que je ne devais pas me retourner. Je ne devais pas non plus m'arrêter. Tout ce que j'avais à faire c'était courir. Mais même si j'avais toute la volonté du monde pour quitter cet endroit, je savais que je n'y arriverais pas. 
La chasse à l'homme était une notion qui m'était inconnu. Je n'imaginais pas qu'on puisse organiser une battue pour retrouver un enfant, mais je me trompais. J'ignorais combien de personne étaient à ma recherche mais je savais que ce seraient elles les gagnantes dans cette histoire. Il arriva un moment où mes jambes ne me portaient plus et où je tombais au sol. Je n'eus même pas le temps de me relever qu'ils étaient déjà là, m'encerclant comme des chasseurs piégeraient leur gibier. L'instant me rabaissait au simple rang de bête sauvage, bonne à être mise en cage. Après tout je n'étais rien de plus, si ce n'est qu'une attraction. Une bête de cirque que l'on sort de sa cage au moment de faire son numéro avant de l'y renfermer.  
La peur m'envahissait peu à peu. Tout mon corps tremblait. Je tentais de reculer pour m'éloigner de l'homme qui s'approchait de moi mais je me rendais compte que c'était inutile car une autre personne se trouvait derrière moi. Je ne saurais décrire la scène qui suivit, trop violente pour la mémoire d'un enfant, mais je me souviens parfaitement du lendemain matin. Je m'étais réveillé quelques heures plus tard, dans ce même lit, le corps meurtrit. J'avais tenté de me redresser mais je retombais après avoir lâché prise. Je ne pouvais pas les voir mais je les sentais, toutes ces marques dans mon dos, gravées à jamais dans ma chair. J'avais également un nombre incalculable d'hématomes qui maculaient ma peau et qui rendaient douloureux le moindre de mes mouvements. Mais je savais que mes douleurs ne s'arrêteraient pas là et, comme pour me montrer que j'avais vu juste, la porte s'ouvrit sur deux hommes aux visages durs et glacials. 
Je me réveillai en sursaut, la respiration inégale. Je me redressai sur mes coudes et scrutai la chambre avec un regard inquiet avant de me rendre compte que je n'étais pas là bas. Je n'étais pas non plus en danger et mon corps ne me faisait pas souffrir. Ce n'était qu'un cauchemar. Il avait beau illustrer une nuit de mon passé aujourd'hui il n'était plus. Mais j'avais beau me dire que toute cette histoire était à présent derrière moi, elle ne cessait de revenir me hanter. 
Je m'asseyais avant de passer une main tremblante dans mon dos, sentant sous mes doigts ces marques qui ne s'effaceraient jamais. J'en frissonnai et enlevai ma main brusquement, tentant de retrouver une respiration normale et de me calmer, mais comme à chaque fois je n'y arrivais pas. D'ordinaire Eunhyuk était toujours éveillé à chaque fois que je me réveillais après un cauchemar, mais depuis que l'on était à l'internat, il dormait bizarrement bien. Et à chaque fois que je me réveillais, lui dormait toujours. Je mourais d'envie de me jeter dans ses bras pour y trouver du réconfort, pour qu'il me rassure comme il l'avait fait pendant tout ce temps, mais je n'osais pas. Il avait veillé sur moi pendant tout ce temps, alors le laisser dormir en contrepartie semblait la moindre des choses.
Tout le monde dormaient dans la chambre. Aucun bruit ne venait troubler la tranquillité qui s'était installée dans la pièce. Ne voulant pas les gêner, je me rallongeais après m'être plus ou moins calmé et me contentais de fermer les yeux, sans chercher à me rendormir car je savais que je n'y arriverais pas. 
J'avais l'impression que la nuit ne prendrait jamais fin. J'ignorais quelle heure il était mais j'avais la désagréable sensation d'être réveillé depuis des heures. Mais quelque chose vint troubler le silence qui régnait, et ce quelque chose n'était autre que lui. 
Je me redressai à nouveau pour l'apercevoir. Il semblait agité dans son sommeil, probablement un mauvais rêve. Je ne savais que trop bien ce que c'était. Mais le voir ainsi me faisait presque mal. J'avais le cœur lourd et douloureux rien qu'à cette vision. J'ignorais de quoi il était en train de cauchemarder et au fond je ne m'en préoccupais pas. Tout ce que je voyais c'était qu'il souffrait. Qu'est-ce que je devais faire, me lever et aller le réveiller ou ne rien faire ? J'ignorais pourquoi mais la première option me faisait peur, mais la seconde m'était insupportable. Je n'avais pas vraiment le choix. Je me levais en faisant attention de ne pas réveiller mon Hyung avant de me diriger, sans faire de bruit, vers le lit dans lequel il dormait. 
Après un nombre incalculable d'hésitation, je finissais par m'asseoir sur le bord du lit à côté de lui. Il semblait encore plus agité qu'il ne l'était tout à l'heure et une fine couche de sueur recouvrait sa peau. Je m'en voulais de penser, dans un moment pareil, à quel point il était magnifique mais c'était le cas. Ma main, presque tremblante, osa finalement se poser sur son épaule pour le réveiller, mais je ne m'attendais pas à une telle réaction de sa part.
Il s'était littéralement jeté dans mes bras, se blottissant contre mon torse, la tête dans le creux de mon cou. Je me sentais tout simplement démuni, presque effrayé par ce contact. J'étais paralysé, incapable de faire le moindre mouvement et de le repousser. Mais par je ne sais quel miracle, il s'est rendu compte que la personne qui l'avait réveillé et sorti de ce cauchemar n'était autre que moi, la seule personne gênée par sa présence avec qui il n'avait toujours pas fondé de lien. Il s'écarta rapidement de moi alors que je détournais le regard, incapable de soutenir le sien. 

- Excuse-moi… Je t’ai réveillé ?
- Non, j’étais déjà réveillé.


Qu'il me pose la question de pourquoi j'étais déjà réveillé était la dernière chose que je souhaitais. Pour rien au monde je souhaitais avoir à me justifier auprès de lui et à lui révéler ce passé encombrant qui pesait jour après jour un peu plus sur mes épaules. La gêne et même la peur se lisaient sur mon visage, et je m'empressais de lui demander quelque chose avant que lui ne me pose cette question qui m'effrayait :

- Ça va aller ?
- A peu près… Mes parents me manquent ces derniers temps…


Devais-je comprendre que ce cauchemar qui le perturbait à ce point était en rapport avec ses parents ? Quelque chose m'échappait. Si ses parents lui manquaient pourquoi rêverait-il d'eux de façon négative ? Ou peut être qu'il leur est arrivé quelque chose dans son cauchemar. Au fond je n'étais pas sûr de vouloir le savoir. Je ne voulais rien apprendre de lui, tout ce que je voulais c'était m'éloigner de lui partir le plus loin possible. Seulement, mon coeur me hurlait de le prendre dans mes bras et de ne jamais le lâcher. Mais cette idée me faisait tellement peur que je n'arrivais même pas à l'envisager sans trembler.

- Euh… tu veux… en… parler ?


Je priais intérieurement pour qu'il me réponde que non. Je ne voulais pas en parler, ça crevait les yeux. Mais peut être que lui n'attendait que ça, que de pouvoir en parler à quelqu'un. Après tout, je ne l'avais jamais entendu parler d'une quelconque famille. Je savais que Sungmin n'avait jamais connu ses parents, Jonghyun non plus même s'il avait par la suite été adopté, Siwon avait finit par leur servir de cobaye et était donc parti de chez lui, Donghae avait perdu son père et sa mère avait par la suite fait une dépression et Yesung n'avait pas connu ses parents lui non plus. Mais Leeteuk n'avait jamais abordé le sujet, tout comme Eunhyuk et moi. Du moins jusqu'à maintenant, en ce qui le concerne. Mais pourquoi se confier à moi maintenant ? Surtout à moi.

- Non, ne t’inquiète pas, c’est bon…


Je le remerciais intérieurement de ne pas avoir abordé le sujet. Un sujet délicat dans mon cas car, même si je ne me souvenais pas d'eux, je savais qu'ils nous avaient abandonné moi et Eunhyuk, vendu à la mafia comme des bêtes de cirque. Et au fond, je n'avais rien besoin de savoir d'autre à leur sujet. Et je ne le voulais pas non plus. 
Maintenant que j'avais évité d'aborder le sujet avec lui, je ne cherchais plus qu'une chose : une échappatoire. J'étais d'ordinaire mal à l'aise face à lui malgré la présence des autres, mais là, nous étions seuls. C'était encore pire. 

- D’accord… Je vais te laisser dormir alors.


Je ne m'attardais pas plus longtemps et n'attendais absolument rien de sa part, me contentant de me relever et de m'éloigner de lui. Je me dirigeais vers mon lit avant qu'il ne m'appelle. 

- Hyukjae ?


om me fit rater un battement alors que je me retournais pour lui faire face à nouveau, tentant au mieux de dissimuler ma gêne.

- Oui ?


J'avais la peur au ventre. Que voulait-il de moi ? Qu'allait-il bien pouvoir me demander ?

- Tu… tu pourrais me rendre un service ?
- Lequel ?


Il me regarda longuement, comme s'il n'osait finalement pas me demander cette chose qui lui tenait visiblement à cœur. Je n'arrivais même pas à imaginer ce qu'il attendait de moi. Je ne préférais pas. Mais je ne me serais jamais attendu à cela.

- Accompagne-moi chez mes parents. Tout seul, je pourrai pas.
- Euh…


Non, vraiment je ne m'étais pas attendu à ça. Pas à une demande dans ce genre. Pourquoi me demandait-il ça, à moi ? Je ne représentais absolument rien pour lui, si ce n'est qu'un étranger qui a rejoint les siens et qui refuse toujours de l'approcher. Alors pourquoi voulait-il à ce point que je l'accompagne ? Je ne le connaissais pas et il ne me connaissait pas non plus. Ça me paraissait insensé. Mais je me rendais compte que maintenant que c'était tout aussi insensé que ce que je ressentais pour lui.

- Nan mais laisse tomber… C’est stupide…


Je n'ai pas cherché plus loin. Je ne voulais pas. Du moins pas maintenant. Je lui ai à nouveau tourné le dos, sans rien lui dire, et suis retourné me coucher en faisant attention de ne pas gêner Eunhyuk une fois de plus. 
Mais je n'arrivais toujours pas à retrouver le sommeil. Je n'osais cependant plus faire le moindre geste, encore moins me redresser pour l'apercevoir. De le savoir réveillé me faisait ressentir bien plus que de la gêne. C'était au delà de ça. 
Ne pouvant pas dormir, je me laissais sombrer dans mes pensées. Mais, automatiquement, ce fut lui qui envahit mes songes. C'est ce qui arrivait presque systématiquement à chaque fois que je me réveillais la nuit depuis le jour où je l'avais vu. Mais ce soir les choses prenaient une toute autre tournure. D'ordinaire je pouvais penser à lui, tout simplement, sans me poser de question. Mais ce soir là c'était différent. Il m'avait demandé de l'accompagner chez ses parents. Et je n'arrivais toujours pas à savoir pourquoi. Mais je décidais plutôt de réfléchir à ce que j'allais lui répondre. Il m'avait certes dit de laisser tomber mais je ne lui avais répondu ni oui ni non. Ni même un je ne sais pas. Je n'avais rien dit. Je m'étais contenté de lui tourner le dos.  
Ne pas y aller et lui dire non semblait la solution la plus simple. Il comprendrait probablement que je ne veuille pas l'accompagner car on ne se connaît pas lui et moi. Il demanderait à quelqu'un d'autre de venir avec lui, ce quelqu'un accepterait probablement puisque tout le monde -hormis Eunhyuk et moi- étaient très proche de lui, et je n'aurais plus de questions à me poser. 
D'un autre côté, lui dire oui était tentant. Mais j'avais peur. Tellement peur. Je n'ai jamais aimé dans ma vie jusqu'ici, jusqu'à le voir lui. Tout ceci était nouveau pour moi, je ne savais ni ce que je voulais ni ce que je devais faire. Mais je sais beaucoup d'autres choses. Je sais que je frissonne à chaque fois qu'un inconnu me frôle dans la rue. Je sais que je tremble quand quelqu'un pose sa main sur moi sans que je ne m'y attende ou que je le veuille. Je sais que chaque matin en me réveillant j'ai peur d'être à nouveau là bas. Je sais que chaque nuit je ne peux pas dormir sans faire un cauchemar de mon passé. Je sais aussi que je porte des cicatrices qui me sont impossible à montrer à qui que ce soit. Alors comment affronter tout ça pour être avec lui ? Comment accepter qu'il me frôle, qu'il pose la main sur moi même si ce n'est que sur mon épaule ? Comment est-ce que je peux accepter tout ça en en ayant peur à chaque instant ? 
Ce qui s'est passé tout à l'heure n'a fait que le démontrer. Lorsqu'il s'est blottit contre moi je n'ai même pas osé le toucher, pourtant dieu sait que j'en avais envie. J'avais frissonné. J'étais paralysé, effrayé. Alors comment est-ce que je pouvais envisager une relation avec lui ? J'avais beau m'être rapproché des autres, aucun d'eux ne m'avait ne serait-ce qu'effleuré. Jamais. Hormis Siwon, le premier jour. Mais depuis, plus rien. 
J'avais envie de me rapprocher de lui. J'avais envie de le prendre dans mes bras, de le sentir contre moi, de poser ma main sur lui, mais cela me semblait tout simplement impossible. Je ne pouvais pas dire que j'en étais incapable car je l'avais fait. Mais ma main avait tremblé. 
Ces quatre années là bas m'avaient rendu fragile. Trop fragile. Comment peut-on vivre dans un monde où le moindre contact, quel qu'il soit, avec quelqu'un d'autre vous fait peur et vous insupporte ? Eunhyuk était le seul avec qui j'arrivais à me montrer normal, le seul que je venais voir quand ça n'allait pas, le seul contre qui je me blottissais après un cauchemar. C'est là que je me suis mis à réfléchir à ce qu'il pourrait se passer si j'arrivais à laisser Leeteuk entrer dans ma vie, même si ce n'était qu'en tant qu'ami.
Peut être qu'involontairement il arriverait à me faire aller mieux. Peut être que grâce à lui j'aurais moins peur. Le fait d'avoir quelqu'un d'autre vers qui me tourner était peut être une solution pour moi. Même si ce serait dur au début, ça ne pouvait que m'être bénéfique. Mais je ne réalisais que maintenant ce que je venais de dire. Une relation amicale ce n'était pas ce que je voulais. Et même si je m'en sentais tout simplement incapable, je savais ce que je voulais avec lui. Et ce n'était pas de l'amitié. 
Si j'acceptais de l'accompagner chez ses parents peut être que ça pourrait être un bon début. Et même si je n'étais sûr de rien je me devais d'essayer même si j'avoue que la perspective de rencontrer ses parents ne m'enchantais pas vraiment. Mais je ne devais pas m'arrêter là-dessus. C'était décidé. Demain je lui dirais que j'acceptais de l'accompagner. 
La nuit avait été longue. Comme prévu je ne m'étais pas rendormi, mais j'étais tellement habitué que la fatigue ne se ressentait pour ainsi dire presque plus. N'ayant pas dormis j'étais par conséquent le premier debout. Du moins le premier dans ceux qui restaient dans la chambre. Je n'avais pas osé me lever quand j'ai entendu Donghae et Yesung partir, préférant les laisser. Je m'étais levé une vingtaine de minute après qu'ils soient parti, partant m'habiller rapidement dans la salle de bain. 
Quand je suis revenu dans la chambre ils dormaient encore, mais pas pour très longtemps. Je m'étais rassit sur le matelas, appuyé contre la tête du lit et avait sorti mon téléphone pour trouver de quoi m'occuper, évitant de trop penser. Mais très peu de temps après cela, je relevais les yeux vers lui en le voyant se lever. Je détournais cependant le regard assez rapidement, remettant en cause la décision que j'avais prise cette nuit. 
Comme chaque matin, il s'apprêtait à réveiller les autres. Mais deux personnes manquaient à l'appelle. Seulement j'ignorais que c'était pour lui synonyme d'alerte générale. Il se retourna pour réveiller Siwon avant de lui demander s'il les avaient vu, mais je supposais que le grognement qu'il lui répondit signifiait non. Il se leva et alla s'asseoir sur le bord du lit de Jonghyun et Sungmin, les réveillant tout les deux en manquant plus ou moins de délicatesse pour leur demander s'il les avaient vu. La réponse fut la même que Siwon, mais dit de façon plus clair. Cependant, je le regardais avec des grands yeux lorsqu'il s'assit sur le bord du matelas à côté d'Eunhyuk pour le réveiller lui aussi et lui poser la même question. La réponse fut la même sans l'être.

- Nan et je m'en fous.


Il devait vraiment être inquiet pour en venir à réveiller mon Hyung pour savoir où ils étaient. Mais avant qu'il ne me pose la question, puisque je savais qu'il allait le faire, je prenais bizarrement l'initiative de lui répondre, tentant de ne pas paraître étrange :

- Ils sont sortis il y a une demi-heure.


J'espérais au fond que ça suffirait pour le rassurer, mais je n'étais plus sûr de rien en ce qui le concernait, même pour quelque chose d'aussi basique. 

- Tous les deux ?
- Oui.
- Ah.


Ce qui voulait probablement dire que c'était suffisant pour le rassurer. Je savais que je devais lui parler, que je devais lui dire, mais là, comme ça, je n'y arrivais pas. Je m'asseyais un peu mieux et préférais me replonger dans mon portable, laissant tout le monde émerger à son rythme sans ne serait-ce même que penser à les déranger.
Une quinzaine de minute plus tard, tout le monde était toujours dans son lit. Mais contrairement à tout à l'heure ils étaient tous habillés. Il n'y avait que lui qui était encore en mouvement, et j'étais probablement le seul à savoir pourquoi ; il s'apprêtait à partir. C'était maintenant ou jamais. Je n'avais pas vraiment le choix. Je rangeais mon téléphone dans ma poche et posais mon regard sur lui avant de le détourner sur Sungmin qui venait de luis poser une question :

- Tu vas où Teukie ?
- Je vais... prendre des vacances...
- Quoi ? Tu pars sans nous ?


Jonghyun semblait presque surpris. Ce n'était visiblement pas habituel pour Leeteuk de les laisser tout seul. Moi, tout ce que je notais c'était qu'il leur avait mentit. J'étais le seul à savoir.

- Ouais mais c'est pas long juste un ou deux jours. Je pense.
- Tu pars tout seul ?


Siwon cherchait probablement à profiter de la situation, étant donné qu'une fois qu'il serait parti il serait libre de faire ce qu'il veut. Mais il ne partait pas seul. Je me devais de le dire.

- Ben... C'est...
- Non, je l'accompagne.
- Pardon ?!


Je crois que le plus dur au fond, dans toute cette histoire, c'était de convaincre Eunhyuk de me laisser l'accompagner.

- T'as bien compris. Je pars un ou deux jours prendre des vacances. 
- Sans moi ?! Et avec la rousse ?!
- Bah ouais. Profites-en pour te faire de nouveaux amis, si possible.
- Je te laisse pas tout seul avec lui ça va pas.
- De un, je te demande pas ton avis et de deux je risque rien donc.
- T'es sur ? Je veux pas que vous vous disputiez à cause de moi. Fin je veux dire je peux y aller tout seul. Je crois.


J'osais tourner les yeux vers lui pour lui répondre.

- Non c'est bon, ça lui fera du bien d'être tranquille deux jours.
- Je veux pas être tranquille moi. Et puis si tu crois que je vais etre tranquille si t'es tout seul, loin, avec Leeteuk, tu te trompes.
- Bah meme si t'es pas tranquille ça te fera du bien d'apprendre à vivre normalement sans moi et sans tout le temps être avec moi.
- Quoi ?! Je t'énerve ? Je suis trop collant ? Dis-moi et je change ma façon de faire. Tu me verras plus même si je suis la.


Toujours très protecteur. Mais aujourd'hui il ne gagnerait pas.

- Nhyukie, je te connais, je te dis que je ne risque rien d'accord. Tu me fais confiance ?
- A toi oui, à lui, non.
- Je lui ferai rien.
- Je t'ai pas sonné la rousse.
- Nhyukie, je suis pas parti en vacances depuis je sais pas quand... Laisse-moi y aller... S'il te plaît...
- Mais je pourrai pas te protéger...
- Il pourra, je te rappelle qu'il soigne tout. C'est bien ça ?


J'avais désigné d'un signe de tête Leeteuk, avant de me tourner vers lui pour attendre sa réponse, tout en essayant de ne pas rougir.

- Tout à fait.
- Tu vois...
- Bon d'accord mais tu m'appelles toutes les deux heures sans fautes.
- D'accord... Si y a que ça pour te faire plaisir.
- Moi je dis qu'il y a pas que ça qui lui fasse plaisir...


Siwon devait avoir le don de dire ce qu'il ne fallait pas aux mauvais moments.

- Ta gueule.
- Je veux riens avoir mais profites-en que je sois pas là.
- Bon on y va ? Ou on continue de parler de l'existence d'un EunWon plus qu'étrange ?
- Je vais pas te laisser avec lui quand même ?
- Au moins, je m'éloigne de Siwon et tu peux en profiter pour te détendre un peu. T'auras pas ma protection à assurer, tu pourras un peu faire autre chose.


La discussion était close. J'avais obtenu ce que je voulais sans vraiment être que c'était ce que je voulais. Mais il était trop tard pour reculer. Sans trop attendre, on est sorti de la chambre, et je refermais la porte derrière nous. 
.


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" HyukJae Won "

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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Dim 21 Sep - 21:19

…C’est encore plus compliqué…



J’avais été stupide de lui demander cela. Bien entendu, il n’y avait rien à répondre et c’est bien pour cela qu’il s’en été retourné vers son lit sans un mot. Je le vis se recoucher, prenant soin de ne pas réveiller son jumeau qui dormait. J’avais encore la sensation de mes bras autour de lui, de mon corps tremblant de peur serré contre lui et de son souffle dans mon cou mais je conservais aussi le froid sur mon dos alors qu’il ne voulait pas refermer ses bras sur moi, la gêne qu’il ressentait vis-à-vis de notre étreinte et un étrange soulagement qui avait envahit la pièce quand je lui avais dit de laisser tomber. Toutes ces sensations se mélangeaient en moi. Aucune ne voulait prendre le dessus. Je ne savais plus quoi penser que ce soit sur lui ou même sur moi. Je croyais qu’il était juste un ami, un enfant de plus mais plus les secondes, les minutes, les heures et les jours passaient, plus je me sentais désemparé face à mes propres sentiments. Je sentais que mon cœur battait plus fort depuis qu’il était là, que c’était comme s’il l’avait remis en marche après tout ce temps. Depuis ce jour où j’avais appris qu’il était parti, je ne vivais plus qu’à moitié. Aider tout le monde était devenu ma raison d’être, le seul moyen pour moi de me faire pardonner. Je voulais lui montrer, s’il pouvait me voir, que même si je n’avais pas été là pour lui au bon moment, maintenant, plus personne de mon entourage ne mourrait. Je croyais ne jamais pouvoir ressentir à nouveau ces émotions mais aujourd’hui, tous les principes de ma vie étaient remis en cause par sa simple existence. Je ne voulais plus souffrir et je souffrais dès qu’il était loin de moi. Je ne voulais plus me sentir dépendant de quelqu’un et il était devenu ma drogue. Je ne voulais plus aimer et j’étais tout simplement entrain d’en faire ma raison de vivre, mon oxygène. Je ne l’aimais pas. Je l’adulais. Il était devenu celui qui rythmait mes journées, qui régulaient les battements de mon cœur selon sa présence. Celui que j’avais besoin de voir pour exister, il était devenu le seul et unique détenteur de mon cœur, de mon âme et de mon esprit.

Je pensais toujours à lui, à la douceur de son regard et à l’étrange gêne qu’il ressentait quand j’étais près de lui. Mais je pensais aussi à l’angoisse dans ses yeux dès que quelqu’un s’approchait de lui. Son frère était toujours là pour lui et quelque part, je représentais peut-être un parasite, quelque chose de néfaste dans leur vie à tous les deux. Mais je l’aimais, je ne sais pas pourquoi ni comment c’était arrivé mais ce dont j’étais persuadé c’est que je l’aimais. C’est cette seule et unique pensée qui me permit de fermer les yeux et de retomber dans les bras de Morphée, sans que mon sommeil ne soit troublé par un nouveau cauchemar…

Le lendemain matin, en ouvrant les yeux, une nouvelle résolution avait percé dans mon cœur : je voulais revoir mes parents. Ils me manquaient trop et mes récents cauchemars ne me permettaient pas de rester loin d’eux plus longtemps. Seul ou avec lui, il fallait que j’y aille. Je me relevai sur mon lit et je voulus vérifier que tout le monde allait bien, en ce matin de vacances. J’ai automatiquement posé mes yeux sur lui, ne pouvant m’empêcher de m’en vouloir en voyant qu’il était habillé et n’avait donc pas du dormir depuis mon obscur rêve, puis, résistant à l’envie de le dévorer des yeux encore et toujours, je me suis attelé à regarder mes autres protégés. C’est la que j’ai vu qu’ils étaient partis. YeSung et Donghae avaient quitté la chambre. Où pouvaient-ils être ? Etaient-ils ensemble ou seuls chacun de leur côté ? Avaient-ils eu des ennuis ? Etaient-ils partis depuis longtemps ? La veste de Donghae était restée à sa place. Peut-être avait-il froid ? Et s’il n’était pas avec YeSung pour le réchauffer ? L’angoisse, comme chaque fois que l’un d’eux manquait à l’appel, s’insinua dans mes veines et je réveillai, avec moins de douceur que d’ordinaire, tous les dormeurs afin de savoir si quelqu’un les avait vu partir. Même Eunhyuk, qui m’inspirait pourtant tant de méfiance eut le droit à un réveil brutal de ma part.

- Non, et je m’en fous.

Une phrase construite. C’était déjà plus que je ne l’aurais espéré. Mais je ne pouvais pas m’en réjouir pour l’instant puisque je ne savais toujours pas où étaient mon poisson et sa tortue… Et le seul à qui je ne l’avais pas demandé, c’était lui. J’étais tellement honteux par rapport à ma demande nocturne  que je n’osais pas vraiment le regarder. Pourtant, je ne pouvais pas me permettre de laisser mes émotions pour lui, aussi étranges soient-elles, passer avant la sécurité de YeSung et Donghae. Je tournais mon regard vers lui, tentant de réprimer les décharges électriques que m’envoyaient mon corps mis au supplice de l’amour mais je ne pus rien dire, rien faire. Il me regardait, presque étonné si je puis dire, surement à cause du fait que j’ai osé parler à son frère et il me répondit avant même que je n’eus le temps de lui en formuler la demande.

- Ils sont sortis il y a une demi-heure.

Pourquoi ces mots, si simples et ordinaires, me semblent être un cadeau merveilleux ? Pourquoi sa voix m’envoûte-t-elle à ce point ? Et surtout, pourquoi ne puis-je pas m’empêcher de me dire que YeSung et Donghae vont bien et que je n’ai pas à m’inquiéter ? L’angoisse qui m’envahissait était à présent presque éteinte mais je voulais être sur qu’ils étaient ensemble avant de partir.

- Tous les deux ?

- Oui.

- Ah.

Je ne sais pas si ça devait me suffire pour ne pas paniquer mais comme de toute façon j’allais devoir partir, je ne pouvais pas en plus m’occuper de les retrouver… J’aurais du… Depuis qu’il était là, je me souciais plus de moi-même qu’avant. Depuis qu’il était là, je ne me souciais que de réussir à ce qu’il soit plus à l’aise avec moi et j’en oubliais presque les autres. Je me sentais égoïste et encore plus en ce moment alors que j’aurais du chercher le YeHae, je me retrouvai à espérer qu’il changerait d’avis et qu’il viendrait avec moi.

A présent, ils étaient tous prêts et tous étaient allongés sur leur lit mais je ne pouvais pas me reposer malgré que ce soit un jour de repos. J’allais partir. Je jetai toujours des regards brefs dans sa direction, espérant qu’il me parle, qu’il me dise qu’il allait venir. Mais à chaque seconde, j’en doutais de plus en plus. Je ne pouvais m’empêcher de me dire que même si je ressentais des choses plus qu’étranges et soudaines pour lui, il ne pouvait pas en être de même de son côté. Ce fut Sungmin qui me tira de mes pensées, après que j’eus remarqué un léger regard de la part de Hyukjae. C’était dans ces moments-là que je me demandais pourquoi il fallait qu’on soit si nombreux…

- Tu vas où Teukie ?

- Je vais… prendre des vacances…

Je venais de leur mentir. Pour la première fois, je leur dissimulais la vérité. Bien sur, en un certain sens, je partais bel et bien en vacances mais j’aurais pu, j’aurais du, leur dire que je partais voir mes parents, mais je ne l’avais pas fait. Il était le seul à connaître leur existence et quelque part, c’était bien mieux comme ça.

- Quoi ? Tu pars sans nous ?

- Ouais mais c’est pas long juste un ou deux jours. Je pense.

J’essayais tant bien que mal de garder un air serein mais alors que j’approchais de mon départ, l’angoisse et l’inquiétude commençaient à me gagner. Et si mes parents ne voulaient pas me voir ? Après tout, cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas parlé… Et s’il ne voulait pas voir Hyukjae ? Non, ça, ce n’est pas vraiment une angoisse logique puisqu’il ne voulait pas venir. Mais même. Cette peur là me contractait le ventre aussi.

- Tu pars tout seul ?

Siwon… Toujours à vouloir profiter de mes moindres absences. Et toujours à mettre les pieds dans le plat.

- Ben… c’est…

Pourquoi dire « oui » me semblait en cet instant si compliqué ? Peut-être parce qu’au fond de moi, je me souvenais de ce bref regard que j’avais perçu avant que Sungmin ne prenne la parole… C’était surement ça…

- Non, je l’accompagne.

Mon Dieu ! Est-ce que quatre mots peuvent rendre heureux ? Oui, quand ce sont ceux-là et quand ils sont prononcés par la bonne personne. Je ne saurais dire comment mais j’avais senti qu’il ne me laisserait pas. Un sourire radieux du illuminer en un bref instant mon visage, avant que je ne sois rattrapé par la dure réalité : Eunhyuk.

- Pardon ?!

- T'as bien compris. Je pars un ou deux jours prendre des vacances. 
- Sans moi ?! Et avec la rousse ?!


Je crois que je vais vraiment devoir m’habituer à ce surnom parce qu’il ne semble pas décidé à m’appeler par mon prénom. Mais je voulais bien tout endurer du moment qu’il me laissait avec son frère.
- Bah ouais. Profites-en pour te faire de nouveaux amis, si possible.
- Je te laisse pas tout seul avec lui ça va pas.
- De un, je te demande pas ton avis et de deux je risque rien donc.
- T'es sur ? Je veux pas que vous vous disputiez à cause de moi. Fin je veux dire je peux y aller tout seul. Je crois.


Bien sur que non je ne pouvais pas y aller tout seul. Mais s’il y a bien une chose dont je ne voulais pas me rendre coupable c’était d’une dispute entre deux personnes. Surtout quand ces deux personnes étaient si proches.

- Non c'est bon, ça lui fera du bien d'être tranquille deux jours.
- Je veux pas être tranquille moi. Et puis si tu crois que je vais être tranquille si t'es tout seul, loin, avec Leeteuk, tu te trompes.


Il m’a appelé Leeteuk. Mon opinion oscille entre le fait que la colère le fait moins réfléchir ou le fait qu’il ait juste dit mon prénom sans faire attention.
- Bah même si t'es pas tranquille ça te fera du bien d'apprendre à vivre normalement sans moi et sans tout le temps être avec moi.
- Quoi ?! Je t'énerve ? Je suis trop collant ? Dis-moi et je change ma façon de faire. Tu me verras plus même si je suis la.


- Nhyukie, je te connais, je te dis que je ne risque rien d'accord. Tu me fais confiance ?
- A toi oui, à lui, non.
- Je lui ferai rien.
- Je t'ai pas sonné la rousse.
- Nhyukie, je suis pas parti en vacances depuis je sais pas quand... Laisse-moi y aller... S'il te plaît...
- Mais je pourrai pas te protéger...
- Il pourra, je te rappelle qu'il soigne tout. C'est bien ça ?


- Tout à fait.
- Tu vois...
- Bon d'accord mais tu m'appelles toutes les deux heures sans fautes.
- D'accord... Si y a que ça pour te faire plaisir.
- Moi je dis qu'il y a pas que ça qui lui fasse plaisir...


- Ta gueule.
- Je veux rien savoir mais profites-en que je sois pas là.
- Bon on y va ? Ou on continue de parler de l'existence d'un EunWon plus qu'étrange ?


J’étais de plus en plus enthousiaste à l’idée de partir pour voir mes parents et le fait qu’il puisse m’accompagner me rendait encore plus euphorique. Et je n’avais pas forcément fait attention à ma réplique, plus ou moins acceptée par Eunhyuk.
- Je vais pas te laisser avec lui quand même ?
- Au moins, je m'éloigne de Siwon et tu peux en profiter pour te détendre un peu. T'auras pas ma protection à assurer, tu pourras un peu faire autre chose.


Fin de la discussion. Après avoir rapidement salué tout le monde, en laissant des instructions pour que tout se passe bien et pour que le YeHae ne soit pas trop déboussolé en rentrant, nous sommes sortis puis partis en direction de ma voiture. Bien que je sache qu’ils allaient tous se débrouiller sans moi, c’était la première fois que je les laissais et je m’en sentais bizarre. Pas mal, mais bizarre. Hyukjae monta côté passager et je m’installai au volant avant de démarrer le moteur. Poussant un soupir de je ne sais quoi, je le regardai et lui dit dans les yeux :

- Merci.

- Je t’en prie.

Etait-il obligé chaque fois que je lui parlais de détourner le regard comme si je le noyais sous un poids immense ? Etait-il possible qu’il ait perçu ce que moi-même je ne voulais pas admettre ? Etait-ce cela qui le mettait mal à l’aise ? Je voulais dire que non mais plus le temps passait plus c’est cette seule et unique possibilité qui me paraissait plausible.

Six heures de route silencieuses. Pas un mot d’échangé. Seul l’autoradio troublait un silence pesant. J’avais mis un CD et je l’avais changé à plusieurs en restant toujours dans le registre de la musique Coréenne. Ce fut ma seule occupation, mise à part la conduite. Il semblait perdu dans ses pensées et il soupira même à un moment. Regrettait-il de m’avoir accompagné ? Vue la lourdeur de l’ambiance, ça ne m’aurait pas étonné outre mesure… Comment était-il possible que je sois si loin et en même temps si proche de celui qui faisait battre mon cœur ? Je vivais un bonheur douloureux chaque fois qu’il était là et à chacun de ses regards, aussi rares soient-ils, je sentais que je ratais un battement et pourtant je souffrais. Je souffrais de son absence, de son éloignement et de réserve à mon égard. Je souffrais quand il était loin de moi et je souffrais quand il était là. Je souffrais depuis qu’il était entré dans ma vie. Et pourtant, je suis heureux. Cette souffrance n’est que la manifestation d’un sentiment que je croyais perdu pour toujours et pourtant je pouvais l’aimer à en mourir. Je pouvais aimer à nouveau. Je ne songeais même pas à me guérir de ce mal, je ne voulais que le conserver en moi, pour continuer à être heureux. Pendant tout le trajet, je n’avais eu de cesse de penser à lui et à mes parents, j’en avais presque oublié mes autres colocataires de l’internat. Bien sur, je m’étais demandé si ça allait mais ce n’était pas ma principale préoccupation et je m’en voulais pour cela.

Toutes les deux heures, je m’étais arrêté sur le côté pour permettre à Hyukjae de sortir avant qu’il n’appelle son frère. Il ne voulait pas lui téléphoner devant moi. Etait-ce une nouvelle fois sa gêne ou y avait-il autre chose ? Se méfiait-il de moi ? Pourquoi ? Parce qu’il ne me connait pas et que je lui ai demandé de venir avec moi chez mes parents. Je dois avoir l’air étrange de faire de telles requêtes. Enfin bref…

En arrivant devant le pavillon de ma maison d’enfance, je ne pus m’empêcher de pousser un soupir mélancolique. J’avais vécu ici et la seule personne que j’avais ramené à la personne ne pourrait plus en témoigner aujourd’hui. Et je m’apprêtais à l’emmener, lui, pour qu’il les rencontre. Non, pour qu’il m’accompagne, rien de plus. Je crois. Je ne suis pas sur. Je ne suis plus sur de rien. Le fait est que, devant leur portail usé, le même que dans mon enfance, je me mettais à douter…

- C’est là. T’inquiète pas, ils sont géniaux.

Je ne sais pas si j’essayais de le rassurer lui ou si ce conseil s’adressait à moi-même mais il pouvait après tout avoir deux destinataires.

- Je te suis.

Je ne demande que ça. Le portillon grince toujours autant quand je l’ouvre. Appa aura encore oublié de l’huiler cet hiver. Je marche sur les quelques mètres qui me séparent de la porte d’entrée et frappe trois coups. L’angoisse m’envahit alors que le temps s’égraine et je ne peux m’empêcher d’approcher ma main de la sienne avant de la lui prendre doucement. Comme je m’y attendais, il me laissa faire avec un frisson et une expression toujours aussi gênée, sans pour autant resserrer sa propre prise sur ma main. Je n’entends pas de bruit à l’intérieur. Pas de pas. Pas de clé dans la serrure. Rien. Peut-être n’étaient-ils pas là ? Je ne les avais pas prévenus de mon arrivée ils s’étaient peut-être absentés… Heureusement, j’avais conservé sur moi les clés et je pus entrer sans problème lâchant la main de Hyukjae qui s’immobilisa un instant avant de me suivre. Ce seul instant d’hésitation de sa part me suffit à découvrir l’inimaginable, seul. Je suis resté immobile un instant avant de me mettre à courir pour  franchir les quelques mètres manquants. Pourquoi ? Pourquoi ?! Pourquoi ! Je ne pouvais rien dire, je ne parvenais pas à crier. Je voulais que Hyukjae me prenne dans ses bras mais je ne le voyais plus. Je ne l’entendais plus. Je ne pouvais pas détacher mon regard de leurs corps sans vie et je n’entendais rien d’autre que ce déchirant silence en posant mon oreille sur leurs cœurs. Je passais de l’un à l’autre sans cesse, espérant que leur vie n’était pas envolée pour de bon. J’usai de mon don sans m’arrêter, m’épuisant à leur rendre la santé mais toute vie les avait quittés. Je m’épuisai, de plus en plus, mais je ne m’arrêtai pas pour autant. Quand je fus à bout de force, manquant de m’écrouler, je sentis que l’on me redressait pour que je m’éloigne d’eux mais je ne le voulais pas.

- Non ! Laisse-moi essayer encore ! Je dois les sauver ! Je dois… je dois…

Mais la force me manquait. Tout me manquait pour que je résiste à l’emprise de ses mains sur ma taille. Je voyais leurs yeux vides qui s’éloignaient et je ne pouvais rien faire. Hyukjae me fit tourner pour que je me retrouve complètement dos à eux et briser ce contact effaça la dernière barrière qui retenait mes larmes. Je ne pus que me blottir contre lui, impuissant et perdu. Pour la première fois, il me rendit ce que je lui offris et resserra ses bras autour de moi, m’enfermant dans un cocon protecteur où je pus laisser toutes les larmes s’échouer. Je me voulais fort et résistant pour endurer tous les problèmes du monde et là, j’étais faible et abattu dans ses bras. Je ne pouvais même pas me permettre ne serait-ce qu’apprécier l’instant parce qu’il était trop douloureux pour moi. Perdre les deux seules personnes qui avaient été avec moi depuis le début était ma plus grande crainte et aujourd’hui, elle s’était réalisée. Tous ceux qui m’avaient donné de l’amour étaient partis. Il ne restait que mes amis et ils étaient trop loin pour moi. Et il y avait lui. Mais je ne pouvais pas me reposer uniquement sur mon amour pour lui. Je ne savais pas s’il était réciproque et encore moins s’il n’avait ne serait-ce qu’une once d’amitié à mon égard. Juste de la gêne et de la méfiance. C’est tout ce qu’il y avait à voir. Ou tout ce que je voulais voir.

Il me conduisit à ma chambre d’enfance sans que je résiste. Je ne savais pas comment il avait fait pour ouvrir la bonne porte en premier mais tout ce que je savais c’est que revoir ma chambre me plongeait dans un état de nostalgie qui ne faisait pas bon ménage avec la perte de mes anges gardiens. Mes larmes redoublèrent avant qu’il ne m’allonge et me recouvre de ma première couette de petit garçon. Je pleurai toujours, me sentait pathétique, quand il sortit de la pièce en fermant derrière lui. Je l’entendis glisser contre la porte et discuter au téléphone.

- Nhyukie ? C’est moi.

- Oui, je vais bien, ne t’inquiète pas, c’est lui qui n’est pas bien.

- Moi je ne m’en fiche pas. Il vient de subir un choc on va rester un peu plus longtemps ici.

- Je m’en fiche que tu ne veuilles pas. Il en a besoin et je ne le laisserai pas.

- Je sais, je vais être prudent, ne t’en fais pas.

- A bientôt, dans une semaine maximum.

- Bisous. Ne dis rien aux autres si ce n’est qu’on rentre plus tard. S’il te plait. Ne leur dit pas qu’il va mal. Il ne le voudrait pas…

Et il raccrocha. Comment pouvait-il à ce point me connaître ? Il avait su que je ne voulais pas les inquiéter et en même temps, il savait que je voudrais rester pour m’imprégner encore un peu de ce lieu. Quand il revint dans la pièce, mes larmes avaient cessées même si mon chagrin restait entier. Néanmoins, l’amour que je ressentais pour lui avait refait surface, m’aidant à contenir ces perles salées qui avaient brulées mes joues.

Pendant quatre jours, je ne pus fermer l’œil. Chaque fois, des cauchemars me venaient et Hyukjae était obligé de me réveiller pour m’en sortir. Lui non plus ne dormait pas. Je le voyais aux cernes qui creusaient peu à peu ses yeux. Il passait ses journées à s’occuper de moi. Ou au moins à me surveiller. Il ne me parlait presque pas, pour ne pas dire jamais. Il cuisinait à merveille mais je n’avais pas suffisamment d’envie pour apprécier le gout de ses plats. Puis, pendant les trois jours suivants, je crus que j’allais mieux. Je me levais pour l’aider et nous parlions parfois. Quelques mots, deux ou trois phrases, mais rien que ça me donnait l’impression que nous étions enfin dans le même monde, pas dans deux mondes parallèles. Les journées passaient et se ressemblaient toutes. Une semaine à pleurer souvent et à survivre le reste du temps. Mes parents n’avaient jamais voulu d’une sépulture chère, c’est la seule chose que je savais. Après avoir déclaré leur décès, un suicide pour partir ensemble, j’avais eu le droit de leur faire des funérailles simples, sans discours et sans amis, juste un cercueil double enterré dans leur jardin et une stèle toute aussi sobre qu’eux ne l’étaient.

Au matin du septième jour, je surpris Hyukjae en pleine conversation avec son frère. Il ne l’avait pas appelé de la semaine et je redoutais déjà sa colère.

- Eunhyuk ! Ecoute-moi ! Je te dis que si je ne t’ai pas appelé c’est parce que je n’en avais pas le temps ni le courage. Il était au plus mal, je ne pouvais pas le laisser seul.

- Non, nous n’avons pas parlé plus que ça. Il ne sait rien de notre passé, ne t’inquiète pas.

- Je sais… Non, il ne me jugerait pas. J’en suis certain.

- Oui, on va pas tarder à rentrer. Aujourd’hui ou demain je pense.

- A plus. Bye.

Est-ce que je devais me sentir vexé ou au contraire honoré qu’il m’ait fait passer avant son frère ? Vexé parce qu’il ne me faisait pas confiance mais honoré parce qu’il avait bravé la condition de son frère pour rester avec moi. Mais que pouvait-il y avoir de si secret dans leur passé ? Je ne voulais même pas y penser. Il ne voulait pas en parler après tout, c’était son choix. Personne ne connaissait l’existence de mes parents jusqu’à il y une semaine alors…

- Hyukjae ?

- Ah tu es là ?

- Oui… Euh… Je voulais te dire, si tu veux on peut rentrer à l’internat. On a déjà raté une semaine de cours, ce n’est peut-être pas la peine de rester plus longtemps…

- T’es sur ?

- Oui oui, ça va aller… De toute façon, je vais pas rester ici pour toujours…

         


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HyukJae Won
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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Mar 23 Sep - 19:45

Parfois ça se complique
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Nous sommes sorti de l'internat, sans échangé un mot, ni même ne serait-ce qu'un regard. Je m'étais contenté de le suivre, ne sachant pas où était sa voiture. Il nous y conduisit et, après une hésitation brève, je montai à l'avant de la voiture côté passager. Monter à l'arrière était exclu, même si , je devais l'avouer, c'était tentant. Il monta à son tour, s'installant au volant à côté de moi. Le moteur démarra, suivit d'un soupir de sa part. j'ignorais ce qu'il voulait dire, mais je me forçais à relever les yeux vers lui lorsque je sentit son regard posé sur moi.

- Merci.
- Je t’en prie.

Je ne voyais pas vraiment quoi lui dire d'autre. J'avais pourtant un nombre incalculable de choses à lui dire, mais je n'arrivais à lui en dire aucune. Dès que je lui avais répondu, j'avais automatiquement détourner les yeux de son regard, qui me semblait à la fois si pesant mais si doux. Je frissonai rien qu'à cette idée. Il démarra la voiture et quitta l'internat.
Le voyage fut long, et pour le moins pénible. Un silence plus qu'insupportable pesait lourdement sur mes épaules, mais j'étais incapable de lui dire le moindre mot. Lui non plus ne me parlait pas. Il semblait concentré sur la route sans l'être. J'avais l'impression qu'il était totalement ailleurs, sortant de ses pensées au moment de changer le CD qui tournait. La musique avait beau continuer, je ne l'entendais pour ainsi dire pas du tout. Pour moi il n'y avait que le silence, bercé par mes pensées des plus contradictoires.
Je voulais tellement de choses, mais toutes me semblaient hors de portées. Elles étaient pourtant là, devant moi, je n'avais qu'à tendre la main, mais je ne pouvais pas. Ce n'était pourtant pas faute de le vouloir. J'avais passé 6 heures à penser à lui. Il était la seule personne qui occupait me spensées ces jours-ci, et je ne pouvais rien faire contre ça. 
Toutes les deux heures, il s'était arrêté sur le bord de la route pour me laisser appelé mon frère. Il faisait visiblement plus attention aux instructions d'Eunhyuk que je ne le faisais, ayant la mauvaise habitude de ne pas les suivre. En deux coups de fil, j'avais été incendié et je l'avais rassuré. Il n'y avait pas de juste milieu avec lui, c'était soit l'un soit l'autre, mais certainement pas les deux.
Nous sommes arrivés en fin d'après midi, dans un village pour le moins un peu perdu, au milieu de nul part. Il n'y avait pas énormément de maison, aucune ville à l'horizon, seulement de la verdure. Je m'imaginais que grandir ici avait dut être agréable pour lui. Je n'avais pas vraiment d'élément de comparaison, ne me souvenant pas de mes 10 premières années, mais c'est ce que je m'imaginais. Il stoppa la voiture devant une maison. Rien qu'en la regardant l'on pouvait imaginer une vie de famille des plus joyeuse, loin de tout problèmes. Nous sommes sortis de la voiture, et je sentais mon agoisse remonter et faire surface.
Un grand portail bloquait l'accès à la propriété, un portail qui ne semblait plus tout jeune à vrai dire. L'on s'est approché. Il semblait hésitant. Au moins je n'étais pas le seul.

- C’est là. T’inquiète pas, ils sont géniaux.

Je me doutais que c'était là, mais ce n'est pour pour autant que j'allais être rassuré. J'étais déjà tellement mal à l'aise vis-à-vis de lui que rencontrer ses parents n'était pa sla meilleur chose pour me mettre en confiance.

- Je te suis.

Honnêtement, je rêvais de faire demi-tour, mais cette option ne m'était pas proposée. Il ouvrit le portail et poussa la lourde avec un grincement qui me fit frissoner. Il traversa la petite allée, moi à sa suite, franchissant les quelques mètres qui nous séparait de la porte d'entrée. L'on gravit les trois marches de l'entrée, s'arrêtant devant la porte close. Il toqua trois fois à la porte et attendit.
Je ne saurais décrire la sensation qui m'a traversé lorsqu'il prit ma main dans la sienne, si ce n'est à la fois un bien être et un profond mal-être. Je le voulais aussi bien le prendre dans mes bras et ne jamais le lâcher que le repousser de toutes mes forces. Je n'en pouvais de ressentir cela par un simple contact, banal. Ces quatre années m'avaient tout prit, il ne me restait que la peur. Et je n'ne pouvais plus.
Personne ne vint lui ouvrir la porte. Aucun bruit n'émanait de la maison. Comme si elle était déserte. C'était peut être le cas. Mais la voiture dans l'allée du garage me persuadait du contraire. Leeteuk avait visiblement gardé un double de la clé avec lui, ce qui lui permit d'ouvrir la porte après m'avoir lâché la main. Ce que je ressentai était un mélange de manque mais aussi de soulagement, mais aucune de ces deux sensations n'arrivait à surpasser l'autre. Il entra et j'eus un énième instant de doute avant de le suivre, ne pouvant de toute façon pas faire demi-tour. Mais la vision qui s'offrait à moi était tout sauf celle imaginée.
Je m'étais attendu à des parents adorable, débordant de joie, du genre à sauter dans le sbras du premier inconnu que leur ramène leur fils. Je m'étais attendu à des parents froid, presque glacial, qui n'auraient que des doutes et de mauvais regard à mon égard. Mais au lieu de ça, j'eus le droit à une vision des plus macabre. Sur le canapé reposaient ses deux parents, sans vie, main dans la main. J'étais incapable de faire le moindre geste. 
Leeteuk s'était jeté au pied du canapé avant de poser son oreille sur leurs coeurs qui ne battaient déjà plus. Il passa de l'un à l'autre sans relâche, usant probablement de son don pour tenter de les ramener à la vie. Mais rien n'y faisait. Je le regardais agir, le suivant des yeux comme si ma vie en dépandait. Je voulais l'aider. Je le devais. Mais je ne pouvais rien faire pour ça. Je ne pouvais pas ramener ses parents, et je savais pertinement que peu impore ce que je povais lui dire, rien ne changerait pour lui. Je ne pouvais faire qu'une chose. Et même si ça ne lui enleverait certainement pas sa douleur, je me devais de le faire. Peu importe ce que ça me coûtait.
Je franchissais les quelques mètres qui me séparait de lui, après l'avoir vu tomber, ou presque. Je me penchais pour l'attraper par les hanches et le relever, le forçant à reculer. Il tenta de se débattre, mais les forces et la volonté nécéssaire lui manquaient.

- Non ! Laisse-moi essayer encore ! Je dois les sauver ! Je dois… je dois…

Je le forçai à se retourner, l'obligeant à leur tourner le dos et à me faire face. Son visage était dévasté, des larmes roulaient sur ses joues, son regard semblait perdu. Il était démuni, et cette vision me faisait mal. C'est probablement pour cette raison que je l'ai laissé faire.
Il s'est blottit contre moi, abandonnant toutes ses défenses. Son visage était caché dans le creux de mon cou, et je sentais ma peau devenir humide au fur et à mesure que ses larmes s'y échouaient. L'une de ses mains tenait fermement ma veste, m'empêchant de partir, et l'autre se tenaita utour de mes épaules. Oubliant ce profond malaise et cette peur qui s'insinuait dans mes veines comme un poison, je l'entourait de mes bras, tremblant, le ramenant encore un peu plus contre moi. Ses sanglots rententissaient dans toute la pièce, alors qu'il se tenait dans mes bras protecteur, faible, alors que j'étais impuissant face à sa détresse. Je ne pouvais qu'attendre, et le laisser faire. 
J'ignorais combien de temps nous étions resté ainsi, des secondes, des minutes, des heures, j'avais perdu la notion du temps, ne me concentrant que sur la seule personne qui comptait à mes yeux en cet instant. Ses larmes n'avaient pas cessé. Lui n'avait pas bougé. Quant à moi, je n'avais rien dit. Rien fais. Je m'étais contenté de le garder dans mes bras, tentant d'ignorer cette petite voix en moi qui me hurlait de le lâcher. Je me décidais finalement à bouger, le gardant contre moi pour ne pas briser ce contact. Gardant un bras autour de lui, je me dirigeais vers la première porte à ma portée. L'ouvrant, je constatais que c'était la pièce que je cherchais. Elle avait tout d'une chambre d'adolescent, ex chambre d'enfant. Probablement la sienne. Je rentrais sans le lâcher et me dirigeais vers le lit. Je l'y allongeais sans qu'il ne proteste, n'en ayant probablement ni la force ni le courage, peut être même ni l'envie. Je m'asseyais sur le bord du matelas, à côté de lui et saisissait le bord de la couverture pour la rabattre sur lui, l'enfermant dans un cocon protecteur. Il pleurait toujours, et j'ignorais totalement ce que je pouvais faire pour l'aider et sécher ses larmes. J'avais tout affronté, y comprit la perte d'un être chère, même si Eunhyuk m'avait été rendu, mais j'ignorais comment soigner ses maux. Je restai à côté de lui quelques instants avant de me lever à contre coeur, me rappelant qu'il me fallait appeler mon Hyung.
Je sortais de la chambre et refermait derrière moi avant de m'appuyer, dos à la porte, et de me laisser glisser au sol. Une fois par terre, je sortais mon téléphone, tentant d'ignorer cette vision macabre qui s'offrait à moi, avant de composer le numéro d'Eunhyuk. Je portais le téléphone à mon oreille, et je ne fus pas surpris de l'entendre décrocher à la premeière sonnerie. 

- Nhyukie ? C’est moi.
Je parlais d'une voix faible et bizarrement calme.
-...
- Oui, je vais bien, ne t’inquiète pas, c’est lui qui n’est pas bien.
-...
- Moi je ne m’en fiche pas. Il vient de subir un choc on va rester un peu plus longtemps ici.
-...
- Je m’en fiche que tu ne veuilles pas. Il en a besoin et je ne le laisserai pas.
-...
- Je sais, je vais être prudent, ne t’en fais pas.
-...
- A bientôt, dans une semaine maximum.
-...
- Bisous. Ne dis rien aux autres si ce n’est qu’on rentre plus tard. S’il te plait. Ne leur dit pas qu’il va mal. Il ne le voudrait pas…
-...

A vrai dire je n'en savais rien. Je ne le connaissais pas suffisament pour me permettre de parler à sa place, ne sachant ni ce qu'il pense ni ce qu'il veut. Mais c'est probablement la réaction que j'aurais à sa place. Je raccrochais et rangeais mon téléphone là où je l'avais pris avant de soupirer en jetant un regard dans la pièce. 
Je me relevais finalement, après quelques instants dans un silence total, avant de rerentrer dans la chambre. Un calme étrange planait dans les lieux. Ses larmes avaient cessé. J'ignorais par quel miracle mais ce n'était pas important. Tout ce qui comptait c'était qu'il ne pleurait plus. Je m'asseyais par terre dans un coin de la pièce, et me contentais de le regarder d'un oeil attentif et douloureux.
Les premiers jours furent longs. Je ne fermais l'oeil que très rarement, m'endormant quelques minutes avant de me réveiller aussitôt, aussi bien à cause d'un cauchemar que parce que je refusais de fermer l'oeil. Mais il ne dormait pas lui non plus. Du moins pas vraiment. A chaque qu'il trouvait enfin le repos, il se mettait à frissoner, trembler. Et à chaque fois, je me levais pour le rejoindre et le tirer de ses cauchemars, lui apportant parfois des bras réconfortant et une épaule pour pleurer. Je laissais cette peur de côté, je le devais. Je prenais sur moi, me contentant de penser à son bien être à lui et non au mien. Quant aux journées, elles étaient toutes identiques. Un silence pesant, car ni l'un ni l'autre ne parlait. Je me contentais de m'occuper de lui. C'était tout ce qui comptait. Il y avait eût l'enterrement, des plus simples mais des plus sincères. Je n'avais cessé de me demander ce qu'il se serait passé si je l'avais laissé venir seul ici. Au fond, je ne préférais ne pas l'imaginer.
Les derniers jours furent un peu plus vivant. Nous échangions quelques paroles, même si c'était très bref. Il était plus actif et tentait de refaire surface, ce qui était une bonne chose. Il mettrait probablement du temps à s'en remettre, il ne s'en remettrait peut être même jamais, mais il vallait mieux essayer plutôt que de se laisser sombrer.
Le septième jour, qui était aussi le dernier, je pris la peine d'appeler mon aîné, ne l'ayant pas fait de la semaine. D'autres préoccupations avaient envahit mon esprit, des choses plus importantes que de l'appeler à vrai dire. 

-...
- Eunhyuk ! Ecoute-moi ! Je te dis que si je ne t’ai pas appelé c’est parce que je n’en avais pas le temps ni le courage. Il était au plus mal, je ne pouvais pas le laisser seul.
-...
- Non, nous n’avons pas parlé plus que ça. Il ne sait rien de notre passé, ne t’inquiète pas.
-...
- Je sais… Non, il ne me jugerait pas. J’en suis certain.
-...
- Oui, on va pas tarder à rentrer. Aujourd’hui ou demain je pense.
-...
- A plus. Bye.

Je racrochais et remettais mon téléphone dans ma poche avec un soupir. Je ne me rendais compte que maintenant de ce que je venais de lui dire, réalisant peu à peu les conséquences. Mais je fus tiré de mes pensées, surpris par sa voix.

- Hyukjae ?
- Ah tu es là ? 

Je ne voulais qu'une seule chose : qu'il ne m'ait pas entendu. Mais je me doutais qu'une fois de plus, les Dieux ne seraient pas de mon côté.

- Oui… Euh… Je voulais te dire, si tu veux on peut rentrer à l’internat. On a déjà raté une semaine de cours, ce n’est peut-être pas la peine de rester plus longtemps…
- T’es sur ?

Non pas que je tenais réellement à rester ici, mais je pensais surtout à lui. Ici ou là bas ça ne changeait rien pour moi.

- Oui oui, ça va aller… De toute façon, je vais pas rester ici pour toujours…

Ce n'était pas tout à fait faux. Ainsi, en ce matin du dernier jour, nous avons rassemblés nos affaires et nous sommes à nouveau installé dans la voiture, en direction de l'internat, quittant cette maison. Nous ne sommes cependant pas parti dans la matinée, mais plutôt en fin d'après-midi.
Nous avons roulé quatre heures dans le silence, comme à l'allée, mais cette fois-ci la musique ne venait même pas combler ce bruit de fond cruellement manquant. Contrairement à la dernière fois, où éviter son regard avait probablement été ma priorité, aujourd'hui je ne cessai de lui en jeter. Aussi bien parce que j'avais appris à l'admirer sans rougir que parce que je m'inquiétais pour lui. La nuit était tombée, et je savais qu'il n'avait que trop peu dormit ces derniers temps pour se permettre de prendre la route. Je tentais de le lui faire remarqué plusieurs fois mais je n'y arrivais pas. Jusqu'au moment où je le vis bailler. 

- Leeteuk, faut que tu te reposes. T'as juste à t'arrêter deux minutes pour dormir un peu.

J'ignorais si ces simples mots allaient suffire à le convaincre, mais j'en doutais. Il avait une âme de leader, pas de suiveur. Alors ce n'était pas moi, l'étranger, qui allait bien pouvoir lui dicter sa conduite. Il me regarde, sans pour autant se déconcentrer de la route avant de me dire :

- Non c'est bon, je vais y arriver, ne t'inquiète pas.

Je n'étais pas inquiet pour moi mais pur lui. Sur son visage se lisait sa fatigue, et je doutais qu'il puisse tenir pendant encore deux heures, surtout de nuit.

- Ça suffit, on est pas à deux minutes maintenant tu fais une pause.

J'ingorais d'où m'était venu cet air autoritaire. Jamais encore je n'avais donné d'ordre à quelqu'un. Ce n'était pas dans ma nature. On m'avait appris à les subir, pas à les dispenser. Mais ce haussement de ton eût visiblement son effet. Il me regarda, avec un air presque surprit. Probablement parce qu'il ne m'avait jamais vu faire preuve d'autorité et que j'osais enfin lui parler de moi même au lieu de lui répondre, comme je le faisais d'ordinaire.

- Euh... Bon... D'accord...

Je ne pensais pas gagner si vite, mais peu importe après tout. Tout ce qui comptais c'était qu'il s'arrête. C'est tout ce que je voulais.
Après avoir coupé le moteur, il est passé à l'arrière de la voiture pour se mettre un peu plus à l'aise et rattraper quelques heures de sommeil perdues. Peu de temps après qu'il ait fermé les yeux, il s'endormit. Quand à moi, je m'étais assi en m'appuyant contre la portière, me retrouvant plus ou moins face à lui. J'avais veillé sur lui pendant une semaine, je n'allais pas cesser maintenant. Mais ce soir, je sentais que les choses étaient différentes. L'ambiance était calme et presque apaisante. 
M'accoudant au dossier du siège, je poussais un soupir de je ne sais quoi, posant indéfiniment mes yeux sur lui. Je redétaillais son visage dans les moindres détails. Ses mèches de cheveux rousses qui retombaient sur son front, ses yeux clos, ses lèvres envoûtantes, sa peau hâlée. Il m'attirait. Plus que je ne saurais le dire. Plus que je ne voulais le concevoir. Mais je devais voir la vérité en face. Je l'aimais. Je n'avais plus de doute. Et même si j'avais peur, peur quand il pose la main sur moi, peur quand il se blottit contre moi, peur quand il pleurt sur mon épaule, je me devais d'affronter tout ça. Je devais au moins essayer. J'ignorais si mes sentiments étaient partagés. C'est fort probable que non. Mais je devais essayer, quitte à mettre les choses au clair. Mais cette idée m'effrayait, plus que je ne pourais un jour l'expliquer. Mais au fond, je n'espérais qu'une chose : qu'il m'aide à affronter et vaincre cette peur à ses côtés, avec lui.
Comme chaque nuit de cette semaine, son sommeil fut troublé. Je me redressai à moitié, le regard presque inquiet, prêt à intervenir pour le réveiller. Il frissonait, petit à petit se mettait à trembler. Sans trop attendre, je passais à mon tour à l'arrière de la voiture, m'asseyant à côté de lui à sa gauche. Je m'apprêtais à agir lorsqu'il se réveilla en sursaut, hurlant mon nom.

- Hyukie !

Je ne relevais pas et me contentais de l'entraîner contre moi avant de l'entourer de mes bras protecteurs. Je le serrai contre moi sans vraiment réfléchir à ce que je faisais, ignorant cette angoisse grandissante en moi au fur et à mesure qu'il se blottissait contre moi, dans mes bras. Sa respiration était bruyante et rapide, et même si son cauchemar n'avait pas duré longtemps, son front était déjà couvert de sueur. 

-Calme toi Leeteuk. C'est fini. Je suis là.

Cette étreinte réconfortante ne dura que quelque instants, seulement le temps qu'il réalise qu'il s'était réveillé. Il me dit aussitôt s'être écarté de moi :

- Hyukjae ? Oh Hyukjae c'était horrible !
- Ne t'en fais pas, je suis là.

Je ne réflechissais que maintenant au fait qu'il m'ai appelé par mon surnom, surnom qui n'était pronnoncé que dans la bouche de mon aîné. Je fus pour le moins troublé, me demandant toujours pourquoi il m'avait appelé. Il est vrai que j'étais la personne qui l'avait sorti de ses cauchemars durant la semaine, mais il ne m'avait jamais appelé. Il n'avait jamais hurlé mon prénom. Il n'avait jamais rien dit.
Cette proximité me semblait presque inhabituel alors que nous avions plus ou moins suivit le même schéma chaque soir de la semaine. Mais ce soir les choses prenaient une autre tournure, une tournure qui m'effrayait. 

- Ils... ils... c'était toi...
- De quoi c'était moi ?

Je ne comprenais pas ce qu'il essayait de me dire. Ses pommettes avaient pris une teinte rosée avant de virer à l'écarlate. Qui est-ce que je pouvais bien représenter dans son rêve pour qu'il se mette dans cet état là ? Il semblait paniqué, comme s'il ne savait plus où se mettre. Pour la première fois depuis que je l'avais vu je me montrais insistant d'un simple regard, ne le lâchant pas des yeux un seul instant. 

- Non rien... laisse tomber... c'était un cauchemar...

Les cauchemar je savais ce que c'était. Et vu l'état dans lequel il était je n'allais certainement pas le laisser comme ça. Je me devais d'insister auprès de lui pour savoir. 

- Qu'est-ce qu'il y a Teukie ?

J'ignorais pourquoi je l'avais appelé comme ça, mais j'avais le sentiment d'avoir fait une erreur. Il rougit encore plus, si tant est que ce soit possible, et m'a regardé bizarrement, probablement de ce même regard que je lui avais jeté en entendant Hyukie. 
Je voulais savoir ce qu'il s'était passé. Je voulais savoir ce qui le mettait dans cet état. Je voulais l'aider. Je sais pas si j'en étais capable mais je le voulais.

- Dans mon sommeil... le rêve récurrent... c'est mes parents qui...
- Qui quoi ?

Qu'avaient bien pu faire ses parents pour qu'ils les voient sans arrêt dans ses cauchemars ? D'après ce que j'avais compris, il ne s'entendait pas mal avec eux, ils étaient même en bon terme. 

- Je leur présente quelqu'un et il le tabasse... Je ne savais pas qui c'était jusqu'à cette fois... Et je ne savais pas non plus pourquoi... Et maintenant je sais...

A présent qu'il m'avait dit je redoutais la fin de sa phrase. Je ne voulais plus l'entendre. Je sentais la peur montée en moi, et je ne pouvais rien faire pour l'en empêcher. Je cherchais sans vraiment réfléchir à clore le sujet.

- C'est rien. C'est juste un rêve...
- Mais la personne que je ne sauve jamais... C'est toi...

Je me sentais perdre pied. Je n'arrivais pas à refaire surface, m'enfonçant dans un abîme. C'était la raison pour laquelle il s'était jetté dans mes bras il y a une semaine. La raison pour laquelle j'étais le seul à savoir pour ses parents. La raison pour laquelle il m'avait demandé à moi de l'accompagner. La raison pour laquelle un mal être constant regnait entre nous. La raison pour laquelle il m'a prit la main devant chez lui. Tout s'éclairaient tout en devenant des plus sombres. La peur. Je n'avais plus que ça. 
Je me sentais commencer à trembler, ne pouvant rien faire pour me contrôler. J'étais incapable de me calmer. Je me reculais sur le siège jusqu'à arriver contre la portière, ne pouvant pas aller plus loin. 

- Hyukjae ? Ca... Ca va pas ? ... Je... Je suis désolé...


Il n'y était pour rien. Dans une certaine mesure moi non plus. Mais ce qui était sûr c'était que ce n'était pas sa faute. Il partageait ce sentiment que j'éprouvais pour lui et j'étais incapable de m'en réjouir. Je me sentais tomber, perdu. La volonté que j'avais s'était envolée. Il n'y avait plus que lui et moi. Ne pouvant rien lui dire d'autres, je lui dis d'une voix tremblante :
- Leeteuk je... Je peux pas...
.


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" HyukJae Won "

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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Sam 27 Sep - 20:30


…C’est encore plus compliqué…



- Oui oui, ça va aller… De toute façon, je vais pas rester ici pour toujours…

C’était vrai. Même si je l’aurais voulu pour pouvoir rester près de mes parents encore un peu. Mais à part un peu plus de souffrance, ça ne m’apporterait rien. Rien que de la douleur. Rien que du chagrin.  A partir de ce moment-là, nous nous sommes attelés au rassemblement de nos affaires avant de charger la voiture et de quitter ma maison en fin d’après-midi. Je n’étais plus vraiment sur que ce soit ma maison à vrai dire… En théorie c’était le cas, mais est-ce que j’allais vouloir revenir ici… c’était une toute autre question. Une question que je ne souhaitais pas vraiment me poser pour le moment.

Nous prîmes les mêmes places qu’à l’aller et comme pour le trajet qui m’emmena vers la réalité, le silence s’était installé, pesant sur nous de manière irrémédiable, alors que je n’avais pas eu la force de mettre de la musique. Tout ce que j’écoutais en temps normal me rappelait mon enfance, mes origines ou mes parents. Peut-être que je me faisais des idées parce que je ramenais tout à eux en ce moment après tout mais le fait est que chaque chanson me venant à l’esprit s’associait à des larmes refoulées de justesse. Pendant les quatre premières longues heures, je réussis à rouler sans me préoccuper des brefs regards que me lançait Hyukjae, sans toutefois parvenir à calmer les battements de mon cœur qui à chaque contact s’affolait, alors que ma peau brulait, consumée par l’amour que je diffusais et la tendresse qu’il m’envoyait. En une semaine, tout avait changé sans pour autant devenir ce que j’aurais souhaité. Il me regardait et me parlait avec plus de facilité mais tout l’amour que j’avais pour lui, et qui était maintenant une certitude, restait un secret enfoui dans mon âme.

Je commençais sérieusement à ressentir la fatigue accumulée au cours de la semaine, ma concentration constante augmentant l’épuisement qui irradiait chaque parcelle de mon corps, mais je ne voulais pas m’arrêter. Je sentais ses regards s’intensifier au fur et à mesure que je réprimais de plus en plus difficilement les marques de fatigue jusqu’à ce qu’un unique bâillement, trop fort pour que j’y résiste, ne parvienne à se montrer. C’est là, et à ce moment-là seulement, qu’il prit la parole, troublant un silence que, pour une fois, je haïssais profondément.

- Leeteuk, faut que tu te reposes. T’as juste à t’arrêter deux minutes pour dormir un peu.

Je sais mais si je fermais les yeux ne serait-ce qu’un instant, mes cauchemars reprendraient de plus belle, sans cesser de me hanter. Peu à peu, je voyais la suite de mon rêve au combien désagréable et je craignais d’en connaître la fin, surtout que je l’imaginais et la redoutait plus que tout. Après lui avoir jeté un très bref regard, ne voulant pas risquer un accident ou de croiser son regard, je lui répondis simplement, comme si tout était normal…

- Non c’est bon, je vais y arriver, ne t’inquiète pas.

Je ne sais pas si je voulais le convaincre lui de ma capacité à nous ramener à l’internat ou si je voulais m’en convaincre moi. J’aurais pu utiliser ce don si particulier que j’avais pour ne plus ressentir la fatigue mais peu à peu, j’avais appris à vivre sans, souhaitant vivre chaque instant et sentir chacune des sensations qui qualifiait l’homme d’être vivant. Sauf que je n’avais pas prévu que Hyukjae ait pu à ce point se libérer de sa gêne vis-à-vis de moi en une semaine.

- Ça suffit, on est pas à deux minutes, maintenant tu fais une pause.

Surpris. Je l’étais probablement autant que lui. L’entendre avec un air si autoritaire me semblait presque impossible, sachant qu’il avait déjà du mal à donner son avis sur des choses simples et basiques, je ne l’avais jamais imaginé me donnant des ordres, à moi, celui qui le gênait en permanence, à qui il ne pouvait pas parler sans détourner le regard et étant probablement le plus autoritaire de tout le groupe de coréens que nous avions formé. Alors oui, j’étais surpris. Et plus même, il m’avait presque fait peur en employant un tel ton.

- Euh… Bon… D’accord…

Je n’avais pas vraiment le choix. En théorie oui, mais il m’avait tellement étonné que je ne me sentais pas capable d’aller à l’encontre de son… conseil. Une fois arrêté sur le bord de la route, je passais directement à l’arrière de la voiture pour me reposer, comme il me l’avait demandé, pour ne pas dire ordonné. J’aurais voulu qu’il vienne avec moi et qu’il me serre dans ses bras pour me réconforter quand le cauchemar surviendrait mais il n’en fit rien. Et je me retrouvai à nouveau seul plongé dans cette horrible vision.

Je revoyais à nouveau leur rictus diabolique, empli d’un cynisme sans nom. Et les poings qui se lèvent. Mais cette fois, je veux savoir. Le temps semble s’être suspendu au-dessus de moi, plus rien en bouge, plus rien ne vit, il ne reste plus que moi. Dans un effort intense, en un moment qui me semble une éternité, je parviens à tourner la tête mais ce que je vois me paralyse à un point tel que je relâche la pression que j’avais sur le temps et les coups s’abattent sur celui que je leur ai présenté. Dans mon rêve, je hurle son nom, un surnom même, un surnom que je n’utiliserais jamais pour lui parler…

- Hyukie !

Presqu’instantanément, je fus blotti dans ses bras, ne comprenant pas vraiment comment il avait fait pour être si près en si peu de temps. Avait-il vu que mon cauchemar recommençait ? Etait-il passé à l’arrière dans le seul but de me réconforter si le besoin se présentait ? Je voulais de tout mon cœur croire que oui. Mais je n’étais sur de rien à son égard. Il ne pouvait pas avoir changé si vite. Mais je voulais y croire. J’avais perdu le gout de la solitude dès que mon regard avait croisé le sien et j’avais eu le cœur qui battait à nouveau dès son premier mot. Pouvait-il en être de même pour lui ? Etait-il réellement possible que son déclic ait eu lieu ? Qu’il réalise maintenant ce que je n’avais pas voulu admettre non plus ? Pouvait-il m’aimer comme je l’aimais ? Tout me criait de croire mais je savais que l’espoir n’est qu’une illusion que la réalité peut effacer du simple revers d’une seconde. Je devais encore être entrain de rêver. C’était la seule explication.

- Calme-toi Leeteuk. C’est fini. Je suis là.

Alors non, je ne rêve plus. Ça veut dire que tu dois souffrir de cette étreinte au moins autant que je la trouve réconfortante… M’écartant de lui assez rapidement, le temps d’être sur qu’il ne s’évaporerait pas, happé par la réalité, je voulus me confier à lui… A tort…

- Hyukjae ? Oh Hyukjae, c’était horrible !

- Ne t’en fais pas, je suis là.

Justement, tu es là. Maintenant. Mais qu’en sera-t-il demain ? Et les jours suivants ? Oh non, cette fois, je ne voulais pas risquer de perdre la personne qui comptait peut-être le plus dans ma vie. Il fallait qu’il sache. Mais j’avais tellement peur qu’il me juge, qu’il me rejette, qu’il… parte…

- Ils… ils… c’était toi…

- De quoi c’était moi ?

Rien que par cette question et par son regard insistant, il réussit à faire retomber le moindre soupçon de résolution. Je sentais mes joues qui chauffaient. Il ne fallait pas que je rougisse mais je ne sais pas pourquoi ni comment mais je sentais que c’était déjà trop tard. Je ne savais plus où me mettre et je tentais de changer de conversation, ou au moins de clore celle-là, espérant que comme d’habitude, il ne chercherait pas à savoir.

- Non rien… laisse tomber… c’était un cauchemar…

Mais cette fois, il voulait savoir et quelque part, c’était légitime et je savais qu’il n’abandonnerait pas…

- Qu’est-ce qu’il y a Teukie ?

Tout le monde m’appelait comme ça mais que ce soit lui qui le dise me mettait dans une situation des plus étranges. D’une part, j’aurais voulu hurler mon bonheur au monde entier, pour qu’il se soit montré si proche de moi, et d’autre part, j’aurais voulu être une souris pour pouvoir me cacher dans un tout petit trou où personne n’aurait pu me retrouver. Mes joues durent devenir si écarlates qu’il me fut impossible de ne pas en ressentir la chaleur presque brulante. Mais je n’avais pas le choix. Pour une fois que c’était moi le gêné, je me retrouvai dans une position délicate, à savoir que je n’avais pas tellement de choix ou d’alternative...

- Dans mon sommeil… le rêve récurrent… c’est mes parents qui…

- Qui quoi ?

Je consentais bien le fait qu’il veuille savoir mais dès que je continuerais, si j’y arrivais, il me laisserait… Je le savais, je le sentais, je le redoutais… S’il m’abandonnait, ce serait… les mots ne me viennent même pas… tellement je ne pourrais pas…

Mais je ne pouvais plus faire demi-tour… C’était trop tard...

- Je leur présente quelqu'un et il le tabasse... Je ne savais pas qui c'était jusqu'à cette fois... Et je ne savais pas non plus pourquoi... Et maintenant je sais...

Maintenant que j’avais commencé, je ne devais plus m’arrêter avant qu’il ait compris. Si ce n’était pas déjà le cas…

- C’est rien. C’est juste un rêve…

- Mais la personne que je ne sauve jamais… c’est toi…

Et comme je m’y attendais, il recula jusqu’à heurter la portière. Il tremblait. Est-ce que l’idée que je puisse l’aimer était si effrayante pour lui ? Est-ce que je le dégoutais ? Je ne savais même s’il était gay alors dire que je l’aimais était une belle boulette. Mais j’étais allé trop loin pour ne pas lui dire maintenant ; c’était le moment ou jamais et plus sa respiration accélérait, plus je me disais que jamais aurait peut-être été la solution à adopter.

- Hyukjae ? Ça… Ça va pas ?... Je… Je suis désolé…

Je m’en voulais tellement. Lui qui avait fait tant d’effort pour me parler et me regarder. Et moi je gâchais tout en lui avouant des choses aussi insensées qu’improbables… Je ne savais pas s’il voulait de mes excuses ou si elles pouvaient ne serait-ce que lui faire oublier ce que je venais de lui dire. Rien ne pourrait lui faire oublier. Vu sa réaction, il devait le redouter plus que tout au monde. Est-ce que c’était le fait que quelqu’un s’attache à lui qui lui faisait peur ou était-ce moi en particulier ? Je ne pouvais m’empêcher de redouter une réponse qui ne viendrait pas. Dans un cas, comme dans l’autre, elle serait dévastatrice pour moi. Je n’avais pas le droit d’aimer et d’être heureux. C’est probablement ce à quoi je suis destiné. Je n’ai jamais cru au coup du sort, j’ai toujours pensé pouvoir forger mon destin mais maintenant je me demandais si en amour, il n’y avait pas certaines choses d’écrites et de bien plus fortes que toute la volonté du monde.

- Leeteuk je… Je peux pas…

Sa voix était tremblante. Nous avions passé une semaine plutôt agréable malgré un fond de chagrin et en cet instant, j’avais l’impression de séquestrer un innocent, un inconnu… Mais plus que tout, je voulais savoir ce qu’il ne pouvait pas… Je supposais que c’était aimer mais je ne pouvais pas croire qu’il m’aimait sans le pouvoir vraiment. Ça devait avoir un lien avec ce que j’avais surpris de sa conversation avec son frère, à propos de son passé, et je m’en voulais d’avance de lui demander cela…

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

J’aurais voulu qu’il me gifle, qu’il s’enfuit en me hurlant que ce n’était pas mes affaires ou encore qu’il se mure dans un profond silence en exigeant que l’on reprenne la route, tout sauf ça… Je vis une première larme s’échapper de son œil droit, avant qu’un torrent de jumelles salées ne s’échouent sur ses joues, me déchirant le cœur dans le même temps. Le voir souffrir et en être la principale cause me faisait souffrir plus que je ne saurais le dire mais tout ce que je voulais en ce moment c’était qu’il se calme. Et qu’il m’oublie.  Malgré toute la douleur que je pourrais ressentir, je voulais que lui n’ait plus mal. Peu m’importait ce que me disait mon âme et toutes les alertes que m’envoyaient mon corps qui me hurlait de l’embrasser, je pourrais ne pas souffrir alors que lui n’avait aucun moyen de s’en échapper.

Je ne pus me résoudre à tout ce que je pensais et je me rapprochai de lui, jusqu’à être suffisamment proche pour le prendre dans mes bras, alors que les nouvelles larmes s’échouaient dans mon dos, brulant ma peau comme autant de couteaux enfoncés dans ma chair.

- Ne pleure plus… S’il te plait pardonne-moi…

- Non.

-P… Pourquoi ?

Je sentais les larmes me monter aux yeux tandis que lui ne se calmait pas. Comment pouvait-il ? Est-ce que je m’étais trompé sur son compte ?

- Parce que tu n’es fautif en rien. Tu n’as rien fait que j’ai besoin de te pardonner.

Il s’écarta de moi et pendant un instant, je crus que j’avais imaginé sa dernière phrase et qu’il ne voulait finalement pas me pardonner du tout… Mais il ne s’était écarté que pour mieux se blottir contre moi, la tête dans le creux de mon cou, alors que j’étais assis et lui presque allongé.

- Qu’est-ce qu’il y a alors ?

Je ne comprenais plus rien. Est-ce qu’il m’en voulait ? Est-ce qu’il m’aimait ? Je me sentais perdu dans toutes mes pensées qui me paraissaient toutes s’opposer en un flot de réflexions sans fin qui ne se concluaient que par une seule et même idée. Je l’aime. Je l’attendrai.

- Je ne peux pas… C’est leur faute, pas la tienne…

Mais la faute de qui ? De quoi ? Je suis perdu entre ses yeux, l’envie de l’embrasser et le besoin de l’aider. Mais je ne parvenais pas à comprendre. Et je m’en voulais d’insister pour qu’il m’en dise plus, plus clairement, alors que je voyais bien que ça le faisait souffrir…

- La faute à qui ? Je t’en prie Hyuk, explique-moi, il faut que je sache…

- Je suis… marqué par mon passé plus que je ne le voudrais…

Que voulait-il dire par là ? Tout le monde est affecté par son histoire, en bien ou en mal, pourquoi le serait-il plus que les autres ? Mais quoiqu’il en soit, je pouvais tout effacer grâce à mon don, à la condition qu’il me le demande et qu’il le veuille…

- Il ne reste rien du passé que l’on ne puisse effacer. Ou que je ne puisse effacer…

- Si Teukie, il y a des marques qui jamais ne s’estompent. Malgré le temps, malgré la volonté et malgré l’amour.

Il s’écarta de moi. D’un coup, je me mis à avoir peur. Y avait-il quelque chose que je n’avais jamais soupçonné dans le passé des deux jumeaux ? Après tout, je ne savais qu’une chose, c’est qu’ils avaient oublié une grande partie de leur histoire, tout ce qu’ils avaient vécu, mis à part les moments ensemble… Je n’avais pas prévu cela mais il se mit dos à moi et il releva son tee-shirt, lentement, comme s’il craignait vraiment ma réaction…

- Oh mon dieu ! Mais qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?!

Des cicatrices ! Partout, il en avait des dizaines ! Qui étaient les monstres qui avaient pu lui faire ça ? Qu’avait-il lui bien pu faire pour les mériter ? Tant de questions se bousculaient dans mon esprit, je ne parvenais pas à faire le tri… Etait-ce possible que ce soit Eunhyuk ? Non. Etait-ce leurs parents ? Aucune idée. Je ne savais rien. Je ne pouvais pas savoir. Rien. Qu’une immense impuissance qui me reprenait en cet instant. Avec une seule certitude, celle que s’il le voulait, je pourrais effacer ces marques de sa peau.

- Ils m’ont séparé de mon ange gardien et il a mis quatre longues années pour me retrouver…

Je ne voyais qu’une seule personne qui pouvait correspondre à une telle description. Son frère.

- Eunhyuk ?

- Mmh… Mes parents adoptifs nous ont vendus et on est partis chacun sur une voie forcée. C’est… c’est là qu’Eunhyuk… et bien… il… a… changé… Il est devenu violent, dangereux, agressif et surtout très protecteur…

C’est pour ça qu’il le défendait. C’est parce qu’il sait que son frère n’est pas ce qu’il paraît être. Parce qu’il l’a connu avant qu’ils soient séparés. Mais le destin de son frère, bien que dramatique, n’était pas celui que je désirais connaître avant tout même s’il me permettait ainsi de mieux les connaître de par leur passé presque commun.

- Et toi ? Qu’est-ce que tu as fait ?

J’avais peur, peur de ce qu’il avait pu subir. Même si je ne le connaissais pas à ce moment-là, je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’une fois encore, l’impuissance était ma seule force…

- Moi ? J’ai été victime de la violence des hommes et de la perversité sans faille de leurs esprits…

Je… je ne savais plus bien quoi dire… Si j’avais bien compris, ce que je voulais refuser, il était normal qu’il ne puisse plus faire confiance à personne. Mais jamais je ne pourrais ne serait-ce que le rendre triste. Je ne sais pas pourquoi je me suis pris de tant d’amour pour lui, si j’avais su c’aurait été plus simple mais le fait est que, oui je l’aimais plus que moi-même, et que jamais je ne pourrais  m’imaginer le blesser, tant dans sa chair que dans son âme.

- Je ne suis pas comme eux. Je ne pourrai jamais te faire de mal…

- Je sais, je le vois dans tes yeux et dans tes gestes… Mais à chaque fois que ta main frôle la mienne, je meurs de la prendre mais ce que ce contact me rappelle me paralyse. Là, blotti contre toi, je me dis que je peux tout oublier et tout affronter mais je sais que ma volonté ne résiste jamais longtemps aux visions qui me viennent, comme un voile rapidement déchiré par la douleur…

Ne pense pas à plus tard. Voilà ce que je voudrais te répondre mais je sais bien que regarder dans le passé pourrait te faire souffrir plus que de regarder un avenir incertain. Alors, tout ce que je vais faire, c’est te dire que l’avenir il est immense et qu’une infinité de voies s’offrent à nous, du moment que nous partageons ce chemin…

- Ne t’en fais pas. Le temps, on en a. Tout ce qui compte, c’est que tu ne me sois jamais enlevé.

- Ça n’arrivera pas… Mais toi, tu peux me dire quelle est ta plus grande angoisse ?

… Je peux. Je le veux. Mais c’est… douloureux… Et il a déjà tellement souffert… Est-ce que ce serait juste de partager avec lui mon fardeau ? Toute ma culpabilité, je ne veux pas la partager, ce n’est que la mienne. Est-ce que ce serait normal que je lui en donne une partie ? Bien sur que non mais je ne pouvais pas résister à l’envoutement de sa voix et après tout, il m’avait livré son histoire, en partie, je pouvais bien en faire de même. Je crois.

- L’abandon. L’impuissance. La solitude.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- Il y a trois ans, j’ai rencontré quelqu’un qui a changé ma vision de l’amour. C’était le bonheur entre nous et nos parents étaient tous les quatre très ouverts. Nous pouvions être ensemble en permanence, sans avoir à nous cacher. Jusqu’au jour où son père, dans un accès de rage après un divorce difficile, massacra sa femme et son fils avant de se suicider. Et si… si j’avais été là… j’aurais pu les sauver… mais… j’étais impuissant… comme pour mes parents… et…

Evoquer ce souvenir. Peut-être le seul qui m’ait toujours hanté. Le seul point noir d’une vie idéale mais qui avait taché toute une vie. Pourrait-il effacer cette peine ? Je voulais y croire mais à part m’aider à supporter la douleur, je ne vois pas comment… Les larmes débordèrent de mes yeux, je ne pouvais plus les garder. En une semaine, j’avais pleuré toutes les larmes qui n’avaient jamais su s’échapper il y a trois ans.

- Ne t’inquiète plus Teukie, rien ni personne ne nous séparera. Je te le promets.

L’entendre dire cela. C’était plus que je n’en aurais espéré. J’étais au bord de l’évanouissement, trop de pensées se bousculaient à l’intérieur de ma tête. Entre chagrin, regrets et amour, je ne parvenais plus à m’y retrouver. Il s’était redressé et je m’étais automatiquement blotti entre ses bras protecteurs, me sentant pour une fois celui qui était en sécurité et non celui qui l’apportait. J’aimais être contre lui, sentir son cœur battre et l’entendre respirer, même si je n’avais alors pas pensé à ce qu’il devait affronter pour que je me sente si bien.

M’écartant à nouveau de lui pour plonger mon regard dans le sien, nous avons collé nos deux fronts sans briser le contact de ses yeux dans les miens. Je pouvais presque voir se dessiner sur ses lèvres un sourire mélancolique et triste, mais un sourire quand même. Je réalisais alors que je ne l’avais jamais vu rire, ni même sourire franchement. Et doucement, tout en gardant les yeux ouverts pour ne rien perdre de cet instant, j’ai déposé mes lèvres sur les siennes, sentant peu à peu chacune des miettes de mon cœur se retrouver avant qu’il ne se remette à battre, complètement reconstitué… ou presque… Ma seule crainte en cet instant était qu’il parte.

         


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Dernière édition par LeeTeuk Park le Mar 30 Sep - 19:59, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Lun 29 Sep - 19:29

Parfois ça se complique
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- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Le passé. Cette chose que je redoutais tant, par-dessus toutes les autres. Je ne l'avais jamais évoqué. Jamais. Même avec Eunhyuk. Il lui avait suffit de voir cet endroit pour savoir tout ce qui s'était passé. Je n'avais jamais évoqué les détails, les conditions, rien. Jamais. Depuis quatre ans j'essaye de le fuir, de m'éloigner de lui le plus possible, mais c'est inévitable. Il finit toujours par me rattraper. 
Sans que je ne puisse rien faire, une larme s'échappa de mon oeil droit avant de rouler sur ma joue et de s'échouer sur ma main, bientôt suivit d'une dizaine d'autres. Je ne voulais pas pleurer, pas pour ça, pas devant lui, mais c'était plus fort que moi. Je ne pouvais rien faire pour les arrêter. Me rappeler mon passé c'était probablement la chose la plus douloureuse qu'on puisse me faire. Mais je ne pouvais pas le blâmer. Il ne savait pas ce qu'il m'était arrivé. Il ne pouvait pas savoir. Je détournais rapidement mes yeux des siens, ne pouvant pas soutenir son regard désolé alors que le mien était larmoyant. Ce n'était pas sa faute. C'est tout ce que je voulais lui dire.
Il s'approcha doucement de moi sans que je ne puisse le voir, ayant fermé les yeux, jusqu'à se tenir presque contre moi, avant de passer tendrement ses bras autour de moi pour me ramener contre lui. Je n'avais même pas le courage de protester ou de me débattre. Je n'en avais pas non plus l'envie. Je laissais tomber toutes mes défenses et me blottissais dans ses bras, nichant ma tête sur son épaule tout en y laissant tomber mes larmes. 

- Ne pleure plus… S’il te plait pardonne-moi…
- Non.

Je ne craignais pas, je savais qu'il allait mal l'interpréter. Mais je n'avais rien à lui pardonner. Rien. Si dans le futur il m'en reparle de lui-même, alors peut être que je pourais lui en vouloir momentanément. Mais pas maintenant.

- P… Pourquoi ?

Le ton de sa voix était presque sanglotant. J'avais peur de l'avoir blessé. Et puis je ne m'étais toujours pas calmé, ce qui ne l'aidait pas à se rendre moins coupable. 

- Parce que tu n’es fautif en rien. Tu n’as rien fait que j’ai besoin de te pardonner.

Je m'écartais de lui après ces mots, m'assurant qu'il ne pleurait pas. Ce n'était cependant toujours pas mon cas, et c'est pour cette raison que je me suis à nouveau blotti dans ses bras protecteur, tout contre lui. Ma tête était dans le creux de son cou, et je me retrouvais plus ou moins allongé contre lui alors que lui était toujours assis, me gardant étroitement contre lui.

- Qu’est-ce qu’il y a alors ?

Je ne voulais pas en parler. Lui en parler. Je ne voulais pas revenir là-dessus. Je ne pouvais tout simplement pas. C'était comme me demander de décrocher la lune. Même avec toute la volonté du monde, même si c'était pour lui, je ne pouvais pas. C'était trop dur.

- Je ne peux pas… C’est leur faute, pas la tienne…
- La faute à qui ? Je t’en prie Hyuk, explique-moi, il faut que je sache…

Il voulait savoir. Et quelque part il devait savoir. Je ne pouvais pas imaginer une relation quelle qu'elle soit avec lui sans qu'il le sâche. Ca ne pourait fonctionner que lorsqu'il serait au courant. 

- Je suis… marqué par mon passé plus que je ne le voudrais…

Je ne savais pas par où commencer. Alors parler de mes cicatrices me semblais la chose la moins dur à dire, ou à montrer. Du moins c'était plus dur à dire qu'à faire. 

- Il ne reste rien du passé que l’on ne puisse effacer. Ou que je ne puisse effacer…

Il avait raison. Cette souffrance et cette peur qui me suivent comme mon ombre pouvait être effacées. Il en avait les moyens. Mais même si toute cette histoire me bouffe la vie de jour en jour, je ne pouvais pas l'effacer. Cette haine m'a rendu plus fort. Cette souffrance a fait ce que je suis aujourd'hui. Et même si c'est douloureux, je ne veux pas les abandonner. Elles font partie de moi, que je le veuille ou non. Tout ce que je veux aujourd'hui c'est avoir la force et le courage de vivre et d'avancer avec. Et si Leeteuk pouvait faire quelque chose pour moi c'était ça. Me soutenir à chaque pas, et me ramener sur le droit chemin à chaque fois que je m'égare.

- Si Teukie, il y a des marques qui jamais ne s’estompent. Malgré le temps, malgré la volonté et malgré l’amour.

Je m'écartais doucement de lui. Mes larmes s'étaient plus ou moins estompées, mais maintenant j'avais peur. Je n'avais pas peur de sa réaction, je n'avais pas peur d'un dégoût, je n'avais pas peur qu'il s'en aille, mais la simple idée de révéler ces marques m'effrayait. Je ne l'avais jamais fait. Eunhyuk les avait vu le jour où il m'avait sauvé, mais jamais depuis. Leeteuk serait le premier.
Je me mettais dos à lui et saisissais le bas de mon tee-shirt avant de le relever doucement, presque d'une main tremblante, révélant toutes les cicatrices que je portais depuis ma pemière évasion. 

- Oh mon dieu ! Mais qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?!

Je n'avais pas mérité tout ça. Je n'avais rien fait pour ça. Mais j'en étais conscient depuis longtemps. Sa réaction ne m'étonna pas. C'était probablement normal de dire ça en de pareils circonstance, même si je n'avais pas vraiment d'élément de comparaison. Je me doutais que des interrogations par dizaines et des suggestions devaient se débattre dans son esprit, et c'ets probablement la raison pour laquelle j'ai décidé de lui donner la réponse qu'il cherchait à obtenir.

- Ils m’ont séparé de mon ange gardien et il a mis quatre longues années pour me retrouver…

Quatre ans. Ce n'était pas grand chose dans uen vie, et pour certaine personne cela pouvait paraître dérisoire. Mais quatre ans là bas c'était tout autre chose. Me remettant face à lui après avoir abaissé mon tee-shirt, il me reprit dans ses bras, et je me blottissais à nouveau contre lui en une étreinte réconfortante. 

- Eunhyuk ?
- Mmh… Mes parents adoptifs nous ont vendus et on est partis chacun sur une voie forcée. C’est… c’est là qu’Eunhyuk… et bien… il… a… changé… Il est devenu violent, dangereux, agressif et surtout très protecteur…

Je n'avais pas vraiment parlé de moi, mais au moins à présent il savait ce qui justifiait son comportement parfois déraisonnable et agressif. Son côté des plus protecteur envers moi également, même s'il n'avait pas encore toutes les cartes en mains pour comprendre ce qui poussait Eunhyuk à ne laisser personne m'approcher. 

- Et toi ? Qu’est-ce que tu as fait ?

Qu'est-ce que j'ai fait. Qu'est-ce qu'on m'a fait serait sans doute plus juste. Mais je ne relevais pas. Je em contentais d'inspirer lentement avant de le lui dire, puisant dans le courage qu'il me restait depuis tout ce temps :

- Moi ? J’ai été victime de la violence des hommes et de la perversité sans faille de leurs esprits…

Par cette simple phrase je lui expliquais absolument tout. Pourquoi j'avais été si gêné vis-à-vis de lui. Pourquoi j'avais tremblé le soir où il s'est blottit contre moi après un cauchemar. Pourquoi je m'éloignais à chaque fois que quelqu'un s'approchait de moi. Et pourquoi j'avais tant peur de mes sentiments pour lui.
Ses bras se ressérèrent autour de moi alors que je le sentais perdu, cmme s'il ne savait pas quoi me répondre. Mais il n'y avait à dire. 

- Je ne suis pas comme eux. Je ne pourrai jamais te faire de mal…

Je savais qu'il était sincère.Je ne l'imaginais même pas capable de faire le moindre mal, à qui que ce soit. Qui plus est à la personne qu'il aimait.

- Je sais, je le vois dans tes yeux et dans tes gestes… Mais à chaque fois que ta main frôle la mienne, je meurs d'envie de la prendre mais ce que ce contact me rappelle me paralyse. Là, blotti contre toi, je me dis que je peux tout oublier et tout affronter mais je sais que ma volonté ne résiste jamais longtemps aux visions qui me viennent, comme un voile rapidement déchiré par la douleur…

En ce moment ça allait. Mais qui pouvait dire comment ça irai dans 20 minutes, demain, ou même dans une semaine. Ce soir je lui ouvrais mon coeur, demain je pouvais très bien le rejeter. Je ne pouvais pas prévoir l'avenir, en aucun cas. Tout ce que je pouvais faire c'était profiter de l'instant présent et ressasser le passé. 

- Ne t’en fais pas. Le temps, on en a. Tout ce qui compte, c’est que tu ne me sois jamais enlevé.
- Ça n’arrivera pas… Mais toi, tu peux me dire quelle est ta plus grande angoisse ?

J'espérais ne pas me tromper. Je l'espérais de tout coeur. Je ne voulais pas avoir à lui mentir même sans le faire exprès. 
Mais je voulais savoir ce qui lui faisait peur à lui. Je voulais connaître ses craintes, ce qui a fait qu'il est tel qu'il est aujourd'hui, à savoir protecteur avec tout le monde. Il ne peut rien se passer sans qu'il soit au courant. Ce besoin qu'il a de tout savoir et de tout contrôler, je voulais savoir d'où il venait. Même si c'était dur, et même douloureux pour lui, je voulais savoir.
 
- L’abandon. L’impuissance. La solitude.

Je me sentais automatiquement visé. Si ses sentiments s'avéraient être sincères, ce dont j'étais sûr à vrai dire, je n'avais pas le droit de l'abandonner. Je n'avais pas le droit de le laisser. Si j'avais une responsabilité envers lui c'était bien celle-ci.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Il y a trois ans, j’ai rencontré quelqu’un qui a changé ma vision de l’amour. C’était le bonheur entre nous et nos parents étaient tous les quatre très ouverts. Nous pouvions être ensemble en permanence, sans avoir à nous cacher. Jusqu’au jour où son père, dans un accès de rage après un divorce difficile, massacra sa femme et son fils avant de se suicider. Et si… si j’avais été là… j’aurais pu les sauver… mais… j’étais impuissant… comme pour mes parents… et…

Je m'écartais de lui quand il eût fini. Par ce discour j'éclairais plusieurs choses en ce qui le concernait. D'abord le fait qu'il avait déjà connu l'amour, ce qui quelque part m'effrayait. Je ne savais pas vraiment pourquoi. Ce n'était pas la peur qu'il puisse repenser à lui en étant avec moi, mais c'était probablement le fait que j'avais peur de ne pas pouvoir être avec lui comme lui l'était avec Leeteuk. L'idée même de l'embrasser me faisait peur, et jusqu'à il y a quelques heures, le prendre dans mes bras me semblait impossible. 
La deuxième était la raison qui expliquait qu'il soit à ce point sur le dos tout le monde, à toujours vouloir savoir où on est, avec qui, quand est-ce qu'on rentre. Même s'il n'avait pas à se sentir coupable de quoi que ce soit, je comprenais malgré tout ce qui le poussait à s'en persuader. 

- Ne t’inquiète plus Teukie, rien ni personne ne nous séparera. Je te le promets.

Je plongeais mon regard dans le sien, espérant qu'il puisse y lire toute ma sincérité. Tout ce que j'espérais c'était que cette sincérité ne serait pas passagère. Mais je ne pouvais rien prévoir. Je vivais au jour le jour. 
Je me redressais légèrement avant qu'il ne vienne contre moi, cherchant réconfort et tendresse alors que ses larmes s'évanouissaient dans mo vêtement. D'abord hésitant, comme de coutume, je refermais mes bras autour de lui, le ramenant encore un peu plus contre moi en une étreinte chargée de tendresse. Je tentais d'oublier ces petites voix dans ma tête qui me hurlaient de m'écarter. Être dans ses bras était une chose, lui dans les miens en était une autre. 
Mais il s'en est visiblement rendu compte, car il s'est écarté presque précipitament de moi, comme s'il se rendait compte qu'il avait fait une erreur. Ce n'en était pas une en soit, mais lui comme moi comprenions ma réaction et la sienne. 
Il plongea son regard dans le mien, avant de coller son front au mien sans briser cet échange. J'ignorais pourquoi mais je souriais. Ce n'était pas un sourire immense, plutôt discret et presque triste, mais c'était un sourire. Je n'avais pas souris depuis je ne sais plus quand. Mais ce qu'il fit ensuite me paralysa.
J'ignorais si ce que je ressentais était une joie intense ou une peur immense. J'étais partagé entre amour et souffrance. Je ne savais pas non plus ce que je devais faire. Ce que je sais c'est que j'ai fermé les yeux, à la fois surpris et par réflexe. Je ne savais pas quoi penser. Je ne savais pas non plus quoi faire. Mais j'étais sûr d'une chose : il était sincère. Ce qu'il faisait il ne le faisait pas pour me faire du mal mais par amour. Et même si tout ça me faisait peur, plus que je ne saurais le dire, je me devais de dépasser tout ça. Avec lui. 
Tentant de laisser ma peur de côté, ne me concentrant que sur l'instant présent et non sur le passé, je passais ma main dans sa nuque et répondais à son baiser, appuyant mes lèvres contre les siennes avec tendresse, délaissant la peur pour faire place à des sentiments plus fort. Il fut d'abord surpris, ne s'attendant probablement pas à cette réaction de ma part, avant d'y répondre à son tour. 
L'on se sépara aorès quelques instants, nos fronts restant l'un contre l'autre. Je ne rouvrais pas les yeux, de peur que cet instant ne soit qu'un voile d'illusions, un voile déchiré par une réalité trop dure. Je n'osais pas. Mais ses bras se refermant autour de moi, m'attirant contre lui, sa chaleur qui m'envahissait petit à petit, son souffle dans mon cou, tous ses éléments me montraient que j'étais dans la réalité et non dans mes songes. Je me suis blotti contre lui et l'ai laissé m'entraîner avec lui sur la banquette arrière, nous retrouvant allongé. Lui était sur le dos et je me retrouvais à moitié sur lui. 
Je ne pensais même pas à la peur, et me contentais de caler ma tête au niveau de son coeur, le sentant battre sous mon oreille, alors que ses bras se refermèrent autour de moi. Ni lui ni moi ne parlions, ne voulant pas venir troubler cette atmosphère de tendresse que j'arrivais à maintenir sans paniquer. Sans trop attendre, probablement rattrapé par la fatigue, j'ai fermé les yeux, bercé par son coeur battant et sa chaleur, et me suis laissé emporter par Morphée, à tort.
Je me réveillais en sursaut, me redressant soudainement alors que je gardais les yeux fermés, ayant peur d'affronter et de découvrir l'extérieur. Ma respiration était irrégulière, j'étais en sueur, je tremblais. C'était habituel. Mais aujourd'hui je trouvais cela différent. Probablement dut à ce qu'il s'était passé la veille. Mais contrairement à chaque nuit où je me réveillais seul et à la fois entouré, ce matin là, je sentis une présence dans mon dos. Elle me provoqua d'abord un frisson avant que je ne me retrouve dos contre torse à Leeteuk, entouré de ses bras aimant et protecteurs. Il me serrait tout contre lui, cherchant à me rassurer et à me faire comprendre que je n'étais pas là bas, qu'il ne m'arriverait rien ici, à ses côtés. Et le fait de savoir qu'il n'accepterait pas de perdre à nouveau quelqu'un ou de le faire souffrir me rassurait dans cette idée que dans ses bras j'étais à l'abris. Je tournais la tête vers lui et calai mon front contre son cou, tentant de me calmer au mieux. 
Je retrouvais peu à peu une respiration normale et j'avais arrêté de trembler, bercé par ce silence agréable. Nous sommes resté ainsi un moment, sans rien dire ni rien faire avant de reprendre la route, sachant que nous aurions du arrivé la veille déjà. Mais ce fut toujours sans un mot, sans échange. Cependant, contrairement à la route effectuée précédement, aussi bien à l'allée qu'au retour, ce silence n'était pas lourd sur nos épaules. Bien au contraire. Il était presque apaisant.
Le voyage fut des plus calme. Nous sommes arrivés à l'internat après environ deux heures de route. Après être descendu de la voiture, l'on s'est directement dirigé vers notre chambre, ayant bizarrement envie de se poser. Mais aussi parce que les autres nous manquait. Du moins à lui. Je ne saurais pas vraiment dire si l'un d'eux me manquais vraiment, ne les connaissant pas franchement. Mise à part Eunhyuk qui m'avait réellement manqué. Cette semaine m'a prouvé que je ne pouvais pas vivre loin de lui. J'avais besoin de lui, s'en était presque vital. 
Après avoir monté les escaliers, nous avons traversé le couloir et nous sommes arrêtés devant la porte de notre chambre. Mais aucun de nous deux n'ouvrit la porte. Son regard se plongea dans le miens. Il semblait troublé, interrogateur, presque triste. Le mien était à l'identique, pour la simple et bonne raison que lui comme moi nous demandions ce qui allait se passer à présent. Rien n'était clairement décidé à propos de nous. Si nous étions en couple ou non, si lui comme moi voulions la même chose ou non, sur ce qu'on allait dire aux autres vis-à-vis de ce qui nous avait poussé à rester une semaine, et sur ce qu'on allait leur dire à notre sujet. Rien n'avait été décidé. Et ce fut presque une angoisse qui s'insinua en moi, alors que je détournais le regard quand il se décida à ouvrir la porte et à entrer, moi à sa suite. 
A peine étais-je entrer que quelque se pendit à mon cou, pas de façon très délicate. Sachant pertinemment de qui il s'agissait même si je n'avais pas eu le temps de le voir tellement il avait fait vite, je refermais mes bras autour de lui en une étreinte fraternelle. Il m'avait manqué, vraiment. Mais je m'apprêtais également à ce qu'il me passe un savon. Et j'avais vu juste. Il se détacha de moi avant de me dire, sur un ton à moitié affolé, comme de coutume.

- Hyukjae ! Te voilà ! Tu es enfin rentré. Est-ce que ça va ? Il ne t'a rien fait au moins ? Tu parais bizarre.
- Non loin de là...

Je me forçais à mentir, mais lui parler de ça maintenant était pas vraiment la solution. 

- Et toi, ta semaine ?
- J'ai pas dormi de la semaine. Je m'inquiétais trop tu n'a jamais répondu à ton téléphone ou presque. Pourquoi bordel ? Tu sais que je m'angoisse vite.

Oh oui je le sais ça. Mais si seulement tu savais pourquoi... C'était pas vraiment le bon moment pour aborder la mort des parents de Leeteuk, alors il allait devoir attendre. Mais j'allais surtout devoir trouver une excuse.

- Panne de batterie.

Je crois que je ne pouvais pas trouver quelque chose de plus bidon que ça. 

- Arrête ton téléphone sonnait...
- Bon d'accord t'as gagné, j'avais juste envie que tu découvres ce que voulait dire une semaine sans moi.
- Plus jamais tu me fais ça !

Honnêtement, je ne voulais pas non plus me faire ça à moi même. J'avais besoin de lui et de sa présence. Rien que savoir qu'il est dans la pièce à côté au à cent mètres me rassure.

- Promis Hyung.

Je me rapprochais de lui pour le prendre à nouveau dans mes bras, rien que quelques secondes, avant de m'écarter de lui, attendant que Leeteuk prenne la parole. J'angoissais presque, ne sachant pas du tout ce qu'il comptait dire.
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" HyukJae Won "

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MessageSujet: Re: Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]   Mer 1 Oct - 19:52


"Et des fois ça s’arrange…"
“Mon Hyuk adoré et moi-même”






Je le vis fermer les yeux et pendant un instant interminable, je fus pris de doute. Et s’il souffrait ? Et si je lui rappelais involontairement toutes ces fois où il avait été abusé ? Bien sur, mon baiser n’était qu’un flot d’amour que je lui offrais mais qui pouvait dire comment réagir quand le passé a déposé sur les lèvres le gout amer de la violence de centaines de baisers volés ? De baisers vides, froids et sans sentiment. Qui pouvait savoir ce qu’il pensait en ce moment ? Je ne le pouvais pas et tout ce que je pensais pour ma part était que j’avais probablement fait une erreur. Et tout ce que je redoutais c’est qu’elle soit fatale.

Mais ce qui se passa n’aurait pas pu être plus parfait que cet instant. Tout en gardant ses yeux fermés, il passa sa main derrière ma nuque et appuya tendrement nos lèvres les unes contre les autres dans un baiser aussi chaste qu’amoureux. J’ai d’abord été surpris. Je m’étais tellement attendu à ce qu’il me fuit à cause de cette initiative mais je me laissais submerger par mes émotions et finissais par y répondre à mon tour. Je ne saurais pas vous décrire comment était ce premier baiser mais tout ce que je sais, c’est que jamais, oh grand jamais, je n’en oublierai le moindre instant. Même après que nos lèvres se soient séparées, j’avais encore la sensation de fourmillement dans toute mon âme, comme s’il avait par ce simple contact éveillé un cœur et un corps longtemps endormi. Voyant qu’il ne rouvrait toujours pas les yeux, je pris le risque de refermer mes bras autour de lui, en une étreinte protectrice, comme pour le rassurer sur la réalité de l’instant et l’attirais contre moi, m’imprégnant de sa présence. Je le vis ouvrir doucement les yeux et je le sentis se blottir tout contre moi alors que je l’entrainai pour que l’on se retrouve allongés, tous les deux, sur la banquette arrière. L’instant était unique. J’étais sur le dos et je tenais entre mes bras la personne qui m’avait rendu la vie.

Il ferma bientôt les yeux et j’eus l’espoir naïf qu’il allait passer une bonne nuit entre mes bras. Est-ce le fait que, m’étant endormi, mes bras se soient desserrés de lui, tombant de chaque côté de son corps endormi ? Ou était-ce une obligation de chacune de ses nuits ? Peut-être un peu les deux… Mais le fait est qu’il se réveilla dans un sursaut et s’immobilisa, alors que je m’éveillai, brutalement, avant de prendre conscience qu’il était seul face à son cauchemar. Il frissonna alors que je m’approchai de lui avant que je ne l’entoure de mes bras, plaquant son dos contre mon torse. Je voulais qu’il sente que j’étais là pour le protéger, que rien ni personne, pas même ses rêves ne parviendraient à vaincre tout ce que je ressentais pour lui. Et cela eut l’effet escompté. Calant sa tête dans mon cou, je le laissai calmer sa respiration et reprendre le contrôle de ses tremblements jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent.

Repassant à l’avant de la voiture sans un mot, sans un son, nous reprîmes la route de l’internat, sachant pertinemment que nous devions rentrés la veille et que, peut-être, certains de mes « enfants » allaient finir par s’inquiéter. Et son frère encore plus. 

Bercé par un silence apaisant sur tout le trajet du retour, je n’avais pas vu le temps passer. Ce même silence qui m’avait paru lourd et oppressant à l’aller était maintenant un nuage léger qui me permettait de flotter au-dessus de tous les tracas et de tous les problèmes que je pourrais rencontrer. Hyukjae était mon nuage. Mais contrairement à ces voiles éphémères, je voulais croire qu’il resterait pour toujours. Puis, nous fûmes rattrapés par la réalité en arrivant à l’internat. D’un pas assuré, nous nous sommes dirigés vers notre chambre. J’avais bizarrement besoin de me poser, de retrouver mes repères et surtout ils m’avaient tous beaucoup manqué. En une semaine, toute ma vie avait été bousculée et je voulais retrouver ma famille telle que je l’avais laissé. Pourtant, au moment d’ouvrir la porte, je fus à nouveau envahi par le doute ; à aucun moment nous n’avions décidé de quoi leur dire même si je me doutais bien que rien était la seule et unique possibilité pour le moment. Du moins à propos de nous. Pour le reste, il allait falloir que je leur explique. Et ça allait être… compliqué. Et douloureux.

Je poussai à peine la porte pour entrer qu’une furie, que je devinais être Eunhyuk, s’empara de Hyukjae pour le serrer dans ses bras comme s’ils ne s’étaient pas vu depuis des années. Je n’osais pas imaginer la réaction d’Eunhyuk quand il avait retrouvé son frère, quatre ans après l’avoir perdu…

- Hyukjae ! Te voilà ! Tu es enfin rentré. Est-ce que ça va ? Il ne t'a rien fait au moins ? Tu parais bizarre.

Non je n’avais rien fait. Il n’a fait que m’aider et je crois bien que je lui ai rendu la pareille.
- Non loin de là... Et toi, ta semaine ?
- J'ai pas dormi de la semaine. Je m'inquiétais trop tu n'a jamais répondu à ton téléphone ou presque. Pourquoi bordel ? Tu sais que je m'angoisse vite.


- Panne de batterie.

- Arrête ton téléphone sonnait...
- Bon d'accord t'as gagné…


Pendant un instant, j’ai eu très peur. Peur qu’il lui dise tout comme ça, là, devant tout le monde, alors même que j’étais là. Mais au fond de moi, je savais que ce n’était pas possible. Et je culpabilisais un peu de devoir le faire mentir. Même si quelque part, je ne le forçais pas, j’avais l’impression que c’était ma faute.

-… j'avais juste envie que tu découvres ce que voulait dire une semaine sans moi.
- Plus jamais tu me fais ça !


- Promis Hyung.

Je me doutais bien qu’il ne le voulait pas plus qu’Eunhyuk. Après qu’ils aient échangés une autre étreinte, je me reconcentrais sur mes propres explications, ne sachant ni par où ni comment commencer… Ce fut Sungmin qui me permit d’avoir un point de départ.

- TEUKIE ! Content de te revoir ! Alors cette semaine ? Comment ça se fait que tu nous as pas prévenus ? Eunhyuk nous a dit qu’il y avait un problème mais on savait rien alors on s’est tous inquiété… Oh Teukie ! T’es enfin rentré !

La joie sans pareille de Sungmin m’étonnera toujours. Il sait que j’ai eu un « problème » comme il dit mais il trouvait quand même le moyen d’être heureux. Il m’avait vraiment manqué. Lui comme tous les autres qui me regardaient avec des regards suppliants. Même Siwon ! Mais lui, je devinais aisément que c’était plus en quête d’informations croustillantes que par amour pour moi… Mais c’était Siwon alors même ce peu d’intérêt de ma vie réelle me rendait presque honoré. Enfin bref. Je m’égare pour éviter le sujet mais au lieu de ça, il va falloir que je trouve quoi lui dire. Quoi leur dire…

- Content de vous revoir aussi… Vous m’avez manqué…

Je devais avoir un ton aussi convaincant que si je leur avais dit un truc du genre « je suis le leader d’un super groupe de K-pop et je suis trop fort et j’ai 32 ans et j’ai déjà fait mon service militaire » en gros un truc impossible. Bien sur, ce n’est pas vraiment passé et c’est Jonghyun qui, cette fois, m’a posé une question à laquelle je n’avais pas envie de répondre. Et dont je n’avais pas non plus vraiment la réponse.

- Teukie ? Tu es sur que ça va ? Qu’est-ce qu’il y a ?

- On vit avec Siwon, on peut tout entendre tu sais…

Je maudissais intérieurement YeSung d’avoir fait une telle remarque parce que justement non, vous ne pouviez pas. Et de plus, prononcer son nom avait sorti Siwon de sa torpeur de sorte qu’il était tout à fait conscient de ce que je m’apprêtais à dire et il ne manquerait pas de me faire une remarque…

- … Je suis allé… voir mes… parents…

- Attends, je rêve ou tu nous as pas dit la vérité vraie en partant ?

Je savais que réveiller Siwon n’allait pas m’arranger pour leur parler de ma semaine et je ne m’étais pas trompé. Je décidais cependant de ne pas relever…

- Le vrai et seul problème… c’est que…

- Que quoi ? S’impatienta Sungmin, à l’affut de nouvelles informations, probablement heureux que j’ai – ou eut – une famille.

- Quand je suis arrivé… ils… ils étaient…

-… partis… loin…

Je me retournai vers Hyukjae, les yeux noyés de larmes et rien que le voir me venir en aide en ce moment aidèrent ces dernières à glisser le long de mes joues pour s’échouer dans mon cou. Jamais ils ne m’avaient vu pleuré et j’aurais voulu que cela reste ainsi encore longtemps. Mais c’était trop tard. Tout le monde l’avait regardé presque simultanément et je me doutais que le poids de tant de regards devait le gêner plus que nécessaire. Reprenant le contrôle de mes sens, je parvins à alléger ses épaules de mon propre regard avant d’essayer d’attirer à nouveau l’attention sur moi, non pas dans un but de quérir la pitié des autres mais pour les détourner de Hyukjae.

- Loin… et définitivement…

Cette simple phrase, si c’en est une, eut pour simple effet de me faire pleurer de plus belle, alors que tous me prenaient dans leur bras, même Siwon. Mes larmes s’échouaient toujours, parfois dans le cou de l’un parfois dans le cou de l’autre, jusqu’à ce que je puisse enfin tarir ce flot incessant. Puis, on a un peu parlé de la semaine et tout allait bien, jusqu’à ce que je veuille leur dire pourquoi on était rentré le lendemain de ce qu’on leur avait dit…

- J’étais trop crevé à cause d’une semaine d’insomnie et on a dormi à l’arrière de la voiture pour que je puisse me reposer.

Cette explication était anodine et vraie. Même si je n’avais pas abordé le sujet du premier baiser entre Hyukjae et moi mais je l’entendis se racler la gorge un peu fort alors que je croisais le regard noir d’Eunhyuk. S’il avait pu tuer, je serais déjà mort. Bien sur, dans sa tête de psychopathe, il avait du se faire tout un scénario et je l’imaginais facilement. Mais nous en étions loin, bien loin. J’essayais de me rattraper aux branches, quitte à mentir un peu plus.

- Enfin… moi j’ai dormi à l’arrière. Hyukjae est resté à l’avant.

Ok ça valait ce que ça valait mais c’était tout ce que j’avais en stock pour calmer l’atmosphère devenue électrique.

On a discuté pendant encore un moment tous assis en genre de ronde sur le lit tandis que je jetai sans cesse des regards discrets à Hyukjae, qui était en face de moi, en lui souriant tendrement. Parfois, il me rendait mon sourire et je voyais que personne n’avait de doute quant à notre semaine, tout ce qu’il y a de plus… sinistre. Mais au milieu de toute la tristesse accumulée, j’avais trouvé un rayon de soleil. J’avais trouvé celui qui allait illuminer ma vie chaque jour. Et j’espérais avoir trouvé celui qui permettrait à mon cœur endolori de cicatriser et de battre… pour toujours…

 

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Quand tout devient simple, parfois ça se complique encore plus... [YeHae]

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